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  • il y a 8 mois
Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi vouloir instaurer des droits de douane de 50% sur les biens en provenance de l'Union européenne à compter du 1er juin.
Dans un message sur son réseau Truth Social, le chef de la Maison Blanche déplore que les négociations commerciales soient "très difficiles" avec les Européens. Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé au Commerce extérieur a réagi sur BFMTV.

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Transcription
00:00Bonsoir Laurent Saint-Martin.
00:01Bonsoir.
00:01Merci d'être avec nous ce soir dans Newsbox.
00:03Vous êtes le ministre délégué en charge du commerce extérieur et des Français de l'étranger.
00:07Donald Trump menace donc l'Union Européenne de 50% de droits de douane à partir du 1er juin.
00:12C'est dans 9 petits jours, contre 12,5% actuellement.
00:15Que répond ce soir le gouvernement français au président des Etats-Unis ?
00:18D'abord ce n'est pas la France et les Etats-Unis dont nous parlons, c'est l'Union Européenne et les Etats-Unis.
00:22C'est la Commission Européenne qui est en charge de cette négociation.
00:25Et la France, comme les Etats-membres, évidemment, dialogue et soutient la Commission Européenne dans cette compétence qui est clé.
00:31Puisque c'est celle effectivement qui va permettre, nous le souhaitons tous, une sortie par le haut de cette situation commerciale.
00:40Nous avons appris ces derniers mois, ces dernières semaines, à garder notre sang-froid dans les différentes annonces que Donald Trump a pu faire.
00:46Donc je pense que c'est d'abord ce qu'il faut faire.
00:49Vous ne le prenez pas au sérieux ce soir ?
00:50Bien sûr que si.
00:51Mais garder son sang-froid, ça ne veut pas dire ne pas le prendre au sérieux.
00:53Parce que garder son sang-froid, ça veut dire qu'il faut qu'on reste concentré sur notre objectif, qui est celui de la désescalade.
00:59Qui est celui, pour utiliser un terme un peu technique, de baisse de droits de douane.
01:03On appelle ça du zéro pour zéro.
01:05Notamment dans l'industrie, ce que l'on veut aller chercher, c'est cela.
01:07Mais ça peut aussi être dans l'intérêt des Etats-Unis.
01:10Et les négociations, elles sont en cours.
01:12C'est le commissaire européen Maroche-Jevkovitch qui représente la Commission là-dessus.
01:16C'est vous qui le dites ?
01:16Ces négociations sont en cours.
01:18On a l'impression qu'il les a rompues, le président des Etats-Unis.
01:20Les discussions, elles ont lieu. Il n'y a pas de blocage dans les discussions.
01:25Qu'on ne soit pas encore du tout arrivé à un accord, ça je le concède volontiers.
01:30Mais par contre, il y a des discussions. Donc il faut les poursuivre.
01:32Il faut les poursuivre, peut-être les accélérer.
01:35Ce que dit, je crois, le président américain, c'est qu'effectivement, il faut accélérer là-dessus.
01:39Mais je ne désespère pas que nous puissions trouver un intérêt réciproque
01:43entre l'Union européenne et les Etats-Unis, pour qu'il y ait plutôt des baisses de droits de douane,
01:47c'est-à-dire une désescalade, plutôt qu'une guerre commerciale telle que la menace le laisse entendre.
01:52Moi, mon travail avec le gouvernement, c'est d'abord de défendre nos filières,
01:55nos emplois, nos entreprises.
01:57Et vous savez, moi je me déplace tous les jours.
01:58Que dites-vous ce soir précisément à toutes les entreprises françaises qui exportent aux Etats-Unis ?
02:01Ce que j'ai dit quand j'étais au Mans aujourd'hui, j'étais à Lyon hier,
02:04je rencontre des dizaines et des dizaines de chefs d'entreprise,
02:07c'est que nous, nous les défendons d'abord, nous ne les laissons pas tomber.
02:10Et donc nous sommes extrêmement vigilants à ce que la réponse européenne soit d'abord une réponse positive,
02:15c'est-à-dire une réponse de désescalade commerciale.
