00:00Du côté des commerces, avec Sud Radio et le réseau des chambres de commerce et d'industrie.
00:05Et oui, vous le savez, tout au long de l'été, nous mettons à l'honneur les commerçants.
00:09Ce matin, nous sommes avec Georges de Carvalho. Bonjour.
00:13Oui, bonjour.
00:14Soyez le bienvenu sur Sud Radio.
00:16Vous êtes bouché, c'est un plaisir de vous accueillir avec cette histoire, votre histoire qui est complètement incroyable.
00:21Vous êtes bouché, charcutier, traiteur et même pâtissier.
00:24Vous allez tout nous raconter, patron de l'entreprise au fin gourmet qui compte trois boutiques en Ile-de-France.
00:28Votre histoire, c'est celle d'une reconversion.
00:31Parce qu'à la base, rien ne vous dessinez, Georges, à devenir bouché.
00:34Qu'est-ce que vous faisiez avant ?
00:36Avant, j'étais directeur marketing.
00:38J'ai voulu dans mon démédiat et du marketing, tout à fait, pendant 15 ans.
00:41Et vous avez changé du tout au tout.
00:43On est loin du métier de bouché quand même.
00:46S'il y a un truc qui nous réunit, c'est la gourmandise.
00:49Globalement, quand on est un viandard et qu'on aime bien manger,
00:52c'est le métier de commerce qui vous rapproche le plus de ce que vous aimez.
00:57Et qu'est-ce qui vous a donné l'envie de changer de vie
01:01et de vous orienter vers ce métier de bouché, Georges ?
01:04La première chose, c'est assez trivial, c'est de pouvoir être chez moi tous les jours.
01:09J'ai un métier qui faisait que je ne l'étais pas.
01:11Je voulais me rapprocher des miens.
01:14Et puis, je suis quelqu'un qui aime le contact et je me suis dit, tiens.
01:16Est-ce qu'il y a un métier qui peut me donner à manger jusqu'à mes 80 ans, voire plus ?
01:22Parce que, vous savez, ces métiers des médias et du marketing sont des métiers
01:25qui peuvent, à un certain âge, être un peu dangereux en termes de chômage.
01:32Et je me suis dit, tiens, il faut un métier qui me donne à manger,
01:33qui puisse me permettre de me réaliser jusqu'à la fin de mes jours.
01:37Et je trouvais que la boucherie, la viande, c'était quelque chose qui me correspondait.
01:42J'aime le terroir, j'aime ce que la France propose.
01:46Ça permettait de travailler aussi avec des éleveurs, du limousin,
01:49parce que c'était mon objectif au départ.
01:50Et de réduire cette chaîne entre la production, en tout cas l'élevage et la consommation.
01:58Alors, il faut être formé, bien sûr, pour faire ce métier de boucher.
02:04Cette reconversion, ça s'est passé comment pour vous ?
02:06Ça s'est passé.
02:07Alors, il y a plein de choses qui se sont mises en place par la fédération,
02:10justement, pour amener des gens vers ces métiers-là, de la charcuterie et de la boucherie.
02:14Donc, j'ai fait ce qu'on appelle un CQP boucher.
02:17Donc, c'est un certificat de qualification de technicien boucher
02:20qui m'a emmené en moins d'un an vers le CAP que j'ai passé.
02:24Et ensuite, ça m'a permis de...
02:26Alors, je me suis formé en mode express.
02:28J'avais demandé à mon patron,
02:30j'ai besoin de mettre dix ans d'expérience en deux ans de temps.
02:34Il m'a regardé un peu comme un animal.
02:36Mais il est fou, lui, il est dingue.
02:38Et c'était M. Lemoyne à Neuilly, à Boucherie-Limousine.
02:43Et il m'a dit, mais toi, t'es un dingue.
02:46Et il m'a dit, écoute, banco, on y va.
02:48Donc, j'ai bossé d'arrache-pied.
02:50J'ai été formé par des meilleurs ouvriers de France à l'école aussi.
02:53Et donc, en glanant ici et là, avec les collègues, avec les profs,
02:57avec ce patron qui était extraordinaire,
03:00qui l'est toujours, d'ailleurs, Michel, même si il est à la retraite.
03:02Et puis, avec des collègues que vous connaissez,
03:05Véronique, l'anglais, qui est la patronne des Boucheries à Paris.
03:08On connaît sur Sud Radio, bien évidemment.
03:10Exactement.
03:11Et voilà, ils m'ont pris sous leur aile.
03:14Ils m'ont dit, ok, vas-y, viens, on va tomber vers ce métier-là.
