- il y a 6 mois
Avec Fiona Lauriol, auteure du livre “101 ans, Mémé part en vadrouille”
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NewsTranscription
00:00Sur les routes de l'été, Sud Radio vous écoute.
00:04On va tout de suite commencer notre rendez-vous avec une très très belle histoire.
00:09Elle est habitante de Vendée, elle a entamé un nouveau Tour de France cette année en camping-car pour le droit de nos aînés,
00:15mais elle en avait déjà fait un avec sa mamie, Mémé Vadrouille.
00:19On va en parler avec elle, mais juste avant de l'accueillir sur l'antenne de Sud Radio,
00:23Clément Barguin, l'isolement des aînés est une vraie réalité.
00:27Oui, on estime à 2 millions le nombre de personnes de plus de 60 ans en situation d'isolement social.
00:32C'est deux fois plus qu'en 2017 selon l'association Petits Frères des Pauvres.
00:36Et parmi elles, plus de 530 000 aînés sont dans un isolement extrême.
00:41Ils ne rencontrent quasiment jamais ou très rarement d'autres personnes.
00:44Ils sont en situation de mort sociale.
00:46Ces aînés n'ont pas ou peu d'interaction avec les cinq réseaux de sociabilité que sont la famille, les amis,
00:52le monde du travail, l'associatif et le voisinage.
00:55Et cela, avec toutes les conséquences que ça représente,
00:58l'isolement des personnes âgées peut entraîner de graves conséquences sur leur bien-être physique et mental.
01:04Plusieurs études démontrent que le manque d'interaction sociale est associé à un déclin plus rapide des fonctions cognitives.
01:10L'isolement augmente les risques de développer des troubles comme la maladie d'Alzheimer
01:14et favorise aussi la dépression, l'anxiété ou la démence.
01:18Et puis, il est également prouvé que les personnes âgées isolées sont plus vulnérables aux maladies cardiovasculaires,
01:25au diabète et à une diminution de l'espérance de vie globale.
01:28Et êtes-vous vous-même victime d'isolement puisque vous faites partie des gens que moi j'appelle avec beaucoup de tendresse mature ?
01:35Est-ce que vous avez vous-même, dans votre entourage, combattu l'isolement avec l'un de vos aînés ?
01:41Venez vous raconter, vous qui travaillez aussi dans des structures qui aident à ce qu'il n'y ait pas l'isolement des personnes âgées,
01:48au 0826 300 300.
01:49Je vous attends dès maintenant.
01:51Manu est avec nous au Standard.
01:53On va accueillir Fiona Lauriol.
01:55Bonjour Fiona.
01:55Bonjour.
01:58Merci d'être avec nous.
01:59Vous êtes entre autres auteure du livre « 101 ans, maman, mémé, mémé par en vadrouille ».
02:04Maman n'a pas encore 101 ans.
02:06On va vous écouter parce que c'est une histoire que vous allez nous raconter qui fait réfléchir,
02:13même si elle fait sourire dans le bon sens du terme et peut-être même qu'elle va nous permettre d'agir en tout cas.
02:20Je voudrais qu'on revienne sur ce fameux jour.
02:22Comment tout a commencé Fiona ?
02:24Pourquoi vous avez eu envie d'emmener votre mémé de 101 ans en vadrouille ?
02:28En fait, c'est en 2017.
02:30On m'annonçait qu'elle en avait pour une semaine à vivre.
02:32Elle avait 100 ans.
02:34Ma grand-mère était en région parisienne et moi, j'habite en Vendée avec mes parents.
02:38Et je pars du principe « ne fais pas aux autres ce que tu veux pas qu'on te fasse à toi-même ».
02:42Donc pour moi, c'était une évidence de ne pas la laisser mourir seule, loin de tout le monde, alors qu'elle avait de la famille.
02:47Donc je suis allée la chercher, mais avec ma grand-mère, on n'avait pas trop de lien affectif.
02:51Moi, je voyage depuis que je suis toute petite et ma grand-mère était très sédentaire.
02:55Et quand je suis arrivée, elle m'a regardée, elle m'a dit « c'est la vieille moche qui vient me chercher ».
02:59Tout simplement parce que pour elle, être vieille fille à 35 ans, ce n'était pas normal.
03:04Et donc j'ai descendu et c'est vraiment au bout de six mois à la remettre sur pied, à la faire remarcher grâce à son déambulateur,
03:11à lui enlever un peu tous ses cachets et à lui faire reprendre du poids.
03:14Qu'un jour, quand je suis rentrée dans sa chambre et que j'ai vu regarder le mur blanc d'un air complètement ailleurs,
03:20je me suis dit « mon Dieu, mais c'est ça la vieillesse, à dendre bêtement la faim ? »
03:26Tout simplement parce qu'on m'avait annoncé une semaine, ça fait six mois que je m'en occupe, qu'on joue au quart, qu'on discute.
03:32Mais ce n'est pas ça la vie.
03:33La vie, c'est de la vivre pleinement justement, d'avoir des aventures.
03:37Et c'est là que j'ai proposé à ma grand-mère de partir dans mon vieux camping-car, faire un tour du monde parce que je n'avais pas peur des mots.
03:44Et elle m'a regardée, elle m'a dit « c'est quoi un camping-car ? »
03:48Et là, je me suis dit « oui, effectivement, vu qu'elle est née en 1917 et qu'après elle était en région parisienne,
03:53elle n'a pas dû voir beaucoup de camping-car. »
03:55Et j'ai expliqué que c'était une petite maison roulante, mais qu'ils pouvaient l'emmener où elle voulait.
