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  • il y a 6 mois
"Le Crime de ma soeur" / Arrêtée pour assassinat en 2014, Sandrine Delporte bénéficie du soutien de sa soeur, persuadée qu'elle a agi sous l'emprise d'un homme violent.
Quand Sandrine Delporte est arrêtée, en 2014, sa famille ne peut imaginer qu'elle a participé à un assassinat. Pourtant, un an plus tôt, celle-ci a aidé son amant Ramon Cortes à assassiner son ex-femme. Après l'arrestation de Sandrine, sa soeur Muriel et ses enfants ont réagi très durement. Mais en comprenant que Sandrine était tombée sous l'emprise d'un homme violent, Muriel et deux des enfants de Sandrine, Léa et William, ont décidé de la soutenir pour l'aider à reconnaître son crime.

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Personnes
Transcription
00:00:00Interrogés par la police, interrogés par la justice, parfois pourchassés par la presse ou assaillés de menaces et d'insultes.
00:00:14Les familles de criminels payent souvent très cher des crimes qui ne sont pas les leurs et qu'elles ne s'expliquent même pas.
00:00:24Sandrine Delfort et Ramon Cortez sont jugés pour assassinat.
00:00:30Ma mère a mis faim à une vie. Une personne vivante, elle a tué quelqu'un. C'est quelque chose d'inimaginable.
00:00:44Une mère qui commet l'irréparable avec son amant.
00:00:48Ramon Cortez et Sandrine Delfort, le couple diabolique kidnappe Rosin Roch, la cadenas à la portière pour l'emmener jusque sur une ancienne sablière et l'exécuter d'une balle dans la tête.
00:01:02Une mère dont le crime fait basculer la vie de ses quatre enfants.
00:01:09J'entends tout cas à la porte à 7h du matin. Et là, quand j'ouvre la porte, ils me disent bonjour, c'est la police.
00:01:13Après, ils ont pris ma mère et on se sent vraiment seule, on se sent abandonnée en fait.
00:01:22Comment elle a pu ne penser qu'à elle et ne pas penser aux répercussions de tout ce que ça va engendrer pour la famille, de tout le mal qu'elle va faire derrière ?
00:01:31Une femme dont sa sœur ne comprend pas la dérive.
00:01:35Comment concevoir qu'une de nos sœurs a pu participer à un meurtre en fait ?
00:01:40Nos parents nous ont élevés tous pareils. On connaît le bien, le mal. Mais pourquoi toi, t'as basculé dans le mal ?
00:01:47Condamnée à 18 ans de prison pour assassinat, Sandrine Delfort doit être rejugée en appel, comme son co-accusé.
00:01:55Sa peine sera-t-elle allégée ? Alourdie ? Va-t-elle enfin s'expliquer sur sa participation ?
00:02:01La question au crime, c'est l'enjeu du procès qui va s'ouvrir, pour elle et pour ceux qui l'aiment.
00:02:07Car comme tous les parents de criminels, la sœur et les enfants de Sandrine Delfort ont pris de plein fouet le crime qu'elle a commis.
00:02:16J'avais honte que je sois ma mère. C'est au bout d'un an que j'ai écrit ma première lettre. Et ma première lettre, c'était pour lui dire que j'étais en colère.
00:02:23La colère, la honte et un choix à faire. Soutenir ou haïr la criminelle ?
00:02:30Je condamne justement ce qu'elle a fait, mais je suis là quand même pour la soutenir et démontrer aussi qu'on peut être sous l'influence de quelqu'un jusqu'à en arriver à la barrière de non-retour.
00:02:42Il ne faut pas pardonner. On fait avec, mais on ne pardonne pas vraiment. Je l'aime, mais...
00:02:48...
00:02:58...
00:23:50découvrent dans la presse.
00:23:52C'est très, très violent.
00:23:53Il a tué la mère de ses enfants.
00:23:55Du coup, j'ai appelé ma soeur directement.
00:23:57Je dis, mais qu'est-ce qui s'est passé ?
00:23:58Je dis, Sandrine, est-ce que toi, tu étais au courant ?
00:24:02Moi, je voulais savoir si elle était au courant.
00:24:03Parce que moi, dans ma tête, elle n'est pas impliquée.
00:24:06C'est clair, c'est lui qui a tué sa femme.
00:24:09Voilà. Et elle me dit non.
00:24:11Sauf que pendant cette année-là,
00:24:12on voit un changement chez Sandrine.
00:24:16Cortès en prison,
00:24:17Sandrine Delporte plonge dans une dépression curieuse.
00:24:22La descente, elle se laisse complètement aller.
00:24:26En fait, elle ne vit plus pour elle.
00:24:31Elle délaisse toute sa vie,
00:24:32tous les aspects de sa vie.
00:24:34Et elle passe son temps
00:24:34à faire les choses pour lui,
00:24:36à faire ses papiers, faire ses parloirs,
00:24:37faire ses dossiers,
00:24:39lui donner de l'argent pour la prison.
00:24:41Il a tellement réussi à lui mettre la pression,
00:24:44il a tellement réussi
00:24:44à la contrôler totalement
00:24:47que même en n'étant pas là physiquement,
00:24:49ça marchait quand même.
00:24:51Une mère comme transi devant son amant.
00:24:56Avec M. Cortès,
00:24:58elle rencontre un charmeur professionnel.
00:25:01Clairement, l'homme s'entretient,
00:25:02va à la salle.
00:25:03Moi, je joue de la guitare,
00:25:10c'est romantique,
00:25:11je vais t'écrire des chansons.
00:25:14Comment ne pas tomber ?
00:25:17Elle rencontre un homme
00:25:23qui est très attentionné,
00:25:24qui est aimant,
00:25:26qui lui dit qu'elle est belle,
00:25:27qu'il l'aime.
00:25:29Plein de choses qu'elle n'a pas entendues
00:25:30en vingt ans, en fait.
00:25:32En vingt ans,
00:25:32c'était d'être rabaissé, humilié,
00:25:34et tout d'un coup,
00:25:36elle trouve un homme
00:25:36qui la considère.
00:25:43Au fur et à mesure,
00:25:44il prenait de la place,
00:25:45il était là plus souvent chez moi,
00:25:46il était là plus souvent
00:25:47dans nos conversations.
00:25:49Puis, au fur et à mesure,
00:25:50je voyais ma mère
00:25:50qui jurait que par lui.
00:25:55À l'écouter,
00:25:56il pouvait tout faire.
00:25:58il pouvait être guéri,
00:25:59il avait eu la bénédiction de Dieu,
00:26:01il avait les pouvoirs de Dieu,
00:26:02il pouvait faire ce qu'il voulait.
00:26:03Ce n'était pas Dieu,
00:26:04mais on n'était pas loin.
00:26:09Sandrine, elle y a été à fond,
00:26:10et les enfants aussi.
00:26:11Il y avait mon père,
00:26:12décédé depuis 2003 quand même,
00:26:14qui vivait avec eux.
00:26:16Et on n'a pas le droit
00:26:17de s'asseoir dans le canapé
00:26:18parce que papy, il est là.
00:26:19C'est ce qu'ils me disent,
00:26:20les enfants.
00:26:21Papy, il est là.
00:26:22Papy, il est là.
00:26:23C'est bizarre quand même.
00:26:25Oui, oui, il vit avec nous,
00:26:26c'est son fantôme,
00:26:27il vit avec nous.
00:26:28C'est M. Cortez
00:26:29qui peut communiquer avec lui
00:26:31et il nous dit des choses.
00:26:33Donc il fait croire aux enfants
00:26:34que mon père est présent parmi eux
00:26:36et qu'il leur dit des choses.
00:26:38Mais qu'il le fait par lui
00:26:39parce que lui,
00:26:39il a des pouvoirs,
00:26:40il a des dons.
00:26:41Maman,
00:26:41il commençait à devenir bizarre quand même.
00:26:44Il y a un truc qui cloffe,
00:26:45mais elle me disait,
00:26:47non, non, non,
00:26:47c'est parce que tu ne le connais pas,
00:26:48moi je ne le connais plus toujours.
00:26:50Il est plus voyant que nous,
00:26:51il voit des choses
00:26:51que nous, on ne voit pas.
00:26:53On ne peut pas comprendre
00:26:53parce qu'on n'a pas ses dons.
00:26:55Donc on ne peut que le croire
00:26:56et oui, ça fait vraiment gourou.
00:26:59C'est gourou,
00:26:59c'est nous,
00:27:00on ne peut pas savoir,
00:27:00on n'a pas de dons,
00:27:01mais vu qu'il les a,
00:27:02on ne peut pas se mettre à son niveau,
00:27:03on ne peut pas comprendre.
00:27:04Je la voyais changer,
00:27:12je voyais son comportement changer
00:27:14et je ne l'avais jamais vue comme ça,
00:27:17même avec mon père,
00:27:17pourtant c'était compliqué,
00:27:18mais je ne l'avais jamais vue à ce point-là.
00:27:20En fait,
00:27:20tout ce qu'elle faisait,
00:27:22qu'elle pensait
00:27:22ou qu'elle devait faire,
00:27:23passait systématiquement par lui.
00:27:25C'est comme si on mettait
00:27:27un filtre devant toutes ses idées
00:27:29et que le filtre, c'était lui.
00:27:30Déjà, il y a eu des signes avant le coureur
00:27:38que les choses dérapaient.
00:27:40Quand il fait croire à ma mère
00:27:41que son ex-femme,
00:27:43il est séparé d'elle
00:27:44mais qu'elle le harcèle,
00:27:45elle refuse la séparation,
00:27:48il se sent en danger,
00:27:51elle a voulu l'empoisonner,
00:27:52il le tuer,
00:27:53il a été à l'hôpital.
00:27:55En gros, il lui dit
00:27:56mais ça peut t'arriver à toi aussi
00:27:57parce qu'elle pense la même chose de toi.
