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  • il y a 6 mois
La contestation liée à la loi Duplomb ne faiblit pas. La pétition demandant l'abrogation de ce texte très controversé atteint jusque-là deux millions de signatures. Et aujourd'hui, un collectif de scientifiques en appelle à une censure du Conseil constitutionnel. On en parle avec : Magali Chalais, journaliste société de BFMTV. Marc Billaud, directeur de recherche au CNRS, membre du Conseil scientifique de la fondation ARC. Franck Menonville, sénateur "Union des démocrates et indépendants" de la Meuse, agriculteur. Daniel Salmon, sénateur Écologiste, Solidarité et territoire" d'Ille-et-Vilaine. Et Arthur Berdah, rédacteur en chef adjoint au service politique du Figaro.

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00:0018h24 dans BFM Story, on en vient donc à cette loi, à cette fameuse loi du plomb où la contestation ne faiblit pas.
00:07La pétition demandant l'abrogation de ce texte très controversé a atteint 2 millions de signatures.
00:12Et aujourd'hui, un collectif de scientifiques notamment en appelle à une censure du Conseil constitutionnel.
00:19Magali Chalet, des scientifiques et des associations qui considèrent que cette loi finalement a été adoptée au mépris de l'avis des scientifiques.
00:26– Exactement, d'abord parce que selon les signataires, parmi les 53 personnalités qui ont été auditionnées par la commission sénatoriale pour construire ce texte,
00:35il n'y avait aucun scientifique, il y avait bien des représentants des syndicats agricoles, des lobbies des pesticides,
00:43il y avait certaines agences de l'État comme l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation.
00:48En revanche, pas de scientifiques, aucun médecin, toxicologue, épidémiologiste, aucun représentant de l'INSERM,
00:55c'est l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, pas non plus du CNRS, pas de ministère de la Santé et du Travail.
01:02On sait qu'il y a un lien entre l'exposition aux pesticides et le développement de maladies professionnelles.
01:10Il n'y avait aucun représentant non plus de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie ou encore de la Mutualité Sociale Agricole.
01:16Or, les scientifiques avaient alerté les parlementaires des conséquences sur la santé pour avoir cette loi.
01:22Donc cette loi, en fait, elle a été élaborée en ignorant les connaissances des scientifiques et des professionnels de santé
01:30sur les effets de ces produits sur la santé humaine.
01:33Alors Magali, quels sont les risques de ce pesticide, l'acétamipride, pour la santé ?
01:38Ces risques sont multiples.
01:40En 2021, l'Inserm avait analysé plus de 5000 articles scientifiques et on avait retenu une présomption très forte
01:50de lien entre l'exposition aux pesticides et la survenue de certains cancers ainsi que de troubles neurodégénératifs, pulmonaires et endocriniens.
02:01Et par ailleurs, on a retrouvé de l'acétamipride dans le liquide céphalo-rachidien d'enfants victimes de cancers.
02:09Cette substance, elle est également incriminée dans des cancers du sein.
02:13Et il faut savoir que l'acétamipride, eh bien, elle franchit la barrière placentaire.
02:18Elle franchit également la barrière entre le sang et le cerveau.
02:23Et il faut savoir aussi que plus cette substance est présente dans les urines des femmes enceintes,
02:28moins le quotient intellectuel de leur enfant sera élevé.
02:31Enfin, plus globalement, on redoute des troubles du développement de l'enfant,
02:35des pertes de QI, des troubles de la mémorisation et de la parole.
02:38– Merci Magali, on en parle avec nos invités, Marc Billot.
02:41Bonsoir, merci d'être en direct sur BFM TV.
02:43Vous êtes ancien président de la section Physiologie, Vieillissement et Cancer du Comité National de Recherche Scientifique.
02:49Vous êtes à l'initiative de la tribune, dont parlait Magali à l'instant.
02:53Et nous sommes en ligne également avec Franck Ménonville, agriculteur, sénateur UDI de la Meuse,
02:57à l'initiative notamment de cette loi du plomb.
03:00Je commence par vous, Marc Billot.
03:02On vient de parler de cette tribune publiée aujourd'hui dans Le Monde.
03:07Vous considérez qu'il y a un déni de démocratie au fond et que cette loi a été adoptée
03:11au mépris des avis scientifiques et des avis sanitaires ?