04:00Et j'ai dit « mais avant toute chose, il fallait que j'en parle à ma maman qui est fille unique pour avoir son autorisation. »
04:06Et là, ma grand-mère m'a dit « je fais ce que je veux, c'est moi qui commande. Si elle dit non, alors on y va. »
04:12Je voudrais remercier Clément qui est mon complice dans cette émission, parce que c'est Clément qui vous a trouvée,
04:18Clément qui nous a fait le papier sur l'isolement des personnes âgées.
04:21Merci Clément, parce que je crois qu'on va vivre un moment magnifique de témoignage.
04:25On revient évidemment, mais je voulais faire cette parenthèse parce que c'est important pour moi.
04:29Fiona Lauriole, du coup, elle dit « oui, mamie ? »
04:33Alors, elle dit « oui, ma petite maman n'est pas pour. »
04:36Elle a fait un bon dîner d'eau quand je lui ai dit que je voulais mettre ma grand-mère,
04:39qui était incontinente avec son photo de roulant dans mon camping-car, pas du tout adapté.
04:43Et mon petit-papa m'a dit « ce qui serait pas mal quand même, vu qu'on a toujours voyagé ensemble,
04:47c'est qu'on te suive avec notre ferroi aménagé. »
04:49Comme ça, s'il y a un souci, on sera juste derrière.
04:51Et donc, on va faire un test de 40 jours pour voir si ma grand-mère s'acclimate à son nouvel environnement.
04:56Et les 40 jours, tout va partir de travers.
04:59Il va y avoir la grêle, elle va croire au bombardement,
05:01elle va se casser une nez à 2h du matin au lac Salagon avec 8 points de suture.
05:06Donc, quand je la ramène à la maison, je me dis « plus jamais elle va vouloir voyager. »
05:10Et le lendemain matin au réveil, elle me fait « ça y est, chasseur posée, c'est qu'on porte ça. »
05:15Et du coup, elle avait pris goût au voyage, à l'aventure.
05:19En fait, elle commençait une nouvelle vie à 101 ans.
05:22Et on est parti après de janvier 2019 jusqu'à fin juin 2020.
05:27On a fait toute l'Espagne sur la côte méditerranéenne,
05:31jusqu'à Almeria où elle a chanté avec des artistes de rue.
05:34On s'est fait attaquer au citron volant,
05:36on a mis en déroute des voleurs de fauteuils roulants.
05:38Elle a assisté à son premier concert à 102 ans dans le désert des Bardanelles.
05:43On a fait le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle sur plus de 455 kilomètres
05:47à lui pousser son fauteuil roulant sur des chemins qui ne sont pas toujours adaptés.
05:50Mais non !
05:51Elle s'est prélassée dans des sources de chaud à Oumrins.
05:54On est allé jusqu'au Portugal.
05:56Et en fait, plus j'ai rentré, plus elle revivait, plus elle rajeunissait,
06:01et plus elle s'est émerveillée.
06:03Et quand elle est partie à 103 ans, 3 mois et 3 semaines dans son sommeil,
06:07avec un super sourire et un air épanoui,
06:10je me suis dit que c'est comme ça qu'on devrait tous partir
06:11avec des perspectives, un avenir.
06:15En fait, tous les jours, c'était du nouveau pour elle.
06:18Elle était devenue la petite vedette dans le camping-car
06:21parce que les gens ne croyaient pas.
06:22J'avais installé un gros panneau à l'arrière du camping-car
06:25pour prévenir de ne pas rouler trop vite
06:26parce que j'avais ma grand-mère.
06:27Donc, 101 ans m'aimait pas en vadrouille.
06:29D'où le titre après du livre.
06:32Et les gens n'y croyaient pas.
06:33Ils disaient que c'est pas possible.
06:34Il y a une centenaire dans ce camping-car.
06:36Alors moi, je m'amusais, je leur disais, non, non.
06:38Ah, on me disait bien, non, non, maintenant, elle a 102 ans.
06:41Et les gens, ça leur faisait ouvrir des grands yeux
06:44en se disant, mais c'est incroyable qu'on puisse encore voyager.
06:48Et en fait, ça a prouvé que rien n'est impossible.
06:52C'est incroyable.
06:53Ce que vous me racontez me donne des frissons.
06:55Je ne sais pas ce qu'en pensent nos amis qui sont sur...
06:58Il y a Nathalie qui est arrivée, qui nous dit bonjour.
07:00Enfin, il y a plein de gens qui mettent plein de démo-icônes
07:03sur la page Facebook de Sud Radio avec des soleils, des cœurs, des...
07:06Oh, c'est magnifique, ça.
07:07C'est quelle histoire, Fiona ?
07:09Mais comme...
07:09Enfin, mamie est partie, là, à 103 ans, c'est ça ?
07:14C'est ça, elle est partie le 29 juin 2020.
07:16D'accord.
07:17Ah, ma mamie à 106 ans est partie le 12 mars 2020.
07:20Ça devait être l'année où les centenaires partaient.
07:22Comment vous allez aujourd'hui avec ce...
07:24Parce qu'il y a ce livre, évidemment.
07:26Le livre Mamie m'a mis...
07:28M'aimé par en vadrouille, que l'on peut trouver encore aujourd'hui.
07:31Comment vous allez aujourd'hui après tout ça ?
07:35Alors, en fait, j'ai mis du temps à m'en remettre.
