00:00Le droit d'inventaire c'est la culture démocratique. Ce que j'ai fait moi-même au gouvernement est forcément
00:06soumis à un examen critique, à un inventaire.
00:09Et c'est aussi grâce à l'inventaire qu'on sait, 30 ans après, ce qu'il reste de précieux
00:14et de fécond dans une aventure humaine et politique.
00:17Lionel Jospin, c'était l'homme de la méthode, chef du gouvernement de 1997 à 2002, sous la présidence de
00:25Jacques Chirac.
00:25Il a dirigé la gauche plurielle. On lui doit des réformes sociales majeures en France, les 35 heures, le PAX
00:32ou encore la SEMU.
00:34Mais Jospin, c'était aussi une éthique quasi-protestante, une droiture qui l'a poussée à quitter la vie politique
00:41un soir d'avril 2002,
00:43après son élimination surprise dès le premier tour de l'élection présidentielle.
00:49Au Gabon, on se souvient de lui comme de l'homme qui a voulu siffler la fin de la France
00:53-Afrique,
00:54Avec son célèbre slogan « Ni ingérence ni indifférence », il a tenté de normaliser les rapports avec Libreville.
01:01Sous son mandat, le ministère de la Coopération, symbole des réseaux occultes, est supprimé et rattaché au Quai d'Orsay.
01:09C'est aussi sous son gouvernement que l'affaire Elf éclate.
01:13Mousculant les habitudes pétrolières entre Paris et le Palais de la Rénovation,
01:18Lionel Jospin voulait une relation d'État-État, plus comptable et moins intime,
01:23quitte à créer des tensions froides avec le président Omar Bongo Ndimba.
01:27Malgré cette volonté de rupture, la France est restée sous son air le premier partenaire économique du Gabon.
01:34Lionel Jospin laisse derrière lui l'image d'un dirigeant qui aura tenté, avec une certaine raideur,
01:40mais une grande sincérité de moderniser le regard de Paris sur le continent africain.
01:46Une page de l'histoire commune se referme aujourd'hui.