- il y a 6 mois
La date butoir fixée par Donald Trump pour les droits de douane sur les importations aux États-Unis se rapproche. Le président, ce jeudi 31 juillet, à la veille de cette date symbolique, a clairement défendu sa politique de taxe tout azimut. Il se sent en position de force, car plusieurs pays se sont précipités pour conclure des accords avec lui. On en parle avec : Antoine Heulard, correspondant BFMTV à Washington D.C. (États-Unis), Ulrich Bounat, analyste géopolitique, spécialiste d'Europe centrale et orientale. Thierry Arnaud, éditorialiste politique internationale de BFMTV. Et Général Patrick Dutartre, général de l'Armée de l'air, ancien leader de la Patrouille de France.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:0119h28, on en parlait effectivement à l'instant, c'est demain le 1er août, la date butoir fixée par Donald Trump pour l'application des droits de douane sur les importations aux Etats-Unis.
00:09On vous retrouve, Antoine Lard, vous êtes à Washington. Le président, à la veille de cette date symbolique du 1er août, qui a clairement défendu sa politique de taxes tous azimuts.
00:19— Oui, exactement. Et notamment avec ce message sur son réseau social en disant que les droits de douane vont rendre l'Amérique plus riche que jamais.
00:30Il faut bien comprendre que dans l'esprit de Donald Trump, ces droits de douane doivent notamment servir à faire rentrer beaucoup d'argent dans les caisses,
00:36ce qui lui permettra ensuite de financer les baisses d'impôts qu'il a promises aux Américains pendant la campagne.
00:42De ce point de vue-là, on peut dire que le pari est déjà en train d'être gagné. On a appris ces derniers jours que les droits de douane,
00:48depuis que Trump est de retour au pouvoir, ont déjà rapporté aux Etats-Unis quasiment 90 milliards de dollars.
00:54C'est quatre fois plus qu'à la même période l'an dernier. Ces chiffres, à l'évidence, encouragent Trump à continuer et à ne surtout pas reculer.
01:02Le président américain se sent aussi en position de force. On a bien vu qu'à l'approche de cette date butoir du 1er août,
01:07plusieurs pays se sont précipités pour conclure des accords avec lui, l'Union européenne, mais aussi le Japon ou encore la Corée du Sud, par exemple.
01:14Pour les autres, pour ceux qui n'ont pas signé de deal, ce sera des droits de douane extrêmement élevés.
01:1950% pour le Brésil, 25% pour l'Inde. L'administration américaine dit que cette fois, Trump passera à l'acte et il ne reculera pas.
01:26Surtout que, vous l'aurez noté, les bourses cette fois n'ont pas dévissé.
01:29A l'inverse de ce qui s'était passé au printemps dernier, ce qui avait poussé, à l'époque, Donald Trump à temporiser.
01:35Alors, tout à l'heure, le président américain a quand même fait une exception à cet ultimatum du 1er août.
01:40Il a décidé d'accorder un délai supplémentaire au Mexique, un délai pour trouver un accord, délai de 90 jours, dit Donald Trump.
01:47Mais c'est a priori la seule exception.
01:50Pour le reste, les droits de douane vont augmenter dès demain.
01:52Et ensuite, il n'y aura plus de discussion possible.
01:55C'est en tout cas ce que dit le ministre du Commerce aujourd'hui.
01:57Les dernières précisions d'Antoine Lara à Washington.
01:59Merci Antoine.
02:01Et il y a une heure environ, le Premier ministre François Bayrou s'est exprimé publiquement, face caméra, pour la première fois sur l'accord conclu avec les États-Unis.
02:08On l'écoute.
02:10Est-ce que c'est la fin de l'histoire ? Je ne le crois pas.
02:13Je pense que, et le président de la République l'a dit, il a raison, parce qu'il faut un processus encore pas totalement élucidé de ratification de ces accords.
02:26Il y a à vérifier quelle est la portée exacte de ces accords.
02:33Et les États auront, d'une manière ou d'une autre, leur mot à dire sur ces accords.
02:39Même si, pour l'essentiel, c'est la décision américaine sur les droits de douane qui s'appliquent aux États-Unis qui est le déclencheur.
02:48Thierry Arnaud, un Premier ministre visiblement embarrassé avec cet accord.
02:52Oui, et qui tient des propos qui soulèvent évidemment des questions importantes auxquelles il ne répond pas de manière très précise.