00:28:00C'est cette femme-là
00:28:04qui me veut du mal
00:28:05et il crée une bulle anxiogène
00:28:07et paranoïaque
00:28:09où tout le monde pense
00:28:12qu'à n'importe quel moment,
00:28:13Rosine peut les attaquer,
00:28:15leur faire du mal
00:28:16et tout le monde y croit.
00:28:17Moi-même, à un moment donné,
00:28:18j'ai cru que cette femme était mauvaise.
00:28:22Conditionnée par Ramon Cortès,
00:28:24la famille de Sandrine Delporte
00:28:25accepte donc sans sourciller
00:28:27l'explication que celle-ci fournit
00:28:29à l'arrestation de son amas.
00:28:33En septembre 2013,
00:28:35il a arrêté.
00:28:37Et Sandrine me dit
00:28:37je pense qu'il a eu un coup de colère
00:28:39parce qu'avec tout ce que sa femme
00:28:40lui a fait subir,
00:28:41il s'est mis en colère
00:28:42et il a fini par perdre raison.
00:28:45Nous, on croit ça en fait
00:28:46parce que nous,
00:28:47on a tellement entendu
00:28:47le discours de monsieur
00:28:48sur tout ce que sa femme
00:28:50lui faisait subir.
00:28:51Donc nous, on croit cette version.
00:28:52Au deuxième jour du procès,
00:28:59l'angoisse monte encore pour Muriel
00:29:01qui doit toujours attendre
00:29:02de témoigner
00:29:03pour assister au débat.
00:29:06Ce matin, c'est...
00:29:09Disons que je suis mitigée.
00:29:10Autant je suis anxieuse
00:29:12d'affronter le tribunal,
00:29:14mais autant je suis désireuse
00:29:17de vouloir apporter
00:29:18un éclaircissement
00:29:19sur différentes choses.
00:29:20La seule anxiété, c'est
00:29:21est-ce que je vais bien
00:29:22répondre aux questions ?
00:29:23Est-ce que ça ne va pas
00:29:24mettre ma soeur en porte-à-faux ?
00:29:26Est-ce que ça ne va pas
00:29:27l'enfoncer plus
00:29:27que ce qu'elle en a déjà ?
00:29:29Je vais rejoindre l'avocate
00:29:40pour pouvoir débriefer
00:29:42un peu de ce qu'il y a eu hier,
00:29:44ce qui est attendu aujourd'hui
00:29:45par rapport à mon témoignage aussi,
00:29:48ce que je dois appuyer.
00:29:50qui pourrait être important
00:29:51dans la défense.
00:29:55Ça va, vous ?
00:29:56Ça va.
00:29:57Peu dormi, mais ça va.
00:29:59Comment ça va se passer ce matin ?
00:30:00Non, c'est juste...
00:30:01Ce qui est important,
00:30:02c'est d'être concret
00:30:03pour que les jurés puissent
00:30:04se faire une idée
00:30:06par eux-mêmes
00:30:07par rapport au moment vécu
00:30:09que vous allez rapporter
00:30:11de la situation.
00:30:13Ce n'est pas tellement
00:30:13une appréciation en soi-même.
00:30:15On ne peut pas nous-mêmes
00:30:16porter un jugement.
00:30:17Par contre,
00:30:17il faut essayer d'évoquer,
00:30:19comme quand vous vous disiez
00:30:20qu'il y a eu des scènes
00:30:21où ils téléphonaient,
00:30:23soi-disant,
00:30:23à Rosine Roig,
00:30:25et où ils disaient
00:30:25« Oh non,
00:30:26ne t'en prends pas,
00:30:27Sandrine ! »
00:30:27Vous voyez ce que vous m'avez raconté ?
00:30:28Ça, il faut le leur expliquer.
00:30:30Parce que la cour d'assises,
00:30:32c'est ça.
00:30:33C'est un moment vraiment
00:30:33de grand réel,
00:30:35de sensualité charnelle
00:30:37au premier sens du terme.
00:30:38C'est-à-dire qu'on va mesurer
00:30:39les choses
00:30:39en revivant des moments comme ça
00:30:42et en partageant finalement
00:30:43un peu de cette expérience-là
00:30:45pour se faire une idée.
00:30:46C'est-à-dire le contraire
00:30:47d'un dossier papier.
00:30:48C'est juste des choses
00:30:49qui, vous,
00:30:49vous paraissent évidentes,
00:30:50mais il y en a,
00:30:51il y a 12 personnes
00:30:52qui arrivent,
00:30:54ils n'ont jamais vu le dossier,
00:30:55ils ne savent pas.
00:30:56Donc, les choses,
00:30:57il faut les expliquer
00:30:58concrètement
00:30:59et simplement.
00:31:00C'est pour ça
00:31:01que vous venez
00:31:02la vraie vie.
00:31:03OK ?
00:31:04D'accord.
00:31:05Allez.
00:31:07Plus que quelques heures
00:31:08à attendre
00:31:09et Muriel pourra
00:31:10à son tour
00:31:11expliquer l'emprise
00:31:12que Cortès
00:31:13exerçait sur sa soeur.
00:31:20Une emprise
00:31:20dont la famille
00:31:21a compris tardivement
00:31:22l'ampleur.
00:31:24Un an
00:31:24après l'arrestation
00:31:25de Ramon Cortès
00:31:26en octobre 2014.
00:31:30J'étais chez moi,
00:31:31je me préparais
00:31:32pour aller au lycée
00:31:33parce que je venais
00:31:33de rentrer en seconde.
00:31:35J'entends toquer à la porte
00:31:36à 7h du matin
00:31:36et là,
00:31:37quand j'ouvre la porte,
00:31:38ils me disent
00:31:38« Bonjour,
00:31:38c'est la police. »
00:31:39Je lui mince.
00:31:40Mon premier réflexe,
00:31:41je lui dis
00:31:41« Pourquoi vous êtes là
00:31:43à 7h du matin ? »
00:31:44« Parce qu'il n'y a pas
00:31:45de raison d'être là
00:31:45à 7h du matin. »
00:31:47Et là,
00:31:47ils m'expliquent
00:31:48qu'il va y avoir
00:31:48perquisition,
00:31:49etc.,
00:31:50qu'on emmène votre mère
00:31:51en garde à vue.
00:31:51Ils ont retourné les lits,
00:31:54ils ont retourné les placards,
00:31:55ils ont tout retourné.
00:31:57Ils ont retourné le canapé,
00:31:58ils ont cherché partout,
00:31:58partout, partout.
00:32:00Et après,
00:32:01ils ont pris ma mère,
00:32:02ils ont pris nous,
00:32:03les enfants,
00:32:03ils ont dit
00:32:03« Bon, en gros,
00:32:04on y va,
00:32:05on va à la gendarmerie. »
00:32:06Il était 8h du matin.
00:32:07Et nous,
00:32:08on ne comprenait pas
00:32:08plus que ça,
00:32:09pourquoi,
00:32:10comment et
00:32:10qu'est-ce qu'ils nous voulaient
00:32:11vraiment ?
00:32:12Parce que dans ma tête,
00:32:13je me suis dit
00:32:13« Mais nous,
00:32:13on n'est que des enfants,
00:32:14on n'a rien à voir là-dedans. »
00:32:18Mais bon,
00:32:18au final,
00:32:19on y est tous allés.
00:32:29À ce moment-là,
00:32:30j'étais vraiment énervé
00:32:31contre la terre entière.
00:32:33Qu'ils viennent comme ça
00:32:33pour me prendre ma mère
00:32:35et pour retourner tout la porte
00:32:36et réveiller mon petit frère
00:32:37qui, lui,
00:32:37n'avait rien demandé,
00:32:39à ce moment-là,
00:32:39j'étais énervé
00:32:39contre la terre entière.
00:32:45J'étais à un cours
00:32:46de psycho.
00:32:48Ma soeur Priscilla
00:32:48qui m'appelle,
00:32:49je l'entends pleurer.
00:32:50J'étais complètement paniquée.
00:32:52Elle me dit
00:32:52« Maman, elle est en prison,
00:32:53elle a été arrêtée. »
00:32:55Moi,
00:32:55je l'ai même fait répéter.
00:32:57Je me dis
00:32:57« Mais quoi ?
00:32:58Pardon ? »
00:33:00Il y a erreur, quoi.
00:33:01Avec ma soeur,
00:33:02on pleurait toutes les deux
00:33:03chacune de notre côté
00:33:05et il n'y a aucune de nous
00:33:07qui comprenait
00:33:07ce qui se passait.
00:33:15Nous, dans notre tête,
00:33:16elle est arrêtée
00:33:17parce qu'elle devait être
00:33:20au courant
00:33:20de ce qu'il voulait faire
00:33:21et qu'elle ne l'a pas dit.
00:33:23Donc, pour nous,
00:33:24c'est complicité.
00:33:24Et quand on va voir
00:33:27l'avocate
00:33:27qui nous dit
00:33:28« Mais non,
00:33:28vous êtes loin du compte. »
00:33:30Non, non,
00:33:30elle est incarcérée
00:33:31au même titre
00:33:32et arrêtée
00:33:33au même titre
00:33:33que le monsieur.
00:33:35Elle est accusée
00:33:35d'assassinat.
00:33:37Et nous,
00:33:37c'est violent.
00:33:39C'est super violent.
00:33:42Moi, je me souviens,
00:33:42j'étais avec mon petit frère
00:33:43d'un côté,
00:33:44ma mère de l'autre.
00:33:46On est assis.
00:33:47Heureusement qu'on est assis.
00:33:48On ne comprend pas.
00:33:49On lui dit
00:33:49« Mais non,
00:33:50ce n'est pas possible.
00:33:50C'est complicité. »
00:33:52« Ah non, non, non.
00:33:52C'est 30 ans
00:33:53qu'elle nous dit.
00:33:53Là, on tombe des nuits. »
00:33:58Après des mois d'enquête,
00:34:00les gendarmes
00:34:00ont fini par découvrir
00:34:01que Cortès
00:34:02n'avait pas agi seule.
00:34:04Sandrine Delporte
00:34:05a utilisé un tracker
00:34:06pour suivre Rosin Royce.
