- il y a 8 mois
"THE FBI FILES - HUMAN PREY" / Au sud de l’Ohio, Thomas Dillon tue cinq randonneurs en 3 ans. Une information permet aux agents du FBI de mettre la main sur une arme à feu et de démontrer, par le biais d’une analyse ballistique, qu’il s’agit de l’arme du crime. La mère d’une des victimes fait publier une lettre adressée au meurtrier dans les journaux locaux. Ce dernier se manifeste, ce qui permet aux agents de dresser son profil psychologique et d’obtenir de nouvelles informations. Après plusieurs mois de surveillance, Thomas Dillon est enfin arrêté et condamné pour ses crimes.
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PersonnesTranscription
00:00Le sud de l'état de l'Ohio est l'endroit rêvé pour les amateurs de sport de plein air.
00:16Mais la quiétude de cette région est ébranlée en 1989, lorsqu'un tireur tue, sans mobile apparent, un homme.
00:26Il s'agit du premier d'une série de meurtres inexplicables.
00:30Un forcené semble faire une chasse à l'homme le long des routes rurales de l'Ohio.
00:33Sous-titrage Société Radio-Canada
01:03La partie sud de l'état de l'Ohio aux Etats-Unis est rocheuse et vallonnée.
01:12C'est un endroit tranquille où résident principalement des mineurs, des fermiers et des ouvriers de manufactures.
01:19La région est si paisible que la plupart des gens ne verrouillent même pas leurs portes.
01:25Ici, le taux de criminalité est pratiquement nul.
01:27Le samedi matin 1er avril 1989, Donald Welling, 35 ans, partit faire son jogging.
01:41Il emprunta les petites routes de Toscarawas-Conte.
01:49Ce matin-là, sa course fut brutalement interrompue par un coup de feu.
01:52Il fut tué par un projectile de carabine en plein cœur.
01:58La mort fut instantanée.
01:59Il n'y avait aucun indice ni mobile apparent.
02:13De plus, l'arme du crime était introuvable.
02:1619 mois plus tard, le samedi matin 19 novembre 1990,
02:29Jamie Paxton, 21 ans, de Bannock, se leva à l'aube pour aller chasser au tir à l'arc.
02:36Il descendit de voiture et marcha longtemps à travers les herbes hautes qui longeaient l'autoroute 9,
02:41laissant l'arc dans son véhicule.
02:42Paxton était seul et non armé.
02:49Il ne remarqua pas qu'un pick-up rouge s'était garé à proximité de sa voiture.
03:07Le tireur était silencieux et prudent.
03:12Jamie Paxton fut atteint de trois projectiles.
03:22L'arme utilisée était une carabine de chasse très puissante.
03:26Il n'y avait aucun témoin.
03:27La population fut plongée dans le désarroi le plus total.
03:34Pourquoi avait-on commis ce meurtre gratuit ici ?
03:39Les accidents de chasse sont plutôt fréquents dans cette région,
03:44mais le shérif de Belmont County, Tom McCourt,
03:46sut immédiatement qu'il ne s'agissait pas d'une mort accidentelle.
03:51Le fait qu'il y ait plus d'une blessure démontrait qu'il ne s'agissait pas d'un accident.
03:56En général, quand ça se produit, il n'y a qu'un seul coup de feu.
03:59De plus, la blessure avait été causée par une arme à feu et non par une flèche,
04:03et la saison de la chasse à la carabine n'était pas encore ouverte.
04:06Le secteur sous la juridiction du shérif Tom McCourt est vaste,
04:13mais la population y a tissé des liens solides.
04:16Tout le monde se connaît.
04:18McCourt connaissait lui-même personnellement le jeune Jamie Paxton.
04:22Il ignorait cependant qui avait pu en vouloir à sa vie.
04:25Le tireur n'avait laissé aucun indice.
04:31Nous avons inspecté le secteur,
04:34cherché des douilles à l'endroit d'où le tir provenait,
04:37mais nous n'avons rien trouvé.
04:40Nous avons également cherché des projectiles près du corps de la victime.
04:47Nous avons même utilisé un détecteur de métal pour nous y aider.
04:53Les policiers interrogèrent les membres de la famille,
04:55les amis et les connaissances de Paxton.
04:58Malheureusement, aucun d'entre eux ne pouvait s'expliquer ce meurtre.
05:01De toutes les personnes que nous avons interrogées jusqu'à aujourd'hui,
05:04on ne lui a jamais reconnu d'ennemi.
05:08Le shérif McCourt était aux prises avec le meurtre gratuit
05:11d'un jeune homme au passé irréprochable.
05:15Cet homicide semblait impossible à résoudre.
05:18Il n'y avait aucun témoin, aucun indice,
05:20pas même une hypothèse sur ce qui avait pu se produire.
05:23La mort de Jamie affligea profondément sa mère,
05:30Jean Paxton.
05:32Dans l'espoir de susciter une réaction de la part du tueur,
05:36elle demanda au responsable du Martin's Ferry Times Leader,
05:39le quotidien de la région, de publier ses lettres.
05:41Chaque fois que j'écrivais, je récitais une prière
05:46et je demandais à Dieu de m'aider à trouver les mots
05:49qui rejoindraient l'individu qui avait tué mon fils.
05:51Les lettres avaient un ton passionné et direct.
05:59À celui qui a tué mon fils Jamie,
06:01serait-il plus facile de vous écrire des mots haineux ?
06:04J'en suis incapable.
06:06Je ne ressens pas de haine envers vous,
06:07mais plutôt une grande tristesse d'avoir perdu mon fils.
06:11Vous m'avez privé d'une source de lumière en novembre dernier
06:13et depuis je vis dans les ténèbres.
06:16Avez-vous pensé à votre propre mort ?
06:18Vous n'y échapperez pas.
06:19À moins de confesser vos péchés
06:21et de demander le pardon de Dieu,
06:23vous devrez un jour affronter les flammes de l'enfer.
06:30Le meurtrier eut-il connaissance de ses lettres ?
06:33Si oui, elle ne semblait guère avoir des faits sur lui.
06:40Le 28 novembre 1990,
06:4318 jours après le meurtre de Paxton,
06:46Kevin Loring, 30 ans,
06:47chassé dans la région de Muskingum County,
06:49à environ 60 km de l'endroit où Paxton avait été tué.
06:56Il prit un peu d'avance
06:57pendant que ses amis terminaient leur repas.
07:11Il traversait un champ à la recherche de gibier,
07:13ignorant qu'il était lui-même la proie
07:15d'un chasseur qui surveillait ses moindres gestes.
07:34Loring fut tué d'un projectile à la tête.
