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  • il y a 4 mois
L'ancien président de la République a été condamné en première instance à cinq ans de prison avec mandat de dépôt différé par le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs, dans le cadre du procès sur le financement libyen de sa campagne présidentielle en 2007.

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Transcription
00:00Bonsoir maître Jean-Michel Darrois, vous êtes l'un des avocats de Nicolas Sarkozy, vous êtes sonné ce soir ?
00:07Oui, oui parce que vraiment cette décision de culpabilité, on va y revenir, est tout à fait infondée
00:17et la sévérité, la lourdeur de la sanction ne peut qu'étonner,
00:24surtout que le parquet national financier qui n'avait pas de bonnes intentions vis-à-vis de Nicolas Sarkozy
00:30n'avait pas réclamé l'exécution immédiate et l'émission d'un mandat de dépôt
00:37et donc le tribunal a ordonné cette exécution provisoire et ce mandat de dépôt différé
00:46sans que nous ayons eu, nous avocats, l'occasion de plaider sur cette question.
00:55Donc vous n'avez jamais anticipé le fait qu'il aille en prison ?
00:59Comment ça se passe dans une audience pénale ?
01:02Après les interrogatoires, les témoignages, le parquet prend la parole et il réclame des sanctions.
01:08Il n'a pas réclamé l'exécution immédiate et le mandat de dépôt contre Nicolas Sarkozy.
01:13Donc il n'y avait aucune raison que nous plaidions sur cette question.
01:19Et si nous avions pu plaider, il est possible que la décision du tribunal eût été différente.
01:26C'est donc, me semble-t-il, une première violation des droits de la défense.
01:31Il y en a eu d'autres.
01:32Comment a réagi Nicolas Sarkozy quand il a entendu qu'il irait en prison ?
01:36Est-ce qu'il l'a tout de suite compris ?
01:37Ben non, c'est même le contraire.
01:40Alors, puisque, comme vous l'avez rappelé tout à l'heure madame, au début de l'audience,
01:45la magistrate, la présidente du tribunal, a annoncé qui serait condamné, qui serait relaxé.
01:52Il y a eu un certain nombre de relax, notamment celle d'Éric Wörth.
01:55Et puis, concernant Nicolas Sarkozy, elle a dit qu'il était relaxé partiellement,
02:04parce que vous entendez donc qu'il y avait un motif de condamnation,
02:07mais qu'il était relaxé pour le financement et pour la corruption.
02:13Condamné pour association de malfaiteurs, en revanche.
02:15Alors, en fin de compte, il va être condamné pour association de malfaiteurs.
02:20C'est une accusation qui a surgi après neuf ans d'instruction.
02:28Elle a surgi après neuf ans d'instruction, à mon sens,
02:31parce que ces neuf ans n'avaient rien démontré.
02:35Ils sont donc allés chercher une inculpation sur un délit d'association de malfaiteurs
02:44qui est qualifié de voiture balai dans les milieux judiciaires.
02:48C'est une espèce, c'est fourre-tout.
02:50C'est n'importe quoi.
02:51C'est-à-dire que ce qu'on semble reprocher,
02:55parce qu'il faut qu'on lise les 400 pages de la décision,
02:59mais il semble qu'on reproche à Nicolas Sarkozy
03:03des faits qui sont imputés à ses collaborateurs,
03:08lesquels ont été condamnés moins lourdement que lui.
03:11On lui reproche d'avoir laissé ses collaborateurs agir.
03:15Ses collaborateurs ont rencontré le numéro 2 du régime de Kadhafi,
03:22qui était un homme important.
03:24Ils l'ont rencontré en présence de Feux, Zidiaq, Taqedine.
03:28Sénoussi, le bras de red Kadhafi, ne parlait ni anglais ni français.
03:35Évidemment, Guéant et Hortefeux ne parlaient pas arabe.
03:39Donc, la discussion, et la présidente du tribunal elle-même l'avait soulevée,
03:45a été menée par Zidiaq Taqedine,
03:48dont on sait que c'est un menteur.
03:50Il était condamné pour ça.
03:51Enfin, c'était un menteur.
03:52Et donc, en fait, ni Hortefeux ni Guéant ne savent ce que a dit véritablement Sénoussi.
04:01Et puis, alors après, Guéant et Hortefeux ont nié,
04:06parce qu'ils avaient un peu honte d'avoir rencontré ce type-là,
04:09ils ont affirmé qu'ils n'avaient pas rencontré,
04:13qu'ils n'avaient pas informé, excusez-moi, Nicolas Sarkozy,
04:17et rien ne permet de dire que Sarkozy leur avait donné la moindre instruction
04:24d'aller discuter d'un financement de campagne électorale avec ce Sénoussi,
04:28alors qu'en plus, le financement n'a pas eu lieu.
