- il y a 6 mois
Rachida Dati contre-attaque. Renvoyée à la correctionnelle, la ministre de la Culture se défend, attaque les magistrats, ne renonce à rien. La justice lui a d'ailleurs répondu. Cette stratégie très offensive est-elle la bonne ? On en parle avec : Franck Berton, avocat de Rachida Dati. Basile Ader, avocat de Rachida Dati. Vincent Vantighem, grand reporter police-justice BFMTV.
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00:00La contre-attaque de Rachida Dati. Je reçois avec Vincent Vantigan, bonsoir Vincent, ses deux avocats, Maître Berton, Franck Berton, bonsoir.
00:09Bonsoir.
00:09Basile Adder, bonsoir.
00:11Bonsoir.
00:11Pourquoi a-t-elle changé d'avocat ?
00:13Elle n'a pas changé, Basile Adder est là depuis le début du dossier.
00:17Vous venez d'arriver ?
00:18Moi je viens d'arriver parce que je pense qu'elle a envie de changer son équipe de défense.
00:24Et voilà, nous nous sommes aujourd'hui ensemble à sa défense.
00:31Je ne sais pas véritablement...
00:33Je crois qu'il n'y a rien de décidé.
00:35Il n'y a rien de décidé.
00:35Je pense que c'est prématuré de dire qu'elle change son équipe.
00:40Est-ce que ça veut dire que c'est un changement de stratégie ?
00:42Puisqu'aujourd'hui il y a un procès à l'horizon, on connaîtra le procès au mois de septembre.
00:47Je vais vous dire le fond des choses.
00:49Elle a vraiment cru qu'elle aurait un non-lieu.
00:51Lorsque ce dossier a commencé, sur la plainte,
00:55le parquet national financier a été dirigé par madame Oulette
00:58qui lui a dit qu'on classe sans suite.
01:01Ce n'est pas constitué.
01:03Ce qui n'a pas été le cas, il n'y a eu aucune décision de classement sans suite.
01:07Parce qu'elle l'a dit hier dans son interview sur LCI.
01:09On nous a annoncé un classement sans suite.
01:11Quand on lui dit les choses, elle ne les croit pas forcément.
01:13Donc la magistrate lui avait dit, les yeux dans les yeux, ça sera classé.
01:18Ça sera classé, il n'y a pas matière.
01:21Par rapport à la plainte.
01:22Et après, elle a eu un statut de témoin assisté pendant un temps.
01:27Et à chaque fois, elle a cru que ça se terminerait.
01:29Et donc moi, je suis très content que Franck Berton nous rejoigne.
01:32Parce que maintenant, la lutte change de nature.
01:36Et surtout, je suis content qu'elle ait décidé enfin de s'expliquer.
01:40Il y avait une espèce de respect sur l'institution.
01:42Elle a été garde des Sceaux.
01:43On lui faisait des promesses en disant, écoutez, ce dossier nous paraît vide.
01:48Nous paraît pas pouvoir constituer des charges suffisantes pour justifier un renvoi.
01:52Et bien finalement, elle a ce renvoi.
01:54Est-ce qu'il n'y a pas une forme de candeur de croire que ça aurait pu aboutir à un non-lieu ?
01:58Sachant qu'elle est mise en examen depuis plus de 4 ans, qu'elle a déposé énormément de recours,
02:02notamment devant la cour d'appel, devant la chambre de l'instruction, recours qui ont été rejetés.
02:06Certains ont été acceptés, mais la plupart ont été rejetés.
02:09La question de la prescription, elle n'a pas obtenu le gain de cause.
02:11Est-ce que finalement, il n'y a pas...
02:12Non, non.
02:13Alors, je ne peux pas vous laisser dire qu'elle n'a pas obtenu le gain de cause.
02:15On ne lui a pas permis de poser la question parce qu'elle avait été mise en examen depuis 6 mois.
02:20Vous savez que la règle, désormais, c'est que si on a un incident de forme, on ne peut pas valoir.
02:23Mais je reprends la question.
02:24Les pièces qui justifiaient que tout était connu de Renaud,
02:27nous sont arrivées postérieurement à ces 6 mois.
02:30Donc, elle a été déclarée irrecevable.
02:32Et à chaque fois, on nous dit, même l'avocat général à l'audience devant la chambre de l'instruction,
02:36vous aurez tout lieu d'exercer vos droits de la défense à l'audience.
