00:00Bonsoir tout le monde.
00:01Pompiers, préfets, viticulteurs.
00:03Les vraies voix sud radio.
00:06Les pompiers espèrent pouvoir fixer le feu au cours des heures qui viennent dans les corbières.
00:10Progression de l'incendie contenu à l'heure qu'il aime et la bataille n'est pas terminée, avertit le préfet de l'Aude.
00:1517 000 hectares parcourus, dont 13 000 complètement brûlés.
00:18L'Aude, sous la menace des possibles reprises de l'incendie, les flammes laissent derrière elle.
00:23Des exploitations viticoles dévastées, des interrogations sur les moyens pour éviter la multiplication de telles catastrophes à l'avenir.
00:33Tapé vite et fort, voilà le mot d'ordre diffusé par le colonel en chef des pompiers de l'Aude.
00:38Il parle d'une journée de bascule.
00:39Les soldats du feu espéraient pouvoir fixer l'incendie dans les heures qui viennent.
00:43Mais la menace des reprises plane toujours, après ces 17 000 hectares parcourus, dont 13 000 complètement brûlés.
00:49Progression contenue, mais attention, la vigilance reste de mise, indique le préfet de l'Aude, Christian Pouget.
00:55Rester sur le qui-vive, écouter les consignes qui sont données par la préfecture et au plus près par les pompiers et les gendarmes.
01:03La bataille n'est pas encore terminée.
01:05Le feu peut repartir de manière plus importante.
01:07On a encore quelques jours avant de pouvoir indiquer que le feu sera totalement éteint.
01:15Le préfet de l'Aude, Christian Pouget, le bilan humain reste d'un mort.
01:19Cette dame de 65 ans restait chez elle, mais aussi 13 blessés, 2 habitants hospitalisés dont un grièvement brûlé
01:25et 11 sapeurs-pompiers dont l'un souffre d'un traumatisme crânien.
01:30Il n'y a plus de personnes portées disparues, vient par contre d'indiquer le préfet.
01:34Des gendarmes spécialistes ont été déployés à Ribot, là d'où sont partis les flammes, pour tenter de comprendre l'origine de cette catastrophe.
01:41Oui, réaction avec Corinne Tapirot, peut-être des blessés, pompiers encore ?
01:47Oui, c'est inévitable, vu la violence des flammes, ils sont quand même en première ligne.
01:53Ce sont, en plus, je voudrais dire, une profession qui n'est pas suffisamment reconnue, pas suffisamment mise en avant
01:59et qui souffre d'ailleurs de rémunérations extrêmement faibles au regard des risques qu'ils prennent au quotidien,
02:06que ce soit dans les incendies ou que ce soit au contact des populations parfois violentes.
02:10et c'est vrai que tous les blessés n'étaient pas préparés d'abord à vivre cet événement
02:17et puis c'est là que la vulnérabilité de chacun s'exprime et c'est extrêmement triste.
02:23Et je pense que c'est vraiment trois jours effroyables qu'on vient de vivre et j'espère qu'on ne les revivra plus.
02:28Abdoulaye Kanté, l'enquête, ça y est, c'est parti.
02:31Vos confrères gendarmes ont lancé...
02:34Bon, ça peut aller très vite, il y a des astuces et malheureusement ça risque de faire grincer.
02:41C'est compliqué. Déjà d'une, permettez-moi d'avoir une pensée déjà pour les soldats du feu
02:46qui encore une fois sont en train de se battre contre le feu et aussi les victimes.
02:51Parce que justement il faudra travailler pour les victimes et les enquêteurs qui seront sur cette enquête
02:55vont devoir essayer de trouver, enfin faire la manifestation de la vérité, trouver l'origine,
02:59comment ça s'est passé, essayer d'avoir le moindre indice qui pourra permettre de déterminer d'où est parti le feu.
03:04Et c'est là où vraiment le gros travail va commencer.
03:06Avant toute chose, il faut que les pompiers arrivent à éteindre ce feu, enfin ces incendies,
03:10et d'ailleurs le travail des enquêteurs au vu de ce qui...
03:12Il y a beaucoup d'astuces pour les enquêteurs, il y a des moyens techniques aujourd'hui qui permettent de traquer...
03:17Oui, surtout les gendarmes en fait ont beaucoup de moyens, notamment ce qu'on appelle le crimscope
03:21et ou bien aussi au vu des caméras de vidéosurveillance.
03:24Parce qu'il faut savoir que dans certains endroits en France où il y a des susceptibles de départ de feu,
03:29vous avez la sécurité civile et les pompiers qui ont placé des caméras, on va dire, thermiques
03:32pour permettre évidemment de détecter des sources de chaleur ou pour y avoir un départ de feu.
03:37Donc ça aussi, ça peut être une aide à l'enquête.
03:39Et aussi, on sait très bien que voir aussi, il y a ce qu'on appelle des pyromanes qui sont quand même encore en liberté.
03:45Oui, qui est une pathologie reconnue.
03:46Et voir un petit peu, savoir si ces personnes-là, dans ce lieu-là, étaient à proximité.
03:50Donc c'est un gros travail qui va être fait, donc système de l'entonnoir, voire au plus large et après affiné.
03:55Nathalie Lebas, on a le cas de cette dame qui est décédée et qui souhaitait rester chez elle.
04:01Il y a aussi des cas, des situations qui humainement sont terribles à gérer.
04:06Alors, effectivement, on a ce cas qui est terrible avec cette personne qui ne voulait pas partir de chez elle
04:11et qui est restée jusqu'à la mort.