07:36Le tueur avait commis ses meurtres
07:46dans trois comtés différents
07:47sur une distance de quelques centaines de kilomètres.
07:51Le processus d'enquête en serait ralenti.
07:55De fait, les détectives de Muskingum County
07:58ignoraient complètement que d'autres meurtres similaires
08:00avaient été commis dans les comtés voisins.
08:01Ils conclurent que la mort de Loring
08:06était due à un accident de chasse.
08:11Jean Paxton n'abordonnait pas.
08:14Elle continuait d'écrire des lettres au meurtrier
08:15pendant toute l'année 1991
08:17en espérant qu'il se manifesterait.
08:24Je me disais que si le meurtrier de mon fils
08:26lisait une de mes lettres,
08:28j'obtiendrais une réaction de sa part.
08:31Elle ne se trompait pas.
08:38La lettre dactylographie commençait ainsi.
08:41Je suis le meurtrier de Jamie Paxton.
08:46Je ne le connaissais absolument pas.
08:48Je ne l'avais jamais vu de ma vie
08:49et ne m'a pas dit un seul mot ce samedi-là.
08:52J'ai tué Paxton sous la pression
08:54d'une pulsion incontrôlable.
08:56Lorsque j'ai quitté la maison ce jour-là,
08:58je savais que quelqu'un mourrait par ma faute.
09:00Je ne savais cependant pas qui ni où.
09:03Je suis une personne ordinaire
09:04avec une famille, un travail et une maison comme vous.
09:06Quelque chose dans ma tête me transforme
09:12en un meurtrier sans pitié ni conscience.
09:16La lettre arriva au Martin's Fair Times Leader
09:19quelques jours avant le premier anniversaire
09:21de la mort de Jamie.
09:27Le meurtrier y décrivait la mort du jeune homme
09:29dans les moindres détails.
09:37J'étais ivre et une voix dans ma tête
09:39me répétait « Fais-le ».
09:41J'ai garé mon véhicule derrière celui de Jamie
09:43et j'en suis descendu.
09:50Jamie marchait très lentement.
09:52Il descendait la côte
09:53et se dirigeait vers la route.
09:55J'ai épaulé ma carabine
09:56et je suivais ses mouvements à travers la mire.
10:00J'ai pris au moins 5 secondes
10:01à faire la mise au point.
10:06Je voulais viser le mieux possible.
10:08Le premier coup était un peu raté.
10:10Je l'ai touché dans la partie droite
10:11de sa poitrine.
10:18Il a gémis puis est tombé.
10:20Je voulais être sûr qu'il était bien mort.
10:22Alors j'ai tiré un autre coup
10:23en visant entre sa hanche et son épaule.
10:26Il était étendu face contre terre.
10:30J'ai fait un mouvement brusque
10:31avec mon arme
10:31et je l'ai atteint au genou.
10:33Il n'a plus bougé.
10:36Cinq minutes après avoir tué Paxton,
10:38je buvais une bière
10:39en essayant de tout oublier.
10:43Je n'avais pas prémédité de le tuer.
10:45Pas plus que j'aurais prémédité
10:46de tirer sur une bouteille
10:47dans un dépotoir.
10:48Vous avez raison de me détester.
10:53Mais je pense à Jamie tous les jours,
10:55exactement comme vous, sans doute.
11:00Pour le shérif McCourt,
11:02cette lettre était un bon début.
11:03Cet indice allait peut-être
11:04le mener au meurtrier.
11:05Il espérait trouver la machine à écrire
11:08ou l'arme dont il s'était servi.
11:11Pendant que les détectives
11:12poursuivaient leur enquête,
11:13le tueur, lui, continuait à chasser.
11:15Le samedi 14 mars 1992,
11:33après avoir travaillé toute la nuit,
11:35Claude Hawkins termina son quart de travail
11:37à la Pittsburgh Plate & Glass.
11:40Le soleil venait de se lever.
11:42C'était le moment idéal
11:43pour aller à la pêche.
11:45Hawkins se rendit directement
11:47à son endroit favori
11:48sur le bord de la rivière,
11:49en aval du barrage de Wills Creek.
11:55Hawkins était marié
11:56et père de quatre enfants.
11:59Un autre amateur de plein air
12:00allait bientôt mourir à son tour.
12:03Cette fois-ci, cependant,
12:03le meurtre fut commis
12:04dans un parc fédéral.
12:06Pour le FBI,
12:07c'était le moment d'entrer en action.
12:15Le FBI avait dépêché des agents
12:17pour enquêter sur un meurtre
12:18qui s'était produit
12:19dans un parc fédéral.
12:22Des détectives des trois comtés impliqués
12:24ainsi que des représentants
12:25du service de la faune de l'Ohio
12:26se joignirent à eux
12:27pour former une escouade tactique.
12:31Ils constataient rapidement
12:33qu'ils disposaient de peu d'indices.
12:35Dans chacun des cas,
12:36le tueur n'avait eu aucun contact
12:37avec la victime.
12:39Ils ne fouillaient pas dans leur poche
12:40pour prendre leur argent
12:41et ramassaient soigneusement
12:42ces douilles après le meurtre.
12:45De plus,
12:45ils ne s'approchaient jamais
12:46de la voiture des victimes.
12:48L'agent spécial Harry Trombitus
12:50dirigeait les opérations
12:51à partir du bureau du FBI
12:52de Columbus en Ohio.
12:55Nous savions que Harkins
12:57était mort d'un coup de feu
12:58et que nous aurions dû retrouver
12:59une douille.
13:01Je me rappelle avoir cherché
13:02minutieusement à l'aide
13:03d'un détecteur de métal,
13:05d'avoir fouillé le sol
13:05à genoux de mes propres mains.
13:08Mais nous n'avons rien trouvé.
13:09Nous étions préoccupés
13:11de voir que le meurtrier
13:13était assez rusé
13:13pour récupérer les douilles
13:15des projectiles
13:15dont il venait de se servir.
13:20Cela nous donnait
13:20une indication
13:21sur le type d'individu
13:22auquel nous avions affaire.
13:23Les membres de l'escouade
13:38dressèrent la liste
13:39des similitudes entre les cas.
13:41Toutes les victimes
13:41étaient des hommes de plein air,
13:43deux chasseurs,
13:44un pêcheur
13:44et un adepte de jogging.
13:46Au moment du meurtre,
13:47ils étaient tous seuls,
13:48en forêt ou dans la nature,
13:49et ils avaient tous été tués
13:50par une carabine très puissante.
13:52Trois de ces meurtres
13:53s'étaient produits
13:54pendant le week-end.