03:17– Comme vous l'avez rappelé, effectivement, aucun scientifique, aucun médecin n'ont été auditionnés
03:24par le comité sénatorial, ni d'ailleurs de représentants du ministère de la Santé
03:29ou du ministère du Travail, ce qui pose évidemment un problème.
03:33Et donc dans la tribune d'aujourd'hui qui est parue dans Le Monde,
03:36on exprime notre très grande inquiétude.
03:38Il faut bien voir que cette tribune et ce collectif regroupent à la fois
03:42de très nombreuses sociétés savantes, le Conseil scientifique du CNRS,
03:48des associations comme la Fondation pour la recherche médicale,
03:50la Fondation ARC, la Ligue contre le cancer, d'autres associations aussi de patients,
03:56cancer-colère.
03:57Donc parmi les meilleurs spécialistes, je tiens à insister sur les pesticides,
04:03leurs effets sur la santé et en particulier sur les néonicotinoïdes.
04:06Et on n'a pas été entendus.
04:09Donc déni de démocratie, sans doute, sans doute,
04:12puisque ceux qui sont le plus qualifiés pour se prononcer sur la nocivité de ces molécules
04:17n'ont pas été écoutés et pas entendus.
04:20– On va faire réagir Franck Ménonville.
04:23Vous venez d'entendre ce qui a été dit.
04:25Vous êtes mis en cause indirectement, en tout cas le travail du Sénat
04:30sur l'adoption de cette loi.
04:32Qu'est-ce que vous répondez à Marc Billot ce soir ?
04:34– Non, mais moi je ne suis pas scientifique.
04:41Nous faisons confiance à nos autorités indépendantes
04:44qui sont constituées de scientifiques.
04:46Je rappelle que l'ANSES et l'EFSA,
04:49ce sont des scientifiques qui siègent,
04:52qui font et qui mènent des investigations.
04:54Donc bien évidemment, nous en tant que sénateurs,
04:58et nous faisons confiance à nos autorités indépendantes
05:03qui, bien évidemment, dans le cadre de leur travail,
05:07consultent d'autres scientifiques autour d'eux.
05:10Je crois qu'au niveau français, on ne peut pas douter de l'impartialité
05:15et du sérieux de notre agence nationale qui s'appelle l'ANSES.
05:20Et je crois qu'au niveau européen, il en va de même pour l'EFSA.
05:25Je rappelle seulement que l'EFSA n'a pas la main qui tremble au quotidien
05:29dans son action pour interdire retirer des produits
05:33quand les investigations et les études qu'elles mènent
05:38laissent penser qu'il y a des risques sanitaires pour nos concitoyens.
05:44Moi, je rappellerai seulement que cette matière active est autorisée,
05:48se produit dans toute l'Union européenne,
05:51qu'elle a fait l'objet de différentes études.
05:54Et encore dernièrement, puisque la France elle-même avait demandé son retrait
05:58et que l'EFSA a mené les investigations nécessaires
06:03et qui ont permis le maintien de son autorisation jusqu'en 2032 ou 2033
06:12au niveau de l'Union européenne.
06:15Marc Biot ?
06:16Moi, j'inviterai les scientifiques peut-être également
06:19à se poser la question de ces accords qui sont proposés à l'Union européenne
06:24parce que je crois que là aussi, il y a beaucoup à en dire.
06:27Aujourd'hui, l'Union européenne est un continent extrêmement vertueux
06:34en matière de santé publique, de sécurité alimentaire, de sécurité sanitaire.
06:40Il en est malheureusement pas de même.
06:40Mais on est sur des produits, des substances qui étaient interdites en France
06:44il y a encore quelques années.
06:46Mais vous savez pourquoi elle a été interdite, monsieur ?
06:48Elle a été interdite parce que nous avions une très grande scientifique,
06:52sans doute à la tête du ministère de l'Environnement, de la Biodiversité à l'époque
06:58qui s'appelait Madame Pompili
06:59et qui n'a bien évidemment pas du tout détaillé
07:03qu'a fait des néonicotinoïdes un totem politique
07:07et qui n'a bien évidemment pas du tout détaillé
07:10le contenu des différentes matières actives.
07:14L'Union européenne a fait un travail extrêmement sérieux.
07:17On a interdit quatre et il en demeure une qui est autorisée
07:21et personne ne dit que dans notre loi nous ne le réintroduisons pas.
07:25D'ailleurs on met néonicotinoïdes au pluriel.
07:27C'est absolument insensé.
