- il y a 6 mois
Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, annonce ce mardi 22 juillet sur X que "les 17 premiers narcotrafiquants, parmi les plus dangereux de notre pays" ont intégré la nouvelle prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil après "un travail acharné". Mohamed Amra sera par exemple incarcéré dans cette prison. D'après son avocat, "c'est inhumain de mettre des gens dans un quartier d'isolement". À quoi ressemble une prison de haute sécurité ? On en parle avec : Vincent Vieillard, correspondant BFMTV à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Me May Sarah Vogelhut, avocate au barreau de Paris. Me Benoît David, avocat de Mohamed Amra et d'un détenu transféré aujourd'hui. Et Pauline Revenaz, cheffe du service police-justice BFMTV.
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00:00Nous allons maintenant dans le Pas-de-Calais, précisément devant la prison de très haute sécurité de Vendin-le-Vieille,
00:07où les premiers narcotrafiquants sont arrivés aujourd'hui.
00:10Et devant la prison, il y a Vincent Vieillard pour BFMTV.
00:13Bonsoir Vincent, ce sont 17 premiers narcotrafiquants qui ont été transférés.
00:19Bonsoir, c'est allé effectivement très très vite ce matin aux alentours de 11h30.
00:23Plusieurs fourgons escortés par des motards de la gendarmerie qui sont arrivés ici, sirènes hurlantes, rentrés dans cette prison de Vendin-le-Vieille.
00:32Et donc les 17 premiers narcotrafiquants qui ont progressivement rejoint leur cellule sans aucun problème, nous ont signalé à plusieurs sources syndicales.
00:42C'est allé très vite aussi pour le personnel ici qui ont appris seulement ce matin de ce transfert.
00:48Il faut dire que ces derniers mois, il y a eu pas mal de formations.
00:51Les salariés ici qui se disent donc prêts en tout cas pour cette nouvelle mission.
00:56Puisqu'ici, ce sera donc une centaine des 100 narcotrafiquants les plus dangereux de France qui seront incarcérés ici.
01:04Alors il y a eu de la formation, il y a eu aussi beaucoup de travaux.
01:074 millions d'euros de travaux ici sur ce site.
01:10Vous voyez les derniers travaux ici sur les images de Pauline Delevoix.
01:13La sécurisation uniquement du parking qui sera celui des familles.
01:17Mais à l'intérieur, il y a par exemple eu des grilles qui ont été rajoutées sur les fenêtres des cellules pour éviter tout transfert d'objets entre détenus.
01:27Il y a aussi des igéphones, des vitres qui ont été installés pour éviter tout contact physique direct pour les détenus avec certains de leurs proches.
01:35Il y a aussi des salles de visioconférence qui ont été installées cette fois pour éviter de déplacer les détenus en cas d'audience avec un juge par exemple.
01:44Voilà donc l'idée c'est vraiment d'isoler au maximum les individus, d'avoir aussi plusieurs surveillants par détenus.
01:53Donc beaucoup de travaux ici qui ont eu lieu.
01:55Et la dernière info qu'on a appris c'est que parmi les 17 personnes qui sont arrivées ce matin ici, il y a 17 je cite gros CV venus d'Ile-de-France ou encore du sud de l'Oise.
02:07Mais en tout cas pas de Mohamed Abra qui pourraient arriver dans les prochains jours ou les prochaines semaines.
02:10– Merci Vincent, avec Pauline Delevoye justement on va parler dans un instant de Mohamed Abra avec Benoît David, son avocat qui sera en duplex dans un instant.
02:20Mais je voudrais tout d'abord qu'on accueille une autre avocate, c'est Metsara Vaugellut.
02:23– Vaugellut, bonsoir, puisque l'un de vos clients vient d'être transféré dans cette prison de haute sécurité, avez-vous des nouvelles ?
02:32– Absolument, alors je l'ai découvert aujourd'hui par votre biais, par le biais de la presse, étant donné que j'ai eu beau l'assister lors du ce qu'on a appelé débat contradictoire
02:41qui avait eu lieu samedi au sein de la maison d'arrêt où il était détenu, la décision ne m'a absolument pas été notifiée.
02:47– Parce qu'il avait refusé d'être transféré ?
02:49– Oui, oui, il s'y opposait fortement, il s'y oppose toujours en raison des conditions de détention particulièrement sévères
02:56et il y a deux éléments qui sont particulièrement critiquables à son sens et au mien également,
03:04qui sont d'une part les parloirs famille, amis, enfin tous parloirs confondus d'ailleurs, seulement par le biais d'un nygiaphone.