02:57Quand il dit que ce n'est pas la fin de l'histoire, qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
03:01C'est-à-dire, la suite de l'histoire, quelle est-elle ?
03:05Quelles sont les parties de cet accord qui sont acceptables ?
03:07Est-ce qu'il y en a ? Ou est-ce qu'il faut tout remettre sur la table ?
03:11Qu'est-ce qu'il entend précisément par là ?
03:14Ça, c'est évidemment une question très importante.
03:17Ensuite, deuxième question, est-ce que la France a les moyens de faire barrage à ce qu'elle n'aime pas dans cet accord ?
03:24C'est un accord européen.
03:25Si on veut le faire évoluer de manière substantielle, il faut des partenaires et il en faut beaucoup
03:32parce que cet accord, il peut être adopté à la majorité qualifiée,
03:36c'est-à-dire la moitié des pays représentant 65% de sa population.
03:40Ça veut dire qu'il faut au moins un tiers de la population européenne et à peu près la moitié de ses membres derrière nous
03:46pour faire évoluer cet accord dans notre sens, qui n'est pas gagné d'avance.
03:51On évoquait il y a quelques minutes avec le président de la Commission des Affaires étrangères
03:54l'exemple de l'accord du Mercosur.
03:56C'est un accord contre lequel la France s'est prononcée,
03:59contre lequel les deux chambres du Parlement français ont voté
04:03et pourtant il a été adopté par la majorité des membres du Conseil européen
04:07et il va s'appliquer, donc il n'est pas dit qu'on en ait les moyens.
04:11Et enfin, dernier point qu'on soulevait également auprès du parlementaire
04:14qui était avec nous il y a quelques minutes,
04:17qu'est-ce que ça veut dire du point de vue américain
04:20de remettre en cause un certain nombre de dispositions de cet accord ?
04:24Est-ce qu'on ne s'ouvre pas au risque à partir de ce moment-là
04:26que le président américain dise « il n'y a plus de deal » alors
04:29si vous voulez tout remettre en cause ?
04:31Si vous m'expliquez que vous voulez bien des droits de douane à 15%
04:34mais vous me donnez une liste de secteurs à exenter,
04:39si vous m'expliquez que les 250 milliards par an de pétrolet de gaz
04:42acheté aux États-Unis, ce n'est pas possible, vous n'allez pas y arriver,
04:46si vous m'expliquez qu'investir 600 milliards en trois ans sur les États-Unis,
04:52ce n'est pas possible non plus parce que c'est trop ?
04:54En fait, qu'est-ce qu'il reste ?
04:57Bonsoir Ulrich Bounin, journaliste géopolitique, spécialiste de l'Europe centrale orientale
05:02et sur ce plateau également le général Patrick Dutartre,
05:04général de l'armée de l'air et ancien leader de la patrouille de France.
05:09Vous voyez une ligne comme on dit sur votre écran,
05:11Trump nouveau maître du monde, alors c'est un peu provocateur,
05:14mais c'est vrai que quand on voit la façon dont il s'est exprimé encore ces dernières heures,
05:19notamment sur la question des droits de douane,
05:21le Brésil punit pour avoir poursuivi l'ancien président Bolsonaro,
05:25le Canada qui en reproche d'envisager une reconnaissance d'un État palestinien,
05:30Ulrich Bounin, on a un peu un syndrome de toute puissance du président américain
05:35qui menace, qui punit en fonction de son bon vouloir.
05:39– C'est complètement ça, pour le coup, il n'y a pas vraiment de règles standards,
05:43il signe un accord avec le Pakistan qui pourtant achète ses armes à la Chine
05:47tout en disant aux Indiens que c'est inadmissible qu'ils achètent des armes à la Chine,
05:50il punit le Brésil pour des raisons purement politiques,
05:53s'il n'y a même plus de raisons commerciales derrière,
05:55donc oui complètement, mais Donald Trump en fait bénéficie de la force des États-Unis
05:58qui est la première puissance mondiale économiquement et militairement,
06:01donc à court terme effectivement, il a la capacité de tordre le bras d'énormément de pays
06:05qu'ils soient soit trop petits pour résister, soit des alliés historiques
06:09qui ne peuvent pas se permettre de se brouiller avec Washington,
06:12on remarquera quand même qu'il n'a certainement pas réussi à faire plier Pékin
06:15et qu'a priori il n'en a pas de capacité,
06:18puisqu'il y a eu une extension justement de cette trêve un petit peu des tarifs douaniers
06:23avec Pékin qui a été prolongée encore de 90 jours,
06:26donc Donald Trump oui à court terme effectivement peut faire étalage de la puissance des États-Unis,
06:32à long terme en revanche c'est probablement extrêmement dommageable,
06:36il est très clair pour les Brésiliens, pour les Indiens et pour un certain nombre d'autres pays,
06:39notamment je pense les Européens aussi,
06:41que se faire tordre le bras tous les quatre matins par Donald Trump,
06:45c'est juste pas acceptable et que donc à moyen terme il faudra trouver d'autres solutions,
06:49le Brésil va sans doute développer par exemple ses exportations vers la Chine,
06:52c'est déjà le cas et ça va continuer et donc finalement on peut se poser la question
06:55de à court terme est-ce que cette posture un peu de la canonnière de Donald Trump
06:59va pas finalement affaiblir la place des États-Unis dans le monde entier ?
