00:00L'autopsie n'a pas suffi.
00:02Deux semaines après leur découverte, impossible de savoir de quoi sont morts
00:06deux des quatre corps repêchés dans la Seine le 13 août.
00:09Alors ici, à l'IRCGN, les scientifiques travaillent au niveau microscopique
00:13sur des tissus biologiques prélevés sur les défunts.
00:18Ce qu'on demande aux médecins légistes, c'est d'avoir à minima 20 grammes
00:22de poumons foires, reins, cerveaux, et d'avoir une section fémorale osseuse
00:26contenant encore la moelle osseuse.
00:28Ils font alors digérer ces tissus par des acides pour isoler les diatomées
00:33des micro-algues naturellement présentes dans l'eau, dont le squelette est composé de silice.
00:38L'objectif à ce niveau-là est d'éliminer toutes les parties biologiques
00:42et si possible ne conserver que le squelette de silice
00:46qui est particulièrement résistant à la putréfaction, mais également aux attaques acides.
00:52Quand quelqu'un est encore en vie et se noie, ces algues microscopiques
00:54contenues dans l'eau sont alors inhalées par la victime.
00:57Ces diatomées vont se retrouver dans les poumons, les diatomées vont pouvoir passer
01:01dans le sang et à ce moment-là, si le cœur de la victime bat encore, les diatomées
01:07vont pouvoir circuler dans l'organisme et on va pouvoir retrouver ces diatomées
01:12dans les organes distants de la victime.
01:13Ce sera le diagnostic de la noyade.
01:15En revanche, si la personne est déjà décédée au moment où l'eau l'emporte,
01:19elle n'ingurgitera pas ces micro-organismes ou très peu.
01:22L'enquêteur pourra alors écarter cette piste de la noyade.
01:26Si on lui certifie que la personne n'est pas morte de noyade,
01:30là pour son enquête, on est vraiment sur un élément important.
01:33La nature au service de l'enquête.
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