03:12– Donc sans contact physique ?
03:14– Sans aucun contact physique, ce qui est quand même, je trouve, d'une cruauté, d'une violence, d'une inhumanité extrême.
03:21Également l'absence totale d'unité de vie familiale pour les personnes qui sont mariées, qui ont des conjoints-conjointes,
03:29c'est les deux éléments qui nous paraissent particulièrement critiquables.
03:33– Aujourd'hui votre client est considéré comme étant l'un des plus gros narcotrafiquants de France,
03:37puisque c'est l'objectif affiché du garde des Sceaux, Gérard Darmanin,
03:41c'est de placer les gros bonnets de la drogue dans cette prison et dans une autre prison à Condé.
03:49– Alors considéré par le garde des Sceaux, mais selon quels critères ?
03:52Mon client est présumé innocent ?
03:54– Selon un CV ?
03:54– Un CV ?
03:56– Pour en prendre l'expression de Vincent Vieillard.
03:57– Un CV, monsieur, n'est pas une décision judiciaire.
04:00– Il est poursuivi dans quelle affaire, dans combien d'affaires ?
04:03– Alors il est poursuivi dans plusieurs affaires qui sont en cours d'information judiciaire.
04:07– Des affaires de quoi ? De trafic de stupéfiants ?
04:08– Donc il est en détention provisoire.
04:09– Il est en détention provisoire dans l'ensemble des affaires.
04:11– C'est des affaires de quoi ? De trafic de stupéfiants ? De meurtre ?
04:13– Et ne rigueurez-vous même pas, ce sont des affaires d'homicide,
04:17ce ne sont pas des affaires de trafic de stupéfiants.
04:19– Mais liées aux stupéfiants ?
04:22– Tout ce que disent les magistrats instructeurs, c'est encore à l'instruction,
04:25c'est couvert par le secret de l'instruction, je n'en perds pas plus.
04:27– Et pour l'instant, il n'a pas été condamné définitivement,
04:29il est en détention provisoire.
04:30– C'est ça qui vous choque, c'est-à-dire qu'on devrait mettre dans cette prison
04:34des gens qui ont déjà été condamnés ?
04:35– À tout le moins, à tout le moins.
04:37Et encore à mon sens, même pas, mais encore plus dans le cas de mon client.
04:41Il est présumé innocent dans toutes ces affaires,
04:43et là, il y a un préjugé qui vient de tomber, du garde des Sceaux,
04:47qui le labellise, qui l'étiquette comme l'un des 100 plus dangereux narcotrafiquants.
04:52Je trouve ça inouï.
04:53– Donc dans l'instruction, ça va peser forcément, et lors du procès ?
04:58– Oui, absolument.
04:58– Quels sont les critères, avant d'accueillir l'avocat de Mohamed Amra,
05:02qui est déjà avec nous, mais rapidement, Pauline,
05:04quels sont les critères retenus par Gérald Darmanin
05:07pour choisir ces narcotrafiquants et les placer,
05:10donc je le rappelle, avant d'un le vieil,
05:13mais aussi à Condé-sur-Sarte, qui est l'autre prison choisie ?
05:14– C'est tout l'enjeu, parce que cette liste des 100,
05:17nous, on l'a demandé pendant plusieurs semaines,
05:18on ne l'a jamais obtenue, donc les critères,
05:20ce sont lui, c'est lui qui essaye de les avoir,
05:26avec les fichiers, il a remonté certains fichiers,
05:28effectivement, il travaille sur dossier,
05:30et après, c'est la dangerosité, et c'est…
05:33En fait, ce qu'il faut comprendre,
05:34c'est que l'objectif de ces prisons de sécurité,
05:36c'est de rendre opaque,
05:37et de rendre complètement étanche,
05:39cette détention, qui est le moins de contact avec l'extérieur,
05:41pour casser les trafics.
05:42– Parce qu'on s'est aperçu que la plupart de ces gros trafiquants
05:45continuaient leurs affaires au sein de la prison,
05:47il y a eu des témoignages de magistrats, etc.,
05:51et que finalement, la prison ne changeait rien
05:53dans leur parcours professionnel, en quelque sorte.
05:55– L'objectif, c'est de rendre cette détention étanche,
05:57et moi, j'ai pu visiter Vendin-le-Vieil il y a quelques mois,
05:59et effectivement, le silence est assourdissant,
06:02tout est complètement cloisonné,
06:04et vous avez ces parloirs hygiaphones,
06:05donc avec une vitre, où il n'y a plus aucun contact physique
06:08entre le détenu et sa famille.