07:38Elle est partie dans son sommeil parce que, pour moi, elle était devenue éternelle.
07:42Et pour moi, on avait plein de projets encore ensemble.
07:45On devait même aller vers tous les pays d'Europe en IE, comme l'Italie, son pays natal, jusqu'en Roumanie-Russie.
07:51Donc, on avait plein de projets ensemble.
07:53Et j'ai mis un an, avant d'écrire le livre, le temps, justement, de prendre du recul par rapport à cette grande aventure qu'on a vécue tous les quatre avec les parents.
08:02Et comme je lui avais promis d'écrire l'histoire, du coup, j'ai tenu ma promesse.
08:06Et à chaque page que j'écrivais, ma grand-mère revivait.
08:09Et j'en riais.
08:10Et en fait, après, je me suis dit, quand les livres a connu un petit succès, vu qu'il a été traduit à l'international, il est sorti en livre de poche, il va être adapté au cinéma.
08:19Je me suis dit, autant essayer de passer un message pour expliquer, justement, qu'il faut croquer la vie jusqu'au bout, même avec un entier.
08:25Il n'y a pas d'âge limite.
08:26Et que ce n'est pas parce qu'on porte une protection qu'on doit s'individir énormément de choses.
08:30Et du coup, avec mes parents, on a fait un tour de France de 2022-2023 avec 600 conférences sur mes fonds propres pour garder ma liberté d'expression.
08:41Et donc, les conférences actuellement gratuites qui nous amenaient jusqu'à l'Assemblée nationale et au ministère à qui on a remis un dossier.
08:47Ensuite, on est parti dans les pays voisins voir comment, eux, s'occuperaient des personnes âgées jusqu'aux frontières de l'Iran, l'Azerbaïdjan, l'Azerbaïdjan.
08:54Hélas, le constat est le même, c'est que physiquement, on va prendre soin de nos aînés, mais mentalement, on ne va pas chercher à savoir ce qu'ils veulent vraiment.
09:02Et ils s'appellent eux-mêmes les exclus de la société, les fantômes, les inutiles.
09:08Et je trouve ça horrible parce qu'on a besoin d'eux.
09:11On passe à côté d'histoires incroyables, de savoir-faire incroyables.
09:16Et on se dit, on a le temps, mais un jour, c'est trop tard.
09:18Et du coup, après, on est parti jusqu'au Maroc aussi.
09:23On a mené également des conférences.
09:25Alors, ils n'en sont pas encore à notre niveau, mais ça commence à arriver aussi chez eux, malgré que ce soit très famille.
09:33Excusez-moi.
09:34Là, vous êtes, en tout cas maintenant, cette magnifique aventure que vous avez vécue.
09:38Alors, j'ai plein de questions à vous poser, moi, sur Mémé.
09:40Est-ce qu'elle vous appelait toujours ?
09:41Comment elle vous appelait au début, la première fois que vous avez dû la voir ?
09:44La moche ?
09:45La vieille moche.
09:46La vieille moche.
09:46Est-ce qu'elle vous appelait à la fin ?
09:49J'imagine que non, mais vous, alors, c'était devenu un gimmick.
09:51Voilà, c'est ça.
09:52On a créé du lien affectif.
09:56Ma grand-mère, née en Italie en 1917, vous voyez sa mère, même si elle était très pauvre,
10:03et ne lui faisait pas des bisous ou des câlins.
10:06Et du coup, quand j'ai fait son premier bisou sur le front, elle m'a fait,
10:10« Ma, on ne baisse pas, moi, comme ça, ça ne se fait pas. »
10:12Et j'ai dit, « Mémé, ma grand-mère, c'est normal, un petit bisou. »
10:15Et à la fin, c'est elle qui me disait « Bisous bisous. »
10:17C'est trop mignon.
10:18Ce que je vous propose, Fiona, c'est qu'on reste ensemble,
10:21parce qu'on a Christine qui est avec nous aussi au 0826 300 300,
10:25puisque pour tous les sujets des routes de l'été,
10:28je vous invite à nous rejoindre, à venir témoigner aussi de ce que vous est arrivé.
10:32Aujourd'hui, évidemment, on va parler de ce sujet important qui est l'isolement des personnes âgées.
10:36Je voudrais aussi, évidemment, juste après, qu'on en parle beaucoup avec vous,
10:39c'est-à-dire tout ce qu'on peut mettre en œuvre, tout votre combat,
10:41parce qu'il est là aussi, le but de ce livre, de cette aventure.
10:46Mais je vais tout de suite accueillir Christine au 0826 300 300.
10:49Bonjour, Christine.
10:51Oui, bonjour.
10:52Merci.
10:52Oui, c'est très intéressant, surtout avec une personne âgée.
10:58Voilà, bon, moi, je sors de quelque chose d'un peu similaire, un peu plus...
11:04Enfin, mon mari a été très malade depuis une vingtaine d'années.
11:10Il avait été arrêté très tôt par la sécurité sociale et en cumulé.
11:15Donc, le problème auquel j'ai été confrontée,
11:18c'est le problème auquel sont confrontées beaucoup de familles,
11:21c'est-à-dire qu'on n'a aucun renseignement,
11:23c'est-à-dire que même un généraliste ne vous dit pas
11:26« il faut faire ci, il faut faire ça, etc. »
11:28Et donc, on ne sait pas ce qu'il faut faire.