13:55Chaque fois,
13:55le meurtrier avait pris soin
13:56de ne laisser aucun indice
13:58derrière lui.
14:00Il n'y avait qu'une seule
14:01explication possible.
14:03Un tueur en série
14:04sévissait dans la région.
14:05Dix jours après la première réunion
14:16de l'escouade spéciale,
14:17le 5 avril 1992,
14:19l'ouvrier Gary Bradley,
14:2144 ans,
14:22quitta sa résidence
14:23de West Virginia
14:24pour aller à la pêche
14:25dans un étang
14:26de Norbal County.
14:26sa femme et ses trois enfants
14:33ne le reverraient plus jamais.
14:42Un autre meurtre
14:43avait été commis.
14:44L'escouade devait absolument
14:45arrêter ce tireur
14:46au plus vite.
14:49D'abord,
14:50il faudrait tenter
14:50d'établir un profil
14:51psychologique du meurtrier.
14:52Ce profil pouvait se révéler
14:54d'une importance capitale.
14:56On fit appel aux experts
14:57du service des études
14:58comportementales du FBI.
15:04C'est le majeur Dan Shryock
15:06du bureau du shérif
15:07de Coshuncton County
15:08qui dirigeait l'escouade.
15:15Après avoir constaté
15:16qu'il y avait un lien
15:17entre les meurtres,
15:18le bureau du FBI de Columbus
15:19a demandé à ce que
15:21des experts du service
15:22des études comportementales
15:23rencontrent les enquêteurs
15:25en homicide
15:25des cinq comtés impliqués.
15:30À partir de seulement
15:31quelques informations,
15:32les experts du FBI
15:33de Quantico en Virginie
15:35peuvent dresser
15:35le profil d'un individu.
15:39Larry Uncrom travaille
15:40pour le service
15:41des études comportementales.
15:43C'est à lui
15:43que fut confié la tâche
15:44de dresser le profil
15:45du tueur.
15:47Il analysa
15:47toutes les informations
15:48colligées par les détectives
15:50et plus particulièrement
15:51la lettre adressée
15:52à Gene Paxton.
15:54Ce qui était clair,
15:56c'est qu'il avait
15:56le profil du tireur isolé
15:58qui évite l'affrontement direct,
15:59qui préfère agir à distance.
16:02On note souvent
16:03la même chose
16:04chez les incendiaires.
16:07Il nous fallait donc
16:07chercher les suspects
16:08qui avaient commis
16:09d'autres sortes de méfaits,
16:10d'autres types d'infractions
16:11de cette nature,
16:12comme celui de tirer
16:13dans des fenêtres,
16:14dans des pneus d'auto,
16:15de blesser volontairement
16:16des animaux
16:17ou d'allumer
16:17des incendies.
16:26Pour Unkrum,
16:28ce type de violence
16:29était déclenché
16:29par le stress
16:30et amplifié
16:31par l'alcool.
16:32Maintenant,
16:33l'escouade disposait
16:34au moins d'un profil
16:34pour poursuivre
16:35son enquête.
16:43Il y avait également
16:44la lettre adressée
16:45à la mère d'une victime.
16:47Les experts judiciaires
16:48du FBI
16:49l'examinèrent attentivement.
16:51Les caractères typographiques
16:52présentaient
16:53des particularités uniques.
16:55Si on pouvait retrouver
16:55la machine à écrire,
16:57il serait facile ensuite
16:58de relier la lettre
16:59à son propriétaire
17:00et conséquemment
17:01le meurtre au meurtrier.
17:05Mais il fallait faire vite
17:06car le tireur rôdait toujours.
17:12Le 21 juillet 1992,
17:15deux chasseurs
17:16dans un parc
17:16de Muskingum-Cante
17:17arrivèrent face à face
17:19avec le meurtrier.
17:26Les deux hommes
17:27se frayaient un chemin
17:28parmi les broussailles
17:29lorsque l'un d'entre eux
17:31découvrait avec stupeur
17:32qu'un homme pointait son arme
17:33dans leur direction.
17:35Les deux hommes
17:37se mirent à crier
17:37et le rassayant
17:38se précipita vers son pick-up rouge.
17:43Ils n'eurent pas le temps
17:44de noter le numéro
17:44de la plaque d'immatriculation
17:46du véhicule
17:46mais ils appelaient
17:47immédiatement
17:48la police locale
17:49qui à son tour
17:50informa l'escouade spéciale.
17:51Au cours des six premiers mois
18:00de 1992,
18:02les membres de l'escouade
18:03vérifièrent les antécédents
18:04de plus d'une centaine
18:05de suspects
18:06qu'ils éliminèrent ensuite.
18:09Au mois d'août,
18:10soit trois ans
18:11après le début des meurtres,
18:13l'enquête ne progressait plus.
18:14Les membres de l'escouade
18:19décidèrent alors
18:20de la rendre publique
18:20dans l'espoir
18:21qu'ils obtiendraient
18:22plus d'informations.
18:27Les téléphones
18:28se sont mis à sonner
18:28presque instantanément.
18:29Le 26 août 1992,
18:38l'escouade reçut un appel
18:39qui allait se révéler
18:40déterminant.
18:46L'homme au bout du fil
18:47s'appelait Richard Fry.
18:49Il leur parla
18:49d'un de ses amis d'adolescence
18:51qui s'appelait
18:51Thomas Dillon.
18:59Les détectives
19:01disposaient maintenant
19:02d'un nom.
19:06Richard Fry
19:06accepta de rencontrer
19:08un membre de l'escouade
19:09à une aire de repos
19:09de l'autoroute 77.
19:21Les deux hommes
19:22se plaisaient à rouler
19:22dans les secteurs ruraux
19:23de l'Ohio
19:24et à tirer sur des panneaux
19:25de signalisation
19:26ou sur de petits animaux.
19:28Le comportement
19:30de Dillon
19:30avait cependant fini
19:31par lui paraître étrange
19:32voire même violent.
19:35Dillon était fasciné
19:36par les tueurs en Syrie
19:37comme Ted Bundy.
19:39Il aimait également
19:39tuer des animaux domestiques
19:40ou du bétail
19:41et allumer des incendies
19:43au hasard.
19:44Fry s'était marié
19:45et depuis les années 80
19:46il n'avait plus repensé
19:47à son ami bizarre.
19:50Mais en 1989
19:51il avait rencontré
19:52Thomas Dillon
19:53par hasard
19:54au cours d'une exposition
19:55d'armes à feu
19:55à Cleveland.
19:57Dillon l'avait
19:58invité à faire une balade
19:59avec lui
19:59comme dans le bon vieux temps.
20:03Les vieilles amitiés
20:04sont parfois tenaces.