06:09Donc c'est vrai que c'est assez assourdissant de silence,
06:13il y a des promenades avec des horaires particuliers,
06:16il n'y a droit qu'à deux fois deux heures de communication téléphonique,
06:19alors qu'en maison d'arrêt ou en maison centrale,
06:20on est bien loin de ça.
06:22Et il faut mettre en lumière la décision qui a été rendue hier
06:24sur Edouane Faïd, avec des critères qui jugent indignes
06:27les conditions d'incarcération,
06:28alors le parquet général vient de se pourvoir en cassation,
06:31mais quand même, je pense que vous, avocat,
06:33vous regardez de très près cette décision qui a été rendue hier,
06:35parce que ça ouvre…
06:36– Parce que lui aussi, il a l'isolement total.
06:37– Effectivement, ça ouvre des perspectives.
06:40– Absolument, parce que comme vous le dites très justement,
06:43ce qu'a considéré la Cour d'appel,
06:45c'est qu'était un traitement inhumain et dégradant,
06:47les deux éléments que je viens de vous mettre en lumière, monsieur,
06:50à savoir les parloirs famille-amis à travers un igiaphone
06:54et l'absence du VF.
06:55Et ce sont les deux éléments qui…
06:57– Vous avez conscience quand même que l'opinion publique
06:59aura du mal à entendre vos arguments
07:01et qu'elle est plutôt demandeuse de prisons
07:03qui ne soient pas des prisons passoires,
07:05l'opinion publique est choquée d'apprendre qu'il y a des drones
07:06qui livrent, je ne sais pas trop quoi,
07:09qu'on retrouve cinq ou six portables dans les cellules,
07:12que certains criminels arrivent à faire des enfants…
07:16Enfin voilà, quand on raconte ce genre de choses,
07:19les Français sont majoritairement choqués.
07:21– Je comprends et je le vois.
07:23– Ils demandent plutôt la meilleure forte.
07:24– Je regarde et je vois que la mesure est très populaire
07:27et c'est pour ça que je la trouve très électoraliste,
07:29mais moi je trouve que ce qui est grave,
07:30c'est que je ne pense pas que ce seront ces quartiers
07:32qui changeront les choses, bien au contraire.
07:35– Alors, on va en parler justement avec l'un de vos confrères,
07:38c'est Benoît David, qui est l'avocat de Mohamed Amra
07:40et qui est aussi l'avocat d'un détenu qui a été transféré aujourd'hui,
07:44c'est ça ? Bonsoir.
07:45– Est-ce que vous me m'entendez ?
07:50– Oui, bonsoir.
07:51– Ça y est, je vous entends.
07:54– Alors, je le disais, vous êtes l'avocat de Mohamed Amra,
07:57on va y revenir, mais vous êtes aussi l'avocat d'un détenu
07:59qui a été transféré aujourd'hui à Vendin-le-Vieil.
08:03– Oui, qui manifestement y est arrivé,
08:07puisque je l'ai appris par la presse
08:09et non pas comme ma consoeur par l'administration pénitentiaire,
08:14la décision n'a pas été notifiée,
08:16ne nous a pas été notifiée avant son départ sur Vendin-le-Vieil,
08:21ce qui empêche en plus de saisir en urgence un juge administratif,
08:25puisque l'une des obligations de recevabilité d'une requête
08:28pour saisir un juge administratif est de joindre la décision litigieuse.
08:32Sans cette décision-là, nous ne pouvons pas saisir de juge.
08:34Ça va à l'inverse d'ailleurs de ce que prônait et disait le garde des Sceaux
08:39lors des débats parlementaires, où il disait que le recours serait effectif.
08:42Manifestement, le recours sera difficilement effectif.
08:45– Et concernant votre autre client, donc Mohamed Amra,
08:48est-ce qu'il s'est opposé à son transfert,
08:51qui n'a pas encore eu lieu, mais qui doit, j'imagine,
08:53je ne sais pas si vous avez de l'information,
08:55survenir dans les prochains jours ?
08:57– Alors, nous ne sommes jamais informés, les avocats,
09:02des quelconques transferts de nos clients, jamais,
09:05quels qu'ils soient, que ce soit avant dans ces quartiers-là,
09:07de haute sécurité ou dans d'autres établissements pénitentiaires.