02:18En revanche, nous l'avons aussi dit dès le premier jour,
02:20c'est le rôle et la responsabilité de la puissance européenne
02:23de savoir répondre et de montrer qu'elle peut riposter si la négociation échoue.
02:27Et c'est là où il faut être très vigilant sur la façon dont la Commission européenne
02:31va apporter une réponse pour protéger nos filières.
02:32On va revenir sur la méthode.
02:34Mais d'abord, pensons et parlons encore des entreprises françaises.
02:38Ces entrepreneurs, et il y a des emplois derrière, des milliers d'emplois qui nous regardent,
02:42qui vous regardent, qui ont extrêmement peur.
02:44Tout à l'heure, on avait un représentant du Cognac.
02:47Il nous disait, si cette menace dans neuf jours est mise à exécution,
02:5050% de droits de douane pour les Européens, le Cognac aux Etats-Unis s'est terminé.
02:53Bien sûr, mais je peux vous citer d'autres produits là-dessus.
02:5750% c'est insoutenable.
02:59Et cela voudrait dire qu'il y aurait en plus une réponse européenne sur les produits américains également.
03:04Je crois que ce n'est pas soutenable non plus pour les Américains.
03:06Vous avez bien vu, prenant un autre exemple, les Etats-Unis et la Chine.
03:09Vous avez vu l'escalade dans la surenchère des droits de douane qui a eu lieu ces dernières semaines.
03:15Elle a d'ailleurs terminé par une négociation assez rapide sur lesquelles ils se sont mis d'accord
03:19pour redescendre justement ces droits de douane parce que ce n'était pas soutenable.
03:2450% ça ne l'est pas sur les produits européens aux Etats-Unis.
03:27Mais vous dites aux entreprises qui nous regardent, exportatrices, ne vous en faites pas, ça ne va pas se faire.
03:35La menace ne sera pas mise à exécution.
03:36Je dis aux entreprises que nous faisons tout avec la Commission européenne effectivement
03:40pour que ce soit l'agenda inverse qui triomphe de ces discussions et de ces négociations.
03:45Et c'est ça qu'elles doivent entendre.
03:46C'est qu'il n'y a pas d'abord une volonté d'escalade.
03:50Très clairement.
03:51Et si l'Union européenne doit aussi démontrer à quel point c'est une puissance
03:55et donc qu'elle peut aussi taxer fort les importations américaines,
04:00ce n'est pas l'issue que nous devons souhaiter.
04:02Et je crois que le gouvernement, depuis longtemps, a démontré qu'il savait protéger ces filières.
04:07La filière cognac dont vous parlez, moi je l'ai au téléphone très régulièrement.
04:11Je vais les voir.
04:12J'étais aussi allé voir ceux de l'Armania, qu'il ne faut pas oublier, qui sont aussi concernés.
04:15En plus, ils ont malheureusement aussi un contentieux avec la Chine sur la question des augmentations tarifaires.
04:23Donc ce sont des filières aujourd'hui fragilisées.
04:25Nous, nous sommes à leur côté d'abord pour les soutenir aujourd'hui,
04:27mais surtout pour faire en sorte que dans les prochaines semaines, il n'y ait pas le pire,
04:30c'est-à-dire une escalade et à la fin, une inflation et une incapacité à exporter pour nos produits.
04:35Les négociations ne vont nulle part, estime donc Trump cet après-midi.
04:40Or, il se trouve qu'il y a 48 heures, Bernard Arnault, patron de LVMH,
04:43déclarait ceci lors d'une audition au Sénat.
04:46Réécoutons-le.
04:47Il faudrait qu'il y ait une conscience qui se prenne de ce problème
04:51et qu'on fasse tout avec l'Europe,
04:54mais en négociant et non pas en brandissant des oucasses
04:58ou en allant à Washington menacer de je ne sais quoi l'administration du président des États-Unis.
05:05Quand même, il faut négocier comme font, comme ont fait les Anglais.
05:12Il ne faut pas dire on approuve ou on désapprouve, il faut discuter.
05:16C'est le premier marché du monde.
05:18Et pour l'instant, cette négociation, je ne suis pas sûr qu'elle soit menée comme il faut au niveau de l'Europe.