07:29Il n'y a pas de réintroduction des néonicotinoïdes.
07:32Il y a de rendre possible pour les agriculteurs français
07:36afin d'éviter de faire disparaître des filières entières
07:40une matière active qui s'appelle l'acétamispride
07:44et qui est autorisée dans tous les pays,
07:47les 26 autres pays européens jusqu'en 2033.
07:52Voilà la vérité.
07:53Personne ne parle...
07:54Non mais je préfère parce que ça fait depuis des semaines
07:57qu'on ne peut pas s'exprimer.
07:59Ah si, vous avez la parole.
08:00Vous parlez depuis plus de deux minutes.
08:02Vous avez la parole, monsieur.
08:03Il n'y a pas de problème.
08:04Il y a du comité des solutions qui figure dans cette loi
08:07et qui permet donc de mobiliser la science,
08:10les instituts techniques pour promouvoir des solutions alternatives
08:14et quand les solutions alternatives se rendent au niveau...
08:17On a entendu, on vous a entendu Franck Ménonville.
08:20On va partir en direct avec Daniel Salmon,
08:23sénateur écologiste qui était reçu au Conseil constitutionnel
08:29aujourd'hui même.
08:30Vous en sortez puisque l'affaire prend un tour politique,
08:33notamment avec cette saisine du Conseil constitutionnel
08:38une possible censure.
08:40Comment s'est passée cette audition ?
08:41Est-ce que vous avez le sentiment que vos arguments
08:43pour l'abrogation et une censure de cette loi
08:45ont été entendus aujourd'hui ?
08:48Oui, bonjour.
08:51Nous avons eu au Conseil constitutionnel une vraie écoute.
08:55Après, reste à savoir si nous serons vraiment entendus.
08:58Nous sommes allés avec des arguments,
09:00des arguments d'ordre du droit
09:02parce que c'est l'état de droit qui est en question
09:04lorsque l'on fait une saisine auprès du Conseil constitutionnel.
09:08Et derrière cet état de droit,
09:09c'est notre biodiversité, notre environnement
09:12et la santé des Français qui est interrogée.
09:14Donc nous avons développé nos arguments
09:17pour montrer toutes les atteintes à ce droit de l'environnement,
09:21à la charte du droit de l'environnement,
09:23avec ces atteintes aux principes de prévention,
09:25de principes de précaution,
09:26de non-régression,
09:27parce que dans cette loi,
09:29il y a un condensé de ce que l'on ne devrait pas faire
09:32lorsque l'on a une conscience des problématiques sanitaires,
09:36de la santé des Français
09:37et lorsque l'on a une conscience aussi
09:39de la souveraineté de notre agriculture.
09:41Parce que réintroduire l'acétamipride,
09:44c'est une question des pollinisateurs
09:46qui est en première ligne
09:47et les pollinisateurs participent à la souveraineté agricole de la France.
09:51Donc il ne faut pas être dans des caricatures.
09:53Et donc nous sommes là avec les agriculteurs
09:55pour eux et pour notre souveraineté.
09:58Alors justement, cette tribune des scientifiques,
10:02aujourd'hui, apporte de l'eau à votre moulin,
10:04entre guillemets,
10:06et peut peut-être, c'est votre souhait,
10:08influencer ou en tout cas faire pencher
10:11la balance du Conseil constitutionnel ?
10:14Mais clairement, les scientifiques sont avec nous
10:18sur les mêmes positions.
10:19Ils nous accompagnent, nous les accompagnons
10:21parce qu'aujourd'hui, nous sommes dans un moment
10:23très particulier de déni,
10:25de déni du fait scientifique,
10:27du déni démocratique également.
10:29Et donc cet appui des sociétés savantes
10:32est essentiel pour montrer que dans cet État,
10:34dans cette République,
10:36eh bien il a toute la place pour la science,
10:38pour le fait scientifique,
10:39parce que, je le répète,
10:42derrière, nous sommes face à des épidémies de cancer,
10:44aussi bien chez les agriculteurs
10:46que chez les riverains
10:47et d'une manière générale,
10:49c'est toute la population française
10:50qui est impactée par ces pesticides.
10:52Mais la loi du plomb ne se résume pas
10:55à cette question des néonicotinoïdes,
10:58mais il y a également d'autres articles
11:01très problématiques
11:02par rapport aux droits de l'environnement.