09:11Donc je ne le saurais pas, je ne saurais que quand mon client arrivera sur Vendin-le-Vieil.
09:15Il n'a pas souhaité de débats contradictoires.
09:19Le fait de ne pas avoir de débats contradictoires
09:20ne veut pas dire qu'il est favorable à la mesure ou qu'il s'y oppose.
09:24Il a juste dit qu'il ne présenterait pas d'observation,
09:27sur lequel il a parfaitement raison,
09:29parce que, comme l'a dit parfaitement ma consoeur avant moi,
09:32ces débats contradictoires étaient un leurre.
09:34C'est-à-dire que si le code des relations entre le public et l'administration
09:37impose la tenue d'un tel débat,
09:39pour autant, nous savions déjà, et nous avons eu la preuve aujourd'hui,
09:43que les décisions étaient prises,
09:44quand bien même, nous avons pour nombre de nos clients
09:47pu apporter des éléments qui étaient démentis
09:49à l'administration pénitentiaire.
09:52Oui, mais vous comprenez bien par rapport à ce qu'a fait votre client,
09:54c'est-à-dire cette évasion ensanglante.
09:56Aujourd'hui, il était quand même nécessaire,
09:58du côté des autorités judiciaires,
10:00de se prémunir d'une nouvelle évasion.
10:04En quelque sorte, il est devenu aujourd'hui
10:05un détenu pas comme les autres.
10:07Alors, je vous rappelle qu'effectivement,
10:13hier, nous avons obtenu,
10:14et je suis aussi l'avocat de Redouane Fayt,
10:15donc c'est la fameuse décision de la Cour d'appel de Douai
10:18que j'ai obtenue hier,
10:19qui vient dire qu'en balance,
10:22entre des intérêts de sécurité,
10:24ce qui sont parfaitement légitimes dans une société,
10:26mais en balance, avec l'atteinte à la dignité humaine,
10:29l'atteinte à la dignité humaine,
10:30ne peut pas être mise en balance là-dedans.
10:32J'entends bien que la soi-disant opinion publique
10:36aurait un avis.
10:37Je ne sais pas qui est l'opinion publique,
10:39très franchement.
10:40– En tout cas, dans tous les sondages,
10:41les mesures annoncées par Darmanin sont approuvées.
10:44– De tout.
10:46Oui, souvent des sondages faits par certains médias
10:49auprès d'une certaine population.
10:51Quoi qu'il en soit, c'est pas ça, en fait, le problème.
10:54Le problème, c'est pas de répondre de manière électoraliste
10:57à nos concitoyens.
10:59Le problème, c'est de savoir quoi ?
11:00C'est de savoir si des personnes
11:01que l'on place en détention
11:03pour l'exécution d'une peine
11:05ou dans le cadre d'un mandat de dépôt
11:06avant d'être jugées,
11:08doivent être soumis à des traitements inhumains
11:11et dégradants.
11:11Ça va à l'encontre de l'état de droit,
11:13du principe de l'état de droit.
11:14Ça va à l'encontre de nos principes
11:16qui nous gouvernent tous.
11:18Et si aujourd'hui, on considère
11:20que c'est le seul moyen
11:22pour lutter efficacement
11:23contre une certaine forme de délinquance,
11:26c'est un leurre.
11:27C'est un leurre.
11:28Parce que finalement, on va être cynique,
11:30nous aussi.
11:30Qu'est-ce qu'on a créé avant d'un leviel ?
11:32Un espace de co-working
11:33entre personnes qui sont suspectées
11:36ou qui ont été condamnées
11:37pour des faits similaires.
11:38Ils ne pourront pas se parler quand même.
11:39C'est totalement absurde.
11:40C'est totalement absurde.
11:41Alors ça, vous savez,
11:44en détention, on peut se parler.
11:47On peut se parler à travers le mur.
11:47Bon, alors finalement, c'est inhumain.
11:50Alors on ne peut pas développer
11:51deux arguments.
11:51Il n'y a pas besoin.
11:52On ne peut pas à la fois dire
11:53que c'est inhumain
11:53et finalement, on peut se parler.
11:56Alors monsieur,
11:57je vais vous expliquer
11:57ce que c'est qu'est inhumain.
11:58Ce qu'est inhumain,
11:59c'est effectivement mettre des gens
12:00dans un quartier d'isolement
12:01où vous ne croisez personne.
12:03Alors peut-être effectivement
12:04à travers le mur,
12:04comme dans tous les bons films
12:06type papillon,
12:07on peut se parler.