05:25Le premier patron français est très sévère.
05:27Quant à la méthode européenne, que lui répondez-vous ?
05:30Que pensez-vous de ce qu'il dit ?
05:30On dit la même chose sur ce qu'il faut faire, c'est-à-dire qu'il faut toujours continuer à discuter, à négocier.
05:36Et il se trouve que c'est la Commission européenne qui a ce mandat-là.
05:39Mais qui le fait mal, d'après Bernard Arnault.
05:40Ça, je ne le partage pas, parce que je considère effectivement que
05:43ce que nous disons avec les États membres à la Commission européenne converge.
05:48Il n'y a pas un État, peut-être un, dans l'Union européenne,
05:51et encore, qui ne soit pas d'accord avec ce que je viens de vous dire sur la méthode.
05:55C'est une chance pour l'Europe aussi d'être enfin unie là-dessus.
05:58Imaginez le cas de figure sans Union européenne où chaque pays,
06:02la France, l'Allemagne, l'Italie, doit aller négocier de façon bilatérale avec les États-Unis.
06:06Mais ça serait une catastrophe en termes de rapport de force,
06:08en termes de capacité justement à tenir cette négociation-là.
06:12Le moment que nous vivons, il est difficile.
06:14Il est difficile d'abord parce que nous n'avons pas souhaité cette guerre commerciale.
06:17Je rappelle qu'aucun pays européen n'est à l'initiative de la situation dans laquelle nous sommes.
06:22Je rappelle que nous avons toujours dit qu'une guerre commerciale était mauvaise pour tout le monde,
06:27y compris pour les États-Unis.
06:29Et d'ailleurs, il ne vous a pas échappé qu'il y a eu beaucoup de revirements depuis plusieurs mois côté américain.
06:34Il y a eu des changements d'opinion.
06:35Il y a eu des décisions de faire redescendre les doigts de douane
06:39parce qu'il y a des cordes de rappel dans l'économie américaine.
06:42Il y a quelques jours seulement, c'était le sommet de tous France.
06:45Beaucoup d'investisseurs américains sont venus investir en France.
06:48Ils ne veulent pas non plus de cette guerre tarifaire.
06:50C'est dans l'intérêt de personne.
06:51Et donc, on voit bien que dans cette négociation...
06:54On a quand même le plus grand des patrons, si vous permettez l'expression,
06:57qui semble tirer un but contre son camp.
06:59Vous n'avez pas l'impression que parfois, Bernard Arnault,
07:02qui multiplie les déclarations assez hostiles en ce moment,
07:04est parfois plus pro-Trump que pro-France.
07:06Comment vous prenez ce genre de propos ?
07:09Bernard Arnault, il appelle à une négociation qui fonctionne.
07:14C'est ça son propos.
07:15Il appelle à une négociation qui fonctionne.
07:17On peut avoir des différences d'opinion sur la méthode de négociation parfois.
07:22Moi, je crois que pour un rapport de force,
07:23il faut quand même être capable de montrer des mesures de rétorsion.
07:26C'est ça qui est important.
07:26On va vers quoi ?
07:27Alors, en termes de mesures de rétorsion éventuelles,
07:29si d'aventure Trump maintient cette menace de 50% de droits de douane,
07:34comment va riposter l'Union européenne dans les prochains jours ?
07:35D'abord, nous avons déjà commencé ce travail-là.
07:38Et nous avons toute une série de produits américains
07:40qui sont aujourd'hui suspendus.
07:41Je vous rappelle, nous sommes dans une phase de suspension de 90 jours.
07:45Et avec la nouvelle menace,
07:45nous devrons mettre à la hauteur des montants concernés pour l'Union européenne
07:49des mesures de riposte et de rétorsion équivalentes.
07:52Forcément.
07:53Donc, ce serait la réciprocité ?
07:55Ah, bien sûr.
07:56C'est le principe de réciprocité.
07:56Bien sûr.
07:5750% de droits de douane pour les États-Unis ?
08:00Et ce n'est pas nécessairement sur les biens,
08:02de la même façon qu'il faut répondre.