04:30Donc, vous vous dites que Nicolas Sarkozy n'était au courant de rien ?
04:33Voilà. Je confirme.
04:35Vous confirmez, oui.
04:36Et je voudrais juste vous donner deux éléments strictement juridiques.
04:42Le tribunal judiciaire, celui qui vient de condamner Sarkozy,
04:49déclare dans une décision du 8 février 2024,
04:55« En l'absence de toute preuve, une juridiction pénale de jugement ne saurait,
05:00sans méconnaître le principe de la présomption d'innocence,
05:04déduire la culpabilité d'un prévenu d'une hypothèse fut-elle vraisemblable. »
05:11Or, la condamnation de Sarkozy repose exclusivement sur des hypothèses d'hypothèses.
05:18Et donc, le principe selon lequel tout inculpé est présumé innocent,
05:26et que dans le doute, l'innocence doit être déclarée,
05:30ces deux principes essentiels n'ont pas été appliqués à Nicolas Sarkozy.
05:35Alors, il y a aussi cette question d'exécution provisoire,
05:38c'est-à-dire, vous avez fait appel déjà, vous avez déposé cet appel ?
05:42On a fait appel.
05:42Voilà. Malgré tout, Nicolas Sarkozy, la condamnation est maintenue,
05:46et il va de toute façon aller en prison.
05:48J'espère que vous êtes choqué, parce que, envoyé en prison,
05:56alors qu'on fait appel, que la condamnation repose sur des hypothèses
06:01qui, en principe, ne doivent pas être tenues par des juridictions de jugement,
06:06on peut quand même penser qu'il y a une justice spéciale pour Nicolas Sarkozy.
06:11C'est-à-dire quoi ? C'est une décision politique ?
06:13Non, je ne dirais jamais que c'est une décision politique,
06:17au sens où on emploie ce terme.
06:20Mais c'est une décision politique,
06:24dans la mesure où les magistrats ont voulu,
06:30comment dire, pour ne pas choquer les juges,
06:35ont voulu démontrer qu'ils donnaient un coup de balai dans la politique.
06:41Ce n'est pas ce que nous a dit tout à l'heure la secrétaire nationale
06:45de l'Union syndicale des magistrats, Catherine Vendier,
06:47elle affirme que cette exécution provisoire n'est pas une rareté.
06:50Écoutez.
06:51C'est le propre de tous les justiciables,
06:53de mettre quelqu'un en prison entre deux procès.
06:56Il y a 86%, j'ai regardé les statistiques cet après-midi,
07:0086% des décisions qui condamnent quelqu'un
07:03à une peine de 5 ans d'emprisonnement ou plus en première instance,
07:06qui est exécutée immédiatement.
07:08Donc, M. Nicolas Sarkozy n'a pas bénéficié d'une décision plus sévère que les autres.
07:15Il a un traitement identique aux autres justiciables.
07:20Voilà, pas de traitement de défaveur.
07:22Que répondez-vous, M. Darrois ?
07:23Je réponds qu'il n'était pas obligé d'ordonner l'exécution provisoire,
07:29et que c'est quand même la première fois qu'un président de la République va être mis en prison
07:37pour un délit, une fois encore, dont le tribunal lui-même reconnaît qu'il n'a pas été commis.
07:45Car il était poursuivi pour financement de la campagne électorale.
07:50Il est démontré que c'est faux puisqu'il est relaxé de ce chef.
07:53Il était poursuivi pour corruption, il aurait été le corrompu,
08:01et là aussi, le tribunal déclare qu'il n'est pas coupable de ce fait.
08:08Mais il est coupable d'association de malfaiteurs, a dit le tribunal.
08:11Nicolas Sarkozy est convoqué le 13 octobre par le parquet national financier,
08:15et c'est à ce moment-là qu'il connaîtra la date de son incarcération.
08:19Généralement, c'est rapidement après ?
08:22Ça dépend, ça dépend, c'est assez rapide.
08:27Donc ça va être au mois d'octobre ?
08:29Peut-être plus tard.
08:30Il y a des tas de questions personnelles qui se posent,
08:34et qui permettent d'évaluer les modalités de la détention.
08:40Dans quelle prison, ça vous le savez déjà ?
08:41Ça, je ne sais pas.
08:43Et vous avez une demande spéciale par rapport à ça ?
08:46Écoutez, pour l'instant, on n'a pas réfléchi à ça,
08:49on a réfléchi à ce que disait le jugement.
08:52Merci beaucoup, Maître Jean-Michel Darrois.
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