00:34:08Son téléphone a borné
00:34:09sur le trajet
00:34:10et les lieux du crime.
00:34:12Elle a aidé l'assassin.
00:34:14Elle était à ses côtés.
00:34:15Elle savait
00:34:16et n'a rien empêché.
00:34:18Après 48 heures
00:34:19de garde à vue
00:34:19qu'elle a passée,
00:34:21on nous a conviés,
00:34:22disons,
00:34:23à aller au tribunal
00:34:23de Perfignan
00:34:24qui se trouvait
00:34:25à côté de chez nous.
00:34:26Et là,
00:34:27à ce moment-là,
00:34:28première fois
00:34:29en 16 ans de ma vie,
00:34:29je pense que j'ai vu
00:34:30ma mère pleurer
00:34:31et qu'elle nous a dit
00:34:32que là,
00:34:32elle partait en maison d'arrêt.
00:34:33Donc,
00:34:35ça a été un choc
00:34:36parce que déjà,
00:34:36voir ma mère pleurer
00:34:37depuis tout ce temps,
00:34:38ça ne m'était jamais arrivé.
00:34:39Et en plus,
00:34:40on a le droit quand même
00:34:41de lui faire
00:34:41le dernier câlin,
00:34:42etc.
00:34:43Mais moi,
00:34:43je me suis dit
00:34:44« Bon,
00:34:44ça va être long.
00:34:45Ça va être très long. »
00:34:47Et là,
00:34:57on s'effondre.
00:34:58On a un instant,
00:34:58on se rend compte
00:34:59que pendant combien de temps
00:35:02on ne va pas voir notre mère ?
00:35:03Quelles vont être les conséquences ?
00:35:05C'est que les enfants
00:35:07ils partent chez leur père
00:35:08en Bourgogne,
00:35:08leur père violent.
00:35:10Ils retournent
00:35:11chez leur père violent.
00:35:12Pour moi,
00:35:13c'était ultra grave.
00:35:15Pour moi,
00:35:15oui,
00:35:16c'est ça.
00:35:16Elle avait fait le choix
00:35:16de briser cette famille
00:35:17et qu'elle n'avait pas réfléchi
00:35:19aux conséquences
00:35:20pour ses enfants.
00:35:21Et je me suis dit
00:35:22« Non, mais attends,
00:35:22le dernier,
00:35:23il a 10 ans. »
00:35:24« Non,
00:35:24mais attends,
00:35:24le dernier,
00:35:24il a 10 ans. »
00:35:29« Plus dur à la vie,
00:35:34c'est malheureux. »
00:35:35Le fait qu'on vous prenne
00:35:36votre mère du jour au lendemain,
00:35:37genre vraiment un matin comme ça,
00:35:38alors qu'on ne s'y attend pas,
00:35:40c'est vraiment dans ces moments-là
00:35:41qu'on prend conscience
00:35:41qu'on pense que la vie,
00:35:44c'est toujours tranquille
00:35:44et que c'est bon,
00:35:45tant qu'on a notre petite vie,
00:35:46ça ne va pas changer,
00:35:46alors qu'en fait,
00:35:47si, tout peut changer
00:35:48du jour au lendemain.
00:35:50Et on se sent vraiment seul,
00:35:52on se sent abandonné.
00:35:54C'est pour ça aussi
00:35:55qu'au départ,
00:35:55j'en voulais à ma mère
00:35:56parce que j'avais presque envie
00:35:58de lui dire
00:35:58« En fait,
00:35:58tu m'as juste lâché,
00:35:59tu m'as abandonné. »
00:36:00En fait.
00:36:05Le truc le plus choquant
00:36:09qui arrive,
00:36:10c'est qu'on se dit
00:36:10« Mais en fait,
00:36:11on ne la connaît pas. »
00:36:12Enfin, finalement,
00:36:13je ne connaissais pas ma mère.
00:36:14Jamais j'aurais pensé
00:36:15qu'elle pourrait faire
00:36:15une chose pareille.
00:36:16En fait,
00:36:16je ne la connaissais pas.
00:36:18Je ne savais pas
00:36:19de quoi elle était capable.
00:36:20En fait, là,
00:36:20je n'avais pas de peine
00:36:22pour ma mère
00:36:22à ce moment-là.
00:36:24Je n'avais que de la haine,
00:36:25de la colère.
00:36:26J'étais révoltée.
00:36:28J'étais dans le rejet.
00:36:29J'ai dit
00:36:29« Non, elle a trahi tout le monde.
00:36:31Je ne sais pas
00:36:31la femme que j'ai connue.
00:36:32Je ne veux plus
00:36:33qu'on entende parler. »
00:36:34Comment concevoir
00:36:35qu'une de nos sœurs
00:36:35a pu participer
00:36:36à un meurtre, en fait ?
00:36:37On ne comprend pas ça.
00:36:42C'est vraiment une colère.
00:36:43Mais pourquoi tu en es là ?
00:36:45Parce que nos parents
00:36:45nous ont élevés tous pareils.
00:36:47On connaît le bien,
00:36:48le mal.
00:36:49Mais pourquoi toi,
00:36:50tu as basculé dans le mal ?
00:36:53Donc, il y a
00:36:59un certain nombre
00:37:00de semaines qui passent
00:37:02avec cette colère,
00:37:03avec toutes ces interrogations.
00:37:06Et quand j'ai pu avoir
00:37:06mon parloir,
00:37:07donc trois mois plus tard,
00:37:09moi, ça m'a permis
00:37:09de lui dire les choses.
00:37:10La colère que j'avais
00:37:11et les interrogations.
00:37:13Mais une fois qu'on a dit
00:37:14les choses,
00:37:14je me disais « Écoute,
00:37:15maintenant, c'est dit,
00:37:16t'es là, ok,
00:37:17t'as fait quelque chose de mal.
00:37:19Maintenant, il va falloir
00:37:19y travailler
00:37:20et on va avancer ensemble. »
00:37:22Et donc, du coup,
00:37:23je lui ai dit
00:37:23que je serais là
00:37:23pour la soutenir.
00:37:24« Nous, on est sept enfants.
00:37:39Quatre enfants naturels,
00:37:40trois enfants adoptés.
00:37:43Plus tous les enfants
00:37:44que ma mère a élevés
00:37:44en tant que famille d'accueil.
00:37:46On est ce qu'on appelle
00:37:47des frères et sœurs
00:37:47de cœur, en fait.
00:37:48Donc, c'est vrai que
00:37:50ça fait beaucoup de monde
00:37:52d'horizons différents.
00:37:55Ça fait pas mal.
00:37:57Ah, ça, c'est ma soeur Sandrine
00:37:58quand elle était plus jeune.
00:38:00Et là, je pense que
00:38:01c'est sa fille Léa.
00:38:10Sandrine, elle est,
00:38:11sur les enfants naturels,
00:38:12elle est la troisième.
00:38:13Mais sur toute la fratrie,
00:38:14elle est la quatrième.
00:38:17Sachant qu'on n'a pas
00:38:17beaucoup d'écarts
00:38:18l'une derrière l'autre.
00:38:20On a quand même passé
00:38:21toute notre enfance ensemble.
00:38:24Et après, elle a fait
00:38:25les 400 coups.
00:38:26C'est quelqu'un qui aimait
00:38:26bien avoir le risque.
00:38:29Et c'est vrai qu'avec Sandrine,
00:38:30j'ai souvent été
00:38:31derrière elle
00:38:33pour la protéger
00:38:34et surtout des mauvaises
00:38:36fréquentations
00:38:37qu'elle pouvait se faire
00:38:38ou des intimidations
00:38:39des autres.
00:38:41Parce que même si
00:38:42elle fait la femme forte,
00:38:43elle a toujours été
00:38:44quand même un peu
00:38:44tendance à être influencée
00:38:46par les autres.
00:38:47mais vraiment.
00:38:49Donc c'est toujours moi
00:38:49qui ai fait
00:38:50le petit garde-fou en fait.
00:38:53Et c'est peut-être
00:38:54pour ça aussi
00:38:54que la relation
00:38:55qu'on a en tant qu'adulte
00:38:56et de ce côté-là aussi,
00:38:57elle attend toujours
00:38:58que la grande sœur
00:38:58protège.
00:39:00Et c'est ce qu'elle demande
00:39:01là actuellement
00:39:01au procès.
00:39:03C'est que je l'accompagne
00:39:04et que je la protège
00:39:04tout le long
00:39:05du procès en fait.
00:39:06à quelques minutes
00:39:10de témoigner,
00:39:12c'est auprès de l'avocate
00:39:13que la grande sœur
00:39:14va chercher encore
00:39:14un peu de réassurance.
00:39:16Elle sait que la justice
00:39:17veut évaluer
00:39:18l'implication
00:39:19de Sandrine Dalborte.
00:39:21Où était-elle
00:39:22pendant le coup de feu ?
00:39:23Pourquoi n'a-t-elle
00:39:24rien empêché ?
00:39:26Rien dit ?
00:39:27Par soumission ?
00:39:29Vraiment ?
00:39:30Par contre,
00:39:32il faudra revenir
00:39:32sur l'histoire
00:39:33de qu'ils ne comprennent
00:39:34pas comment elle peut
00:39:34être à la fois aussi
00:39:35avec un gros caractère
00:39:36enfant et comment elle
00:39:38peut être aussi soumise
00:39:38avec les hommes.
00:39:39Ça, c'est impossible.
00:39:40D'accord.
00:39:40Je vais leur expliquer
00:39:41que je compte sur vous.
00:39:43Vous n'avez pas de soucis.
00:39:44Et elle, comment elle est ?
00:39:45Alors, maman m'a dit
00:39:47si tu peux te dire
00:39:47à l'avocate
00:39:48qu'elle te dise à Sandrine
00:39:49qu'elle garde courage,
00:39:51que je l'encourage
00:39:52à affronter cette épreuve
00:39:53et je suis dans son cœur.
00:39:55Tu lui dites...
00:39:56Je vais dire,
00:39:56mais elle va pleurer après.