11:04Je pense aux installations classées
11:06pour l'environnement,
11:07où là, eh bien,
11:08on veut aller vers une agriculture française
11:10qui s'industrialise toujours plus
11:12avec une concentration des élevages,
11:14avec un déni du droit à l'information
11:17et aux réunions publiques
11:18pour les citoyens
11:20qui sont confrontés
11:21à ces extensions d'élevage.
11:23Nous sommes dans un moment, eh bien,
11:24où il faut réinterroger
11:26ce modèle agricole français,
11:28mais le réinterroger
11:29en protégeant le consommateur,
11:31mais en protégeant aussi
11:31les agriculteurs
11:32de concurrence déloyale.
11:34Franck Ménonville,
11:35qu'est-ce que vous répondez
11:36ce soir à Daniel Salmon ?
11:39Écoutez, tout d'abord,
11:40moi, je fais confiance
11:41au Conseil concessionnel.
11:42C'est une autorité également indépendante
11:45qui jugera sur le fond de la loi
11:47et son lien avec la Constitution.
11:49Et moi, à ce stade,
11:51je ne ferai bien évidemment
11:52aucun commentaire.
11:53Et le Conseil concessionnel,
11:55j'ose l'espérer,
11:56et je n'en doute pas,
11:57ne se situe pas sur le champ politique.
12:02C'est sur le champ fondamental
12:03de notre Constitution.
12:05Moi, ce que je voudrais seulement dire,
12:07c'est que, notamment sur le dossier complémentaire
12:09au niveau de l'élevage,
12:11c'est de la simplification administrative.
12:13Aujourd'hui, la réalité,
12:15dans notre pays,
12:15c'est qu'on ne peut plus construire d'élevage,
12:17on ne peut plus développer d'élevage.
12:19On perd des millions de têtes de bovins
12:24dans notre pays
12:25depuis plusieurs années,
12:29plusieurs dizaines d'années.
12:30Notre agriculture est en train
12:32de s'affaiblir
12:33très sérieusement.
12:35Aujourd'hui,
12:36on est pratiquement,
12:38on imagine,
12:40on prévoit d'être,
12:41de ne même plus être autosubuisant
12:43en lait
12:44à partir de 2027.
12:46Donc, il faut redonner
12:47la facilité administrative.
12:49Il faut aussi que,
12:50il y a le modèle agricole aussi,
12:53c'est bien évidemment,
12:54nous sommes très, très loin
12:55des fermes-usines en France.
12:56Mais par contre,
12:57il faut avoir des tailles d'élevage
12:59qui permettent de la vivabilité,
13:00c'est-à-dire de permettre
13:02l'association entre éleveurs,
13:05de permettre d'avoir du salariat.
13:07Moi, je compare souvent
13:08le métier d'agriculteur et d'éleveur
13:11chez nos jeunes agriculteurs
13:13au métier de médecin de campagne.
13:15Je crois qu'aujourd'hui,
13:17on a des agriculteurs
13:18qui veulent aussi avoir des vacances,
13:21pouvoir avoir un peu de temps libre
13:24le week-end,
13:25un week-end par mois,
13:26deux week-ends par mois.
13:27Et bien évidemment,
13:28ça doit se faire
13:29et ça peut se faire
13:30qu'avec,
13:31j'allais dire,
13:33des développements
13:34de taille d'exploitation,
13:36notamment dans,
13:36qui est bien loin
13:37des fermes-usines,
13:40mais bien évidemment,
13:41qui permettent
13:42d'avoir un salarié,
13:44d'avoir un ou deux associés.
13:46Et c'est essentiel,
13:48notamment dans la production,
13:49dans l'élevage.
13:50– Alors, Franck Ménonville,
13:51vous restez avec nous,
13:53on va donner la parole
13:53à Arthur Berdard,
13:54rédacteur en chef adjoint
13:55au service de la politique du Figaro.
13:56– Bonjour, Jérémie.
13:57– Arthur, désormais,
13:58la balle est dans le camp
13:58du Conseil constitutionnel
14:00sur cette loi.
14:00– Absolument.
14:01La balle, en fait,
14:01elle est dans deux camps.
14:03Sur le fond, vous avez raison,
14:04elle est dans le camp
14:04du Conseil constitutionnel
14:05qui rendra sa décision
14:06le 7 août.
14:08Donc, ça arrivera très bientôt.
14:09Et je voudrais revenir
14:10sur ce que disait
14:10le sénateur Ménonville.