02:39Je repose la question.
02:40Est-ce qu'il n'y a pas une forme de candeur, quand on est mis en examen depuis 4 ans,
02:43de penser qu'on va s'en sortir ?
02:44Chacun croit à la justice de son pays.
02:47Je vais laisser Franck Berton.
02:49Moi, je ne la connaissais pas.
02:51Moi, Rachida Dati, elle me fait l'honneur de me confier sa défense.
02:54Et j'en suis heureux.
02:55J'ai découvert ce dossier qu'elle porte avec ses avocats depuis tant d'années.
03:02Ce n'est pas de la candeur.
03:03Vous savez, quand les gens sont innocents et quand ils sont persuadés
03:06qu'ils vont arriver à démontrer, M. Vendiquet, on en a vu,
03:09des gens qui, coûte que coûte, sont convaincus qu'ils vont arriver
03:13à démontrer leur innocence.
03:15Moi, lorsque je prends connaissance de ce dossier,
03:17lorsqu'on fait nos réunions de travail, on se dit, mais ce n'est pas possible.
03:21On marche sur la tête.
03:22On marche sur la tête.
03:23Et en réalité, pour répondre à votre question, ce qu'on veut...
03:25Elle ne peut pas croire que ce soit uniquement les raisons politiques qui l'amènent.
03:28Si vous voulez, elle a peut-être cette candeur-là.
03:31Mais ça, c'est une autre tature.
03:32Mais elle a quand même une stratégie, on l'a entendue hier,
03:35sa première réaction publique, très offensive.
03:37Elle attaque directement les magistrats.
03:39Elle dit que le chef du parquet, Jean-François Bonnert,
03:42le procureur national financier, lui aurait dit que finalement,
03:45les accusations ne tenaient pas.
03:46Il a démenti.
03:47Que son équipe au sein du parquet a été désorganisée.
03:49Alors, il a démenti.
03:51Il y a le président du tribunal de Paris qui également a défendu la magistrature
03:55en disant qu'on pouvait certes se défendre,
03:57mais qu'on ne pouvait pas jeter le discrédit sur l'autorité judiciaire
03:59et saper la confiance légitime des citoyens dans la justice.
04:01Est-ce que c'est une bonne stratégie de s'en prendre frontalement au juge, en fait ?
04:05Mais je reviens à ce que je vous disais il y a quelques instants.
04:08Quand vous êtes convaincu que vous allez faire triompher votre innocence,
04:14elle, elle est persuadée qu'on lui en veut.
04:17Et qui lui en veut ?
04:18– Mais parce que…
04:19– Les magistrats lui en ont ?
04:20– Non, l'institution, ou qu'il y a un combat politique derrière qui est mené,
04:23que les choses ne sont pas claires.
04:25Écoutez, vous savez, j'ai ramené un bout du dossier là.
04:28Il y a près de 40 attestations qui ont été versées par les avocats à la procédure
04:34qui viennent établir quoi ?
04:36Que Rachel Haddati a travaillé en qualité d'avocate et de députée européenne
04:41pour le groupe Renault, en vertu tout simplement d'une convention…
04:46– Uniquement comme avocate pour le groupe Renault, pas comme députée européenne.
04:49– On est bien d'accord.
04:50– Mais elle était en ce moment-là députée européenne.
04:52– Oui, mais la question qui est posée au départ, et pardon, vas-y,
04:55la question qui est posée, on dit mais comment on peut être à la fois avocat et député ?
04:59Et donc vous savez, ça jette le discrédit et le trouble, on se dit mais c'est pas possible.
05:03Je vais vous prendre quelques exemples.
05:04Corinne Lepage par exemple, actuellement, elle est avocate,
05:07mais elle est aussi députée européenne.
05:09– Parce qu'il n'y a pas un conflit d'intérêts ?
05:10– On pourrait soupçonner que Renault, pardon, on pourrait soupçonner Renault
05:16de faire appel à Rachid Alati pour utiliser son influence au Parlement européen.
05:21Ça fait partie d'ailleurs des soupçons.
05:22– Pardonnez-moi, c'est parfaitement compatible.
05:26Il y a des règles qui font qu'il y a certains domaines dans lesquels
05:28on ne peut pas plaider contre l'État.
05:31Je vous rappelle, et ça vaut pour les parlements européens
05:33où les parlementaires ont un rôle sans doute moins important qu'au Parlement français,
05:36que notre histoire républicaine, c'est des avocats au Parlement.