12:09Alors par contre,
12:09on ne peut pas prendre des gens
12:10dans ses bras.
12:11On ne peut pas avoir d'activité.
12:13On est réveillé toutes les deux heures.
12:15On fait l'objet de contrôle de téléphone.
12:16Oui, vous dites,
12:17mais imaginez ce que c'est
12:18d'être réveillé toutes les deux heures
12:19et d'avoir les conséquences
12:20psychologiques et psychiatriques
12:21que vous pouvez avoir.
12:22Vous êtes soumis
12:23à des fouilles corporelles
12:24intégrales systématiques.
12:25Ça veut dire quoi ?
12:26Ça veut dire, monsieur,
12:26vous serez mis à nu
12:28dans une cellule,
12:29dans une pièce.
12:30On vous fera vous mettre
12:30dans une position
12:31extrêmement dévalorisante
12:33pour regarder
12:33si, effectivement,
12:34vous avez des choses sur vous
12:35alors qu'au même moment,
12:36on aura placé
12:37certains portiques de détection
12:38qui empêchent,
12:39soi-disant,
12:40l'entrée de certains objets.
12:42Donc vous voyez,
12:43on arrive dans une absurdité telle
12:45qu'aujourd'hui, finalement,
12:46on vient accumuler
12:47des mesures
12:48qui viennent s'accumuler
12:51et qui dépassent l'entendement.
12:53C'est ça le problème.
12:54Bien sûr,
12:54mais aujourd'hui,
12:55je comprends.
12:55Le problème, monsieur,
12:57monsieur,
12:58le problème,
12:59c'est de prendre
13:00un cas particulier
13:01et d'en faire une généralité.
13:03Ce qu'impose la loi,
13:04ce qu'impose le législateur,
13:06ce qu'impose le Conseil constitutionnel,
13:08c'est la proportionnalité
13:09des mesures
13:10et c'est l'adaptation
13:11à chaque personnalité.
13:13Or, vous voyez,
13:14dans le cas aujourd'hui,
13:14dans le cas aujourd'hui,
13:15ce qu'on a,
13:16ce qu'on a aujourd'hui,
13:17c'est qu'on a chopé
13:1817 mecs,
13:19parce que c'est ça,
13:20en fait,
13:2017 prisonniers
13:21qui ont des profils
13:22tous différents,
13:23avec sur lesquels,
13:24on en discute avec nos confrères,
13:25absolument pas le cadre
13:26de la loi
13:27et le Conseil constitutionnel.
13:28On ne peut pas dire
13:29que le Conseil constitutionnel
13:30soit contre le gouvernement,
13:31mais pour autant,
13:32dans l'article 61,
13:33dans la réserve d'interprétation,
13:34vient dire quoi ?
13:35Vient dire,
13:35il faut,
13:36il faut,
13:37dans ce cadre-là,
13:38il faut que la personne
13:39entretienne toujours,
13:41depuis sa cellule,
13:42des liens avec la criminalité organisée.
13:44Entretienne toujours.
13:45Eh bien,
13:46vous voyez,
13:46dans les 17 personnes
13:47qui ont été envoyées ce matin,
13:49je doute,
13:49je doute très fortement
13:51qu'on ait plus,
13:52qu'on ait autant de personnes
13:53qui entretiennent des liens
13:54avec la criminalité organisée.
13:55En tout cas,
13:56on nous décrit quand même
13:57des prisons.
13:57Le fait d'avoir été condamné
13:58ou d'être mis en cause,
13:59le fait d'avoir été condamné
14:00ou d'être mis en cause,
14:01c'est une chose.
14:01Oui,
14:01mais votre client Mohamed Amra,
14:03justement,
14:03entretenait ses liens.
14:05Votre client Mohamed Amra
14:06entretenait ses liens
14:07avec la criminalité.
14:08Alors,
14:08vous l'avez parfaitement dit,
14:10il a pu organiser son évasion.
14:11Donc,
14:11finalement,
14:12c'est le cas,
14:13c'est quand même un cas
14:14qui justifie peut-être
14:15des conditions d'étention
14:17un peu plus rigides.
14:17Vous l'avez parfaitement dit,
14:17vous avez utilisé l'imparfait
14:19en disant
14:25et ce n'est pas entretien.
14:27Aujourd'hui,
14:28on n'a pas d'éléments
14:28qui permettent de dire
14:30et je ne parle pas
14:32de Mohamed Amra
14:33ou pas en particulier.