11:30Et heureusement, bon, par une de mes belles sœurs
11:33qui faisait des formations en milieu hospitalier,
11:36elle m'a expliqué que dans chaque département,
11:39il y a un service de la sécurité sociale
11:42qui s'appelle Santé Service.
11:45Et donc, on peut, justement, consulter.
11:48Donc, il y a assistante sociale, soignants, machin, etc.
11:52Donc, ils viennent voir l'état de la personne
11:54quand vous pensez que votre grand-père ou grand-mère
11:57n'est plus en état de...
12:00Ou de vivre seul, ce qui est assez compliqué.
12:02Ou même en couple.
12:03Moi, j'étais avec mon mari, mais c'était très compliqué.
12:06Et donc, ces hommes-là sont venus.
12:09Ils m'ont dit « mais non, on va le prendre en charge ».
12:10Donc, ils étaient restés chez nous.
12:12Mais on venait lui faire la toilette.
12:15C'est des gens qui arrivent, qui chantent,
12:17qui disent « alors, comment ça va aujourd'hui ? »
12:19Enfin, voilà.
12:19Ils sont très, très bien formés.
12:21On a des très bons services.
12:23Malheureusement, on a doublé ou triplé
12:24le nombre de fonctionnaires dans l'administration
12:27depuis 30 ou 40 ans.
12:29Mais dans ce secteur-là, bien sûr,
12:31on manque de personnel.
12:32Et après, donc, il était suivi
12:34parce que ça aussi, je l'ai expliqué
12:36à toutes mes amies qui ont le même problème maintenant.
12:38La première des choses à faire,
12:40c'est de prendre un rendez-vous en gériatrie,
12:43dans un hôpital, pas dans les cliniques.
12:45Donc, en gériatrie à l'hôpital,
12:47ils vous font, donc l'appareil,
12:48ils font des tests, ils regardent
12:49quelles sont les possibilités, etc.
12:53Et il y a un dossier.
12:54Parce que si vous ne faites pas de dossier,
12:56après, vraiment, quand on arrive à un stade
12:59où c'est plus possible, c'est irrécupérable.
13:02Donc, on n'a aucune indication là-dessus, aucune.
13:05Donc, mon mari, petit à petit,
13:08a été pris en accueil de jour.
13:11Ça aussi, c'est très bien, l'accueil de jour,
13:13parce qu'ils sont avec d'autres personnes comme eux.
13:16Ils jouent au quart.
13:17Donc, voilà, ils ont un minimum de vie sociale.
13:20Et tant qu'on a un minimum de vie sociale,
13:23on se porte, voilà,
13:24ce que cette dame,
13:25dans le témoigne,
13:27on se porte bien.
13:28À partir du moment où vous n'avez plus de vie sociale,
13:31ça devient catastrophique.
13:32Et là, bon, après, mon mari avait des problèmes cardiovasculaires, etc.
13:37Donc, il n'a rien à ce stade, c'était plus possible.
13:40Donc, il a été pris, alors, dans un EHPAD,
13:42mais ça, c'est pareil.
13:43Je ne savais pas ça,
13:45mais c'est un EHPAD régional.
13:47Alors, je ne sais pas s'il y en a dans tous les départements de France,
13:49mais en tous les cas,
13:50il ne faut pas aller dans les boîtes privées, là,
13:52qui font du fric et qui ne s'occupent pas des gens.
13:55Et là, donc, il s'occupe très, très bien des gens.
13:57Donc, les premiers 18 mois,
13:59ça s'est très bien passé,
14:01parce qu'il avait plein d'activités, etc.
14:03Et il les amenait même,
14:05parce que je suis sur Bayonne,
14:06donc, vous voyez,
14:07il va y avoir un mal de rugby à Bayonne.
14:09Enfin, voilà.
14:09Oui, il bouille bien, quoi.
14:11Et puis, il y a des gens,
14:12hommes et femmes,
14:13enfin, voilà, il y a des jeux,
14:15il y a plein d'activités.
14:16Donc, c'est très bien.
14:17Bon, après, les choses s'aggravent,
14:19parce que, malheureusement,
14:20quand on a ces problèmes-là,
14:21il y a un moment où ça s'aggrave.
14:22Et donc, il a été hospitalité.
14:24Après, oui, c'est ça.
14:25Voilà, trois fois en gériatrie.
14:27Et là, chaque fois, le gériatre me disait
14:29« Non, mais là, il est au bout du rouleau,
14:30il n'en peut plus. »
14:31Et ce qu'il faut savoir,
14:32et qu'il faudrait que nos politiques changent,
14:35c'est le système.
14:36Parce que, même quand vous êtes en Épale,
14:38il y a un médecin qui est coordinateur.
14:40Il s'appelle médecin-coordinateur.
14:42C'est-à-dire qu'il fait entre
14:43les médecins généralistes
14:47qui s'occupent des patients,
14:48parce que c'est eux qui doivent
14:49prescrire les médicaments.
14:51Et bref, même s'ils n'y connaissent rien,
14:54puisque c'est eux qui s'occupent en marie.
14:55Du coup, Christine, qu'est-ce que vous proposez ?
14:58Moi, je pense que la première des choses...
15:00Alors déjà, on nous parle des soins palliatifs,
15:02il n'y en a que dans 30% des hôpitaux en France.
15:05Mais là, sur...
15:05Et dans les EHPAD, ils n'y ont pas trois.
15:08Donc, ils n'ont pas de formation pour ça.
15:10Mais plus, plus...