05:39Que ça soit en 1789-1792, ou que ça soit en 1870, au moment de la Troisième République.
05:46C'est 30% d'avocats.
05:47Donc, s'il vous plaît, il n'y a pas d'incompatibilité que vous auditez en l'entendant bien.
05:50– Ce n'est pas du lobbying déguisé.
05:51– Ce n'est pas interdit.
05:54– Ce n'est pas interdit.
05:55– Ce n'est pas interdit.
05:56– Si c'est ce qu'on lui reproche, indirectement dans l'opinion publique,
06:00et même aussi dans l'ordonnance qui nous a été notifiée hier,
06:04c'est ce qu'il est reproché en disant, elle s'est servie, en réalité elle se sert,
06:08de sa casquette d'avocate, pour favoriser au Parlement européen,
06:14le groupe pour lequel elle a un client.
06:16– Les magistrats s'interrogent aussi sur le bien fondé du travail effectué par Rachel Hattie,
06:24des notes auraient été supprimées, on ne retrouve pas beaucoup de traces de ce travail, comment ça se fait ?
06:34– Eh bien, je vais vous expliquer quelque chose.
06:37La diplomatie des affaires, c'est aujourd'hui quelque chose qui est affiché
06:41dans tous les grands cabinets de la place.
06:42C'est-à-dire que quelqu'un qui, sur un coup de téléphone, peut permettre à une entreprise
06:47de décrocher un rendez-vous, avoir un appel d'offre, avoir la possibilité de s'installer,
06:54elle, personne ne va le contester, une notoriété qui est légitime
07:01dans le monde du Moyen-Orient et au Maghreb, incontestable.
07:07Ce que veut, et tout de suite c'est lui qui va la chercher,
07:10Carlos Ghosn, pour le groupe, pas pour lui perso en douce,
07:14c'est qu'elle puisse lui permettre…
07:15– Pour utiliser ses compétences-là.
07:16– Je vais vous dire le dossier rapidement, parce que moi je suis content, enfin,
07:19qu'elle ait considéré qu'il fallait en parler.
07:23– Vous êtes là pour vous expliquer.
07:23– Qu'il y avait des intérêts de Renault en Turquie, en Iran, au Maroc, en Algérie,
07:31qu'elle a sauvegardés ou qu'elle a permis d'installer.
07:34Et ça valait beaucoup d'argent.
07:35Et pardonnez-moi, mais les avocats qui interviennent dans cette matière,
07:39ils sont dans une relation directe avec le CEO, avec le président.
07:43Et il ne faut pas faire de papier, on est dans le secret des affaires,
07:46on est dans le secret industriel.
07:46– Donc il ne faut pas laisser de traces, c'est ça ?
07:47– Mais c'est précisément… Mais il le dit.
07:49– Il le dit, et Carlos Ghosn le dit clairement qu'il ne veut pas de traces.
07:53– Et vous savez que quand il le dit, il est de retour au Liban,
07:56après s'être échappé du Japon, il n'y a aucune concertation.
08:00Et quand vous mettez les PV de Carlos Ghosn avec les explications que donne Rachida Dati
08:05plusieurs temps avant, ça colle parfaitement.
08:07– Par contre, il y a quelque chose sur lequel j'aimerais revenir.
08:10Frank Berton, vous parliez des attestations, des fameuses attestations.
08:13Il faut dire aussi ce que les juges d'instruction n'ont pas.
08:15– Pourquoi il s'agit des attestations ?
08:16– Des attestations de témoins qui vont dire,
08:19oui, elle a bien travaillé, elle a bien travaillé sur ces dossiers-là,
08:22elle a bien travaillé au Maroc, en Algérie, en Iran.
08:24– Les deux juges d'instruction notent que ce sont, je reprends les termes de mémoire,
08:29ils ont une valeur probatoire tout de même très limitée, ces attestations,
08:33en disant qu'on ne va pas…
08:34– Laissez-moi terminer, laissez-moi terminer s'il vous plaît.
08:37Il doit pourtant, je vais les citer, il doit pourtant une nouvelle fois être rappelé
08:40que les traces de travail sont très limitées.
08:42Aucun des témoins entendus dans la procédure
08:44n'objective les interventions de Rachida Dati au Maghreb ou au Moyen-Orient,
08:47avec une illustration dont elle a fait mention hier lors de son interview sur El Céide,
08:52c'est celle de l'usine de Tangier au Maroc, elle dit d'avoir sauvegardé.