08:04Ce peut être sur les services.
08:05Tout doit être sur la table.
08:06Il y a un outil, nous en avions parlé il y a quelques semaines,
08:08qui s'appelle l'anticoercition, par exemple.
08:10Tout doit être mis sur la table.
08:11Et nous l'avons toujours dit.
08:12Si c'est 50% du côté Trump, c'est 50%.
08:14D'abord, si c'était mis à exécution,
08:17cela viendrait rompre la période de suspension et de négociation actuelle.
08:21Qui est censée s'achever au début juillet.
08:23Absolument.
08:24Donc, déjà, de fait, ce serait rompre sur la période
08:27dans laquelle nous nous sommes donnés collectivement une chance de négociation.
08:31Et vous savez, pardon, ne me pensez pas naïf,
08:33mais je crois, moi, que tout le monde a intérêt à ce qu'on poursuive,
08:37voire qu'on accélère les discussions avec les États-Unis.
08:40C'est aussi ça que nous dit le président américain aujourd'hui.
08:43Et ça, je crois effectivement qu'il faut s'en saisir pour accélérer et trouver une issue positive.
08:48Mais si dans neuf jours, le 1er juin, Trump met sa menace à exécution,
08:53fin de la pause, fin des négociations, il n'y a pas de droit de douane du côté européen,
08:56à l'encontre des États-Unis, devant Saint-Martin.
08:59Mais vous me parlez du 9 juin, vous avez tellement vu ces derniers mois
09:01qu'en 24 heures, en 48 heures, les décisions pouvaient changer.
09:06Très fréquemment.
09:07De façon très versatile.
09:08Donc, travaillons, soyons concentrés sur la défense de nos filières,
09:13soyons concentrés sur la protection de nos intérêts.
09:16Soutenons la Commission européenne qui a ce mandat-là.
09:19Et je l'ai dit, et c'est très important, l'Union européenne,
09:22elle est unie, elle est solide dans cette discussion-là,
09:25et trouvant une issue positive,
09:27qui permette aux États-Unis, effectivement,
09:29de sortir positivement de cette séquence,
09:32sans perdre la face,
09:32et qui permette à l'Union européenne
09:34de protéger ses intérêts et ses industries.
09:36Créons un rapport de force sain
09:38qui permette plutôt une désescalade commerciale.
09:41Et je crois que tout le monde sera gagnant,
09:42surtout nos emplois et nos entreprises.
09:44Justement, une entrepreneuse française a un message pour vous.
09:48Elle nous l'a adressé au début de cette émission.
09:50Léa Marie, directrice générale de l'entreprise Le Sleep Français.
09:52Regardez.
09:54On doit rebâtir notre industrie.
09:55Pour pouvoir la rebâtir,
09:56on ne peut plus se permettre d'avoir autant de produits
09:58qui arrivent sur le territoire.
09:59Et comment le 10 juin, on va voter une loi qui nous protège
10:01avec les colichines qui arrivent dès le premier euro
10:05qui soit taxé ?
10:07Laurent Saint-Martin.
10:08Alors, si elle parle effectivement de ces produits
10:11vers les États-Unis,
10:12elle parle aussi de protéger l'Union européenne
10:14des importations.
10:16Et il y a un sujet qui est très important,
10:17c'est vrai dans le textile comme dans l'industrie,
10:19c'est que la guerre commerciale qui a été initiée
10:22par les États-Unis
10:23a créé des conséquences indirectes
10:26qui sont aussi extrêmement dangereuses
10:27pour notre continent.
10:28Je parle du fait que les produits chinois, par exemple,
10:32qui parfois sont subventionnés,
10:35vont venir trouver le marché européen
10:37de façon plus importante qu'hier
10:38puisqu'ils seront davantage taxés
10:40s'ils exportent aux États-Unis.
10:42Ces surcapacités industrielles chinoises,
10:45il nous faut pouvoir protéger nos industries
10:48contre cela.
10:49Comment ?
10:50Ça, nous avons des outils de sauvegarde
10:51à actionner avec l'Union européenne.