14:12Il disait,
14:12on a tendance,
14:13ces derniers temps,
14:14dans la classe politique,
14:15à projeter sur le Conseil constitutionnel
14:17des attentes
14:18qui sont très politiques
14:19et qui, parfois,
14:20ont tendance
14:20à s'éloigner du fond.
14:22En la matière,
14:22le Conseil constitutionnel
14:23reste en France
14:24l'une des seules chambres.
14:25Ce n'est pas une chambre,
14:26mais c'est une institution
14:27totalement hermétique
14:28dont rien ou très peu
14:30ne sort, ne fuite.
14:31Et donc,
14:31il est toujours très difficile
14:32d'avoir à l'avance
14:34les éléments
14:35sur ce que va faire
14:35le Conseil constitutionnel
14:36ou ce que va dire
14:37le Conseil constitutionnel.
14:38En la matière,
14:39le Conseil constitutionnel
14:40ne censurerait cette loi
14:41que s'il considérait
14:42car un cul écologique
14:44ou environnemental
14:44était avéré.
14:46Et je peux vous dire
14:47qu'en la matière,
14:47à l'heure où l'on se parle,
14:49ça n'est pas l'option
14:50qui est privilégiée
14:50par le Conseil constitutionnel
14:51qui ne voit pas
14:52de raison suffisante
14:54pour censurer cette loi.
14:55Peut-être que ça évoluera
14:56d'ici le 7 août,
14:57mais à l'heure où l'on se parle
14:58ce soir,
14:59le Conseil constitutionnel
14:59ne voit pas de raison
15:01de censurer cette loi.
15:02Donc,
15:02je voulais d'abord
15:03préciser ce point.
15:05Ensuite,
15:05la balle,
15:05elle est aussi dans le camp
15:06du gouvernement
15:07parce qu'en réalité,
15:08on voit ces parlementaires
15:09qui échangent
15:10et c'est tout à fait sain
15:11et heureux en démocratie
15:12qu'ils puissent le faire.
15:13Et d'ailleurs,
15:13ça l'est tellement
15:14qu'ils regrettent
15:15de ne pas avoir pu le faire
15:16avant les vacances parlementaires
15:20et d'un débat
15:21pour des raisons
15:21de procédures parlementaires
15:23qui seraient un peu longues
15:23à détailler ici
15:24et peut-être un peu arides
15:25pour ceux qui nous regardent.
15:26Mais il n'empêche
15:27qu'il n'y a pas eu
15:28de débat au Parlement
15:29et qu'il faut donc
15:30qu'il y ait un débat
15:31éclairé par la science,
15:32éclairé par les toxicologiques,
15:34éclairé par les agriculteurs.
15:37Il faut qu'il y ait
15:37un débat en France
15:38qui n'a pas pu se tenir
15:39avant les vacances
15:40et qui aura lieu
15:41à la rentrée.
15:42Le gouvernement y est favorable.
15:43La présidente
15:44de l'Assemblée nationale,
15:45Yael Brown-Pivet,
15:45y est favorable.
15:46En revanche,
15:47il ne faut pas oublier
15:48une chose,
15:48c'est qu'il y a eu un vote.
15:50S'il n'y a pas eu
15:50de débat à l'Assemblée
15:51et cela manque,
15:52il faut le corriger,
15:53il y a en revanche
15:54eu un vote,
15:54un vote très large
15:56du Parlement
15:56qui en gros allait
15:57de la droite
15:58des bancs macronistes
16:00jusqu'au banc
16:00du Rassemblement national
16:02en passant par
16:03les bancs des Républicains.
16:04L'Assemblée nationale,
16:05le Parlement,
16:06s'est prononcé
16:06en bonne et due forme
16:07sur ce texte
16:08et donc il faut aujourd'hui
16:10répondre à cette tension
16:11qui s'exprime
16:11entre à la fois
16:12la démocratie représentative
16:13qui, elle, a voté
16:15même s'il n'y a pas eu
16:15de débat
16:16et qu'il faut corriger
16:16cet élément
16:17et la démocratie plus directe,
16:19celle que demande
16:19une partie des Français
16:20et qu'il revient
16:21à nos gouvernants
16:22d'entendre en tout cas
16:22à tout le moins
16:23d'y répondre
16:24et ce sera le défi
16:25de la rentrée.