08:56Aucun des cadres de Renault directement en charge de ce dossier n'avait été informé,
09:00ni même n'avait eu vent d'une quelconque intervention de Rachida Dati
09:02sur ce projet d'usine qui relevait directement de leurs attributions.
09:06– Les avocats comme Franck Berton et moi, notre métier paraît tout à fait traditionnel,
09:11on va défendre nos clients devant les juridictions,
09:13et lorsque c'est utile dans les médias.
09:16Vous avez catégorie d'avocats, Madeleine Oubrat par exemple,
09:20qui fait payer 3 millions de dollars ses interventions pour les entreprises qu'il permet,
09:24qui ne laisse aucune trace.
09:25Mais ça vaut beaucoup d'argent et les entreprises…
09:28– Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de travail.
09:29– Mais ça veut dire qu'il y a un service.
09:32Les juridictions ont eu la même réaction quand je me dis,
09:35mais où sont les traces du travail ?
09:36Mais le travail, c'est le service que vous rendez à l'entreprise.
09:39Et quand vous achetez l'exclusivité dans votre domaine d'activité,
09:43avec un contrat, ça c'est totalement habituel aussi,
09:46un contrat forfaitaire annuel renouvelable chaque année,
09:49on l'a renouvelé à chaque fois.
09:51Et parce que précisément, on veut avoir son entre-gen,
09:55sa facilité d'analyse stratégique sur ces législations locales,
10:00sur les bonnes personnes qu'il faut agiter pour ne pas fermer une usine en Turquie,
10:03pour permettre en Iran, alors qu'il y a totalement…
10:06Eh bien ça, ça vaut beaucoup d'argent.
10:07Et c'est un métier d'avocat que, moi c'est l'ancien bastonnier qui vous parle,
10:11parfaitement honorable, parfaitement digne, parfaitement dans les clous.
10:14– Mais ça, personne ne dit le contraire.
10:15– Mais c'est ça qui s'est passé.
10:17– Est-ce qu'on peut rajouter, pour répondre à votre question,
10:19les attestations à cela ?
10:20Vous savez par exemple, il y a l'ambassadeur d'Iran,
10:24il y a Jean-Pierre Raffarin, il y a des tas de gens…
10:26– Oui mais Jean-Pierre Raffarin…
10:27– Oui mais des tas de gens sont venus dire, attendez,
10:29des tas de gens sont venus dire, nous dans notre pays,
10:31il est intervenu, etc.
10:32Il y a des choses qui ont été faites réellement,
10:34en complément de ce que vous dites.
10:35– Et ça, ça ne suffit pas à convaincre les magistrats ?
10:37– On demande, ils ont demandé que ces gens-là soient entendus.
10:40Vous savez ce qu'il dit dans l'ordonnance de renvoi
10:43devant le tribunal correctionnel ?
10:44L'audition de tous ces gens-là qui sont des décideurs,
10:48qui sont des spectateurs du travail de Rachida Dati.
10:52Ce n'est pas le directeur de l'usine de Tangier
10:54qui forcément n'allait pas aller voir le directeur
10:57saluer de l'usine de Tangier.
10:59Son boulot c'était autre chose.
11:00Vous avez bien compris que ce n'était pas d'aller compter
11:04les voitures à la sortie de l'usine.
11:07Bon, que ces gens-là dont il est demandé l'audition
11:11viennent nous dire que ce n'est pas utile
11:12à la manifestation de la vérité.
11:14Et comment vous faites pour vous défendre ?
11:16On vous dit, d'un côté on vous dit,
11:18vous ne travaillez pas, vous n'avez pas travaillé,
11:21tenez, regardez, j'ai des gens qui vous disent
11:23que j'ai bossé, et je veux que vous les entendiez.
11:25On nous dit, non, non, faire de la discussion,
11:28ce n'est pas utile à la manifestation de la vérité.
11:29Vous allez les faire citer lors du procès, bien sûr.
11:31Oui, mais pardonnez-moi, on peut régler un dossier avant.
11:36Et s'il y a une instruction, et que notamment,
11:37les faits sont presqués parce qu'ils n'ont absolument
11:39pas été dissimulés, ils étaient connus de Renault.
11:42Ça aussi, il a fallu qu'on fasse une action civile
11:44contre Renault pour avoir les comptes.
