00:00Il y a quand même une mise en scène de la torture en direct.
00:02Il y avait des gestes d'étouffement, de strangulation.
00:05Celui qu'on appelle JT était privé de sommeil.
00:08Les spectateurs étaient amenés à pousser les vis plus loin.
00:12S'ils donnaient de l'argent, ils faisaient des dons pour des claques, du taser.
00:17Donc tout ça, ce sont des formes de violences qui ne sont pas totalement fictives
00:20et qu'on peut assimiler à des formes de torture en direct.
00:24La mort du streamer Jean Pormanov, alias JP,
00:27retransmise en direct sur la plateforme de streaming Kik,
00:31interroge sur la régulation des plateformes et la part de responsabilité de chacun.
00:35Le spectacle de la haine, de la violence, il n'est pas nouveau.
00:38Si on repense aux arènes romaines, déjà, il y avait une forme de catharsis collective.
00:42Mais ce qui est nouveau, c'est la médiatisation,
00:45où chacun peut publier et participer,
00:49finalement, non seulement à être spectateur, mais aussi acteur,
00:54diffuser des contenus extrêmes.
00:56Mettre en scène une violence comme ça, ordinaire, quotidienne,
01:00en banalisant, finalement, des actes qui sont une violence volontaire,
01:05avec en face une indifférence et du rire,
01:09participe à créer le monstre, en fait.
01:11Les monstres, c'est tous ceux qui participent.
01:13En fait, on est chacun responsable à son niveau.
01:15Et bien évidemment, les GAFAM, mon premier chef,
01:18en donnant la possibilité à chacun de pouvoir publier des contenus extrêmes.
01:23Les modérations n'opèrent pas, opèrent très peu,
01:26ce qui amène à des logiques, finalement, de transgression,
01:29qui restent totalement impunies.
01:32Ceux qui publient ces contenus,
01:34on a affaire aussi à des influenceurs
01:36qui connaissent extrêmement bien les codes des réseaux sociaux,
01:39et où la notion de consentement est extrêmement floue.
01:42C'est-à-dire, on ne sait pas dans quelle mesure il n'y a pas une emprise
01:45et une exploitation de la vulnérabilité des deux victimes,
01:50que sont JP, mais aussi Koudou.
01:52Les spectateurs se sentent autorisés à pouvoir payer
01:56pour assister à de telles scènes sans qu'il y ait de sanctions.
02:00Et donc là, il y a l'effet de masse, il y a l'effet de groupe.
02:03Puisque mon voisin le fait,
02:04ma propre morale, ma propre politique personnelle n'opère plus.
02:08Et donc, c'est là que le malaise opère
02:11est ce qu'on pourrait appeler finalement une forme de banalisation du mal,
02:15parce que l'éthique, la morale et les règles du vivre ensemble
02:19n'opèrent plus sur cet espace.
02:22Donc, il y a un contrat collectif fondamental sur le vivre ensemble,
02:27le respect de l'autre et notamment la protection des personnes vulnérables,
02:31qui doit être perpétuellement rappelée
02:34et surtout être actionnée par des règles et des lois.
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