03:17Et j'ai appris très vite.
03:18J'ai pris une boutique très rapidement.
03:20Et puis, deux personnes, trois.
03:22Maintenant, j'ai trois petits qui ont été 37 salariés, je crois.
03:26Oui, une réussite, une véritable réussite.
03:28Alors, vous faites même désormais de la pâtisserie.
03:31C'est rare, ça, quand même, pour arracher de se lancer dans la pâtisserie.
03:33Oui, alors, moi, j'ai commencé par le métier de Boucher.
03:35Et ce qui m'a amené vers ça, c'est quoi ?
03:37C'est de me dire, un jour, moi, je voulais, c'est fabriquer tout ce qu'on vendait.
03:40C'est d'amener vers le 100%.
03:42Ce qui est très compliqué.
03:44Donc, en fait, je me suis rentré vers ensuite la charcuterie.
03:46Donc, je me suis formé aussi en charcuterie.
03:49Pareil, diplôme.
03:51J'ai fréquenté des gens qui sont excellents dans ce domaine-là.
03:54Donc, j'ai racheté une charcuterie traiteur pour conjuguer ces deux métiers.
03:59La maîtrise de la viande et ensuite des métiers connexes, fabrication de pâté.
04:03On est d'ailleurs, depuis deux ans de suite, on est champion de France de pâté en croûte et de jambon blanc.
04:09Donc, c'est pas des titres désuets.
04:13C'est pas très sexy comme ça qu'on en parle, mais c'est quand même beaucoup de taf.
04:17Et donc, ça m'a amené vers ça parce que, justement, je voulais maîtriser.
04:21Et donc, forcément, on fait du traiteur.
04:23On est sollicité pour des fêtes familiales.
04:25Et on a dans notre boutique de houille dans les Yvelines, une équipe de cinq pâtissiers qui sont des grands malades.
04:32Ils font des trucs formidables, très fins, désucrés.
04:34On travaille beaucoup sur le fruit.
04:37Et l'équipe de Quentin, on va faire ce qu'on va appeler la pâtisserie parisienne, un petit peu, revisité.
04:43Aussi bien pour du festif, de la pièce montée, mais aussi du quotidien.
04:48Donc, voilà, c'est de A à Z.
04:50Très rapidement, pour conclure, puisque le temps file, malheureusement, Georges, mais qu'est-ce que vous dites à ceux qui vous écoutent peut-être en ce moment,
04:57qui veulent changer de métier, mais qui n'osent pas sauter le pas ?
05:00J'ai fait partie de ceux qui étaient autour de la machine à café, vous savez, en se disant « Ah, attends, j'en ai marre, demain je me casse, je monte mon truc ».
05:06Sauf que moi, je l'ai fait.
05:08Et on se retrouve des fois devant un grand vide, mais finalement, c'est un peu comme tout.
05:12On ne regrette pas.
05:13On se dit « Mais pourquoi je ne l'ai pas fait plus tôt ? »
05:14« Mais pourquoi je ne l'ai pas fait plus tôt ? »
05:16Donc, il faut oser, et on peut très bien accompagner.
05:19Les fédérations des métiers que vous choisissez, fromager ou autre, peuvent vous accompagner.
05:24Il y a plein de choses dont on ignore l'existence pour se former.
05:28Voilà, ça peut être vraiment un métier formidable, mais c'est surtout une aventure humaine.
05:34Et on en manque de boucher, on a besoin de boucher.
05:36Oui, il faut déboucher et déboucher, charcuter, charcuter, charcuter.
05:40Il faut féminiser, il faut amener les jeunes vers ça.
05:43C'est bien les écoles de commerce à 14 000 euros l'année.
05:46Mais franchement, être boucher, charcuter, on gagne bien sa vie.
05:49On bosse beaucoup, mais on est en direct avec la population.
05:53Et la vraie vie, elle est aussi ici.
05:54Elle n'est pas que dans un bureau ou un télétravail.
05:56Bien évidemment, Georges de Carvalho.
05:59Le message est passé.
05:59Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
06:01Boucher, charcuter, traiteur.
06:04Et votre entreprise, j'appelle.
06:05C'est au fin gourmet.
06:06Trois boutiques en Ile-de-France.
06:087h50 sur Sud Radio.
06:09Laurie, c'est l'heure d'accueillir Guy Carlier tout de suite.
06:12Du côté des commerces, avec Sud Radio et le réseau des champions.
06:16C'est un membre de commerce et d'industrie.
06:17Ensemble, soutenons nos commerçants.
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