00:39:57Mais je lui dis...
00:39:57Ouais, voilà.
00:39:58Soir, quand elle sort.
00:40:18Quand on arrive devant
00:40:19le tribunal,
00:40:19on n'est pas bien.
00:40:21Moi, j'ai mal au ventre
00:40:21et j'ai mal au cœur.
00:40:23Et je me dis...
00:40:24J'ai les papillitations.
00:40:25J'ai dit, bon,
00:40:26allez, on y va.
00:40:28Et je vois M. Cortès
00:40:30dans le box.
00:40:31Je ne vois pas ma sœur.
00:40:33Je dis, mais où est-ce qu'elle est ?
00:40:34Le président me dit
00:40:35ne regardez pas M. Cortès,
00:40:36vous me regardez moi.
00:40:38Et vous ne vous retournez pas.
00:40:39Mais c'est après,
00:40:39je l'entends, en fait.
00:40:40Elle pleure.
00:40:40Elle est derrière moi,
00:40:41elle pleure.
00:40:41Et elle pleure
00:40:42tout le temps que je parle.
00:40:43Ça, c'est angoissant.
00:40:44Mais Muriel prend sur elle
00:40:46et raconte encore
00:40:47l'emprise de Cortès.
00:40:48M. Cortès,
00:40:52c'était à ses petits soins.
00:40:54Au départ,
00:40:55c'était une idylle
00:40:56comme sa jeunesse.
00:40:57Puis l'emprisonnement
00:40:58a commencé
00:40:59par les exigences
00:41:00vestimentaires.
00:41:01Plus de jupe,
00:41:02plus de robe,
00:41:03plus de décolleté,
00:41:04plus de féminité apparente.
00:41:06Puis restriction
00:41:07avec la famille.
00:41:09Sandrine ne pouvait
00:41:09rendre visite
00:41:10qu'à sa mère
00:41:10et plus à ses frères et sœurs.
00:41:13Il a d'ailleurs
00:41:13empêché Sandrine
00:41:14de venir à mes fiançailles.
00:41:15Et à la fin,
00:41:19au bout d'une heure,
00:41:19c'est compliqué.
00:41:20Une heure,
00:41:21on sort de là,
00:41:22on est fatigué.
00:41:23Vraiment fatigué.
00:41:25Moins d'une heure
00:41:26pour raconter
00:41:27la chute de sa sœur
00:41:28dans les griffes de Cortès.
00:41:35J'ai besoin de souffler.
00:41:37J'ai vraiment besoin de souffler.
00:41:45Alors moi,
00:41:46je ressors
00:41:46avec une grosse inquiétude.
00:41:48Mais vraiment.
00:41:49Parce que j'ai essayé
00:41:50d'expliquer au président
00:41:51l'emprise de Sandrine
00:41:54avec monsieur Cortès
00:41:55et que monsieur le président
00:41:57essaye impérativement
00:41:58à démonter
00:41:59toute cette thèse.
00:42:04Comment il peut
00:42:05ne pas croire
00:42:05qu'une femme
00:42:06puisse être sous l'emprise
00:42:07de quelqu'un
00:42:07à faire ce qu'on lui demande ?
00:42:09Je me dis
00:42:09mais ça va mal se passer.
00:42:12Ça va mal se passer.
00:42:13Ah là, je me dis
00:42:14c'est pas 18, c'est 30.
00:42:17J'ai avec de la chance
00:42:18peut-être 20.
00:42:20Mais là,
00:42:20on n'est plus sur 18.
00:42:41Je viens de témoigner
00:42:42et je vois ce monsieur.
00:42:44C'est le papa de la victime
00:42:45ou quoi ?
00:42:45Je dis à Léa
00:42:46mais qu'est-ce qu'il fait
00:42:47ce monsieur ?
00:42:48Elle me dit
00:42:48mais je crois
00:42:48qu'il vient vers nous.
00:42:50Et quand on le voit arriver,
00:42:50on se dit
00:42:51qu'est-ce qu'il va nous dire ?
00:42:53Parce que nous,
00:42:53même si on n'a rien fait,
00:42:54on est dans une forme
00:42:55de culpabilité
00:42:56et de honte.
00:42:58On n'ose pas
00:42:59se mettre proche d'eux.
00:43:00On reste loin.
00:43:01On se dit
00:43:02mince,
00:43:02qu'est-ce qu'il y a l'image
00:43:04ils ont de nous ?
00:43:05Vous dites ça
00:43:05parce que
00:43:06vous êtes ça.
00:43:07Pardon.
00:43:08Je ne vous en veux pas.
00:43:10Pas du tout.
00:43:11Merci.
00:43:11Je vous plaide
00:43:14que vous me plaisez.
00:43:15Ah mais...
00:43:16Oui.
00:43:16Mais vous n'avez pas
00:43:17de parler.
00:43:17Vous n'êtes pas du tout.
00:43:19Vous n'êtes pas encore.
00:43:21Vous n'êtes pas du là.
00:43:22Non.
00:43:23Oui.
00:43:23On sait ce que c'est.
00:43:24C'est pas nous
00:43:25mais bon,
00:43:26on a l'impression
00:43:27qu'on aurait dû faire
00:43:29quelque chose avant en fait.
00:43:30C'est ça en fait.
00:43:32Même nous,
00:43:32on est dans
00:43:33même cette position.
00:43:34Pourquoi on n'est pas
00:43:34intervenu avant ?
00:43:35C'est ça.
00:43:38On se sent pas.
00:43:42Et puis il nous dit
00:43:43qu'on n'a pas à s'en faire,
00:43:45qu'il ne nous en veut pas,
00:43:46qu'au final,
00:43:48on est des dommages
00:43:48collatéraux comme eux
00:43:49et qu'il nous comprend.
00:43:51Il me dit même
00:43:53que mon témoignage
00:43:54était touchant
00:43:56et que j'avais fait
00:43:57un beau témoignage
00:43:58et je ne savais pas
00:44:00comment réagir.
00:44:02Il n'était pas prête
00:44:02pour ça.
00:44:04Il n'était pas prête
00:44:05pour un pardon
00:44:07comme ça
00:44:08et je me suis dit
00:44:09waouh,
00:44:10il y a vraiment
00:44:10des gens forts en fait.
00:44:13Bonjour.
00:44:14Bonjour.
00:44:15La dernière.
00:44:16Bonjour madame.
00:44:18Bonjour.
00:44:18Quand vous l'aviez décrit,
00:44:20c'est vraiment tout à fait lui.
00:44:21C'est vrai ?
00:44:22Qu'elle ne pouvait pas
00:44:23se maquiller,
00:44:23ne se coiffer,
00:44:24qu'elle mette une poule attachée
00:44:26pour ne pas avoir l'effort.
00:44:27En fait,
00:44:27ça a fait le même schéma
00:44:28en fait avec votre soeur.
00:44:30Elle avait le droit
00:44:30d'être une fille
00:44:31quand il était à son temps.
00:44:32Voilà.
00:44:33Maquiller,
00:44:33même pas maquiller,
00:44:34alors qu'elle était
00:44:35super prête tout le temps.
00:44:36Les parents de la victime
00:44:37et la soeur de la victime
00:44:39sont venus nous voir
00:44:40pour nous dire
00:44:40qu'ils ne nous en voulaient pas,
00:44:43qu'ils comprenaient aussi
00:44:45que nous,
00:44:45on pouvait être
00:44:46dans la douleur,
00:44:48qu'ils comprennent
00:44:48qu'en fait,
00:44:49Sandrine a pu être
00:44:50sous son emprise
00:44:51en fait,
00:44:52parce qu'il disait
00:44:53que dans ce que j'ai décrit
00:44:54moi,
00:44:55il retrouvait le même processus
00:44:56qu'il avait fait
00:44:57avec sa fille en fait.
00:44:58Elle était vraiment
00:44:59dans son emprise
00:45:00en fait.
00:45:01Elle avait peur
00:45:01de la suite.
00:45:02Elle avait peur
00:45:02de la suite.
00:45:03Il aurait pu vraiment
00:45:04créer le secte.
00:45:06Je suis allé voir,
00:45:07je lui ai dit
00:45:07vous êtes au même point
00:45:08que nous.
00:45:09Je ne vous en veux pas,
00:45:09je ne peux pas vous en vouloir,
00:45:11ce n'est pas vous.
00:45:11Vous êtes autant
00:45:12un métier vous que nous.
00:45:14C'est tout quoi,
00:45:15il n'y a pas des choses à...
00:45:17Non,
00:45:18non, c'est normal.
00:45:18la fille de l'accusé
00:45:20et la soeur de l'accusé,
00:45:21ils sont points
00:45:22dans l'histoire au final.
00:45:23Elles sont plus
00:45:24avec de la peine
00:45:25par rapport
00:45:25à leur mère
00:45:27et à leur soeur
00:45:27ce qu'elle a fait
00:45:28que...
00:45:29Alors bon,
00:45:31il faut être un peu...
00:45:33C'est le côté humain
00:45:33aussi.
00:45:35Mais bon,
00:45:36on ne peut pas
00:45:36leur mouloir non plus.
00:45:37mais c'est un soulagement
00:45:46de se dire
00:45:47bon,
00:45:47même eux
00:45:48ne nous considèrent
00:45:49pas comme coupables
00:45:50donc on peut
00:45:50se détendre un peu,
00:45:53se relaxer
00:45:53et non,
00:45:54on n'est pas coupables.
00:45:57Et ouais,
00:45:58ça fait du bien.
00:45:59Ça enlève
00:46:00une honte
00:46:00et un poids
00:46:01quand même.
00:46:03Ouais.
00:46:07On va déjà faire
00:46:14la première partie.
00:46:16Ok,
00:46:16c'est parti.
00:46:18C'est en tour.
00:46:19À l'un comme à l'autre,
00:46:21le président de la cour
00:46:22demande
00:46:22quelle a été
00:46:23votre participation.