14:35C'est un cas particulier.
14:37Mais aujourd'hui,
14:38on parle,
14:39vous dites,
14:39entretenez.
14:40Entretenez,
14:41j'entends bien.
14:42Entretenez.
14:43On prévient en fait
14:45une récidive en quelque sorte.
14:49Alors,
14:49quelle est la meilleure prévention
14:51d'une récidive finalement
14:53si c'est de soumettre des gens
14:55à un tel traitement,
14:56des hommes à un tel traitement ?
14:57Mais l'élimination physique,
14:58en fait,
14:59je crois qu'il faut
14:59à un moment poser le débat.
15:01C'est-à-dire que si aujourd'hui,
15:02on élimine psychiquement
15:03ces personnes-là
15:04parce que c'est ça,
15:05en fait,
15:05qui va se passer,
15:06autant les éliminer physiquement,
15:08en fait.
15:09Je veux dire,
15:09soyons pas hypocrites
15:10comme l'est manifestement
15:11le législateur.
15:12Donc,
15:13ce n'est pas ça.
15:13La loi,
15:14elle impose
15:14que vous ayez
15:15une triple fonction
15:16dans la peine
15:17et dans l'exécution
15:18de la peine
15:19et dans la prison,
15:20à savoir
15:21l'exécution,
15:22effectivement,
15:22d'une répression,
15:24l'exécution
15:25d'une peine
15:26dans l'intérêt
15:26des partis civils
15:27et dans l'intérêt
15:28à ensuite
15:29du condamné
15:30pour assurer
15:30sa réinsertion.
15:32Si vous enlevez
15:32le principe de réinsertion,
15:33effectivement,
15:34vous allez faire
15:35dans ces prisons-là
15:36se gargariser
15:38sur ce qu'est
15:38Vendin le Vieil.
15:39C'est finalement
15:39ce qui a gargarisé
15:40sur les QHS
15:41dans les années 70
15:41qui ont complètement échoué.
15:43Donc,
15:43il faut que là-dessus
15:45le gouvernement
15:46retrouvait
15:47parce que
15:48ne fonctionnait pas.
15:49Merci à vous,
15:49en tout cas.
15:50Merci.
15:50En tout cas,
15:51je retiens
15:51que vous ne savez pas
15:52qu'on met un bras
15:53sera transféré
15:54puisque...
15:55Mais on ne sait pas
15:56puisque vous n'avez pas la date.
15:59Néanmoins,
15:59peut-être qu'on passe
16:00d'un excès à un autre,
16:01mais on a eu quand même
16:02les descriptions de prison
16:03et ce sont des magistrats
16:04qu'on en parlait
16:05notamment à Marseille
16:05de prison
16:06qui malheureusement
16:07n'empêchaient pas
16:08les activités
16:10liées à la criminalité.
16:12On a vu des détenus
16:13qui ont commandité
16:14des meurtres
16:15depuis leur cellule
16:16possédant plusieurs portables,
16:18se faisant livrer par drone.
16:20C'est tout ça aussi
16:20que le ministre de la Justice
16:22veut essayer
16:23d'en diguer.
16:25Est-ce que c'est au ministre
16:25de la Justice
16:26d'en décider ?
16:27Est-ce que ça ne serait pas
16:28plutôt au juge judiciaire ?
16:29Oui,
16:29c'est quand même son boulot.
16:30Non,
16:30ce n'est pas son boulot.
16:31Il est politique.
16:32Ce n'est pas son boulot,
16:32il juge.
16:33Là,
16:33c'est un jugement.
16:35C'est une peine.
16:36C'est une peine dans la peine.
16:37C'est une peine
16:38d'une exceptionnelle sévérité.
16:40J'ai envie de vous dire
16:41pourquoi pas,
16:41mais que ce soit
16:42la décision exclusive
16:45selon des critères
16:46opaques
16:47du garde des Sceaux,
16:49ça me paraît
16:49éminemment critiquable.
16:50Il n'est pas juge judiciaire.
16:52Il devrait laisser faire
16:53le juge judiciaire.
16:55Merci en tout cas
16:56d'avoir été avec nous.
16:57Merci Pauline.
16:58Donc avant le 31 juillet,
16:59ça sera Mohamed Amra.
17:00Oui,
17:01il part de Condé-sur-Sarthe.
17:03Visiblement,
17:04on le verra
17:04puisqu'il s'est transporté
17:05en hélicoptère
17:06direction Vendin-le-Vienne.
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