07:02– Patrick Dutartre, est-ce que vous vous y croyez à cette politique des sanctions secondaires,
07:06on parle de l'Inde, de la Chine, où au fond le cœur c'est la bataille sur le terrain
07:10et c'est l'appui militaire à l'Ukraine ?
07:12– Alors un mot sur l'économie, moi je vais partir à ce que vient de dire,
07:15ce que vient de dire par Ulrich, c'est que manifestement c'est une victoire politique,
07:20essentiellement en interne, une victoire économique à court terme peut-être, en apparence,
07:25à moyen terme on en est moins sûr, pourquoi ?
07:27Parce que tous les pays qui sont concernés par ces charges, ces TVA un peu extraordinaires,
07:33vont devoir s'organiser, alors évidemment ça va coûter à certaines entreprises malheureusement,
07:38je signale que l'aéronautique est épargnée pour l'instant et c'est tant mieux pour tout le monde,
07:43mais je ne sais pas s'il sera si gagnant que ça à moyen terme,
07:46et c'est quand même le consommateur qui paye et puis quelques-unes entreprises qui certainement,
07:50parce qu'elles vont devoir baisser leurs marges.
07:52Alors cela dit, ce pouvoir, alors donc, qu'est-ce qui se passe avec Trump ?
07:56Il a une sorte d'euphorie parce que tout le monde dit l'avec lui.
08:00Maintenant que l'Europe a dit, ok, Banco, on accepte un peu à contre-cœur ces 15%,
08:05il faut avoir les modalités, parce que ce que Thierry Arnaud disait,
08:09et Ulrich également, c'est qu'il y a tout un processus derrière,
08:13entre ce qui est annoncé et ce qui sera effectivement fait,
08:16il peut se passer beaucoup de choses.
08:18Cela dit, c'est intéressant, notamment dans l'ultimatum pour le terrain en Ukraine,
08:24pourquoi ? Parce que c'est quand même un moyen, l'Inde, ça l'embête,
08:29qu'on lui dise 25% de taxes, ça va être conséquent.
08:34Pour la Chine, les Chinois sont avant tout des commerçants,
08:38donc ils n'aiment pas les mauvais accords, ils veulent des accords pour que ça fonctionne,
08:43même s'ils sont en capacité de résister.
08:46Mais effectivement, c'est une pression indirecte sur la Chine notamment et sur l'Inde,
08:51qui eux, sont des consommateurs directs du pétrole russe.
08:54Donc ça, c'est effectivement quand même un moyen d'action.
08:57Il y a un autre moyen d'action qui n'est pas signalé pour l'instant,
08:59c'est les taxes financières sur les banques,
09:03c'est-à-dire que tous les pays qui commercent en dollars pourraient se faire taxer,
09:08comme on l'a malheureusement subi à une époque en France.
09:12Donc ça, c'est un moyen de pression qui n'est pas utilisé.
09:15Et puis enfin, la situation sur le terrain en Ukraine aujourd'hui,
09:19qui était un vrai sujet de préoccupation évidemment,
09:21avec notamment la chuve de Chassiviar, dont vous parliez sur ce plateau il y a quelques minutes.
09:26Je pense d'abord qu'il faut la relativiser.
09:29Chassiviar, je ne sais pas si vous le savez, c'est à 15 kilomètres de Bakhmout.
09:33Bakhmout était une bataille emblématique à l'époque.
09:35Donc, 15 kilomètres, 15 kilomètres, l'annonce par les Russes de la prise de Bakhmout,
09:41c'était en mai 2023.