00:46:25Sandrine Delporte,
00:46:26nerveuse,
00:46:27les bras croisés,
00:46:28répond
00:46:28je n'ai rien fait,
00:46:30j'ai juste conduit
00:46:31la voiture,
00:46:32je n'ai pas bougé,
00:46:33je n'ai rien voulu savoir,
00:46:35jamais je ne me pardonnerai.
00:46:37Ils vont mieux garder
00:46:38l'autre aussi.
00:46:39Cet après-midi,
00:46:40là,
00:46:41on a,
00:46:42c'est en train
00:46:42d'interroger les deux
00:46:43en fait,
00:46:44sur les preuves,
00:46:45comment ils peuvent
00:46:46expliquer tel et tel truc.
00:46:48Sandrine,
00:46:48elle a évolué
00:46:49dans son discours
00:46:50quand même
00:46:50et donnait
00:46:51un peu plus de détails.
00:46:53Au troisième jour
00:46:54du procès d'appel,
00:46:55Sandrine Delporte
00:46:56accepte enfin
00:46:57de raconter
00:46:58ce qu'elle a fait
00:46:59au moment du crime.
00:47:00Ce qu'elle a reconnu,
00:47:01c'est qu'effectivement
00:47:02elle était présente,
00:47:03bien présente ce jour-là
00:47:04quand il a enlevé
00:47:05sa femme.
00:47:06Il a fait rentrer
00:47:07sa femme dans la voiture,
00:47:08il a refermé la voiture,
00:47:10elle est allée devant,
00:47:11elle a pris le volant
00:47:11et elle est partie.
00:47:15Et ensuite,
00:47:16elle dit que,
00:47:17elle sait qu'il a ouvert
00:47:18le coffre
00:47:18et qu'il a été refermé.
00:47:19Elle n'a pas voulu regarder,
00:47:20elle disait qu'elle préférait
00:47:21regarder droit devant elle
00:47:22et qu'ensuite,
00:47:25il est revenu
00:47:25quelques minutes plus tard
00:47:26en fait.
00:47:28Et c'est lui
00:47:28qui a pris le volant
00:47:29et c'est lui
00:47:29qui l'a ramené
00:47:30à Perpignan, tu vois.
00:47:31Le président,
00:47:31il prend les menottes,
00:47:32il prend la chaîne,
00:47:33il met sous le micro
00:47:34et il fait plein de bruit
00:47:35avec.
00:47:36Il me dit
00:47:36« Mais comment,
00:47:36vous n'avez pas pu
00:47:37entendre ça derrière ?
00:47:38Vous dites que vous
00:47:38n'entendiez pas de bruit
00:47:39mais ça,
00:47:39ça s'entend quand même. »
00:47:40Il me dit
00:47:41« Un coup de feu,
00:47:41ça s'entend ? »
00:47:42Il me dit
00:47:42« Mais moi,
00:47:43j'étais dans une bulle
00:47:44et je ne voulais pas voir,
00:47:45je ne voulais pas entendre. »
00:47:47Tu vois,
00:47:47donc,
00:47:48elle explique ça maintenant.
00:47:49Surtout,
00:47:57elle a dit,
00:47:58la phrase qui a choqué
00:47:59tout le monde,
00:47:59c'est « J'ai adhéré au projet. »
00:48:02Malgré que je n'étais pas là,
00:48:03effectivement,
00:48:04je ne suis pas descendu,
00:48:05mais voilà,
00:48:06j'ai conduit,
00:48:07j'ai adhéré,
00:48:08je n'ai rien fait.
00:48:11Voilà,
00:48:12c'est...
00:48:13Entendre « J'ai adhéré à l'idée »,
00:48:15ça m'a...
00:48:16Ça,
00:48:17c'est la retombée.
00:48:19C'est la première fois
00:48:20que Léa entend sa mère
00:48:21reconnaître aussi clairement
00:48:23sa participation au crime.
00:48:25J'ai vu que ça avait été difficile
00:48:26ce matin.
00:48:27Ouais.
00:48:28Un peu dur.
00:48:28Ouais, un peu.
00:48:29Ouais, comment...
00:48:30Quand on rentre dans le vif
00:48:31des débats,
00:48:32c'est très compliqué du sujet
00:48:33et que,
00:48:35ben, voilà,
00:48:35que là,
00:48:36on se retrouve devant
00:48:37la figure de la maman
00:48:38qui a fait ce qu'il ne fallait pas,
00:48:39je veux que j'ai compris.
00:48:40Ouais.
00:48:41Mais, bon,
00:48:42voilà,
00:48:43c'est...
00:48:43On ne peut pas faire
00:48:44comme si ça n'existait pas.
00:48:45C'est ça.
00:48:45Et elle, justement,
00:48:46ce qu'on m'a reproché avant,
00:48:47c'est de faire comme si ça n'existait pas.
00:48:48Oui.
00:48:49Alors que là,
00:48:50je trouve qu'elle est capable
00:48:50d'en parler,
00:48:51elle est capable d'expliquer les choses.
00:48:53On avance.
00:48:54Mais je comprends
00:48:54que ce soit douloureux pour vous,
00:48:55mais, voilà,
00:48:56c'est-à-dire 18 ans
00:48:57qu'elle a accepté,
00:48:58c'est pas...
00:48:59Ouf.
00:49:00J'appréhende,
00:49:01oui, beaucoup.
00:49:02Oui, beaucoup, oui.
00:49:03Cet après-midi.
00:49:04Bon, allez, ça va aller,
00:49:05J'ai bien.
00:49:05Oui.
00:49:06Allez, à tout de suite.
00:49:08C'est maintenant au tour de William
00:49:10de s'avancer à la barre
00:49:11pour la première fois.
00:49:13À 21 ans,
00:49:14il a lui aussi
00:49:15parfaitement conscience
00:49:16de l'enjeu de son témoignage.
00:49:18Willy, tu sais, en fait,
00:49:19à la fin,
00:49:20il va te dire, le président,
00:49:21est-ce que vous avez
00:49:22quelque chose à rajouter, monsieur ?
00:49:24Et toi, t'as envie de dire
00:49:25que tu voulais connaître la vérité.
00:49:27C'est vrai qu'il faut
00:49:28que je sache la vérité.
00:49:29Tu as envie de savoir
00:49:30toute la vérité.
00:49:31On n'a pas le dénouement des choses,
00:49:32donc ça traîne en longueur,
00:49:33ça traîne en longueur,
00:49:34mais au bout d'un moment,
00:49:34il faut bien...
00:49:35C'est pour ça que je suis venu,
00:49:37d'ailleurs,
00:49:37c'est pour réformer ce chapitre-là
00:49:38et pour pouvoir
00:49:39enfin être fixée, quoi,
00:49:41parce que...
00:49:42Je sais que Sandrine,
00:49:42au départ,
00:49:43elle ne voulait pas qu'il témoigne.
00:49:44Elle voulait protéger son fils.
00:49:46Et moi, j'avais expliqué à Sandrine
00:49:47que peut-être c'était un besoin
00:49:48chez William d'y participer,
00:49:50que ça faisait partie
00:49:51de son processus de deuil
00:49:53et aussi de cicatrisation des faits
00:49:56et de ce qu'il a pu vivre.
00:49:58Donc, elle avait fini par accepter,
00:50:00Sandrine,
00:50:00elle a dit,
00:50:00mais il faut que tu le prépares,
00:50:01il faut que...
00:50:02Enfin, elle était très angoissée
00:50:03et je lui avais dit
00:50:05de faire confiance en son fils.
00:50:06Je sais qu'elle a dit la vérité,
00:50:19mais je pense qu'il y a encore
00:50:20certaines choses
00:50:21qu'elle a du mal à dire
00:50:22justement du fait
00:50:22que ses enfants soient là.
00:50:24Parce que...
00:50:25Voilà, elle pleure beaucoup
00:50:26parce qu'elle ne voulait pas
00:50:27nous mêler à ça.
00:50:28Elle sait qu'on a été
00:50:29de dommages collatéraux
00:50:30et elle nous voit encore
00:50:31comme des enfants
00:50:31et qu'on aura du mal
00:50:33à entendre certaines choses.
00:50:34Mais c'est pour ça que
00:50:36quand j'ai dit à la barre
00:50:38que je voulais
00:50:39que toute la vérité sorte,
00:50:40c'était destiné à tout le monde,
00:50:41que ce soit à lui,
00:50:41que ce soit à ma mère,
00:50:42c'était destiné à tout le monde.
00:50:44C'était vraiment...
00:50:44Maintenant,
00:50:45les années ont passé.
00:50:47Voilà, on est assez grands
00:50:48pour entendre ces choses-là,
00:50:49même si c'est dur.
00:50:50Normalement, la vérité,
00:50:51elle est là.
00:50:52Même si on ne l'accepte pas,
00:50:52on ne pourra pas la changer.
00:50:54Donc, autant l'entendre,
00:50:55autant l'accepter
00:50:56et au moins, c'est fait et c'est terminé.
00:50:59Comment ça va, je veux même ?
00:51:00Ah, c'est dur, hein ?
00:51:02Je pense que c'est le meilleur...
00:51:04C'est pas simple.
00:51:07Merci.
00:51:07Non, c'était courageux
00:51:08d'être là.
00:51:09On voyait que vous étiez très mal.
00:51:11Ouais, bah, fallait bien,
00:51:12de toute façon.
00:51:12C'était difficile.
00:51:13En plus, vous avez été réglo.
00:51:16Voilà, hein ?
00:51:17C'est pas...
00:51:18Vous l'avez fait.
00:51:19J'ai fait du mieux que j'ai pu, hein ?
00:51:21Voilà.
00:51:21Je vous ai fait du mieux que j'ai pu.
00:51:22Mais non, mais de toute façon,
00:51:23il n'y avait rien de...
00:51:24Voilà, il fallait juste...
00:51:26C'était dur.
00:51:27Oui, oui.
00:51:28C'est extrêmement...
00:51:29Ça y est, je suis sorti,
00:51:30je peux respirer.
00:51:30Waouh !
00:51:31Je suis content.
00:51:32Non, mais puis vous avez été loyal.