20:06Richard Fry
20:07avait donc accepté
20:08de se balader en auto
20:09sur les routes de campagne
20:10de l'Ohio
20:10tout en buvant une bière
20:12et en tirant
20:12sur des panneaux
20:13de signalisation.
20:15Mais il avait constaté
20:16que l'état de son ami
20:17s'était détérioré.
20:18Dillon avait même demandé
20:19à Fry
20:20s'il le croyait capable
20:21d'avoir tué quelqu'un.
20:22Il lui avait ensuite expliqué
20:28qu'il était plus facile
20:29de tuer au hasard
20:30en prenant soin
20:30de perpétrer les meurtres
20:32dans des comtés différents
20:33pour ralentir
20:34le processus d'enquête.
20:37Lorsqu'il avait lu
20:38le communiqué de presse,
20:39Fry avait immédiatement
20:40pensé à Thomas Dillon.
20:43Il donna le signalement
20:44de son ami
20:45ainsi que la description
20:46de son véhicule.
20:47Un pick-up rouge
20:48exactement comme celui
20:49qu'avait aperçu
20:50les deux chasseurs.
20:53Le lieutenant Walt Wilson
20:55du bureau du shérif
20:56de Tosca-Warras County
20:57était membre de l'escouade.
21:00Depuis que le cas
21:00avait été porté
21:01à l'attention des médias,
21:02son travail consistait
21:03à suivre toutes les pistes.
21:09La description
21:10de Thomas Dillon
21:11correspondait au profil
21:12dressé par les experts
21:13du FBI
21:14et méritait qu'on s'y attarde.
21:17J'ai commencé
21:18par examiner
21:19les informations
21:19que nous avait données
21:20M. Fry.
21:21Je me suis ensuite
21:23rendu à Canton,
21:23l'endroit où travaillait
21:24Thomas Dillon.
21:27Dillon était
21:27dessinateur industriel
21:29depuis plus d'une dizaine
21:30d'années au service
21:30d'aqueduc de la région.
21:33Wilson obtint
21:34l'horaire de travail
21:35de Dillon
21:35et compara
21:36les jours de congé
21:37du dessinateur
21:38aux dates auxquelles
21:38les meurtres
21:39avaient été commis.
21:40S'il y avait des différences,
21:42il pourrait ainsi
21:42l'éliminer immédiatement
21:43de la liste des suspects.
21:46Mais il en fut incapable.
21:47Dillon ne travaillait pas
21:49les week-ends,
21:50période où la plupart
21:50des meurtres
21:51avaient été commis.
21:52Cela ne prouvait rien.
21:53Toutefois,
21:53il constata que Dillon
21:54avait pris congé
21:55à deux reprises
21:56pendant la semaine.
21:57Le 28 novembre 1990,
21:59le jour du meurtre
22:00de Kevin Loring
22:01et le 21 juillet 1992,
22:04celui où les deux chasseurs
22:05avaient aperçu
22:05l'homme à la carabine.
22:08Peut-être le détective
22:10était-il sur une piste.
22:11Pendant que les autres membres
22:18de l'escouade
22:19vérifiaient les informations
22:20fournies par le public,
22:21Wilson mit Dillon
22:22sous surveillance.
22:24Il espérait ainsi
22:25obtenir de nouveaux indices
22:27ou encore que le suspect
22:27retournerait sur la scène
22:29d'un de ses crimes.
22:32La filature commença
22:33en octobre 1992.
22:36Le détective Wilson
22:37suivait Thomas Dillon
22:38au cours de ses excursions
22:39de fin de semaine
22:40sur les routes de campagne
22:41du sud de l'Ohio.
22:45Habituellement,
22:46c'était jour de congé
22:46pour Thomas.
22:48La journée commençait
22:49vers 7h du matin.
22:51C'était presque toujours
22:52le week-end.
22:55Parfois, il s'arrêtait
22:56dans une épicerie
22:57et s'achetait quelques bières
22:58avant de rouler
22:58sur les petites routes
22:59de l'arrière-pays
23:00dans d'autres comtés
23:01au sud de chez lui.
23:05Le 10 octobre 1992,
23:07pendant la filature,
23:08le détective perdit
23:09brièvement la trace
23:10du véhicule du suspect.
23:12Au moment où Wilson
23:13roulait très lentement
23:14près d'une entrée,
23:15il se retrouva
23:16nez à nez avec Dylan.
23:17Il lui fallut penser
23:18rapidement pour ne pas
23:19mettre l'enquête en péril.
23:22Je lui ai envoyé la main
23:23et il m'a salué
23:24à son tour.
23:25Il s'est ensuite arrêté
23:27puis a attendu
23:27pour voir si je poursuivais
23:28mon chemin ou non.
23:35Wilson ne pouvait risquer
23:36d'être identifié.
23:38Il laissa Dylan filer.
23:44Je craignais qu'il ne s'arrête
23:46et ne me demande
23:46ce que je faisais
23:47à cet endroit.
23:50Je ne voulais surtout pas
23:51qu'il voit mes radios
23:51et tout le matériel
23:52que je trimballais
23:53dans ma voiture.
23:53Quelques jours plus tard,
24:04Larry Orler de Barnhill
24:05en Ohio chassait
24:07à 150 mètres
24:08d'une route du comté
24:08de Tuscarawaras.
24:11Il entendit
24:12une voiture s'arrêter.
24:16À travers les arbres,
24:17il aperçut un homme
24:18de race blanche
24:18de bonne carrure.
24:20L'homme brandit
24:20une carabine
24:21dans sa direction
24:22et tira.
24:35Orler s'en tira indemne,
24:37mais il était terrorisé.
24:38Il vit le pick-up
24:39s'enfuir à vive allure.
24:45La description
24:45de l'assayant
24:46rassemblait à celle
24:47de Dylan,
24:47mais Orler fut cependant
24:48incapable
24:49de l'identifier formellement.
24:52Thomas Dylan
24:54était le suspect
24:54numéro un
24:55dans cette affaire.
24:56Il faudrait augmenter
24:57les effectifs
24:58pour assurer sa filature.
25:00Pendant deux mois,
25:01le FBI ne le perdit
25:02pas de vue une seconde.
25:03Il était surveillé
25:04par voies aériennes
25:05et terrestres.
25:10Dylan tirait
25:11sur les panneaux
25:11de signalisation,
25:12lançait des pierres
25:13dans les vitres
25:13des voitures.
25:15C'était exactement
25:15le type de vandalisme
25:16décrit par Uncrum
25:17dans le profil psychologique.
25:19Il était inutile
25:21de l'arrêter
25:21pour ses délits mineurs
25:22car on risquait ainsi
25:23de compromettre
25:24l'enquête en cours.
