00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jean-François Aquili.
00:05Il est 8h15 sur Sud Radio et nous sommes en ligne avec vous, Raphaël Lévy, bonjour.
00:13Oui, bonjour monsieur.
00:14Bonjour, vous êtes...
00:16Bonjour, vous êtes en ligne depuis le sud d'Israël, Raphaël Lévy, vous êtes policier de métier, franco-israélien,
00:27vous vivez en Israël, Raphaël Lévy.
00:31J'ai envie de vous poser une première question ce matin, vous êtes quasiment, si je puis dire, aux premières loges.
00:37Il y a cette mobilisation des 60 000 réservistes en Israël, validés par le ministère de la Défense et le plan Netanyahou pour investir gaz à ville.
00:47Est-ce que vous pensez, vous êtes policier d'expérience depuis une vingtaine d'années,
00:52que cette opération est à même de mettre un terme à cette guerre ?
00:57Écoutez, d'abord, ça fait 26 ans que je suis dans le métier.
01:02Mettre un terme, on laisse faire, mais hélas, comme on dit, pour danser le tango, il faut être à deux.
01:08Cette guerre aurait pu être terminée depuis bien longtemps, puisque c'est pas très sorcier.
01:14Qu'est-ce que nous demandons au Hamas ?
01:16De déposer les armes, de rendre nos vivants et nos morts.
01:23Et la guerre aurait pu se terminer immédiatement.
01:26Mais qu'est-ce que vous voulez ?
01:27Ces gens-là, on n'a pas de moyen de discuter avec eux.
01:31Vous avez bien vu, au début, ça s'est passé plus ou moins correctement.
01:36Mais il était évident qu'à la fin, ils n'allaient pas rendre les derniers otages et les derniers morts.
01:42Et c'est justement là-dessus que la pierre, il y a un chopement.
01:48Et c'est justement là-dessus que ça bloque et ça coince.
01:53Et c'est ce que ne veut pas comprendre le public au niveau mondial.
01:56C'est-à-dire qu'elle aurait dû s'arrêter dès le début, au plus vite.
02:01Mais seulement, qu'est-ce que vous voulez ?
02:05Nous ne reviendrons pas et nous continuerons jusqu'à ce que le dernier otage
02:10et le dernier corps de nos chers êtres qui sont tombés ne nous soient pas rendus.
02:17Donc finalement, si on perd, qu'ils voulaient tellement la paix, comme ils le disent,
02:23et comme c'est crié dans le monde entier,
02:25j'invite le monde entier à aller à Gaza, à aller voir ce qui se passe.
02:30Ils comprendront bien vite et je peux vous assurer qu'ils ne resteront pas une journée
02:34et ils rechercheront à partir de là-bas.
02:37Raphaël Lévy, pour bien comprendre ce qui motive le Premier ministre Benyamin Netanyahou,
02:45il est impossible de son point de vue, du point de vue du gouvernement israélien
02:49et je dirais même d'une grande partie de l'opinion publique,
02:52que vous allez nous expliquer ça, de faire un pas en arrière.
02:56Ce serait une forme de défaite, j'imagine.
02:59Parce qu'il reste, effectivement, vous le disiez, il reste officiellement 49 otages,
03:03mais d'après l'armée israélienne, d'après le Sahal, 27 sont décédés.
03:08C'est une pression que le groupe terroriste Hamas maintient sur Israël.
03:13Mais bien sûr, c'est évident et c'est ce que ne veut pas comprendre une grande partie de la population
03:19qui manifeste et qui demande la libération immédiate.
03:23Et ce serait un désaveu pour tous ces jeunes soldats qui sont tombés au combat
03:28de plier bagage et de terminer et d'accepter l'accord tel qu'il soit aujourd'hui d'un point de vue du Hamas.
03:36Ça, c'est évident qu'il n'en est pas question.
03:40Et voilà, c'est pourtant pas quelque chose de...
03:44On ne leur demande pas énormément.
03:47Rendez-nous nos otages.
03:48Rendez-nous les personnes décédées.
03:51Et je peux vous assurer que sous quelques heures, vous n'entendrez plus souffler une arme.
03:55– Raphaël Lévy, est-ce que vous êtes loin de la frontière d'Avec-Gaza ?
04:01– Non, moi je suis à quelques minutes, j'aimerais quand même préciser, en territoire israélien.
04:07– Oui.
04:08– Je suis à quelques minutes de la bande de Gaza.
04:13Je suis dans un axe où nous avons souffert pendant des années
04:19par les bombardements du Hamas qui étaient journaliers,
04:23par des missiles, par toutes sortes d'obus et d'autres.