11:47Et qu'on voit, ah ben, le cabinet Rachida Dati payé, payé.
11:50La connaissance de l'aide par des noix,
11:51mais ça c'est un point de droit qui est quand même très important.
11:53La connaissance par la victime du fait prétendument délictueux
11:56fait courir la prescription.
11:58Ce qui interpelle, ce sont les montants des prestations.
12:01On parle de 900 000 euros en trois ans,
12:04donc 300 000 par an, c'est autour de 25 000 par mois.
12:08J'imagine que ceux qui nous regardent et qui nous écoutent
12:10disent que c'est quand même beaucoup d'argent.
12:12Pardonne-moi, Franck, je vais dire.
12:13D'abord, 300 000 euros d'honoraires, c'est des honoraires.
12:18Ce n'est pas un revenu que vous avez toutes vos charges professionnelles,
12:21tout ce que vous payez aux différents organismes sociaux.
12:25Et ensuite, vous avez un bénéfice qui va entre 30, 40, 50 %
12:29quand c'est précisément bien.
12:31Donc, ce n'est pas tout à fait la même somme.
12:33Et puis, grâce à son intervention, on ne ferme pas un jour d'usine.
12:37Ça, il le dit, Carlos Ghosn, un jour d'usine en Turquie,
12:41ça fait gagner à la boîte 300 000 euros.
12:43C'est-à-dire qu'une journée gagnée grâce à son intervention,
12:45et ça, on l'a justifié dans ses attestations,
12:48ça y est, les honoraires sont payés, sont remboursés.
12:51Eh bien, excusez-moi, ça, c'est de la bonne gestion pour un champ d'entreprise
12:53de se dire, grâce à cette personne, et uniquement grâce à cette personne,
12:56je vais éviter parce qu'il y a eu plusieurs jours,
12:58et je vais largement me rembourser des honoraires.
12:59– Et reconnaissez que, toujours pareil pour ceux qui nous regardent,
13:02c'est que, bon, Rajelati, à l'époque, elle était députée européenne,
13:05donc elle a une fonction au Parlement,
13:07mais elle a le temps d'être avocate,
13:10d'agir au Maghreb, pour une entreprise privée.
13:14Ce mélange des genres, vous me dites, c'est tout à fait légal.
13:16Mais ça interpelle ceux qui découvrent cela.
13:18– Excusez-moi Corinne Lepage, que j'aime, qui est une amie,
13:21j'espère encore des clients.
13:23– Mais on va prendre un autre exemple, Gilbert Collard.
13:25Gilbert Collard, que tout le monde connaît, qui est un grand avocat.
13:28– Qui a été député…
13:28– Qui a été député européen, et en même temps avocat.
13:31Il était même président d'une commission aux affaires juridiques.
13:35Donc, et bien évidemment, ça ne choque personne,
13:37parce que ce n'est pas interdit.
13:39Et vous voyez…
13:40– Ça choque quand il s'agit des affaires,
13:41avec des grands entreprises privées.
13:42– Mais parce qu'il y a une volonté, il faut le dire,
13:43moi je rentre dans ce dossier,
13:45il y a une volonté de se payer à chez la datie.
13:47– Mais qui veut se payer ?
13:48– Je ne sais pas, il y a un combat politique,
13:50alors elle…
13:51– Le parquet national financier est politique ?
13:52– Non, on ne rentre pas, nous, dans ces considérations-là.
13:55Il n'y a pas d'individualisation.
13:57– Je peux simplement dire, et j'ai cette liberté,
14:02que le parquet national financier, qui existe depuis peu de temps,
14:05a une justification lorsqu'il épingle des personnalités politiques.
14:10Et c'est presque revendiqué.
14:12C'est-à-dire que quand on fait les 10 ans du PNF,
14:15qu'est-ce qu'on annonce telle personne que nous avons ?
14:18Donc je ne vous dis pas que c'est uniquement mu par ça.
14:20– Mais en raison de l'actuelleur politique ?
14:22– Je ne sais pas, je ne vais pas rentrer dans ces considérations.
14:24– Parce qu'il y a eu des procédérations entre tous les partis.
14:26– Je ne rentre pas dans ces considérations.
14:29Je veux simplement vous dire que ça rentre forcément dans la tête de notre cliente
14:37de se dire, écoutez, au moment, parce que ça commence au moment de l'investiture,
14:41la prochaine fois, et là, vous avez lundi prochain le comité d'investiture,
14:45cette ordonnance de renvoi, bon, elle nous était annoncée depuis des semaines et des semaines.