09:44Nous sommes donc fin juillet, dernier jour de juillet 2025,
09:48ça fait plus de deux ans pour 15 kilomètres.
09:51Alors, qui est une avancée, c'est un grignotage.
09:53En effet, on le constate, on ne va pas le nier,
09:56mais le coût est extrêmement fort et jusqu'où on va pouvoir continuer comme ça ?
10:0015 kilomètres en deux ans, ce n'est pas beaucoup quand même.
10:02Donc, il y a un dernier moyen d'action dont dispose Trump,
10:06et là, en tant que mètre du monde, qu'il n'utilise pas aujourd'hui,
10:09c'est de réarmer, d'armer, d'armer l'Ukraine
10:11pour montrer qu'on ne cèdera pas à l'ultimatum de Poutine.
10:16Ulrich, on est à un moment charnière.
10:17On le dit souvent, mais entre ce qui se passe sur le terrain,
10:19ça vient d'être évoqué, cet ultimatum qui est en train de courir,
10:23ce changement de ton à Washington,
10:25est-ce que c'est en train un peu de rebattre les cartes de ce conflit
10:27au bout de plus de trois ans ?
10:29Disons qu'effectivement, si Donald Trump fait ce qu'il dit
10:32et prend véritablement des mesures assez fortes dans huit jours,
10:36alors ça ne va pas changer complètement la physionomie de la guerre,
10:38il y a quand même des contraintes,
10:40notamment côté capacité humaine, côté ukrainien,
10:44donc ça ne va pas changer le cours de la guerre.
10:45En revanche, ça pourrait changer le calcul que fait Vladimir Poutine.
10:49C'est-à-dire que Vladimir Poutine, finalement, lui,
10:51il a deux choses principales.
10:52Le premier, c'est de tenir un jour de plus que l'Ukraine,
10:54et vu sa réserve stratégique, a priori,
10:56ça peut paraître cohérent.
10:59Et d'autre part, c'est d'éviter quand même d'être complètement mis de côté,
11:03être un paria à niveau international,
11:04surtout avec des sanctions majeures.
11:06Donc si effectivement Donald Trump décide le 8 août
11:08d'envoyer énormément d'armements,
11:11des avions de chasse,
11:11des chars d'assaut à l'Ukraine,
11:14et sur le long terme surtout,
11:17s'il décide de prendre des mesures extrêmement fortes,
11:19par exemple sur les exportations de pétrole russe,
11:21en rejoignant le prix maximal de 45 dollars,
11:23grosso modo imposées par les Européens,
11:25ça peut changer en fait le calcul stratégique
11:28que fait Vladimir Poutine sur
11:29il vaut mieux continuer la guerre,
11:31parce que pour l'instant, ça avance,
11:32et que je ne suis pas trop sanctionné.
11:33Alors dans ce contexte,
11:34on va retourner à Washington,
11:36parce qu'il y a une passe d'armes ces dernières heures
11:38entre le président Trump
11:40et l'ancien président russe,
11:42Dmitri Medvedev,
11:44Antoine Ellard,
11:45passe d'armes assez violentes,
11:48verbalement sur les réseaux.
11:49Oui, exactement,
11:54c'est Medvedev qui avait commencé à commenter
11:56les menaces de sanctions américaines
11:58en rappelant que la Russie est une puissance nucléaire,
12:02ce à quoi Trump répond,
12:04Medvedev doit faire attention à ce qu'il dit,
12:06il s'est aventuré sur un terrain très dangereux.
12:09Donc on voit que la tension est montée d'un cran,
12:11et du côté de Donald Trump,
12:12ça traduit la frustration extrême absolue
12:14qu'il a contre la Russie.
12:16Trump, vous le savez,
12:17ça fait des mois et des mois
12:18qu'il cherche une solution au conflit ukrainien.
12:20Il pourrait rapidement trouver une solution,
12:23sauf qu'il a compris au fil des conversations
12:24qu'il a eues avec le chef du Kremlin
12:26que Poutine le mène en bateau
12:28et ça, Trump ne le supporte pas.
12:30C'est son égo, son autorité,
12:32sa crédibilité qui sont en jeu dans cette affaire,
12:34ce qui explique aussi pourquoi il réagit de façon aussi vive.
12:37Dans ce même message qu'il a posté ce matin
12:39sur son réseau social,
12:40Trump s'en prend aussi à l'Inde,
12:42l'Inde qui est l'un des plus gros acheteurs de pétrole russe.