16:25Marc Billot,
16:26vous venez d'entendre
16:26ce qui vient d'être dit,
16:27une loi qui a été votée,
16:29un Conseil constitutionnel
16:30a priori
16:31qui n'a pas de raison
16:32de censurer cette loi.
16:33Est-ce que la tribune
16:34que vous publiez aujourd'hui
16:36avec d'autres co-signataires
16:37a des chances
16:39d'être entendue ?
16:41Est-ce que vous restez optimiste
16:42malgré tout
16:43sur une décision
16:45en votre faveur
16:45du Conseil constitutionnel ?
16:48Je l'espère.
16:49Ce que j'aimerais ajouter,
16:50c'est que c'est la science
16:51qui doit éclairer
16:52les décisions politiques
16:53et pas l'inverse.
16:54Alors, ce que j'ai entendu
16:55tente à prouver
16:56que c'est plutôt l'inverse.
16:57Ce qui a été dit
16:58sur le fait
16:59que l'agence d'autorité
17:00sanitaire, l'EFSA,
17:02aurait déclaré
17:03que ce produit
17:03n'était pas dangereux
17:04est tout simplement faux.
17:06L'EFSA a demandé
17:07à trois reprises
17:08depuis 2013
17:09des études sur la neurotoxicité
17:12aux industriels.
17:13Ces études n'ont jamais
17:14été fournies.
17:15Donc, la Commission européenne
17:17est passée outre,
17:18mais il n'empêche
17:18que ce produit
17:19a été autorisé
17:20sans qu'on connaisse
17:21vraiment la neurotoxicité.
17:22Or, depuis 2016,
17:25qu'est-ce que vous pensez
17:26qu'il s'est passé ?
17:27Les études se sont accumulées
17:29qui montrent
17:30que ce produit
17:31est un neurotoxique potentiel
17:33pour le développement
17:34du fœtus
17:35et pour le développement
17:35de l'enfant.
17:36On a aussi
17:37de très nombreuses évidences
17:38que ce produit
17:39pourrait être aussi
17:40néfaste
17:41pour la fertilité.
17:43Je rappelle
17:44qu'entre 2020
17:45et 2022,
17:46la France,
17:47qui était pionnière,
17:48avait elle-même
17:49présenté
17:49à la Commission européenne
17:50de nouvelles données scientifiques
17:52sur la toxicité potentielle
17:54de cette molécule.
17:55Et donc,
17:56d'affirmer
17:57que pour des raisons
17:58réglementaires,
17:59on s'est appuyé
17:59sur des données scientifiques,
18:00c'est tout simplement faux.
18:02Et le consensus
18:03aujourd'hui scientifique,
18:05c'est que cette molécule
18:06présente de graves dangers
18:08pour la santé humaine
18:09et bien évidemment
18:10pour l'environnement,
18:11pour les insectes
18:12pollinisateurs,
18:13pour la faune aquatique
18:15et pour les oiseaux.
18:16Donc,
18:16c'est une molécule
18:17qui est dangereuse
18:18et j'espère que
18:19le Conseil constitutionnel
18:20saura entendre
18:21nos revendications,
18:22saura entendre…
18:22Mais comment expliquer
18:23que ces substances
18:23sont autorisées
18:25au niveau européen
18:26si elles sont aussi toxiques
18:28que vous le dites ?
18:30Écoutez,
18:31toujours est-il
18:32que c'est la décision
18:33qui a été prise
18:34des raisons pour lesquelles
18:35cette molécule
18:36a été autorisée ?
18:38Certainement,
18:38il y a des éléments
18:39qui permettent
18:40d'y répondre.
18:41Je ne pourrais pas
18:42vous donner
18:42les éléments
18:43dont je ne dispose pas.
18:44La seule chose
18:45que je peux vous affirmer,
18:47c'est qu'il manque
18:48des éléments scientifiques
18:49qui permettraient
18:50d'assurer l'inocuité
18:51de cette molécule
18:52qu'on n'en dispose pas
18:53et donc on peut utiliser
18:54cette molécule.
18:55Je vous rappelle
18:55qu'en premier chef,
18:57ceux qui sont exposés,
18:59ce sont les agriculteurs,
19:00leur famille
19:00et les riverains,
19:01bien évidemment aussi
19:02de la population générale.
19:03Donc,
19:04je ne peux que déplorer
19:05qu'on ait permis
19:06d'autorisation
19:06de cette molécule
19:07dans des conditions
19:07qui, à mon sens,
19:10sont dangereuses
19:10pour la santé humaine
19:12et pour l'environnement.