14:49– Mais même la date d'audience s'est annoncée.
14:51C'est vrai qu'il n'y avait pas l'ordonnance de renvoi.
14:52On demandait déjà aux avocats s'ils étaient disponibles.
14:56– Par hasard, ça tombe au moment où l'aché dati va peut-être se présenter à l'initiative à Paris.
14:58– Mais j'en sais rien, c'est le hasard.
15:00– Oui, mais vous voyez, cette défense, cette défense, j'ai l'entendu.
15:02– Mais ça aurait pu tomber plus tôt aussi.
15:04– Oui, moi je ne peux pas vous parler du fond.
15:05– Non mais pardon, mais cette défense,
15:09on l'a entendu dans la bouche de François Fillon, de Marine Le Pen à chaque fois,
15:13quand ça les concerne, ça devient tout d'un coup des procès politiques.
15:16– Mais vous ne l'avez pas entendu dans la bouche de Dupont-Moretti par exemple ?
15:19– Si, il l'a dit aussi.
15:20– Et il a été relaxé ?
15:21– Oui, bien sûr.
15:22– Vous ne l'avez pas entendu dans la bouche de Bérou ?
15:24– Donc ça veut dire qu'il y a des magistrats qui veulent se payer des politiques ?
15:25– Le Premier ministre actuel, il a aussi été relaxé ?
15:29– Non mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a des magistrats qui veulent se payer des politiques ?
15:31– Non, je ne vous dis pas ça.
15:32– Vous l'avez un peu dit.
15:33– Je vous dis simplement que…
15:35– Regardez ce qu'elle disait hier.
15:36– Par votre intermédiaire notamment.
15:38Si vous voulez, les magistrats ne sont pas insensibles, ils sont dans la cité,
15:40d'ailleurs ils nous l'ont dit récemment dans ce jugement que vous venez d'évoquer.
15:45Lorsqu'il y a cette pression médiatique,
15:48le déchaînement qu'on a sur un prévenu ne peut pas se présenter,
15:52et j'espère qu'on va parler de la présomption d'innocence,
15:55que des magistrats, pardonnez-moi, ils se disent, il faut que je fasse…
15:58Ils nous le disent même maintenant dans le jugement.
16:00Moi je ne suis pas hors de la cité,
16:01je suis quand même obligé de prendre en considération ce que l'opinion publique souhaite.
16:04– Et l'opinion publique veut faire tomber des têtes ?
16:06– Et l'opinion publique, elle écoute notamment votre chaîne.
16:08– Alors justement, vous parlez de ceux qui ont réagi, notamment la gauche,
16:11on est aussi dans un jeu politique,
16:13le secrétaire général du Parti Socialiste, Pierre Jouvet,
16:15qui demande la démission de la ministre,
16:17et qu'il a d'ailleurs qualifié de voyou sur Sud Radio.
16:20– C'est une injure ça.
16:22– Mais comme je vous dis, il y a quand même une coïncidence assez particulière,
16:26et surprenante, on ne va pas dire autre chose,
16:28entre la notification, ou un calendrier judiciaire,
16:33et un calendrier politique, on est en plein dans le même moment.
16:36– Un homme ou une femme politique qui a toujours un calendrier électoral ?
16:39– Non mais là, elle est au lendemain de l'annonce de sa candidature.
16:44– Oui mais ce qu'il faut préciser aussi,
16:46et c'est tout à fait son droit et votre droit en tant qu'avocat,
16:49c'est que ce procès, l'ordonnance aurait peut-être pu tomber aussi plus tôt
16:52s'il n'y avait pas eu une multitude de recours déposés par Rachida Dati.
16:56– Mais ça veut dire qu'elle ne doit pas faire de recours ?
16:58– Si, c'est bien ce que je viens de dire, c'est tout à fait son droit.
17:00– Quand il y a la prescription, quand il y a, je vais vous dire les incidents,
17:04qu'il y a une prescription, on nous dit « c'est trop tard, vous irez vous expliquer ».
17:07Et c'est prescrit, c'est fondamentalement prescrit.
17:10Je serais pour Mme Michu, je serais certain de mon coup.
17:14Il y a une deuxième, dans l'ordonnance, dans le résistoire définitif,
17:19on a fait écarter des pièces parce qu'elle touchait au secret.