10:53Nous en parlons à chaque conseil commerce
10:55et nous accélérons là-dessus pour le rendre efficace
10:57et surtout rapide.
10:59Nous avons besoin d'être sur les deux fronts
11:01en même temps, si vous me passez l'expression.
11:03La négociation avec les États-Unis,
11:04mais aussi ne pas subir dans cette situation.
11:08Et ça, c'est important que les entreprises
11:09et que nos industries l'entendent.
11:11Il ne faut pas non plus qu'il y ait
11:13un détournement des routes commerciales
11:15de la Chine vers l'Europe
11:17qui viennent fragiliser la compétitivité
11:19et la concurrence pour nos propres entreprises.
11:22Donc vous voyez bien que nous sommes
11:23dans une situation nouvelle.
11:24La donne a changé.
11:26La donne du commerce mondial a changé.
11:28Incontestablement.
11:28Et c'est Donald Trump qui a créé
11:29cette nouvelle donne.
11:31Il nous faut nous y adapter sans naïveté,
11:33mais aussi en créant non seulement
11:35un rapport de force,
11:36que ce soit côté américain ou côté chinois,
11:38en considérant que ce sont des partenaires commerciaux,
11:41ce ne sont pas des adversaires.
11:42Mais par contre, il nous faut protéger l'Europe
11:43et être en capacité de produire et d'exporter.
11:46Justement, comment on s'adapte ?
11:48C'est la question sous-jacente.
11:49La présidente française de la Commission
11:51des affaires économiques et monétaires
11:52du Parlement européen
11:53réagit de la manière suivante
11:56sur les réseaux sociaux en cette fin de journée.
11:58Quelqu'un s'est réveillé de mauvaise humeur,
12:00manifestement.
12:01Message quelque peu ironique.
12:02Un, écrit Aurore Laluc,
12:04l'Union européenne n'est toujours pas intimidée.
12:06Deux, aux entreprises,
12:08si vous voulez de la stabilité
12:09et un peu plus de raison,
12:10investissez en Europe.
12:12Mais en fait, est-ce qu'on va vers un monde
12:13qui se barricade chacun de son côté
12:14et en l'occurrence des deux côtés de l'Atlantique ?
12:17C'est un sacré coup porté à la mondialisation,
12:19tout ça en fait ?
12:20D'une forme de mondialisation, oui.
12:22On ne se barricade pas,
12:24mais on sort d'une certaine forme de naïveté,
12:26d'ouverture à tout va,
12:28qui a fragilisé notre propre industrie
12:31et nos propres emplois.
12:33Et si on veut que demain,
12:34l'Europe soit une terre d'industrie
12:35et une terre de création d'emplois et de valeurs,
12:38alors effectivement,
12:39il faut la protéger d'une concurrence
12:41qui n'est pas toujours équitable
12:42ou alors d'une guerre tarifaire
12:44voulue par exemple par le président Trump,
12:45dont il ne faut pas subir la situation
12:48et sur laquelle il nous faut lutter.
12:50– C'est un sacré renseignement quand même ce que vous dites là.
12:51– Bien sûr.
12:52– C'est la fin d'une forme,
12:54d'une part de mondialisation.
12:56– C'est la fin d'un monde commercial
12:58tel que nous l'avons connu pendant longtemps,
13:01ça je vous confirme.
13:01– Vous n'auriez pas dit cela il y a peut-être quelques mois ?
13:03– Six mois, bien sûr que c'est la mise en œuvre
13:06de la politique commerciale de Donald Trump
13:08qui a accéléré et créé tout cela.
13:10Ceci dit, ce que je viens de vous dire sur la Chine
13:12a existé déjà, mais ça l'a accéléré.
13:14Et les surcapacités chinoises vers l'Union européenne
13:16s'accélèrent par la politique menée par Donald Trump.
13:19Ce que dit Aurore Laluc est intéressant,
13:21c'est que la plateforme d'investissement
13:24que représente l'Europe
13:25est une plateforme de stabilité.
13:27Par ses valeurs, parce qu'en Europe nous croyons…
13:29– Elle est forte face aux États-Unis,
13:31face aux caractères imprévisibles de leur président.