12:44Et justement, l'idée de Donald Trump,
12:46c'est d'aller sanctionner les pays
12:48qui achètent du pétrole à la Russie
12:49et qui, se faisant, indirectement,
12:51financent la machine de guerre de Vladimir Poutine.
12:53Le problème, c'est que pour le moment,
12:54l'Inde ne se laisse pas du tout impressionner
12:56par les menaces de Donald Trump.
12:58Et ça, Trump non plus ne le supporte pas.
13:00Il ne supporte pas qu'on lui tienne tête.
13:02Cette passe d'armes montre aussi
13:04que cet ultimatum a peut-être des limites
13:06et que pour le moment,
13:08cet ultimatum lancé par Trump
13:09n'a pas permis de faire bouger les lignes.
13:11Et rien n'indique que les sanctions
13:12qu'il pourrait prendre dans huit jours
13:14contre les pays qui achètent du pétrole russe.
13:16Rien n'indique que ces sanctions
13:17permettront vraiment de faire bouger les choses.
13:20Thierry Arnaud, on a le sentiment
13:21que le président américain est un peu vexé, non ?
13:23Au fond, il joue aussi sa crédibilité
13:25sur le plan international
13:26à travers ce bras de fer avec la Russie.
13:28C'est certain et on voit qu'il a quand même basculé
13:31assez nettement dans une position
13:33de plus en plus ouvertement hostile à la Russie
13:35et favorable à l'Ukraine.
13:37Ce qui n'était pas du tout gagné d'avance.
13:39Rappelons quelle était sa posture
13:41au début de son mandat.
13:43On le sentait véritablement prêt à lâcher Kiev
13:45et le président Zelensky.
13:46Vous vous souvenez de cet entretien catastrophique
13:48dans le bureau ovale le 28 février dernier
13:50à la suite duquel on avait vraiment le sentiment
13:52que c'était terminé
13:53et que le président américain allait basculer
13:56du côté de la Russie après avoir dit à Zelensky
13:58les yeux dans les yeux si j'ose dire
13:59qu'il n'avait aucune carte dans son jeu.
14:02Finalement, depuis, les choses ont quand même
14:04beaucoup changé.
14:06Mais il reste à en apporter la démonstration concrète
14:10parce que si la rhétorique est devenue différente,
14:12on ne peut pas dire que les exportations américaines
14:14d'armes vers l'Ukraine ont repris massivement.
14:17Jusqu'à présent, les sanctions commerciales, économiques
14:21sur l'importation de pétrole sont des menaces
14:23mais n'ont pas été mises à exécution.
14:25Donc la vraie question, c'est de savoir
14:27si Donald Trump désormais est prêt à joindre
14:30le geste à la parole et au-delà d'une rhétorique
14:33qui s'est considérablement durcie,
14:35est prêt à agir, est prêt à passer aux actes.
14:38Et ça, ça n'est pas une réponse évidente
14:39parce que d'abord ça consiste à se mettre à dos,
14:42on vient d'en parler, des pays comme l'Inde ou la Chine
14:45et surtout la Chine c'est quand même un problème
14:47pour lui évidemment.
14:49Et d'autre part, c'est pas nécessairement très simple
14:52à expliquer à une opinion publique américaine
14:54qui n'est pas massivement favorable
14:57à continuer à dépenser des milliards de dollars
14:59pour soutenir ce pays lointain
15:02de l'autre côté de l'océan scientifique.
15:04D'autant que Donald Trump lui-même
15:06et plus encore son désormais vice-président J. Lee Vance
15:10ont quand même passé des mois pendant la campagne électorale
15:14à rabâcher aux Américains
15:16que ces milliards de dollars,
15:18on considère qu'en gros les Etats-Unis
15:19ont fourni à peu près soit 110 milliards de dollars
15:21de matériel militaire à l'Ukraine,
15:23que tout ça essaie de l'argent gaspillé
15:25qui aurait été bien mieux utilisé
15:27à aider les Américains qui en avaient besoin.
15:31Donc tout ça est quand même une équation
15:32qui n'est pas si simple pour le président américain
15:34et donc la réponse à la question de savoir
15:36est-ce qu'il va désormais joindre le geste à la parole
15:39n'est pas évidente.
15:40Merci, merci à vous trois pour cet éclairage
15:42ce soir dans BFM Story.
Commentaires