17:22On oublie un peu qu'elle est avocate.
17:23– J'aimerais en dire un mot d'ailleurs, parce que si le PNF…
17:25– Elle a été magistrat.
17:26– …contrôlait nos comptabilités en disant « qu'est-ce que vous avez fait là ?
17:28Mais attendez, moi je ne vois pas de mémo, dites donc, il n'y a pas de compte rendu,
17:32vous êtes sûr que vous êtes beaucoup trop cher, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? »
17:34Et moi je vais le dire à la presse, que vous avez touché tant d'honoraires pour…
17:37Pourquoi en fait ?
17:38Mais vous vous rendez compte, pour l'indépendance des avocats, l'indépendance des membres ?
17:41Moi je trouve que c'est très préoccupant à cet égard.
17:43On ne voit que la femme politique, avec ses punchlines, etc.
17:46Mais elle était avocate.
17:48Et le bâtonnier de Paris n'a jamais ouvert une quelconque enquête disciplinaire,
17:54ni sur ce terrain déshonoraire.
17:56– Ceux qui disent qu'il faut qu'elle démissionne, vous leur répondez quoi ?
17:59– La présomption d'innocence ?
18:01Mais Dupont-Moéthi aurait dû démissionner ?
18:04Bérouge, je l'ai évoqué, aurait dû démissionner ?
18:06– Il est parti d'avec le gouvernement, finalement il a été relaxé.
18:08– Mais vous vous rendez compte quand même ?
18:11C'est-à-dire qu'il suffit qu'on ait une affaire qui soit instrumentalisée à un moment donné,
18:16pour des raisons quelconques et variées.
18:18Nous, nous sommes légalistes, on a des pièces dans nos dossiers,
18:23on a un regard de juriste.
18:26On vous dit qu'il y a une difficulté énorme à la mise en accusation de cette affaire.
18:30– Donc elle sera reconnue innocente selon vous ?
18:32– Mais on l'espère de tout cas.
18:33– Parce qu'on croit à l'AGC dans notre pays.
18:35– Moi je voudrais dire un peu sur la présomption d'innocence.
18:37Parce que, si vous voulez, c'est un peu le fourre-tout.
18:40« Ah ben la présomption d'innocence, on n'a plus rien le droit de dire.
18:42Pardonnez-moi quelqu'un qui clame son innocence sur un dossier aussi fragile. »
18:45Et je pense d'ailleurs que si on lui a donné une confiance politique en très haut lieu,
18:48c'est précisément parce qu'on a compris qu'il était très fragile.
18:51Et qu'on n'allait pas avoir le diktat des juges.
18:54Ce n'est pas les juges qui décident, je ne vous dis pas ça.
18:56Mais la pression qui est consécutive à la décision d'un juge,
19:02ça il ne veut pas l'avoir.
19:03Et moi, dans un autre registre, ça va vous faire sourire,
19:06mais moi je regrette que Michel Platini ait démissionné.
19:09On aurait sans doute un football qui serait encore plus pur.
19:12Et moins marchand qu'il n'est devenu.
19:13Donc arrêtons de faire démissionner ceux qui sont simplement mis en examen.
19:16Il a été innocenté deux fois.
19:18Posons la question inversement.
19:19Je vais prendre l'exemple, on a parlé d'Éric Dupond-Moretti,
19:22qui a été relaxé, de François Bayrou.
19:23Je vais vous parler d'Alain Griset, l'ancien ministre des petites et moyennes entreprises,
19:27qui lui, en tant que ministre, a été jugé, condamné.
19:30Et au soir de sa condamnation, il a donc démissionné.
19:32Admettons que Rachida Dati soit condamnée sur ce procès.
19:36Est-ce qu'elle, d'après vous, elle devra immédiatement démissionner ?
19:38Mais ce n'est pas à nous de répondre à ça.
19:40Alors, c'est très bien.
19:41Il faudra que ça soit une décision définitive.
19:44Il faudra qu'il y ait une audience, il faudra qu'on nous entende.
19:46Vous savez, c'est une femme de caractère.
19:47Moi, je la découvre.
19:48Vous le savez tous, mais moi, je la découvre réellement.
19:52Elle se bat.
19:53Elle est combative.
19:53Elle est combative.
19:55Elle est convaincue.
19:56Mais qu'on va la reconnaître innocente.
19:59Et il y a la raison.