04:13Mais on a aussi toutes ces personnes qui ont le sentiment aujourd'hui d'avoir perdu leur vie.
04:17Que ce soit les agriculteurs, que ce soit des personnes qui...
04:21Des éleveurs avec leurs animaux.
04:23Et puis, monsieur, madame, tout le monde qui a perdu sa maison, ses biens, peut-être des animaux.
04:29Et ces personnes, aujourd'hui, comment on va les accompagner ?
04:32Comment elles vont être indemnisées avec les compagnies d'assurance ?
04:35Et aussi, qu'est-ce qui est mis en action pour les prendre en charge dès maintenant ?
04:42Mais pas que pendant le moment du fait des projecteurs.
04:45Parce que trop souvent, quand on a des drames, que ce soit des incendies, des inondations,
04:50on prend en charge les personnes tout de suite.
04:52Mais dans un mois, dans deux mois, dans trois mois, où est-ce qu'ils seront ?
04:56Et ça, il faut qu'on y travaille fortement.
04:59Et notamment qu'ils puissent rester sur cette fabuleuse région française,
05:04ce beau département de l'Aude.
05:06Parce que souvent, la fuite peut être un réflexe.
05:09Déjà paupérisé quand même, comme département.
05:11Bien, alors, en première ligne, dans les Corbières,
05:16les vignerons constatent les dégâts, Félix Mathieu.
05:18Oui, 80% des vignes de Saint-Laurent-de-la-Cabrerie,
05:21Tournisson et Coustouge ont été touchés.
05:24Saint-Laurent-de-la-Cabrerie, sous Olivier Verdal,
05:26vigneron témoigne sur Sud Radio, au milieu de son exploitation.
05:29Il a tout perdu.
05:30Je peux vous dire qu'à 15 jours de l'avant-nage,
05:32là, je suis sur une parcelle de Carignan.
05:34Il y a 50 ans de Carignan que mon grand-père avait planté.
05:37Je peux vous dire qu'il y a 20 souches qui restent, qui sont vertes.
05:41C'est un massacre.
05:41C'est une catastrophe, quoi.
05:43Moi, j'avais interpellé tous les pouvoirs publics
05:45en leur disant qu'on était en 3 ans de sécheresse.
05:48Je pense que nos énarques parisiens n'ont pas voulu nous écouter, quoi.
05:51Quand on pousse les cris d'alarme,
05:53quand on dit que les feux commenceront aux portes de Carcassonne
05:56et finiront à la mer, voilà, aujourd'hui, on y est.
05:59Je pense qu'on nous a un peu abandonnés, quoi, dans la région.
06:01On nous a abandonnés quand on criait qu'on était en état de sécheresse
06:04et qu'il nous fallait de l'eau, il nous faut de l'irrigation.
06:07Voilà, maintenant, on y est.
06:10Olivier Verdal, vigneron à Saint-Laurent de la Cabrerisse
06:12avec Jean-François Aquili sur Sud Radio.
06:14Il nous disait d'ailleurs, ce matin, effectivement,
06:16qu'il avait peur que tout le monde passe à autre chose dans quelques semaines.
06:19La préfecture estime que 8 à 900 hectares de vignes
06:22ont été perdus, pour le moment, dans cet incendie des Corbières.
06:26Notez que dans l'info, en plus de 18h15,
06:27dans les Vraies Voix sur Sud Radio,
06:28on sera aussi avec le secrétaire général du syndicat des vignerons de l'Aude.
06:32Ce drame pose aussi la question des moyens aériens
06:35face à de telles catastrophes.
06:37Donc là, 13 canadaires, 7 dashes mobilisées,
06:40soit une mobilisation de la totalité du dispositif national
06:43actuellement disponible, sans compter tous les hélicoptères.
06:46Beaucoup de canadaires sont en maintenance,
06:48d'autres ont été commandés,
06:49mais la France ne les attend pas avant des années.
06:52Il faudrait développer une flotte de bombardiers d'eau français,
06:55estime Sophie Plantel, députée PS de l'Auser.
06:58Elle a écrit un rapport parlementaire
06:59sur la maintenance, justement, de ces canadaires.
07:01Le fait que la flûte vieillisse, ça implique un coût sur la maintenance
07:05qui est, évidemment, chaque année de plus en plus élevé,
07:09et avec parfois l'obligation, en fait, de louer des appareils.
07:13Aujourd'hui, l'État français a deux contrats
07:15et peut louer jusqu'à 16 appareils supplémentaires.
07:18Donc on a les 60 en flotte nationale,
07:21et nous pouvons en louer 16 de plus.
07:23Mais lorsque le climat change,
07:25les besoins sont les mêmes partout,
07:27ça veut dire que, petit à petit,
07:29en fait, on aura aussi des tensions sur l'allocation.
07:31Et nous, ce que nous disons aujourd'hui,
07:33c'est puisqu'on a pris un peu de retard
07:34sur le renouvellement des canadaires,
07:37réorientons finalement les moyens financiers,
07:40d'autant plus qu'on a des entreprises françaises
07:42qui seraient en mesure, avant 2030,
07:44de proposer les premiers bombardiers d'eau.
07:47Sophie Plantel, députée PS de l'Hérault,
07:49avec Laurence Perrault.
07:50Elle nous expliquait aussi que les canadaires
07:51sont sujets à la corrosion,
07:53puisqu'ils ont été conçus pour prélever l'eau
07:54à la surface des grands lacs canadiens,
07:57grands lacs d'eau douce,
07:58et pas donc avec l'eau de mer
07:59qu'on utilise ici en France,
08:00ce qui explique aussi ces nécessités
08:02de maintenance des canadaires.