00:51:33Je peux oublier, je dirais ?
00:51:35Oui, oui, oui.
00:51:36Oh, ça a été tout plein.
00:51:38Ouais, j'ai envie de faire pas être loin, ça.
00:51:39Non, non, elle, elle était très préoccupée
00:51:41de pouvoir arriver à la barre.
00:51:42Vous imposez ça.
00:51:43Parce qu'imposer ça, déjà,
00:51:44le geste qu'elle a commis à ses enfants,
00:51:46mais leur imposer
00:51:46de venir à la barre de la cour d'assises
00:51:49en disant...
00:51:49Moi, j'étais smooth, j'étais comme ça.
00:51:50J'étais comme ça, genre.
00:51:50Comme il fait.
00:51:51Quelqu'un qui a commis un crime,
00:51:52c'est dur.
00:51:53Donc, pour elle,
00:51:54en tant que...
00:51:54Le plus compliqué,
00:51:54c'était quand je suis rentré.
00:51:56Je ne l'ai pas vu ?
00:51:57Parce que oui, moi,
00:51:57ça fait 6 ans que je ne l'ai pas vue, je crois.
00:51:59Je l'ai au téléphone,
00:51:59il n'y a pas de souci,
00:52:00mais moi, ça fait 6 ans.
00:52:00Ça fait 6 ans que vous n'avez pas croisé
00:52:01l'ombre de votre mère.
00:52:02Non.
00:52:03Vous pouvez retourner dans la scène,
00:52:04là, et la voir.
00:52:05Voilà.
00:52:05Oui, mais je ne peux pas me planter en face,
00:52:06genre, salut.
00:52:07Je ne peux pas.
00:52:07Non, non, mais...
00:52:08Ça fait bizarre,
00:52:09parce que ma mère,
00:52:09qui a pris de l'âge,
00:52:10qui a pris de l'âge,
00:52:12qui a pris des cheveux gris aussi.
00:52:14Mais anecdote assez marrante,
00:52:15pour dire que ma mère reste ma mère.
00:52:17Alors, c'était au moment
00:52:18où on s'est levés,
00:52:19parce que l'audience
00:52:20a été suspendue 10 minutes.
00:52:22Donc, moi, je me suis levée,
00:52:23c'est à ce moment-là
00:52:23que je l'ai vue de face.
00:52:25Donc, elle a été contente,
00:52:26elle a souri,
00:52:26elle a pleuré.
00:52:27Mais à ce moment-là,
00:52:29elle m'a quand même dit
00:52:29« Range ta croix
00:52:30et range tes clopes
00:52:30parce que ça ne se fait pas. »
00:52:32Ça reste une mère,
00:52:33après tout,
00:52:33ça reste quand même ma mère,
00:52:34quoi qu'il arrive,
00:52:35dans n'importe quelle circonstance.
00:52:37Bon, il est où, mon warrior ?
00:52:38Ouais.
00:52:39Yo, ça y est,
00:52:40t'as fait tes épreuves
00:52:40qu'un d'un point, mon gars.
00:52:42Yo.
00:52:42Je te jure,
00:52:43j'ai fait les promis,
00:52:44c'est bon.
00:52:45C'est bon.
00:52:45T'as su réfléchir,
00:52:47parler,
00:52:47t'as donné des super bons détails.
00:52:48Tu m'as fait trop plaisir
00:52:49quand t'as dit
00:52:50« Oui, il y avait une chaise
00:52:51pour mon grand-père,
00:52:51il va me foutre. »
00:52:52Et moi, c'est ce que j'avais raconté.
00:52:53Celle-là, je vais le checker.
00:52:54Celle-là, je l'ai gardé
00:52:54dans ma tête, celle-là.
00:52:55Tu vois, il me disait,
00:52:56et quand j'ai raconté ça,
00:52:57il me disait
00:52:57« Mais vous êtes timbré. »
00:52:58C'est limite,
00:52:59c'était moi qui ai raconté les camps.
00:53:00Et toi, du coup,
00:53:02tu reviens dessus,
00:53:03je dis là « Yes,
00:53:04puis ça, yes. »
00:53:05Celle-là était dans ma tête,
00:53:05j'ai fait celle-là,
00:53:06je ressors, t'inquiète.
00:53:07Il faut qu'on y retourne,
00:53:07on n'aura pas de place.
00:53:08Mais vraiment.
00:53:10Le procès reprend.
00:53:12Une mauvaise surprise
00:53:13attend la famille de Sandrine.
00:53:17Ramon Cortès, lui,
00:53:18cherche à amadouer la cour
00:53:19et les jurés.
00:53:20« Je n'ai pas tué ma femme,
00:53:22c'est Sandrine Pelleport
00:53:23qui a tiré. »
00:53:24Silence dans la salle,
00:53:25le président le fixe des yeux.
00:53:27« Vous savez, monsieur Cortès,
00:53:29c'est la énième version
00:53:30que vous présentez à la justice. »
00:53:33Un choc.
00:53:34Cortès fait mat d'emporter
00:53:36la responsabilité du crime
00:53:37à sa co-accusée.
00:53:41Et donc, lui, il raconte.
00:53:42Non, mais franchement,
00:53:43il raconte.
00:53:44« Sandrine est arrivée avec l'arme.
00:53:46Elle a tiré sur ma femme.
00:53:47Je me suis évanouie.
00:53:48Et là, quand je me suis réveillée,
00:53:50j'étais dans tous mes états.
00:53:52Ma femme était par terre.
00:53:54Sandrine était en train
00:53:55de l'enterrer.
00:53:56Donc, lui, dans sa douleur
00:53:58de voir sa femme dans la tombe,
00:54:00il a préféré se dénoncer
00:54:03à la police
00:54:03parce que, de toute façon,
00:54:04il n'avait plus de femmes,
00:54:05donc plus de raison de vivre.
00:54:06T'as beaucoup de gens
00:54:07qui rigolent dans la salle,
00:54:08mais vraiment,
00:54:08les jurés rigolent.
00:54:11L'avocat général rigole,
00:54:13les avocats rigolent.
00:54:15Le président a fini par couper court
00:54:16et s'il en aillera le bol.
00:54:18Du coup, je suis sortie
00:54:18parce que, franchement,
00:54:19ça m'exaspère fortement.
00:54:21Mais vraiment,
00:54:22c'est...
00:54:23Bon, t'as pensé quoi
00:54:25de cet aperçu ?
00:54:26Oh, j'ai jamais eu
00:54:27avec aussi culotté,
00:54:28sérieux.
00:54:29C'est ça,
00:54:29combien de tièmes versions ?
00:54:3010, 12, 15 ?
00:54:31Déjà, tous les changements
00:54:32de version,
00:54:32je trouve ça lâche
00:54:34et hypocrite
00:54:35parce qu'à un moment,
00:54:36c'est lui,
00:54:36à un moment,
00:54:37c'est pas lui,
00:54:37à un moment,
00:54:37c'est la mère,
00:54:38à un moment,
00:54:38c'est quelqu'un d'autre.
00:54:39Ça fait surtout du mal
00:54:40parce qu'au final,
00:54:42il accuse la terre entière
00:54:43sauf lui-même.
00:54:44Deux fourgons,
00:55:04deux accusés
00:55:04qui, comme chaque soir,
00:55:06vont attendre
00:55:06la reprise du procès
00:55:08derrière les barreaux.
00:55:09Cette prison
00:55:10avec laquelle
00:55:11la famille de Sandrine Delporte
00:55:13doit vivre
00:55:13depuis 2014.
00:55:23Avoir une soeur en prison,
00:55:24c'est terrible.
00:55:25Franchement,
00:55:26c'est terrible.
00:55:26Je ne le souhaite à personne.
00:55:28Aller voir sa soeur en prison,
00:55:29c'est terrible.
00:55:30La première fois
00:55:31que vous y allez,
00:55:32c'est...
00:55:32Vous sortez,
00:55:33vous pleurez.
00:55:35C'est vraiment terrible.
00:55:36Et puis,
00:55:36on est dans cette petite salle
00:55:37à discuter,
00:55:39on est chronométrés,
00:55:40on attend,
00:55:41on est là sur l'heure,
00:55:42bon Dieu,
00:55:42vite,
00:55:43ça va.
00:55:43C'est bon,
00:55:44on a encore dix minutes,
00:55:45on peut parler.
00:55:46Au départ,
00:55:47c'est dur.
00:55:58Au début,
00:55:58on n'en parle pas
00:55:59et on essaye
00:56:00de vivre normalement.
00:56:02On essaye
00:56:03de faire comme
00:56:04si de rien n'était,
00:56:05de faire comme
00:56:05si c'était rien passé,
00:56:08que juste
00:56:08et un lycée
00:56:09et un lycée,
00:56:10un normal.
00:56:11Mais ça ne marche pas
00:56:13très longtemps.
00:56:14Ça ne marche pas
00:56:14très longtemps du tout.
00:56:16Alors,
00:56:16heureusement,
00:56:17j'ai dû aller
00:56:17chez le psy,
00:56:18je n'ai pas réussi
00:56:19à gérer
00:56:20mes premières années
00:56:21de lycée.
00:56:21mais au final,
00:56:29on pleure
00:56:29beaucoup,
00:56:29beaucoup,
00:56:30beaucoup.
00:56:30On ne sait plus
00:56:32ce qu'on doit faire,
00:56:33on ne sait plus
00:56:33vraiment qui,
00:56:35même moi,
00:56:35je ne savais même plus
00:56:35vraiment qui j'étais,
00:56:37qu'est-ce que je devais faire,
00:56:38pourquoi j'étais là.
00:56:38pendant un an,
00:56:45c'était silence radio,
00:56:46je ne voulais pas lui parler,
00:56:47vraiment un refus total
00:56:48et ce n'est pas bon.
00:56:51C'est fatigant
00:56:52de diaboliser son mère.
00:56:54Je la diabolisais,
00:56:56clairement.
00:56:57Je ne voulais plus
00:56:57en entendre parler,
00:56:58j'avais honte
00:56:59que je sois ma mère.