20:00Quand aura lieu le procès, selon vous ?
20:01On ne sait rien.
20:02On nous a annoncé.
20:03On a écrit aux avocats.
20:04Vous seriez disponible au mois de novembre.
20:06Alors, moi, je n'étais pas rendu destinataire d'une lettre,
20:08puisque je n'étais pas encore dans la course.
20:10Mais je ne sais pas.
20:11Le parquet national financier avait déjà pris les dates, a priori.
20:15On nous annonce une date fin septembre.
20:17Une date de fixation, peut-être.
20:18Mais c'est une audience de fixation.
20:19Oui.
20:19Donc, je ne sais pas.
20:21C'est une audience de fixation.
20:22On va vous demander d'ouvrir vos agendas,
20:24notamment en 2026,
20:25pour voir à quelle date vous êtes disponible.
20:27On va avoir l'incident sur la pièce manquante.
20:28Oui.
20:29Vous voulez que je vous en dise un mot ou pas ?
20:30Un dernier mot, puisque vous avez lancé le sujet.
20:32Mais oui.
20:33Mais c'est un sujet compliqué.
20:35Mais allez-y.
20:35Alors, allez-y, parce que sinon,
20:36on va rester sur notre feu.
20:36Mais très vite, maintenant.
20:37Très vite.
20:38Mais puisque vous avez vu le PV,
20:39vous allez très vite comprendre.
20:41Il y a une convention d'honoraires
20:42qui serait prétendument le pacte de corruption
20:44passé pour Renault en 2009,
20:47renouvelable trois fois.
20:49Et d'ailleurs, pour les actes de corruption,
20:50c'était divinatoire pour des questions posées
20:52sur l'actualité en 2012.
20:54C'est-à-dire qu'on achète en se disant
20:55« Tiens, peut-être que trois ans plus tard,
20:56il y aura quelque chose à être. »
20:58Et il y a deux versions.
20:59Il y a une version qu'on renvoie à Rachida Dati,
21:01signée de Carlos Ghosn,
21:02et une autre version qu'on a présentée.
21:03Nous, on l'a appris au moment
21:04où il y a eu le retour du dossier de Beyrouth.
21:06Il y a une version où il est parafait,
21:09c'est-à-dire en fait contresigné,
21:10par les sachants.
21:11Il dit « Moi, je voulais que les gens
21:13qui étaient responsables… »
21:14Et donc, en l'occurrence,
21:15dit-il la direction juridique de Renaud,
21:19Renaud aujourd'hui plaignant,
21:21qu'il me prévoit bien l'endroit
21:23où je dois signer qu'il l'ait vu,
21:25en quelque sorte.
21:26On montre cette version à Carlos Ghosn
21:29lorsqu'on se déplace à Beyrouth.
21:30Il dit « Vous voyez bien que c'était connu,
21:32que je n'ai pas fait ça dans le dos de tout le monde
21:34pour lui faire pour ses poules yeux.
21:36Il y a les deux parafes. »
21:37Il lui dit « Mais c'est des parafes de qui ? »
21:39Ils disent « Il n'y a pas de parafes,
21:40je ne vois pas de parafes. »
21:41Ils disent « Ce sont les parafes de qui ? »
21:43Ils disent « Je pense qu'il y a le directeur juridique,
21:45mais ce sera facile. »
21:46Les parafes, c'est quelquefois difficile à authentifier.
21:49Terminé.
21:50Et nous, on nous dit
21:51« C'est un décélé du dossier, on va voir. »
21:53Il n'y a pas de parafes.
21:54Il y a donc une version qui n'est pas indifférente.
21:57Vive le titre.
21:58Un, c'est que Renaud est bien connu,
22:00et à terminer de parler de moi,
22:01mais c'est surtout que ce n'est pas occulte
22:02et que donc la prescription…
22:03Mais ce n'est pas la version des juges.
22:05Il faut expliquer ce que c'est.
22:06Alors là, on n'a plus le temps.
22:07En tout cas, on voit bien qu'il y a deux versions.
22:09Il y a quand même une succession
22:10de problèmes et de difficultés.
22:11Elle vient au rendez-vous au procès, alors ?
22:13Oui, c'est ce que oui.
22:13Et donc, on demandera un retour à l'instruction
22:15au moment de la fixation.
22:16D'accord.
22:17Merci à tous les deux.
22:18Merci à vous de nous avoir.
22:18Merci, Vincent.
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