00:00Nous sommes un État qui est un État-providence.
00:04Depuis 1943, Conseil national de la résistance, on a, pour reconstruire la France,
00:11et c'était indispensable, c'était du reste une magnifique idée,
00:14on a bâti les bases d'un État-providence qui a tellement bien fonctionné
00:19qu'aujourd'hui il fonctionne quasiment les deux tiers de notre budget commun,
00:24c'est-à-dire c'est 1000 milliards en gros, le budget de l'État c'est 400 milliards,
00:27donc c'est gigantesque, c'est important, on y est tous très attachés.
00:31Est-ce que finalement, parce que précisément c'est si important,
00:33parce qu'on sait que ça fait partie de notre ADN collectif,
00:36certains n'en abusent pas ? Bien entendu.
00:38Est-ce qu'il faut aller précisément les chasser ? Bien entendu.
00:42Est-ce que ça suffira ? Bien entendu que non.
00:44Donc dire que c'est la seule façon ? Non.
00:47Mais vous savez, c'est 1000 petits ruisseaux à quels il faut s'attaquer,
00:52parce que voilà, ce qu'on souhaite c'est évidemment maintenir les objectifs
00:59de cet État-providence pour nous, mais on sait qu'on ne peut plus le payer en État,
01:04sans doute, peut-être parce qu'évidemment on le sait, il y en a beaucoup,
01:07il y en a qui fraudent, c'est tous les thèmes qu'elle donne,
01:10je connais bien Catherine Votra, j'étais au gouvernement avec elle,
01:13elle est très sérieuse, elle est très très compétente,
01:15donc oui ce sont des sujets qui sont des sujets qui sont évidents.
01:19Mais elles sont bonnes les mesures qu'elle propose ?
01:21Écoutez, vous avez tous, on a tous, on connaît tous des gens, des voisins,
01:25et on voit tous partout qu'il y a de la fraude, on le voit tous les jours,
01:29enfin voilà, nos téléspectateurs, c'est un certain, tous, 1000 histoires,
01:34peut-être pas 1000 mais 100 histoires, où on voit, mais ça c'est pas normal, etc.
01:37Bon, très bien.
01:38Donc on sait très bien, mais la fraude, quand on a cette carte vitale
01:42qui est tellement importante, où on a un vrai progrès,
01:45parce qu'on a été les premiers, on a toutes nos informations de santé,
01:46certains s'en servent comme une carte de crédit,
01:50on peut tirer tout ce qu'on veut à la pharmacie,
01:53et c'est quasiment, comme disent les jeunes aujourd'hui, open bar.
01:57Ben non, non, c'est pas open bar, parce que derrière, on paye.
02:00Et qui paye ? Nous, et maintenant, hélas, nos enfants,
02:03parce que c'est la dette qui paye.
02:04Donc oui, elle a raison de s'attaquer à ces questions,
02:05mais il faut s'attaquer à d'autres questions, beaucoup plus larges et multiples.
02:08– Par exemple, la fraude fiscale, en tout cas, c'est souvent le parallèle qu'on fait,
02:12est-ce qu'il n'y a pas plus d'argent à aller chercher de ce côté-là ?
02:16– Oui, bien sûr, mais moi j'étais ministre des Finances,
02:18on parlait déjà de fraude fiscale, on me disait,
02:21monsieur le ministre, regardez ce montant, regardez ce montant,
02:23puis on regarde ce montant, il est beaucoup plus faible que ce qu'on dit.
02:26Alors, ça c'est des machines à ne pas faire.
02:28Il y a beaucoup de choses, alors il faut le faire.
02:30Mais on se dit, ah ben non, ça ne s'est pas,
02:32vraiment, la France c'est la fraude fiscale.
02:33Vous savez, en France, on est le pays,
02:36alors on a quand même quelques qualités,
02:37on est le pays qui a la meilleure administration fiscale du monde.
02:40Ça, elle est vraiment extraordinairement compétente,
02:42j'étais le patron, je peux reporter des témoignages,
02:44ils sont formidables, donc ça, pour aller relever l'impôt,
02:48on est champion du monde,
02:50pour avoir des idées aussi d'impôts nouveaux,
02:51on est champion du monde, du reste c'est tellement vrai
02:53qu'on est aussi le champion des prélèvements obligatoires.
02:56Donc, bien sûr qu'il faut aussi s'attaquer à ces questions,
02:59il faut s'attaquer au fond du sujet,
03:01c'est-à-dire la faisabilité de l'ensemble des prestations
03:05telles qu'elles sont conçues aujourd'hui,
03:07y compris par parenthèse de la retraite,
03:08la retraite en font partie,
03:09et la retraite par répartition,
03:11est-ce que ça pourra survivre tout seul,
03:12sans concourement savoir de la capitalisation ?
03:13Personnellement, je ne le crois pas.
03:15Voilà, c'est toutes ces questions qu'il faut adresser
03:17de façon, je dirais, respectueuse des uns et des autres,
03:22plus de désigner tout de suite ceux qui seraient les tricheurs
03:24et ceux qui seraient la cause de tout ça.
03:25Non, je crois qu'il faut qu'on soit conscient
03:27que nous sommes tous collectivement responsables
03:30de cet état de fait.
03:31Et si on ne prend pas le sujet collectivement,
03:33alors la France n'en sortira pas.
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