00:57:00C'est au bout d'un an
00:57:01que j'ai écrit
00:57:01ma première lettre
00:57:01et ma première lettre,
00:57:03c'était
00:57:04pour lui dire
00:57:05que j'étais en colère.
00:57:07À la fin de ma lettre,
00:57:08je lui ai dit
00:57:08« Bon, j'essaye
00:57:09d'apprendre
00:57:10à faire la paix,
00:57:11à accepter les choses
00:57:12et à évoluer. »
00:57:13Voilà,
00:57:13c'est ma mère
00:57:14et je ne peux pas
00:57:16vivre sans ma mère.
00:57:27Au départ,
00:57:28elle m'envoyait
00:57:28des lettres
00:57:29et après un moment,
00:57:30elle a commencé
00:57:30à pouvoir m'appeler.
00:57:31« Cet appel peut être
00:57:32surveillé
00:57:33ou enregistré. »
00:57:35Au départ,
00:57:36j'en voulais toujours
00:57:37donc c'était compliqué.
00:57:38Et après,
00:57:39au fur et à mesure,
00:57:40on ne s'appelle plus souvent.
00:57:41Donc moi,
00:57:41je lui raconte toujours
00:57:42tout ce qui se passe,
00:57:43tout ce qui peut se passer
00:57:44en bien ou en mal.
00:57:44Je lui raconte tout ce qui se passe,
00:57:45etc.
00:57:46Elle suivait ma vie
00:57:47à distance.
00:57:48Ça fait du bien
00:57:48d'entendre la voix
00:57:49et de se rendre compte
00:57:50qu'elle est toujours
00:57:51la même personne
00:57:51et que c'est un être humain
00:57:54qui a des émotions.
00:57:55Voilà,
00:57:55elle est au téléphone,
00:57:56elle a pleuré.
00:57:57Elle a une part
00:57:58de faiblesse,
00:57:59de sensibilité.
00:58:01C'est pas un monstre
00:58:02et voilà,
00:58:03c'est là qu'on peut
00:58:04pardonner
00:58:04et passer à notre famille.
00:58:05Ces appels à distance,
00:58:14ces parloirs minutés,
00:58:16Muriel sait
00:58:16qu'il faudra vivre
00:58:17encore longtemps avec.
00:58:18Je suis à un bon 400 kilomètres
00:58:23pour pouvoir faire
00:58:2545 minutes de parloir.
00:58:27Moi, ça m'est arrivé
00:58:28de faire ces 400 kilomètres.
00:58:31Un vendredi soir,
00:58:32je suis sortie du boulot,
00:58:33j'ai pris la route,
00:58:33je suis partie.
00:58:34J'avais des habits
00:58:35à lui ramener,
00:58:36elle en avait besoin.
00:58:37Et le matin,
00:58:37à 7h30,
00:58:38je devais être présente
00:58:39parce que c'est à 8h30,
00:58:41le parloir.
00:58:42je suis arrivée là-bas
00:58:44et j'ai été refoulée.
00:58:48Refoulée parce que ce jour-là,
00:58:49j'avais mis un soutien-gorge
00:58:50avec des baleines,
00:58:51alors que je ne le fais jamais.
00:58:53Et là,
00:58:53je l'avais mis
00:58:54et j'ai sonné au cortique.
00:58:56J'ai sonné
00:58:57et trois fois,
00:58:58et au bout de trois fois,
00:58:59on vous met dehors
00:59:00et on vous dit
00:59:01vous n'avez pas de parloir
00:59:02parce que vous sonnez.
00:59:03j'ai demandé
00:59:04à enlever mon soutien-gorge,
00:59:05ils ont refusé.
00:59:07Ils sont très sévères.
00:59:08Donc j'ai fait
00:59:08400 km allée,
00:59:09400 km retour
00:59:10pour rien en fait.
00:59:12Et je ne pouvais pas
00:59:12me libérer avant deux mois.
00:59:15Donc elle n'a pas eu
00:59:16ses habits
00:59:16pendant deux mois en fait.
00:59:25C'est quand on arrive
00:59:26devant la prison
00:59:26qu'on fait « waouh ».
00:59:28La prison,
00:59:29c'est impressionnant quand même.
00:59:30Là, tu te rends compte
00:59:31vraiment du côté
00:59:32incarcération,
00:59:33une perte de liberté.
00:59:36Et même pour nous,
00:59:36c'est angoissant
00:59:37de rentrer dedans,
00:59:38dans cet endroit clos,
00:59:39fermé.
00:59:40Et puis le parloir
00:59:41en lui-même,
00:59:42c'est une pièce,
00:59:43une toute petite pièce.
00:59:44Il y a une table,
00:59:45deux chaises.
00:59:45On laisse asseoir
00:59:46et on fait ce mot-là.
00:59:48Rien que pouvoir
00:59:48la prendre dans les bras
00:59:49et pouvoir se faire un câlin,
00:59:53ça fait du bien.
00:59:59On raconte notre quotidien,
01:00:00on raconte
01:00:01si on a été en vacances,
01:00:02etc.
01:00:02Ça lui permet
01:00:03de garder un lien
01:00:04avec l'extérieur
01:00:06et de garder un lien
01:00:07avec une vie normale,
01:00:08en fait.
01:00:09Et elle le vit à travers nous.
01:00:12En fait,
01:00:12ça la fait s'évader
01:00:13d'imaginer le monde extérieur
01:00:14qu'elle n'a plus.
01:00:15Et puis non,
01:00:15parler de l'affaire,
01:00:16parler de la prison.
01:00:17Même moi,
01:00:18je me disais
01:00:19« mais ça va,
01:00:19c'est pas comme dans les films
01:00:20et tout.
01:00:21T'as pas de problème.
01:00:22Enfin moi,
01:00:23ma vision,
01:00:23c'était quoi ?
01:00:24C'était les films américains
01:00:25avec les bagarres
01:00:26dans la cour et tout.
01:00:26Donc elle me disait
01:00:28« non, non,
01:00:29t'inquiète,
01:00:29c'est pas comme ça. »
01:00:30Après,
01:00:32elle parlait de rien négatif.
01:00:33Donc je me suis dit
01:00:33« ok, en fait,
01:00:34elle me pouponne,
01:00:35je suis sa fille,
01:00:36elle me dira jamais
01:00:36que ça va pas.
01:00:37Donc on va arrêter
01:00:38d'en parler.
01:00:38c'est pas productif.
01:00:41Parce que voilà,
01:00:42là, c'est le truc
01:00:42de « c'est mes enfants,
01:00:43je les ai au téléphone,
01:00:44c'est pour passer
01:00:45un bon roman,
01:00:45c'est pas pour parler
01:00:46de choses mauvaises.
01:00:48Mais choses mauvaises,
01:00:49c'est avec ma tante Muriel. »
01:00:51Sa sœur,
01:00:52ses aînés,
01:00:54les proches de Sandrine
01:00:54ont tout donné
01:00:55pour convaincre la cour
01:00:57du rôle soumis
01:00:58qu'elle aurait tenu
01:00:59dans ce crime.
01:01:01Reste à attendre
01:01:02le verdict.
01:01:06Je pensais que
01:01:07l'avocat général
01:01:07allait faire
01:01:08un récit
01:01:08un petit peu
01:01:09moitié-moitié,
01:01:11en fait,
01:01:11avec d'un côté
01:01:12Cortès
01:01:13et d'un autre côté
01:01:14ma mère.
01:01:15Mais finalement,
01:01:17en une heure,
01:01:17en fait,
01:01:17il a parlé beaucoup
01:01:18de M. Cortès
01:01:19et qu'au final,
01:01:20la partie sur ma mère
01:01:22a duré peut-être
01:01:2310 minutes.
01:01:24Et c'est vrai
01:01:25que c'était
01:01:25plutôt positif.
01:01:29En fait,
01:01:29il a tout détaillé
01:01:30quand même.
01:01:30Il a détaillé
01:01:31ce que les psychiatres
01:01:32ont dit.
01:01:33Madame Delporte
01:01:33a pris conscience
01:01:34de ce qu'elle a fait.
01:01:36Elle a des remords,
01:01:37elle a beaucoup évolué.
01:01:38Elle a réussi
01:01:39à s'enlever
01:01:39de l'emprise
01:01:40de M. Cortès.
01:01:42Et puis il fait
01:01:42« J'ai terminé ».
01:01:44Ouah !
01:01:45Ouah !
01:01:45Trois minutes !
01:01:46Le gars,
01:01:46il a tenu
01:01:46trois minutes
01:01:47sur Sandrine.
01:01:48Alors que ça fait
01:01:49une heure
01:01:49qu'il est sur Cortès.
01:01:50Il dit « Bon,
01:01:51ben maintenant,
01:01:51je vais vous dire
01:01:52les peines, machin ».
01:01:53Donc il revient
01:01:53quand même sur les peines
01:01:54sur le fait
01:01:55que Sandrine
01:01:55a accepté
01:01:56sa première peine
01:01:57de 18 ans,
01:01:58qu'elle a beaucoup évolué,
01:01:59qu'elle a pu dire
01:02:00des vérités,
01:02:00qu'elle a accepté
01:02:02sa culpabilité.
01:02:04Il a quand même
01:02:05précisé
01:02:05qu'elle était bien suivie,
01:02:06soutenue par la famille.
01:02:08Donc pour elle,
01:02:09certes,
01:02:10il a été dit
01:02:1018 ans
01:02:11en première instance,
01:02:12mais moi,
01:02:13je l'estime
01:02:13entre 12 et 15,
01:02:14pas plus.
01:02:15En vue du travail effectué.
01:02:16Et après,
01:02:17il dit pour Cortès,
01:02:18il dit « Lui,
01:02:18il mérite la perpécuté,
01:02:19mais direct.
01:02:21Ça ne serait pas possible.
01:02:22Donc du coup,
01:02:22on va maintenir
01:02:2330 ans de réclusion
01:02:25au tribunal
01:02:25et 20 ans
01:02:26de sûreté.