04:30Où nous rentrions certains jours, plusieurs fois par jour, dans les abris pendant des années.
04:39Donc il faut aussi comprendre la population du sud du pays
04:41qui a tant souffert pendant des années.
04:43Aujourd'hui, on respire un peu mieux parce que le nettoyage a été fait.
04:46Et comme l'a toujours dit Bibi et Israël, dans la banque de Gaza, il y a le plus grand métro au monde.
04:55– Vous parlez des tunnels, bien évidemment.
04:57– Des tunnels, oui, tout à fait.
04:59– Oui.
05:00– Et je peux vous dire que nous, on nettoie actuellement le secteur.
05:05Et de là où je suis, nous entendons très clairement les explosions depuis déjà des mois,
05:12à tout un jour et de la nuit.
05:14Ça ne finit pas.
05:16Ça n'en finit pas.
05:17On se pose même la question comment une ville et la banque de Gaza a tenu
05:22avec ces tunnels qui passent dans tous les sens.
05:26Et ils ne vont pas seulement sous la banque de Gaza,
05:30ils allaient aussi dans des secteurs où ils sont rentrés dans les frontières d'Israël.
05:36Et ils ont aussi essayé de rentrer en Égypte, dans le Sinaï.
05:41Mais étonnamment, on n'en parle pas de ça.
05:44L'Égypte a construit une super barrière, un mur en béton,
05:47des mètres sous terre et des mètres en l'air avec du barbelé,
05:52qui est doublé d'une clôture.
05:54Et c'est toute la frontière entre la banque de Gaza et l'Égypte
05:58pour justement éviter ce genre de choses.
06:01Mais bon, l'Égypte n'intéresse pas la population mondiale
06:06puisque du côté égyptien, du côté du Sinaï,
06:09il n'y a pas d'Israël et il n'y a pas de Juifs.
06:11Et j'imagine, en conclusion, Raphaël Lévy,
06:13que vous êtes tout de même inquiet.
06:15Qui dit opération militaire, dit guerre.
06:17Forcément, une guerre urbaine, difficile,
06:20avec des morts de part et d'autre,
06:22et des jeunes gens, des civils qui en seront victimes également,
06:25et des jeunes gens des réservistes
06:27qui vont forcément trouver la mort dans ces combats.
06:30Ce sera le dernier mot.
06:32Écoutez, il est tout à fait évident
06:34qu'un mort, c'est un mort,
06:36qu'il soit du côté palestinien ou du côté israélien.
06:39Il est toujours déplorable.
06:41N'importe qui, une femme, un homme, un enfant, malheureusement.
06:44Et je répète bien, qu'il soit du côté palestinien ou du côté israélien.
06:47C'est bien de le rappeler, oui.
06:48C'est déplorable.
06:51Mais bon, qu'est-ce que nous demandons aux Palestiniens ?
06:54Nous leur avons rendu la bande de Gaza,
06:56sans contrepartie.
06:58Nous leur avons aidé.
06:59Nous leur avons laissé toutes les structures.
07:01Qu'est-ce qu'ils en ont fait de cette bande de Gaza ?
07:03Du Bouchkati dans le temps.
07:05Vous vous rappelez le Bouchkati ?
07:07Oui.
07:08Ils en ont fait un terrain de combat.
07:10Des terrains d'entraînement.
07:12Ils se sont rapprochés de la frontière avec nous
07:14pour nous tirer dessus,
07:15pour nous envoyer des obus.
07:16Pendant des années, nous avons été en guerre.
07:19J'entends, j'entends.
07:20Et là, je lance une bouteille à la mer.
07:23Est-ce qu'il y a des gens courageux,
07:25de l'autre côté de la frontière,
07:27qui seraient prêts à s'asseoir,
07:29quand je dis des gens courageux,
07:31des gens du style Béguine,
07:32qui seraient prêts à s'asseoir,
07:35à mettre leur fierté là où je pense,
07:40et à prendre des décisions difficiles,
07:43qui permettraient, dans un avenir proche,
07:45d'avoir une façon de vivre ensemble ?
07:50Et ce message, Raphaël Lévy sera le mot de la fin.
07:52Merci pour ce témoignage.
07:53Je rappelle, Raphaël Lévy,
07:55vous êtes policier franco-israélien,
07:57vous êtes dans le sud d'Israël,
08:00tout près de la frontière de Gaza.
08:020826 300 300.
08:03Vous nous appelez, vous témoignez,
08:05sur l'antenne de Sud Radio.
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