19:13Arthur Berda,
19:15silence du président
19:16de la République,
19:16est-ce qu'il s'est exprimé
19:17publiquement
19:18sur cette loi du plomb
19:20qui mobilise,
19:20on l'a vu ?
19:21Non,
19:21il s'est exprimé
19:21par la voix
19:22de son entourage
19:23pour l'instant
19:23pour expliquer
19:23qu'il ne s'exprimerait pas
19:25avant la décision
19:26du Conseil constitutionnel.
19:28Autrement dit,
19:28Emmanuel Macron,
19:29je ne sais pas
19:29s'il s'exprimera le 7 août
19:31au soir
19:31ou le 8 août au matin.
19:33En revanche,
19:33ce que je peux vous dire,
19:34c'est qu'il ne parlera pas
19:35d'ici là.
19:35Pour une raison très simple,
19:36c'est qu'Emmanuel Macron,
19:38il est sans doute
19:38un petit peu embêté,
19:40y compris par ce débat
19:41auquel on assiste.
19:42À tort ou à raison,
19:43quoi que l'on pense
19:43sur le fond de cette décision
19:44et le débat
19:45que viennent d'avoir
19:45les parlementaires
19:46et la personne
19:47qu'on vient d'entendre
19:48est parfaitement intéressant
19:49de ce point de vue-là,
19:50mais quoi que l'on pense
19:51sur le fond de cette loi du plomb,
19:52elle participe
19:53du bilan du président
19:55en matière d'écologie.
19:56Cette loi,
19:57elle date de son premier quinquennat
19:58lorsqu'Emmanuel Macron
19:59avait encore,
20:00j'allais dire les pleins pouvoirs,
20:01ce serait un abus de langage,
20:02mais en tout cas disposait encore
20:03de marge d'action
20:04et de marge de manœuvre politique,
20:06de marge pour pouvoir agir,
20:08ce qu'il a fait,
20:08et donc elle était à mettre
20:09au crédit de son bilan écologique,
20:11sinon écologique,
20:12au moins environnemental.
20:14Or, Emmanuel Macron,
20:15depuis 2022
20:16et plus encore depuis 2024,
20:18il assiste au détricotage
20:19de ce bilan.
20:20Il s'en est agacé
20:21au début de l'été
20:22chez nos confrères
20:22de la presse régionale
20:23dont d'ailleurs le titre
20:24la Provence.
20:25Il s'en est agacé
20:26en expliquant
20:27qu'on préférait
20:28brainwasher sur les sujets sécuritaires,
20:29c'était son expression,
20:30pour pouvoir mieux détricoter
20:32par derrière
20:33son bilan écologique.
20:35Il faisait allusion
20:35à un tas de dispositifs,
20:36le ZFE,
20:37les ZAN,
20:38ce sont des acronymes
20:40un peu barbares,
20:41mais qui participent
20:42de ce bilan écologique
20:43et environnemental
20:44d'Emmanuel Macron.
20:45Et donc,
20:45il n'y a aucun doute
20:47qu'Emmanuel Macron,
20:47voyant cette loi du plomb
20:49être détricotée,
20:50il est sans doute sensible
20:51en partie à l'argument
20:52qui consiste à dire
20:53que cette loi,
20:54elle a affaibli
20:55nos agriculteurs
20:55dans la mesure
20:56où sur l'Union Européenne
20:57à 27,
20:58il y en a 26
20:59qui autorisent
21:00l'acétamipride,
21:01ce néonicotinoïde
21:02dont on parle,
21:03et un seul
21:03qui l'interdit,
21:05la France,
21:05et qui donc prend le risque
21:06de fragiliser un secteur,
21:07celui des betteraves,
21:08celui des noisettes
21:09par exemple,
21:10pour les cités.
21:10Donc Emmanuel Macron,
21:11il est sans doute sensible
21:12à cet argument-là,
21:14pour autant,
21:14il voit une nouvelle fois
21:16un élément
21:16de son bilan écologique
21:18et environnemental
21:19être détricoté,
21:20et de ce point de vue-là,
21:21il n'y a aucun doute
21:21qu'à l'Élysée,
21:22ça agace un petit peu.
21:23Merci,
21:23merci pour votre présence
21:25ce soir sur ce plateau
21:26de BFM TV,
21:27merci aussi à nos invités
21:29qui étaient à distance.
21:30de BFM TV,
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