01:02:30Il y a vous
01:02:30les jurés
01:02:31de voir.
01:02:34Nous,
01:02:34on sait
01:02:34qu'elle a évolué,
01:02:36mais on peut se dire
01:02:37qu'on n'est pas objectifs.
01:02:38Peut-être que nous,
01:02:39on se dit qu'elle évolue.
01:02:41Mais d'autres personnes
01:02:42qui sont objectifs,
01:02:43les psychiatres,
01:02:44etc.,
01:02:44ont vu
01:02:45qu'elle évoluait.
01:02:46Donc pour nous,
01:02:46oui,
01:02:47ça nous conforte
01:02:47dans cette idée
01:02:49que vraiment,
01:02:49il y a un chemin
01:02:50qui a été fait.
01:02:50Ce n'est pas dans notre tête,
01:02:51ce n'est pas pour se rassurer.
01:02:53C'est un réel chemin
01:02:54qui a été fait
01:02:54et voilà,
01:02:56en espérant
01:02:56que la justice
01:02:57s'en rende compte
01:02:58également
01:02:59et fasse en fonction.
01:03:0212 ans.
01:03:0312 ans,
01:03:03c'est bien.
01:03:0412 ans,
01:03:05c'est bien.
01:03:0512 ans,
01:03:06ça fait 8 ans.
01:03:14Elle en a fait 6.
01:03:15Si c'est ça,
01:03:16c'est trop cool.
01:03:17Ça va être bien pour elle.
01:03:18Elle va pouvoir
01:03:19se reconstruire après
01:03:19et faire une autre vie,
01:03:21en fait.
01:03:22Mais essayer de redemarrer
01:03:23sur des bonnes bases.
01:03:24Se reconstruire surtout.
01:03:2615 ans,
01:03:27voire 12 ans,
01:03:28l'espoir renaît.
01:03:30Ça fait plaisir quand même.
01:03:32On ne va pas se mentir,
01:03:33ça fait plaisir.
01:03:34Et puis,
01:03:34ça n'a pas été
01:03:35de très mauvaises choses
01:03:36qui ont été dites
01:03:36par rapport à ma mère,
01:03:37même si malgré tout,
01:03:38ça reste une accusée quand même.
01:03:40De mon côté égoïste,
01:03:41c'était quand même
01:03:42une bonne chose.
01:03:44Tu m'appelles
01:03:44quand tu es arrivé ?
01:03:45Oui,
01:03:46t'inquiète.
01:03:47J'arrive à 22h30,
01:03:48je crois,
01:03:48un truc comme ça.
01:03:4922h30,
01:03:50j'arrive dans ces eaux-là.
01:03:52Toi,
01:03:52tu m'appelles
01:03:52quand tu sais
01:03:53dès que c'est terminé.
01:03:55Dis-o.
01:03:56Le verdict tarde,
01:03:58William ne peut pas
01:03:59manquer son travail
01:04:00et son train
01:04:00pour Auxerre,
01:04:02comme Léa
01:04:02qui doit repartir aussi.
01:04:05Ah,
01:04:06l'avocat général,
01:04:08l'avocat d'avoir
01:04:09participé.
01:04:10Une fois de plus,
01:04:11c'est Muriel,
01:04:12la grande sœur,
01:04:12qui va faire front,
01:04:14épauler l'accusé
01:04:15et les plus jeunes.
01:04:16Je suis impatient
01:04:19qu'il me dit
01:04:20William,
01:04:20tu m'étonnes.
01:04:21Je suis impatient.
01:04:22Tu m'étonnes.
01:04:23Je suis impatient.
01:04:24Oui.
01:04:27Nous aussi.
01:04:28Mais on nous a dit
01:04:283-4 heures.
01:04:35Encore,
01:04:35encore.
01:04:36Ça va arriver,
01:04:36ça va arriver.
01:04:40On attend.
01:04:43Ça y est.
01:04:43Ah non,
01:04:44c'est pas...
01:04:44Mais,
01:04:45mais,
01:04:45mais,
01:04:45mais,
01:04:45mais,
01:04:45mais,
01:04:46j'ai le cœur
01:04:50qui bat ça l'heure.
01:04:51Je vais avoir
01:04:51un infartus.
01:04:52Désolée,
01:04:53pas de nouvelles.
01:04:55Nous aussi,
01:04:55on attend,
01:04:55on attend,
01:04:56on attend.
01:04:58Ah,
01:04:58nous avons
01:04:58un nouvel article
01:04:59de journal.
01:05:00Dernier mot
01:05:01de nous accuser,
01:05:01je suis sincèrement
01:05:03désolée.
01:05:04Tu vois,
01:05:04c'est bien
01:05:05ce qu'elle a retranscrit.
01:05:06Je suis sincèrement
01:05:06désolée
01:05:07de tout ce qui s'est passé.
01:05:09Notre Wigou
01:05:10à destination
01:05:10de Paris-Guerre-de-Lyon
01:05:11circule actuellement
01:05:12avec un retard
01:05:13de 20 minutes.
01:05:13dans 5 minutes.
01:05:18Ouais.
01:05:1910?
01:05:1910?
01:05:2010 minutes.
01:05:21On fait quoi?
01:05:2110 minutes.
01:05:22On décolle?
01:05:22Allez,
01:05:23on décolle.
01:05:26Yo,
01:05:26j'ai la boule au ventre.
01:05:28Là,
01:05:28c'est...
01:05:29C'est que là,
01:05:30on rigole bien,
01:05:31mais voilà.
01:05:31j'ai jamais été aussi
01:05:34impatient
01:05:35et accroché
01:05:35mon téléphone,
01:05:36je crois.
01:05:41Le qui reste?
01:05:425 minutes.
01:05:44Aïe,
01:05:44aïe,
01:05:45aïe.
01:05:48Après 3h30
01:05:49de délibération,
01:05:50le verdict tombe.
01:05:55Un choc
01:05:56que Muriel encaisse
01:05:57avant de l'annoncer
01:05:58à William et Léa.
01:05:59Léa me dit
01:06:03que ce sont
01:06:04les plus longues minutes
01:06:05de ma vie
01:06:05parce qu'elle attend
01:06:06toujours des nouvelles
01:06:07et je ne lui ai pas donné.
01:06:08Je vais faire
01:06:09à tout le monde.
01:06:11Bon,
01:06:11du coup,
01:06:12ça y est,
01:06:12c'est arrivé enfin.
01:06:15Ça n'a pas changé.
01:06:1518 ans pour elle
01:06:17et 30 ans
01:06:19avec 20 sûretés
01:06:20pour lui.
01:06:24Léa est déçue.
01:06:26Elle se disait
01:06:27peut-être que
01:06:27avec les circonstances,
01:06:29tu sais.
01:06:31Oui,
01:06:32il y a une déception
01:06:33parce qu'on y a cru.
01:06:35On ne pensait vraiment
01:06:35pas que le jury
01:06:36allait ne pas tenir compte
01:06:39de ce que dit
01:06:40l'avocat général.
01:06:41Mais bon,
01:06:43tant que ce n'est pas plus,
01:06:46ça me va.
01:06:46C'est un peu déçu
01:06:47qu'elle n'en prenne pas moins
01:06:49mais bon,
01:06:49il fallait s'y attendre aussi.
01:06:51Avec les remises de peine,
01:06:52normalement,
01:06:52il ne devrait pas rester
01:06:53trop longtemps à faire.
01:06:55C'est bien.
01:06:55Je trouve que c'est bien.
01:06:56C'est bien,
01:06:56mais c'est normal
01:06:57après ce qui s'est passé,
01:06:58de toute façon.
01:06:59Après ce qu'elle a fait,
01:07:00ils n'allaient pas non plus
01:07:00ils n'allaient pas lui dire
01:07:01tu vas sortir à libre ce soir.
01:07:04Même si c'est ma propre mère,
01:07:06même si je l'ai de tout mon cœur,
01:07:07il faut qu'elle paye
01:07:07pour ce qu'elle a fait.
01:07:16Une fois le verdict tombé,
01:07:27je me dis qu'il ne faut pas
01:07:28que je graisse chez moi
01:07:29à ruminer,
01:07:30à réfléchir.
01:07:32Donc je suis rentrée
01:07:32et le premier truc que j'ai fait,
01:07:34j'ai préparé mon bagage
01:07:35et je suis partie le lendemain
01:07:36à 7h du matin.
01:07:40J'ai pris mon vélo
01:07:41et je suis partie en voyage
01:07:44à vélo,
01:07:44tour de France.
01:07:46Le fait de pédaler,
01:07:56ça lance une dynamique.
01:07:59Ce n'est pas un retour en arrière,
01:08:00ce n'est pas une fuite,
01:08:01ce n'est vraiment autre chose.
01:08:04J'ai repris ma vie
01:08:06dès le lendemain pour moi
01:08:08en occultant
01:08:10l'autre partie négative.
01:08:14Je ne dois pas m'arrêter
01:08:16de vivre pour ça.
01:08:26Quand Sandrine sortira,
01:08:28j'espère qu'elle pourra venir
01:08:30habiter à Brioude
01:08:31avec moi et maman.
01:08:32est-ce qu'elle va réussir
01:08:35à trouver un travail ?
01:08:37Est-ce qu'elle va réussir
01:08:38à faire plein de choses ?
01:08:41Non, mais c'est angoissant,
01:08:42mais en même temps,
01:08:43elle sait qu'elle sera
01:08:45bien accompagnée aussi.
01:08:46Donc c'est ce qui la rassure.
01:08:47Et puis elle sait que moi,
01:08:48je pourrais l'aider
01:08:49dans sa réinsertion.
01:08:52C'est pour ça qu'elle veut
01:08:53être sur Brioude, en fait.
01:08:54une ville magnifique,
01:08:56entourée de montagnes,
01:08:58avec un bon air.
01:09:01Donc je pense que
01:09:02ça lui sera bénéfique.
01:09:06Elle respira à plein poumon
01:09:07et enfin libre.
01:09:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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