15:12Et Christine, excusez-moi,
15:13j'ai bien compris que malheureusement,
15:14votre mari était parti,
15:15mais plus sur l'isolement,
15:16c'est-à-dire avant le départ,
15:17qu'est-ce que vous proposez pour l'isolement ?
15:20Pour l'isolement, justement,
15:22il faut passer par ce service-là,
15:25Santé Service.
15:25Santé Service, d'accord.
15:27Ok, très bien.
15:28Après, je vous dis,
15:28moi, j'ai découvert ça grâce à ma belle-sœur,
15:31mais sinon, personne n'en parle.
15:33Eh bien, c'est très bien.
15:34Et merci, merci beaucoup, Christine,
15:36d'en avoir parlé sur Sud Radio,
15:37parce que du coup,
15:38voilà, il y a beaucoup de gens qui l'entendent.
15:40Santé Service,
15:41et vous pouvez taper Santé Service.
15:42Il y a la Fondation Santé Service également.
15:44C'est très facile à trouver sur Internet.
15:46Et vous allez me dire,
15:47oui, mais Laurence,
15:47nous, on ne sait pas servir d'Internet pour certains.
15:49Moi, je pensais,
15:50ma mamie, elle s'entend,
15:51elle ne savait pas servir d'Internet.
15:53N'hésitez pas à vous faire aider,
15:54vraiment, pour cela,
15:55parce que ça peut être,
15:56c'est un très, très bon conseil.
15:58Merci beaucoup, Christine,
15:59de votre témoignage.
16:00Je vais devoir, malheureusement,
16:02vous dire au revoir pour cette période-là.
16:04Je vais demander à Fiona Dressé avec nous,
16:06pour continuer un petit peu aussi
16:07à parler de mémé en vadrouille,
16:09mais surtout de ce combat qu'elle mène maintenant
16:11contre l'isolement des personnes âgées.
16:13Et puis, je lirai certains de vos réactions.
16:15Vous êtes nombreux à être avec nous en direct
16:17sur la page Facebook de Sud Radio.
16:18A tout de suite.
16:20Sur les routes de l'été,
16:21Sud Radio vous écoute.
16:23Et nous sommes toujours avec Fiona L'Oriol,
16:26auteure du livre « 101 ans »
16:27« Mémé par en vadrouille »
16:29et surtout une grande et fabuleuse histoire
16:31d'un an avec sa mamie
16:33qui l'a accompagnée en camping-car
16:35avec ses parents aussi derrière
16:37dans un autre camping-car
16:38et qui a redonné de l'énergie,
16:40de l'envie, du sourire,
16:42de l'éveil dans le regard de sa mamie
16:43à qui on disait qu'elle ne vivrait pas plus d'une semaine.
16:48Ben si, ça a été le cas.
16:50Avec vous, Fiona L'Oriol,
16:51je voudrais aussi qu'on arrive à ce moment de l'émission
16:53où on va parler un peu de tout ce que vous faites aujourd'hui
16:55pour rompre l'isolement des personnes âgées.
16:58Et à ce sujet,
16:59je voudrais quand même aussi partager avec vous
17:01les réactions qui arrivent sur la page Facebook de Sud Radio.
17:04Catherine nous dit entre autres
17:05que sa maman,
17:07en tout cas qu'elle pense
17:08qu'il y a beaucoup de jeunes
17:09qui veulent se débarrasser des anciens.
17:11Stéphane qui dit
17:11« Pourquoi d'autres cultures prennent soin des anciens
17:13et pas nous ?
17:15Qui sommes-nous ?
17:16Pourquoi, par exemple, au Japon,
17:17on prend a priori beaucoup plus soin des anciens ? »
17:21Nathalie nous dit
17:22« Oui, il faut en prendre soin.
17:23Ils sont la mémoire de notre histoire. »
17:26Béatrice qui vous dit
17:27que c'est une belle aventure
17:28que vous avez vécue avec votre mamie.
17:31Il y a plein de choses.
17:31D'ailleurs, Stéphane qui dit
17:32« Ce serait bien d'en faire un film. »
17:34C'est une très bonne histoire.
17:35Peut-être d'ailleurs que c'est déjà le cas.
17:38Il y a Anne Fauve qui dit
17:39« On se souvient d'un été
17:41où toutes ces personnes âgées sont parties,
17:43décédées par la chaleur. »
17:44Il y a beaucoup, beaucoup de réactions.
17:47Dites-nous, vous, Fiona, aujourd'hui,
17:49suite à cette merveilleuse expérience de vie
17:51et partage avec votre mamie
17:53et tous ceux que vous avez rencontrés,
17:55vous menez ce combat contre l'isolement.
17:58Oui, en fait,
17:59on fait un tour de France justement
18:01de tous les départements.
18:02Là, on est reçus à Carcassonne
18:04dans le camping de la Cité.
18:06Ce soir, on va faire une conférence
18:08directement dans le camping.
18:09Dans la journée, on va aller
18:10alerter les gens dans la ville.
18:13On discute avec les maires.
18:14On discute avec les associations.
18:16On essaye de toucher le maximum de gens.
18:18et on est suivi sur les réseaux sociaux
18:21sur « Faut un an, mais mes parents m'adrouilles »
18:23la page Facebook.
18:25Puisqu'à la fin de notre tour de France,
18:27on aura fait tous les débrouillements,
18:29ce qui veut dire dans un an.
18:30On est attendus à l'Assemblée nationale
18:32pour donner un compte-rendu, encore une fois.
18:34Et on nous a dit que si on avait
18:36un million d'abonnés,
18:38on saurait écouter.