25:29Surveiller quelqu'un
25:29sur une route de campagne
25:30en plein jour
25:31n'est pas une tâche facile.
25:33Les enjeux étaient élevés.
25:35Si Dylan tentait
25:36à nouveau
25:36de tuer quelqu'un
25:37et que les détectives
25:38du FBI
25:39n'y étaient pas,
25:40ils auraient
25:40un autre meurtre
25:41sur les bras.
25:43En revanche,
25:44s'ils étaient repérés
25:44par Dylan,
25:46ce dernier tenterait
25:46de les semer
25:47ou alors ils cesseraient
25:48toute activité criminelle.
25:51La voiture de filature
25:52où prenaient place
25:53l'agent Trombaitas
25:54et le capitaine Schroyok
25:55devait demeurer
25:55très loin derrière
25:56le véhicule du suspect.
25:58Il leur fallait davantage
25:59compter sur la patrouille aérienne.
26:01Si quelque chose arrivait,
26:02ils passeraient à l'action.
26:04Un jour,
26:05ils eurent la peur
26:05de leur vie.
26:08Les détectives
26:09étaient loin derrière Dylan
26:10lorsque l'unité aérienne
26:11donna l'alerte.
26:13Devant Dylan,
26:14ils avaient repéré
26:14la victime idéale
26:16du tireur.
26:16Une personne en train
26:17de faire son jogging
26:18matinal,
26:19mais cette fois-ci,
26:20c'était une femme.
26:22Elle était seule.
26:24Si Thomas Dylan
26:25était bien le meurtrier,
26:27cette femme serait
26:27à coup sûr
26:28une proie irrésistible
26:29pour lui.
26:32Trombaitas
26:32et Schroyok
26:33étaient nerveux.
26:34Ils espéraient
26:35éviter le pire
26:35et se mirent à accélérer.
26:38Dylan roulait
26:39lui aussi
26:39en direction
26:40de la femme.
26:40Trombaitas
26:48et Schroyok
26:48filaient à toute allure
26:49et tentaient
26:49désespérément
26:50de joindre
26:50la patrouille aérienne
26:51par radio.
26:54On leur répondit
26:55que Dylan
26:55s'approchait
26:56de plus en plus
26:56de la femme.
26:58Il n'y avait pas
26:58une seconde
26:59à perdre.
27:01Au cours
27:01d'une autre
27:01communication radio,
27:03ils apprirent
27:03que Dylan
27:03était sur le point
27:04de s'arrêter
27:05à la hauteur
27:05de la femme.
27:07Les agents
27:07retenaient leur souffle.
27:08puis Dylan
27:15la doubla.
27:25Le sentiment
27:26de soulagement
27:27fut cependant
27:27de courte durée.
27:29L'unité aérienne
27:31informa les détectives
27:32que le véhicule
27:32avait emprunté
27:33une route secondaire.
27:35On ne le perdait
27:35pas de vue.
27:36L'endroit précis
27:37où tourner
27:37serait indiqué
27:38à Trombaitas
27:39et Shreyok
27:39le moment venu.
27:42Le suspect
27:42tourna de nouveau
27:43à droite.
27:44Avait-il décidé
27:45de faire une boucle
27:46pour revenir
27:46à la route principale ?
27:49Les agents
27:50au sol
27:50entrèrent en contact
27:51avec l'unité aérienne.
27:53La femme
27:53était-elle toujours là ?
27:55Dylan tourna
27:56de nouveau à droite
27:56jusqu'à ce qu'il
27:57se retrouve à nouveau
27:58sur la route
27:58où il avait aperçu
27:59la femme.
28:00On pouvait craindre
28:01le pire.
28:03Il allait la rejoindre
28:04à nouveau.
28:06Trombaitas hurla
28:07dans sa radio
28:08où se trouve-t-elle
28:08mais il était impossible
28:10de la repérer
28:11du haut désert.
28:12Elle devait forcément
28:13être devant Dylan.
28:14Dès qu'il la rejoindrait,
28:15il essaierait de la tuer.
28:16L'unité aérienne
28:30informa les détectives
28:31que Dylan avait arrêté
28:32son pick-up
28:33et qu'il en était sorti.
28:35Il tenait un objet
28:35brillant dans ses mains.
28:37S'apprêtaient-ils
28:37à la tuer sous leurs yeux ?
28:39Du haut désert,
28:40les agents
28:40ne voyaient plus la femme
28:41mais cela ne signifiait
28:43pas nécessairement
28:44qu'il n'y était pas.
28:45Les détectives
28:46entendirent des coups de feu.
28:47Ils étaient terrorisés
28:48à l'idée que le suspect
28:49ait fait une victime
28:49au cours de la filature.
28:56De l'avion,
28:56on les informa
28:57que Dylan avait simplement
28:58tiré sur un stop.
29:03Ce jeu du chat
29:04et de la souris
29:05était insoutenable
29:06pour les membres
29:06de l'escouade.
29:07L'attention était énorme.
29:10On se demandait
29:11à tout moment
29:11si cet homme
29:12allait tuer quelqu'un
29:13et si nous étions capables
29:14de l'en empêcher.
29:16On se doutait
29:17qu'il était bien celui
29:18qui avait tué
29:18toutes ces personnes.
29:21On travaillait
29:2214 à 16 heures par jour
29:23vivant pratiquement
29:24dans notre voiture.
29:26Comme tous les policiers,
29:27nous bouvions du café,
29:27nous mangeions mal
29:28et le stress
29:29était tout simplement
29:29insupportable.
29:30Heureusement,
29:36le filet continuait
29:37de se resserrer
29:38autour du suspect.
29:39Dans sa lettre,
29:40le meurtrier avait admis
29:41être préoccupé
29:41par la mort de Paxton.
29:43Il disait d'ailleurs
29:44qu'il s'était rendu
29:45au cimetière.
29:50Le jour du premier anniversaire
29:52de sa mort,
29:52soit le 10 novembre 1991,
29:55des policiers
29:55avaient filmé
29:56les visiteurs
29:56qui lui rendaient
29:57un hommage posthume.
30:00Les détectives visionnèrent
30:05le matériel.
30:06Parmi les visiteurs,
30:07ils reconnurent l'homme
30:08qu'il surveillait
30:08depuis quelque temps,
30:09Thomas Dillon.
30:13Il ne restait plus
30:14qu'à trouver des indices
30:15pour procéder
30:16à son accusation.
30:21Après le deuxième anniversaire
30:22de la mort de Jamie Paxton
30:23en 1992,
30:25des détectives affectés
30:26à la surveillance de Dillon
30:27le virent entrer
30:28dans l'immeuble
30:28du Times Leader,
30:29le journal local.