13:34– Mais elle est extrêmement forte
13:35si on s'en donne les moyens.
13:36– Et c'est ce que dit tout le monde.
13:38– Mais l'Europe c'est 450 millions…
13:40– C'est une question de moyens,
13:41pas une question de capacité finalement.
13:43– On a les atouts, il faut maintenant les mettre en musique.
13:46On a 450 millions de consommateurs,
13:48on a un marché unique, perfectible,
13:50mais on a un marché unique.
13:52On a une épargne privée qui est supérieure
13:53à celle des États-Unis.
13:55On a un pays, enfin on a un continent
13:58dans lequel des pays sont des pays
14:01avec des classes moyennes qui consomment,
14:03avec une appétence pour les produits
14:06issus du monde entier.
14:07Et inversement, on a des industries,
14:09on a de la recherche, on a des talents,
14:11on a une énergie décarbonée particulièrement en France.
14:13Ce ne sont pas les atouts qui manquent
14:14et on a du financement.
14:16Ce qu'il faut maintenant,
14:17c'est que l'Europe s'affirme comme puissance.
14:19Et donc je reviens à cette question
14:20du rapport de force et notamment avec les États-Unis.
14:23Ce n'est pas une question de rapport de force
14:24pour jouer à la guerre commerciale,
14:26ça, ça ne nous intéresse pas.
14:27Ce soir, que fait l'Union européenne ?
14:28Elle attend que ça se passe en se disant
14:30de toute façon, il va revenir en arrière
14:32ou bien on prépare la riposte
14:33et si oui, quelle riposte ?
14:34Il faut faire les deux.
14:35Il faut faire les deux.
14:35Vous n'avez pas le choix.
14:36Vous devez faire les deux.
14:38Parce que sinon, vous n'êtes pas crédible
14:39sur la table des négociations.
14:40Donc vous estimez que l'Union européenne
14:42doit commencer dès ce soir
14:43à préparer une riposte
14:44à cette nouvelle menace de Trump ?
14:45Bien sûr.
14:46Et elle l'a déjà fait.
14:47Elle l'a déjà fait par le passé.
14:49La négociation n'est rendue possible,
14:51c'est ce qu'ont fait les Chinois,
14:52c'est ce qu'ont fait les Canadiens,
14:53n'est rendue possible
14:54que si vous démontrez
14:56que vous savez tenir ce rapport de force.
14:58Donald Trump d'ailleurs...
14:59Donc on ne prend pas Trump au mot
15:01quand tu dis qu'il ne fait plus
15:01vraiment de négociation.
15:02...ne fonctionne qu'ainsi
15:03et ce n'est pas lui faire injure
15:04que de dire cela.
15:05C'est le principe même
15:06de cette négociation.
15:07Et donc, il ne faut pas que l'Europe
15:09ressorte évidemment pénalisée
15:11de cette séquence.
15:12Elle peut ressortir renforcée
15:13si on le veut
15:15entre États membres de l'Union européenne.
15:17Elle peut ressortir renforcée
15:18si on simplifie la vie des entreprises,
15:19si on arrive à attirer
15:20plus d'investissements,
15:22notamment chinois,
15:22chez nous.
15:23C'est tout à fait souhaitable,
15:24évidemment américain.
15:25Choose France lundi dernier.
15:27Choose France lundi dernier.
15:28C'est une année record.
15:30Plus de 40 milliards d'euros
15:31d'investissements
15:31sur l'année 2024.
15:33Chez nous, en France,
15:34le premier pays investisseur,
15:36ce sont les États-Unis.
15:37Vous voyez qu'il n'y a aucune fatalité.
15:39On peut continuer à attirer
15:40des investissements du monde entier.
15:42L'Europe peut se consolider.
15:44L'Europe peut se renforcer.
15:45Mais surtout, l'Europe doit s'affirmer
15:46comme puissance.
15:47C'est le moment.
15:49Il y a un momentum.
15:50Évidemment, dans la situation
15:51face à Donald Trump
15:52qui est l'affirmation
15:54de la puissance économique
15:55et commerciale
15:55qu'est l'Union européenne.
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