18:39Donc, pour l'instant,
18:40on n'en a que 60 000.
18:41Donc, il y a encore un long chemin.
18:44Mais, comme je dis aux gens,
18:45n'hésitez pas à vous abonner.
18:46Parce que même les pessimistes
18:47qui pensent que rien ne va changer,
18:49ça ne coûte rien de s'abonner.
18:51Mais ça peut, justement, faire écho.
18:53Et, en fait, nous, sur notre page,
18:56il y a des dames de 80 ans
18:57qui se sont mises sur Facebook
18:58juste pour nous suivre tous les matins.
19:01Et, en fait, du coup,
19:02ça ronde leur isolement.
19:04Parce qu'avec l'art café,
19:05ils suivent notre trip,
19:08nous avancer.
19:09Et quand on va voir les associations,
19:11justement, on écoute les bonnes idées
19:12des associations locales
19:15pour essayer que ce soit au national.
19:17Donc, à un moment donné,
19:18on était dans le Couseran
19:20où on a rencontré Gisleine
19:22qui s'est partie du CRT,
19:24si je ne dis pas de bêtises.
19:26Et, en fait,
19:27je ne me rappelle pas de tout à chaque fois.
19:28C'est pour ça qu'on marche
19:29et qu'on fait un dossier.
19:31Mona Lisa aussi,
19:32c'est une association
19:33qui regroupe les associations.
19:36Donc, il y a des bonnes initiatives.
19:37Mais comme disait la dame tout à l'heure,
19:39ce n'est pas assez su.
19:41Donc, les gens se retrouvent seuls.
19:43Et là, ils ont compris
19:44qu'il fallait aller vers
19:45et non attendre
19:47que les isolés viennent.
19:48Donc, ils vont les chercher chez eux
19:50et discuter.
19:52Parce qu'en fait,
19:53les isolés,
19:53ils attendent quoi ?
19:54D'être reconnus,
19:56de pouvoir avoir un sourire
19:57de quelqu'un qui leur dit
19:58bonjour.
20:00Et un bonjour,
20:01ça ne coûte rien,
20:02mais ça fait énormément plaisir.
20:04Est-ce que vous pensez, Fiona,
20:05qu'on est devenus insensibles ?
20:07C'est-à-dire qu'avant,
20:08tout le monde vivait ensemble
20:09dans les mêmes villages.
20:10Les familles vivaient généralement
20:11proches les unes des autres.
20:13Les unes des autres.
20:14Donc, on avait cet accès
20:16ou ce contact
20:17avec nos aînés
20:18plus facilement.
20:20Je me souviens de ma mamie
20:20qui est morte à 106 ans
20:23en 2020.
20:23sa fille,
20:25donc ma tante,
20:25habitait à 50 mètres.
20:26Ma sœur habitait derrière.
20:28Il y avait encore
20:29ce village maintenant
20:31et ça fait à peu près
20:3230-50 ans
20:33en gros que tout a explosé.
20:35Et les familles sont
20:35complètement à l'ouest.
20:37C'est-à-dire,
20:37mais vraiment,
20:37dans le bon sens du terme,
20:38géographique.
20:39Il y en a qui avaient habité
20:40à Lille,
20:40d'autres à Marseille.
20:42C'est ça.
20:42Et on a perdu ce contact
20:44avec nos anciens.
20:45En fait, le problème,
20:46c'est que la réponse
20:47qu'on me donne souvent,
20:48c'est que j'ai des temps.
20:49Ce qui me fait bien rire
20:50parce que la dernière fois,
20:51j'étais en plein centre-ville
20:53avec mes flyers
20:54pour parler du sujet
20:56et il y a une dame,
20:57je lui dis bonjour,
20:58elle me dit pas le temps.
20:59Je lui dis madame,
21:00pas le temps,
21:01prendre plus de temps
21:02à dire que bonjour.
21:03Et c'est ça,
21:04c'est j'ai pas le temps.
21:05À l'époque de ma grand-mère,
21:06les dames,
21:07elles avaient le linge
21:08à la rivière,
21:09elles avaient le ménage,
21:10elles s'occupaient des enfants,
21:11elles travaillaient
21:1210-15 heures par jour
21:13et pourtant,
21:14elles trouvaient le temps.
21:15À l'heure actuelle,
21:16on n'a plus qu'à appuyer
21:16sur des boutons
21:17pour mettre le lave-linge,
21:18et pourtant,
21:21on n'a pas le temps.
21:22En fait,
21:22c'est qu'on ne prend pas le temps
21:23et on passe à côté
21:24de l'essentiel
21:25et à la fin,
21:26on se dit
21:26si j'avais su.
21:28Mais on le sait.
21:29Donc,
21:29on prend le temps.
21:30Quand on a tous été confinés,
21:32ça a été une obligation
21:33mais on a tous pris le temps
21:34du coup,
21:35par obligation.
21:36Et là,
21:37on l'avait.
21:38Donc,
21:38au lieu d'être par obligation,
21:39ça devrait être par choix.
21:41Prendre le temps
21:42pour ce qui est important
21:43à nos yeux.
21:44Et je pense que
21:45les personnes âgées,
21:46c'est important à nos yeux.