30:31Il était venu
30:31se procurer
30:32une copie
30:32du journal de la veille.
30:34Ce numéro
30:34contenait tous les détails
30:35du service commémoratif
30:37de Paxton.
30:38Les preuves indirectes
30:39commençaient à s'accumuler,
30:41mais sans indices concluants,
30:42tels que des projectiles,
30:43une arme
30:44ou encore sa machine
30:45à écrire,
30:46les détectives
30:46étaient dans l'impasse.
30:51La population
30:52du sud de l'Ohio
30:53vivait dans la peur
30:53depuis maintenant trois ans.
30:55Certains craignaient même
30:56de s'adonner
30:56à leurs activités
30:57de plein air.
30:58Il fallait arrêter
30:59ce forcené au plus vite.
31:00Il n'y avait pas
31:03d'autre alternative
31:04que d'arrêter
31:04Thomas Dillon
31:05avant qu'il ne tue
31:06à nouveau.
31:08Les détectives
31:08mirent un plan au point.
31:10Ils prévoyaient
31:11l'arrêté
31:11pour possession
31:12d'armes illégales
31:13et en profiterait
31:14pour lui faire croire
31:14qu'il avait vu
31:15commettre un meurtre
31:16en espérant
31:16qu'il passe aux aveux.
31:18Sans preuve balistique
31:19et avec un chef
31:20d'accusation mineur,
31:22les agents du FBI
31:23avaient besoin
31:23de ses aveux.
31:25John Bytas
31:25pensa à tout.
31:34Grâce à la surveillance
31:35dont il avait fait l'objet,
31:37nous connaissions
31:37sa routine.
31:38Il quittait la maison
31:39et se rendait
31:40à la même épicerie
31:41tous les jours
31:41avant d'entreprendre
31:42ses balades
31:43de 500 ou 600 kilomètres.
31:46Nous avions prévu
31:47l'aborder à l'épicerie.
31:53Juste en face,
31:54il y avait un immeuble.
31:56Nous nous sommes installés
31:57dans le sous-sol.
32:00Le détective Wilson
32:01et moi-même
32:01avons fixé sur le mur
32:02une carte géographique
32:04des secteurs
32:04où il se promenait.
32:07Nous avons ajouté
32:08des photos
32:08de scènes de crimes,
32:10des articles de journaux.
32:13Nous voulions
32:15qu'il ne puisse pas
32:15résister à la mise en scène
32:16et qu'il n'ait d'autre choix
32:18que de s'asseoir avec nous
32:19et d'avouer ses crimes.
32:28Le 27 novembre 1992,
32:31le plan fut mis
32:32à exécution.
32:33L'objectif
32:34était d'obtenir
32:35les aveux du suspect.
32:39Nous avions prévu
32:40nous approcher de lui
32:40au moment où il sortirait
32:42de l'épicerie,
32:42nous présenter
32:43et lui demander
32:44de nous suivre volontairement
32:45dans l'immeuble d'en face
32:46en lui disant
32:47que nous avions
32:48des informations
32:49à partager avec lui,
32:50que certaines choses
32:51pouvaient l'intéresser.
32:55Dans l'éventualité
32:56où Dylan refuserait,
32:58des agents
32:58n'attendaient qu'un signe
32:59de Trombitis
33:00pour procéder
33:00à son arrestation
33:01pour possession illégale
33:02d'armes à feu.
33:03« Je me rappelle très bien
33:07sa réaction.
33:08Il est resté
33:09bouche bée
33:09pendant cinq secondes,
33:11puis il s'est repris
33:12et a déclaré
33:13qu'il voulait d'abord
33:14parler à son avocat. »
33:18Trombitis donna le signal
33:20aux agents du bureau
33:21de l'alcool,
33:21du tabac
33:21et des armes à feu,
33:22l'ATF,
33:23qui procédèrent
33:24à l'arrestation
33:25de Thomas Dylan.
33:25Le suspect n'était pas conscient
33:30qu'il s'agissait là
33:31d'une défaite amère
33:32pour les agents du FBI.
33:34Malgré les indices recueillis
33:35et la certitude
33:36de Trombitis
33:37qu'il était le tueur,
33:38le détective craignait
33:39d'avoir tout détruit.
33:41Il fallait à tout prix
33:41éviter que le suspect
33:42ne soit libéré
33:43trop rapidement.
33:50Au moment
33:51de l'arrestation
33:52de Dylan,
33:53d'autres détectives
33:53de l'escouade spéciale
33:54étaient en train
33:55de perquisitionner
33:56sa maison.
33:58Ils espéraient
33:59obtenir des preuves
34:00de sa culpabilité.
34:03Malheureusement,
34:04ils ne découvrirent
34:05rien de vraiment important
34:06sauf une carte géographique
34:07sur laquelle Dylan
34:08avait indiqué
34:09l'emplacement d'incendies
34:10qu'il avait allumés
34:11ou d'actes de vandalisme
34:12qu'il avait commis.
34:15Quant au suspect,
34:16il refusait
34:16catégoriquement de parler.
34:22Quand il a dit
34:23qu'il voulait parler
34:23à son avocat,
34:24c'était déjà trop tard.
34:26Nous sommes retournés
34:27au restaurant
34:27pour commander un café.
34:29Tout à coup,
34:30on nous a annoncé
34:31qu'il voulait nous parler.
34:33Walt et moi-même
34:34sommes montés
34:35dans notre voiture
34:36et nous avons filé
34:37à toute vitesse
34:37à la prison
34:38de Stark County.
34:43Trombitis et Wilson
34:44montrèrent à Dylan
34:45tous les indices incriminants
34:46qu'ils avaient recueillis.
34:47Les photographies,
34:48les bandes vidéo,
34:49les coupures de journaux.
34:50« Je lui montrais
34:59un indice à la fois.
35:02Comme je l'avais pressenti,
35:04il était très intéressé
35:05par l'information
35:05que nous détenions.
35:07Les photos de surveillance,
35:08celles des diverses scènes
35:09de crimes,
35:09des animaux tués
35:10le long des routes.
35:11Il était complètement
35:12fasciné par ces photos.
35:13Malheureusement,
35:19Dylan refusait toujours
35:20de parler.
35:22Il déclara
35:22qu'il ne voyait
35:23aucune utilité
35:23à passer aux aveux.
35:25Le FBI était
35:26à nouveau dans l'impasse.
35:29L'accusation ne reposait
35:30que sur une possession
35:31d'armes illégales
35:32et l'avocat du suspect
35:33considérait que sa détention
35:34n'était pas justifiée.
