00:00Elle a quand même une stratégie, on l'a entendue hier, sa première réaction publique, très offensive.
00:04Elle attaque directement les magistrats.
00:07Elle dit que le chef du parquet, Jean-François Bonnert, le procureur national financier,
00:11lui aurait dit que finalement les accusations ne tenaient pas.
00:14Il a démenti.
00:14Que son équipe au sein du parquet a été désorganisée.
00:17Alors, il a démenti.
00:18Il y a le président du tribunal de Paris qui également a défendu la magistrature
00:22en disant qu'on pouvait certes se défendre,
00:24mais qu'on ne pouvait pas jeter le discrédit sur l'autorité judiciaire
00:27et saper la confiance légitime des citoyens dans la justice.
00:28Est-ce que c'est une bonne stratégie de s'en prendre frontalement au juge, en fait ?
00:32Mais je reviens à ce que je vous disais il y a quelques instants.
00:36Quand vous êtes convaincu que vous allez faire triompher votre innocence,
00:41elle, elle est persuadée qu'on lui en veut.
00:44Et qui lui en veut ?
00:46Les magistrats lui en veulent ?
00:47Non, l'institution, ou qu'il y a un combat politique derrière qui est mené,
00:50que les choses ne sont pas claires.
00:52Écoutez, vous savez, j'ai ramené un bout du dossier là.
00:55Il y a près de 40 attestations.
00:58qui ont été versées par les avocats à la procédure,
01:02qui viennent établir quoi ?
01:03Que Rachel Haddati a travaillé en qualité d'avocate et de députée européenne
01:08pour le groupe Renault.
01:11En vertu, tout simplement, d'une convention...
01:14Uniquement comme avocate pour le groupe Renault,
01:15pas comme députée européenne.
01:17On est bien d'accord.
01:18Mais elle était en ce moment-là députée européenne.
01:20Oui, mais la question qui est posée au départ,
01:21et pardon, vas-y, la question qui est posée,
01:23on dit, mais comment on peut être à la fois avocat et député ?
01:26Et donc, vous savez, ça jette le discrédit et le trouble.
01:29On se dit, mais ce n'est pas possible.
01:30Je vais vous prendre quelques exemples.
01:31Corinne Lepage, par exemple, actuellement,
01:33elle est avocate, mais elle est aussi députée européenne.
01:36Est-ce qu'il n'y a pas un conflit d'intérêts ?
01:37On pourrait soupçonner que Renault...
01:40Pardon, on pourrait soupçonner Renault
01:43de faire appel à Rachid Alati
01:45pour utiliser son influence au Parlement européen.
01:48Ça fait partie d'ailleurs des soupçons.
01:50Pardonnez-moi, c'est parfaitement compatible.
01:53Il y a des règles qui font qu'il y a certains domaines
01:55dans lesquels on ne peut pas plaider contre l'État.
01:58Je vous rappelle, et ça vaut pour les parlements européens
02:00où les parlementaires ont un rôle sans doute moins important
02:02qu'au Parlement français,
02:04que notre histoire républicaine, c'est des avocats au Parlement.
02:06Que ça soit en 1789-1792
02:09ou que ça soit en 1870 au moment de la Troisième République.
02:13C'est 30% d'avocats.
02:15Donc, s'il vous plaît, il n'y a pas d'incompatibilité
02:16que vos auditeurs...
02:18Ce n'est pas du lobbying déguisé.
02:20Ce n'est pas interdit.
02:21Ce n'est pas interdit.
02:23C'est même souhaitable.
02:24C'est ce qu'on lui reproche.
02:26Indirectement dans l'opinion publique
02:27et même aussi dans l'ordonnance
02:29qui nous a été notifiée hier,
02:31c'est ce qu'il est reproché en disant
02:32qu'elle s'est servie, en réalité,
02:34elle se sert de sa casquette
02:36d'avocat
02:38pour favoriser au Parlement européen
02:41le groupe pour lequel elle a un client.
02:44Les magistrats s'interrogent aussi
02:45sur le bien fondé
02:48du travail effectué par Rachel Hattie.
02:51Des notes auraient été...
02:54Des notes auraient été supprimées.
02:59On ne retrouve pas beaucoup de traces
03:00de ce travail.
03:01Comment ça se fait ?
03:01Je vais vous expliquer quelque chose.
03:03La diplomatie des affaires,
03:06c'est aujourd'hui quelque chose
03:07qui est affiché dans tous les grands cabinets
03:09de la place.
03:10C'est-à-dire que quelqu'un
03:11qui, sur un coup de téléphone,
03:13peut permettre à une entreprise
03:14de décrocher un rendez-vous,
03:17avoir un appel d'offres,
03:19avoir la possibilité de s'installer,
03:21elle, personne ne va le contester.
03:23une notoriété
03:26et qui est légitime
03:28dans le monde du Moyen-Orient
03:30et au Maghreb,
03:33incontestable.
03:34Ce que veut,
03:35et tout de suite,
03:36c'est lui qui va la chercher,
03:38Carlos Ghosn,
03:39pour le groupe,
03:39pas pour lui perso,
03:40en douce,
03:41c'est qu'elle puisse lui permettre...
03:43Pour utiliser ses compétences-là.
03:43Je vais vous dire le dossier rapidement.
03:45Moi, je suis content,
03:46enfin,
03:47qu'elle ait considéré
03:48qu'il fallait en parler.
03:49qu'il y avait des intérêts de Renault
03:53en Turquie,
03:54en Iran,
03:55au Maroc,
03:57en Algérie,
03:58qu'elle a sauvegardés
03:59ou qu'elle a permis d'installer.
04:01Et ça valait beaucoup d'argent.
04:03Et pardonnez-moi,
04:04mais les avocats
04:05qui interviennent dans cette matière,
04:06ils sont dans une relation directe
04:08avec le CEO,
04:09avec le président.
04:10Et il ne faut pas faire de papier.
04:12On est dans le secret des affaires.
04:13On est dans le secret industriel.
04:14Donc il ne faut pas laisser de traces, c'est ça ?
04:15Mais c'est précisément...
04:16Mais il le dit.
04:17Il le dit,
04:17et Carlos Ghosn le dit clairement.
04:19Et vous savez que quand il le dit,
04:22il est de retour au Liban
04:23après s'être échappé du Japon,
04:26il n'y a aucune concertation.
04:27Et quand vous mettez les PV de Carlos Ghosn
04:30avec les explications
04:31que donne Rachida Dati
04:33plusieurs temps avant,
04:34ça colle parmi.
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