21:47Ils ont toute leur place
21:48dans la société
21:49et qu'on arrête
21:50de leur dire
21:51« Toi,
21:51tu es à la retraite,
21:52donc tu n'as plus rien
21:53à m'apprendre. »
21:54Mais ils ont énormément
21:55à nous apprendre
21:56et on devrait aller les faire
21:57témoigner dans des collèges,
21:58des lycées
21:59pour montrer aux jeunes
22:00qu'à 80-90 ans,
22:02on fait encore de la natation,
22:03on fait encore du parapente,
22:05on fait encore énormément de choses
22:06et qu'on n'est pas vieux.
22:07On est déjà trop les sens.
22:09Moi,
22:09je vais y aller dans votre sens
22:10et Fiona,
22:10bravo,
22:11vous parlez vrai sur Sud Radio
22:12et merci,
22:12j'aime bien votre petit coup de...
22:15C'est que...
22:16Comment je vais expliquer les choses ?
22:18J'ai la sensation
22:19qu'on n'attend pas
22:20d'avoir 100 ans
22:21pour être mis
22:21au banc de la société
22:23petit à petit.
22:23Combien on a de témoignages
22:25de gens
22:25parce qu'ils sont passés
22:26à la retraite
22:27ou parce qu'ils ne travaillent plus
22:28même avant,
22:29même avant,
22:29parce qu'ils n'ont plus
22:30le lien social,
22:31ils se sentent mis
22:32sur le banc de la société.
22:34C'est-à-dire qu'il ne nous faudrait
22:35pas grand-chose
22:35pour que juste
22:36on se regarde de nouveau
22:37les uns les autres
22:38et ce n'est pas parce
22:38qu'on ne fait pas un travail,
22:39ce n'est pas parce qu'on a 70 ans
22:41qu'on n'est plus intéressant.
22:42Vous voyez ce que je veux dire ?
22:43C'est juste pour réapprendre
22:44à être en contact humain
22:46les uns avec les autres peut-être.
22:48C'est pour ça que nous,
22:49on parle humanité
22:50et communication
22:50et qu'on montre justement
22:52les gens qu'on rencontre
22:54sur nos pages Facebook
22:55pour montrer...
22:57Parce qu'on dit souvent
22:57on parle des salamis,
23:01les gens mauvais.
23:03Mais on parle rarement
23:04des jambons.
23:05Alors le jambon aussi,
23:06on va en parler tout à l'heure
23:06ou on va en parler
23:07de patané gras.
23:08Pardon, excusez-moi.
23:10Et en fait,
23:11nous c'est ce qu'on met en avant.
23:12On dit qu'il y a énormément
23:13de personnes bienveillantes
23:15et c'est d'ailleurs
23:17la majorité de notre société,
23:19les gens qui vous ouvrent la porte,
23:20ceux qui vous disent bonjour,
23:22qui essayent de vous tendre la main.
23:24Mais on met en lumière
23:25les gens qui sont méchants
23:27et je trouve dommage
23:28parce que si on mettait
23:29un peu plus en lumière
23:30les gens qui font de bonnes actions
23:32et de partout.
23:33Oui, je suis d'accord.
23:34Ça poussera peut-être les jeunes
23:35justement à faire des bonnes actions.
23:37Et c'est pour ça
23:37que vous êtes aussi invité
23:38sur Sud Radio
23:39grâce à mon ami Clément.
23:40Tiens, il y a Nathalie
23:41sur les pages Facebook
23:41de Sud Radio
23:42qui dit je suis aide à domicile
23:44et j'apprends tous les jours
23:45au contact des personnes âgées.
23:48On a Am Fauve
23:49qui dit chez nous
23:49tous on est solidaires.
23:51Même les voisins
23:52prennent soin des aînés.
23:53Ça s'appelle la solidarité.
23:54Et il y a Stéphane
23:55qui nous dit,
23:55il y a un proverbe indien
23:56qui dit comme on dit chez vous,
23:58vous avez des montres
23:59mais nous on a le temps.
24:00Voilà, il y a plein de réactions
24:01aussi sur la page Facebook
24:02de Sud Radio.
24:03On me dit,
24:03alors comme il ne reste pas
24:04beaucoup de temps,
24:05je vais la prendre tout de suite
24:05comme ça en direct.
24:07Il y a Françoise
24:08qui a composé le 0800 26 300 300
24:10qui est avec nous.
24:11Bonjour Françoise.
24:12Bonjour.
24:13Oh, quelle jolie voix.
24:15Oh, je ne sais pas.
24:17Je vais avoir 81 ans
24:20et j'habite dans le sud-ouest
24:24et dans un lotissement
24:27où il y a plein de jolies maisons.
24:30Et mes voisins
24:32ne me prennent jamais
24:34de mes nouvelles.
24:34même si là,
24:36ça fait un mois
24:37que je suis malade
24:37mais personne ne s'occupe
24:39de personne.
24:41On est devenu
24:42une société d'égoïstes.
24:44Oui, mais je pense aussi
24:45que c'est un petit peu
24:47de ma faute
24:48parce que je n'ose pas déranger.
24:50Voilà.
24:51Ça, c'est une histoire.
24:53Je n'ose pas aller demander
24:56un service.
24:57Voilà.
24:58Et alors,
24:59est-ce que vous avez
24:59un peu d'énergie ?
25:00Ça a l'air d'aller, Françoise.
25:01Peut-être organiser
25:02un petit apéritif
25:03avec vos voisins
25:04ou un goûter ?
25:04Ah, mais je l'ai fait.
25:09Mon mari,
25:10il est décédé
25:11en 2011
25:12et moi,
25:14je l'avais connu
25:14j'avais 16 ans
25:15et je suis quelqu'un
25:17d'assez
25:18convivial.
