00:01Alors que les affaires de viol en milieu familial se multiplient dans les sessions criminelles au Gabon,
00:05un pan entier de la loi reste souvent ignoré.
00:08Celui qui punit non seulement les auteurs, mais aussi les proches qui couvrent leurs actes.
00:12Car garder le silence face Ă une agression sexuelle sur un mineur, c'est aussi enfreindre la loi.
00:17Au cœur de nombreuses familles, des crimes se taisent.
00:20Le père, l'oncle, le cousin ou le frère abusent sexuellement d'une fille mineure,
00:24et la famille décide de tout étouffer.
00:26Une pratique trop répandue au Gabon au nom du respect de l'honneur familial,
00:30mais qui constitue une complicité passible de poursuite pénale.
00:33Le Code pénal gabonais est pourtant explicite selon son article 255.
00:37Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit,
00:40commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise, constitue un viol.
00:46Lorsque la victime est un mineur de moins de 15 ans, l'acte devient un crime aggravé,
00:50passible de 15 à 20 ans de réclusion criminelle, selon l'article 256.
00:54Mais ce que beaucoup ignorent, c'est que le silence ou la dissimulation sont aussi punissables.
00:58L'article 38 du Code pénal sanctionne la complicité, aider l'auteur à échapper à la justice,
01:04détruire des preuves ou faire pression sur la victime ou sa famille peut mener à la même peine que celle de l'agresseur.
01:09Et l'article 40 sur la non-dénonciation de crime est tout aussi clair,
01:13ne pas signaler une agression sexuelle commise contre un mineur,
01:16alors qu'on en a connaissance, peut valoir jusqu'Ă 5 ans de prison.
01:19La loi gabonaise reconnaît en outre que les viols et les agressions sexuelles en milieu familial
01:23sont souvent commis par des personnes ayant une autorité de droit ou de fait sur la victime.
01:28Il peut s'agir de pénétration vaginale, anale ou orale, même avec des objets,
01:32mais aussi d'attouchements, d'exhibitions ou de baisers forcés.
01:36Tous ces actes relèvent du pénal et toute personne qui les tolère ou les masques devient complice.
01:41Il est temps que la société gabonaise réalise que protéger un agresseur
01:44c'est condamner une victime à la double peine, celle du traumatisme et celle du déni.
01:49A l'heure oĂą les viols intrafamiliaux s'imposent comme l'un des crimes les plus courants Ă Libreville et Port Gentil,
01:53l'Etat et les familles doivent appliquer la loi dans toute sa rigueur.
01:57Mettre fin Ă la banalisation des crimes sexuels en famille passe par l'application ferme de la loi.
02:01Les familles doivent comprendre que leur silence est un délit.
02:04Celles et ceux qui choisissent de se taire ou d'éteindre la parole des victimes
02:07doivent désormais répondre de leurs actes devant la justice.
02:09Car dans ces affaires, le véritable honneur ne consiste pas à protéger l'agresseur
02:14mais à défendre la dignité de l'enfant.
02:16La justice ne doit plus faire de cadeaux Ă ceux qui couvrent l'ignob.
Commentaires