35:36À moins de trouver
35:37quelque chose rapidement,
35:38il faudrait malheureusement
35:39libérer Thomas Dylan.
35:40L'escouade devait maintenant
35:47se battre contre la montre.
35:49Une autre conférence de presse
35:50fut organisée
35:51au cours de laquelle
35:51on demanda au public
35:52toute information relative
35:53à un éventuel commerce d'armes
35:55avec le suspect.
36:02Pendant ce temps,
36:03le membre de l'escouade
36:04Jerry Wade
36:04du service de la faune
36:05de l'Ohio
36:06suivait une piste.
36:08Un témoin avait aperçu
36:10que Dylan tirait un chevreuil
36:11avec sa carabine
36:12quelques années plus tôt.
36:13Il lui indiqua l'emplacement.
36:15Si Wade parvenait
36:16à y trouver des projectiles,
36:18il pourrait peut-être
36:18les comparer
36:19à ceux qui avaient été recueillis
36:20à partir des victimes.
36:23Le témoin nous a dit
36:25avoir aperçu
36:25Thomas Dylan
36:26tirer sur un chevreuil
36:28à l'aide d'une carabine.
36:31Il pensait
36:31qu'il s'agissait peut-être
36:32de la même arme.
36:36Notre but
36:37était de recueillir
36:38des indices
36:39comme les douilles
36:40par exemple
36:40et tentait de démontrer
36:42qu'elles provenaient
36:42de l'arme du crime.
36:47Cela nous permettrait
36:48de prouver
36:49que Thomas Dylan
36:50possédait cette carabine
36:51avant même
36:52le début des meurtres.
36:54Cette preuve
36:54donnerait beaucoup
36:55de poids à l'accusation.
37:00Les chances
37:00de trouver des douilles
37:01sur une aussi grande surface
37:02étaient minces.
37:04De plus,
37:04deux années
37:05s'étaient écoulées depuis.
37:06Mais Wade
37:11était déterminé.
37:12Il passa au peigne fin
37:13chaque centimètre
37:14de l'emplacement
37:14indiqué par le témoin.
37:20Wade commença
37:21ses recherches
37:21près de l'arbre
37:22où l'animal
37:23avait été abattu.
37:24Il effectuait
37:25sa fouille
37:25à l'aide
37:25d'un détecteur de métal.
37:28Son acharnement
37:29porte à fruit.
37:31Il découvrit
37:31deux douilles
37:32de carabine.
37:36On put
37:39par la suite
37:40déterminer
37:40que la même arme
37:41avait servi
37:42à abattre
37:42Gary Bradley
37:43et Claude Hawkins.
37:54On avait enfin
37:55une preuve solide.
37:56J'avais envie
38:02de célébrer.
38:04C'était absolument
38:04incroyable
38:05de trouver
38:06ces douilles
38:06après si longtemps.
38:10Le témoin
38:10n'était pas
38:11complètement certain
38:11de l'emplacement
38:12de l'arbre.
38:13Les lieux
38:14avaient changé
38:14depuis.
38:15On avait enlevé
38:15une clôture.
38:16J'ai eu
38:21beaucoup de chance
38:22de les trouver.
38:23J'avais juste
38:24envie de célébrer.
38:25C'était comme
38:25si on venait
38:26de me donner
38:26un cadeau.
38:34Pendant ce temps,
38:34la conférence
38:35de presse
38:35retransmise
38:36par les médias
38:36avait rejoint
38:37un vaste auditoire.
38:38On espérait
38:39que quelqu'un
38:39du public
38:40allait se manifester.
38:44Le 4 décembre,
38:46au quartier généraux
38:47de l'escouade spéciale,
38:48le capitaine
38:49Shryock
38:49était en charge
38:50des appels téléphoniques.
38:52Un homme
38:52du nom de
38:52Al Cope
38:53était à l'autre
38:54bout du fil.
38:55Il avait acheté
38:55une arme
38:56d'un individu
38:57qui correspondait
38:57à la description
38:58de Thomas Dillon
38:59lors d'une exposition
39:00d'armes à feu
39:00le printemps précédent.
39:02La date précise
39:03était le 5 avril,
39:05soit le jour même
39:05du meurtre
39:06de Gary Bradley.
39:12L'arme fut
39:13réquisitionnée
39:13et envoyée
39:14au laboratoire
39:15du FBI
39:15à Washington
39:16pour y être analysée.
39:20L'agent spécial
39:21Paul Schraker
39:22est expert
39:22en balistique
39:23pour le FBI.
39:27Lorsque le projectile
39:28traverse le canon
39:29de l'arme,
39:30il est en contact
39:31direct avec
39:31la paroi interne.
39:34Elle est alors
39:34marquée
39:34des imperfections
39:35microscopiques
39:36du canon.
39:36C'est comme si
39:41cette balle
39:41portait maintenant
39:42l'empreinte
39:42de l'arme.
39:47Les fragments
39:47de projectiles
39:48recueillis
39:48à partir
39:49des victimes
39:49Claude Hawkins
39:50et Gary Bradley
39:51furent également
39:52examinés
39:52par les experts
39:53du FBI.
39:54Il nous est toujours
39:56possible de procéder
39:57à une analyse,
39:58même si nous ne disposons
39:59que de fragments,
40:01car ceux-ci portent
40:01également des marques.
40:07Ils ont conservé
40:08l'empreinte
40:09de l'intérieur du canon
40:10et nous permettent
40:11de déterminer
40:11de quelle arme
40:12ils proviennent.
40:20Lorsqu'on nous a envoyé
40:21l'arme,
40:22nous avons d'abord
40:22procédé à des tirs d'essai.
40:25Nous avons ensuite
40:26comparé les projectiles
40:27utilisés lors de ces tirs
40:28aux fragments
40:29qui avaient été recueillis
40:30à partir des victimes.
40:31Les balles
40:33furent donc comparées
40:34aux fragments prélevés
40:35des dépouilles
40:36de Gary Bradley
40:36et Claude Hawkins.
40:42La conclusion,
40:44l'arme que Hal Cope
40:45avait achetée
40:45de Thomas Dillon
40:46était la même
40:47que celle
40:47qui avait tué
40:48les deux hommes.
40:51Le FBI disposait
40:53enfin d'une preuve
40:53solide
40:54de la culpabilité
40:55du suspect.
41:01L'agent Trombaitas
41:05rencontra Dillon
41:06en prison
41:06et lui présenta
41:07les preuves
41:07accumulées contre lui.
41:09Son signalement
41:10et la description
41:11de son véhicule
41:11correspondaient
41:12aux déclarations
41:13des témoins.