25:21J'ai beaucoup invité
25:22du temps de Jean-Claude
25:25et même après
25:25des amis
25:27pour venir
25:27pour l'apéritif
25:29ou manger
25:30le soir
25:32ou même
25:32éventuellement
25:33le midi
25:34et depuis
25:36que Jean-Claude
25:38est parti,
25:39les choses
25:39ont changé
25:40mais je crois
25:42aussi que
25:43comme mon mari
25:44a été malade
25:45longtemps
25:46à la maison,
25:47je crois que
25:48je me suis aussi
25:49isolée.
25:50Oui, c'est ça.
25:51Et puis, vous savez,
25:52j'ai vécu quelque chose
25:53un peu équivalent
25:55et d'ailleurs,
25:55je lui fais un bisou
25:55parce que c'est son anniversaire
25:57le 2 août dernier
25:58mais la maladie
25:59fait peur aux autres
26:00et la maladie
26:01fait peur aux gens
26:02et donc, quand vous avez
26:03un malade à la maison,
26:05les gens n'osent plus venir
26:06parce que ça leur fait mal,
26:07ça leur fait peur,
26:08c'est peut-être un peu humain.
26:09Je voudrais juste
26:10vous demander, Françoise,
26:11où habitez-vous comme ça
26:12s'il y a des jolis voisins
26:13qui vous entendent,
26:14qui sonnent un petit peu
26:15à la porte
26:16et qui peut-être
26:16vous invitent
26:17à prendre un café ?
26:18Vous voulez bien
26:19me dire votre village
26:20ou non ?
26:21Je ne vais pas vous le dire
26:24parce que j'aimerais,
26:27pardon,
26:27c'est peut-être
26:27un petit peu exigeant,
26:29j'aimerais que les choses
26:30soient faites spontanément.
26:31D'accord, très bien.
26:33Mais en tout cas,
26:33Françoise,
26:33le problème,
26:34c'est que si vos voisins
26:35vous entendent,
26:36ils ne vont pas savoir,
26:37ils ne vont pas oser.
26:38Alors, je ne vais pas
26:39vous donner de conseils
26:40parce que je ne suis pas psychologue
26:41et que je ne connais de la vie
26:42que ce qu'elle m'a offert
26:43donc je ne vais pas parler
26:44au nom des autres.
26:45Je voudrais simplement vous dire
26:46n'hésitez pas,
26:47réorganisez peut-être un goûter
26:48avec vos amis proches
26:50ou vos voisins,
26:51comme ça peut-être
26:51que ça peut recréer le lien,
26:53peut-être qu'eux aussi
26:54n'osent pas comme vous
26:54vous n'osez pas.
26:56Je vous fais un gros bisou
26:56Françoise et merci
26:57de votre confiance
26:58et de votre témoignage.
26:59Je me permets une phrase.
27:01Je fais la différence
27:03entre isolement et solitude.
27:06Moi, je suis isolée,
27:07je ne souffre absolument
27:09pas de solitude
27:10parce que je souffre
27:12de tendresse.
27:13De manque de tendresse.
27:15De manque de tendresse,
27:16excusez-moi.
27:18Je lis beaucoup,
27:19je regarde la télévision,
27:21j'ai une très grande maison,
27:23je fais ce que je peux,
27:24j'ai une dame
27:25qui vient m'aider
27:25une fois par semaine
27:27et je trouve
27:28que je fais partie
27:29des personnes privilégiées.
27:31Voilà.
27:32Je vous embrasse
27:32très fort Françoise
27:33et en tout cas
27:34avec Sud Radio,
27:35vous ne vous sentez pas isolée
27:36et la prochaine fois
27:37vous faites comme vous avez fait là,
27:38vous appelez,
27:39on vous donne la parole
27:40et puis au moins
27:40je vous embrasse
27:41et je vous fais
27:42un énorme câlin
27:42dans mes bras virtuels
27:43puisqu'on est loin
27:44l'une de l'autre.
27:45Fiona,
27:47on va conclure malheureusement
27:48puisque l'émission se termine.
27:49Où est-ce qu'on peut suivre
27:50votre combat ?
27:51Il y a un site internet,
27:52il y a la page Instagram ?
27:53La page Facebook,
27:54c'est 101 ans
27:55mais mes parents va drouiller.
27:56Oui.
27:56Donc 101 ans
27:57mais mes parents va drouiller
27:58comme le titre du livre.
28:00Et plus on aura d'abonnés,
28:02j'insiste bien
28:02parce que je ne touche pas d'argent,
28:04là j'ai vendu ma maison
28:05pour m'autofinancer
28:06dans ce tour de France.
28:07Donc je ne veux pas d'argent
28:09pour garder ma liberté d'expression.
28:11Mais plus on aura d'abonnés,
28:12ça ne vous coûte rien,
28:13vous vous abonnez,
28:13vous marquez suivre
28:14et plus on aura de poids
28:16justement pour montrer
28:17que c'est un sujet
28:18qui touche vraiment tout le monde
28:19et qu'on veut tous
28:20changer le regard des gens
28:21sur le monde de la vieillesse.
28:23Et voilà,
28:24c'est ce que je voulais dire.
28:25Merci beaucoup Fiona
28:26et merci d'être venue
28:27sur Sud Radio.
28:28Fiona L'Auriole,
28:30auteure de la magnifique aventure
28:31mais du livre également
28:32qui porte ce nom
28:33101 ans
28:34m'aimé par en vadrouille.
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