41:14Il était en congé
41:15chaque fois qu'un meurtre
41:16avait été commis.
41:17Il avait des antécédents
41:18judiciaires
41:18et il utilisait
41:20une arme à feu.
41:21De plus,
41:21le FBI
41:22pouvait prouver en cours
41:23qu'une arme lui
41:23ayant déjà appartenu
41:25avait servi à tuer
41:25au moins deux des victimes.
41:27Trombaitas
41:28était convaincu
41:29que Dillon
41:29était coupable
41:30des cinq meurtres.
41:31Il désirait par-dessus tout
41:32permettre aux familles
41:33des victimes
41:34de vivre leur deuil
41:35et de retrouver
41:35enfin la paix.
41:37Il fit une offre
41:37à Dillon
41:38en prenant soin
41:39de lui rappeler
41:39au préalable
41:40qu'il était passible
41:41de la peine de mort.
41:43Sa tactique fonctionna.
41:45Le suspect
41:46commença
41:46à négocier.
41:50En échange
41:50de la promesse
41:51qu'il ne serait pas
41:52condamné à mort,
41:53il se déclare après
41:54à avouer être
41:54l'auteur
41:55des cinq meurtres.
41:57Le 9 juillet,
42:03il passa enfin
42:04aux aveux.
42:12Le 12 juillet 1993,
42:14à la cour
42:15de Norbal County,
42:16il arborait
42:17un petit sourire satisfait.
42:18Les familles des victimes
42:39étaient venues
42:39assister au procès.
42:40Dillon plaida coupable
42:41aux accusations
42:42de meurtre
42:42de Donald Welling,
42:44Kevin Loring,
42:44Claude Hawkins,
42:46Gary Bradley
42:46et Jamie Paxton.
42:51Lorsqu'il quitta la cour,
42:52il arborait
42:53le même petit sourire
42:54et ne semblait
42:55manifester aucun remords.
42:56pour le 93 CR4.
43:05Une journaliste locale
43:06fit état
43:07de son attitude
43:07en cours.
43:08Dillon l'appela
43:09à maintes reprises
43:10de sa prison.
43:12Il se vantait
43:12de ses crimes
43:13et semblait apprécier
43:14la célébrité
43:14que lui avait apporté
43:15cette publicité.
43:17Il plaisantait
43:17sur ses meurtres
43:18sauf un.
43:20Il refusait
43:20de parler
43:21de celui
43:21de Jamie Paxton.
43:22Jean Paxton,
43:27la mère du jeune homme,
43:28était en cours
43:29le jour
43:29de la comparution
43:30de Dillon.
43:43Je n'aurai
43:44que ce soir-là,
43:45Dillon écoutait
43:46les infos.
43:46Il a été très en colère
43:48lorsqu'il m'a entendu
43:48le traité de lâche.
43:49Jean Paxton avait espéré
43:52affronter Dillon en cours
43:53mais le fait
43:54qu'il ait plaidé coupable
43:55lui avait coupé
43:56l'herbe sous le pied.
43:57Elle demanda
43:58au shérif McCourt
43:59s'il était possible
44:00de lui parler.
44:01McCourt accepta.
44:03Dans la soirée,
44:04le téléphone sonna.
44:05Jean Paxton allait enfin
44:07pouvoir parler
44:07au meurtrier
44:08de son fils.
44:13Lorsque j'ai décroché
44:14le téléphone,
44:16je me sentais
44:16comme détachée.
44:18C'était comme si
44:18quelqu'un m'appelait
44:19pour me vendre
44:19quelque chose.
44:20Il m'a dit
44:21« Madame Paxton,
44:22c'est Thomas Dillon
44:23à l'appareil. »
44:24C'était presque
44:25trop pour moi.
44:27Le timbre de sa voix,
44:28sa façon de parler
44:29et cette arrogance.
44:32Dillon déclara
44:33à Jean Paxton
44:34qu'elle l'avait blessée
44:34quand elle l'avait
44:35traité de lâche.
44:39Je ne crois pas
44:40qu'il ait obtenu
44:40la réaction
44:41à laquelle
44:41il s'attendait de moi.
44:43Je crois que
44:44Thomas Dillon
44:44était prêt
44:45à affronter
44:45des cris,
44:46des insultes.
44:47Il aurait pu supporter
44:53ça,
44:53mais je ne me suis pas
44:55abaissée à ce niveau.
44:57Je lui ai parlé
44:58comme une mère
44:58parle à son enfant
44:59et je crois
45:00l'avoir réellement
45:01touchée.
45:05Après trois ans
45:06d'attente,
45:07Jean Paxton sentait
45:08qu'elle avait enfin
45:09remporté la bataille
45:10contre Dillon.
45:10« Je me sentais bien.
45:16Je suis sortie
45:16sur ma véranda
45:17et j'ai senti
45:18que pour la première fois
45:19depuis trois ans,
45:21j'étais libre.
45:23J'étais libérée
45:24de Thomas Dillon.
45:27J'avais eu le dessus
45:28sur lui
45:28avec mes paroles.
45:30Je l'ai fait
45:31pour Jamie. »
45:33Thomas Dillon
45:34avait laissé savoir
45:35très clairement
45:35qu'il ne voulait pas
45:36aller à la prison
45:36de Lucasville,
45:38la prison réputée
45:38la plus dure
45:39de l'Ohio.
45:40Jean Paxton
45:41s'organisa de son côté
45:42pour faire signer
45:43une pétition
45:43demandant qu'il soit
45:44envoyé précisément
45:45à cet endroit.
45:47En août 1993,
45:49elle obtint en cours
45:50que Dillon ne puisse pas
45:51se servir de ses crimes
45:52passés pour faire
45:53de l'argent.
45:54La femme de ce dernier
45:55avait en effet tenté
45:56de vendre son histoire
45:57à des producteurs
45:57d'Hollywood.
45:59Paxton et le sénateur
46:00de l'État Bob Nye
46:01firent voter une nouvelle loi
46:02interdisant aux meurtriers
46:03et à leur famille
46:04de tirer un quelconque profit
46:06de leurs crimes.
46:06Thomas Dillon purge
46:09actuellement sa peine
46:10à la prison de Lucasville.
46:12Il ne sera éligible
46:13à la libération conditionnelle
46:15que dans 165 ans.
46:16Sous-titrage Société Radio-Canada
46:22Sous-titrage Société Radio-Canada
46:27Sous-titrage Société Radio-Canada
46:57Sous-titrage Société Radio-Canada
47:01Sous-titrage Société Radio-Canada
47:06Sous-titrage Société Radio-Canada
47:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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