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  • il y a 1 an
Deux heures pour vivre l’info. Loïc Besson donne les clés aux téléspectateurs pour mieux comprendre les grands enjeux de la journée.

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00:00Le gouvernement se dit donc favorable à un nouveau débat sur la loi Duplon,
00:05mais sans pour autant un nouveau vote à l'Assemblée.
00:07Ça, c'est en tout cas la position de la ministre de l'Agriculture
00:10et aussi de la ministre de la Transition écologique.
00:13L'exécutif, en tout cas, se retrouve dans l'embarras
00:15face à cette mobilisation citoyenne inédite.
00:18Le nombre de signataires de la pétition ne cesse de grapper.
00:23Alors, j'ai le chiffre exact, on est à 1 591 000.
00:27Je ne sais pas si c'est un chiffre exact, mais ça nous donne un ordre de grandeur.
00:29Plus d'un million et demi, en tout cas 1 591 000 et 510.
00:33Il vient d'être mis à jour.
00:34Bonjour Arnaud Rousseau.
00:35Bonjour.
00:35Merci d'être notre invité sur BFM TV.
00:39D'abord, quel est votre sentiment quand vous voyez cet élan citoyen
00:44et ce record, cet inédit, ce nombre de signataires
00:49pour une pétition officielle postée sur le site de l'Assemblée nationale ?
00:52D'abord, moi, en tant qu'agriculteur, je m'interroge sur les préoccupations
00:57qui sont celles des Français.
00:59Et je comprends aujourd'hui que face à tout ce qui se dit de vrai et de moins vrai,
01:05les Français s'interrogent.
01:06Parce que moi, comme agriculteur, mais comme citoyen français,
01:09je m'interroge aussi sur les conditions d'utilisation des produits
01:12qui semblent les biens comme agriculteurs, pour ma santé,
01:14et évidemment pour celles de mes enfants, pour celles des gens qui m'entourent.
01:18Mais voyez-vous, moi, je suis dans un pays dans lequel je fais confiance à la science.
01:21Et les produits que j'utilise sur ma ferme pour protéger mes plantes,
01:25mais que les éleveurs utilisent pour protéger leurs animaux,
01:28un peu comme vous, quand vous allez chez le médecin et qu'on préconise des médicaments,
01:31c'est des produits qui sont homologués, mis sur le marché après le contrôle de l'État.
01:35Et pour ce qui concerne ce produit, c'est un produit qui fait l'objet d'une homologation européenne.
01:43Je rappelle, parce qu'on entend beaucoup de choses et beaucoup d'hystérie,
01:46que ce produit est utilisé partout sur la planète et il est utilisé dans 26 pays européens sur 27.
01:53La France avait décidé en 2016, applicable en 2018, de ne plus l'utiliser.
02:01Aujourd'hui, la réalité de ce que je vis, moi, c'est que mes betteraves,
02:05au moment où je vous parle, sont atteintes de jaunisse.
02:07Il faut aller avec des caméras, voir dans les champs ce qu'est cette jaunisse.
02:11Et pour moi, l'enjeu, c'est évidemment d'assurer la santé,
02:14mais c'est aussi de faire en sorte que je continue à produire une alimentation au profit des Français.
02:20Et moi, je le redis, une alimentation de qualité.
02:23Donc, ce débat est un débat scientifique.
02:26Moi, je suis là en limite de compétence, je ne suis pas toxicologue.
02:29Mais ce que je dis, c'est qu'il est utilisé partout.
02:32Et donc, s'il est reconnu comme étant utilisable,
02:36et c'est le cas en ce moment par l'autorité sanitaire européenne,
02:39alors il faut que les agriculteurs français puissent l'utiliser.
02:41Alors, il y a quand même beaucoup de questions qui se posent.
02:43Eh bien, bien sûr, on va toutes vous les poser.
02:44On va bien sûr vous éclairer sur ce débat.
02:46Mais vous parlez des betteraves, par exemple.
02:48Il se trouve que lors de la dernière campagne, 2024-2025,
02:51la France est le premier exportateur de betteraves.
02:55Alors, d'abord, la France exporte du sucre, mais elle en importe aussi beaucoup.
02:59Vous savez, notamment des sucres de canne, qui sont les principaux sucres dans le monde.
03:03Donc, le sujet aujourd'hui, c'est la réalité de la production.
03:07La réalité, c'est qu'on a fermé six sucreries en France en six ans.
03:12Et moi, je ne voudrais pas qu'on oppose l'aspect,
03:15parce que j'entends depuis quelques jours, et notamment avec les propos de Sandrine Rousseau,
03:17l'aspect rentabilité-économie, qui s'opposerait à l'aspect santé et responsabilité.
03:24Moi, comme agriculteur, si demain, l'autorité, encore une fois, sanitaire européenne,
03:27me dit ce produit, il est dangereux, on le retire,
03:29dont acte, et il sera retiré partout en Europe.
03:32Et d'ailleurs, je veillerai à ce qu'il ne puisse pas être importé,
03:34ce qui me paraît aussi une mesure de bon sens.
03:36Mais, pour vous répondre, le secteur betteravier en France, il est en danger.
03:41Il est en danger parce que les sucreurs y ferment les unes après les autres,
03:44parce que nous n'avons pas de solution technique dans nos champs,
03:47et que la jaunisse, et encore une fois, j'invite à prendre des caméras et à venir,
03:50elle est en train d'exploser en ce moment,
03:52va conduire à moins de production en France et plus d'importations.
03:55Et sur le plan de la santé publique, ce que je veux y revenir,
03:57je ne voudrais pas qu'on ait l'impression qu'on soit déconnecté,
03:59la réalité de la santé publique, c'est qu'on n'aura plus de sucs français,
04:02qu'on aura des sucs qui viendront d'ailleurs et qui utiliseront ce produit.
04:04Est-ce que ce sera une avancée ? Je ne le crois pas.
04:06On comprend cet argument, on comprend aussi votre argument de dire
04:09s'il est interdit, il faut que les règles soient les mêmes pour tous,
04:12pour ne pas qu'il n'y ait de concurrence déloyale.
04:13Soit. Ce que disent aussi les opposants à cette loi Duplomb,
04:17c'est que, certes, il y a des produits importés qui sont, eux,
04:21traités avec ce fameux néocotinoïde.
04:24Pour autant, l'utiliser sur le sol français, ça reste un produit toxique.
04:28Pour les insectes, ça tue les abeilles, par exemple.
04:31Et on sait leur importance dans l'écosystème et pour l'environnement.
04:35Ça, ce sont des arguments que vous entendez ?
04:36Alors, évidemment que j'entends ces arguments.
04:38D'abord, l'acétamide-prite, puisque c'est ce produit dont on parle,
04:42qui est un néocotinoïde, n'a pas l'impact sur les abeilles
04:49qu'ont les autres néonicotinoïdes.
04:51Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'EFSA,
04:53et je vous invite à aller le vérifier.
04:54L'EFSA, c'est l'équivalent européen de l'ANSES.
04:58Absolument. L'ANSES, c'est l'agence française de sécurité sanitaire des aliments.
05:02Donc, c'est elle qui contrôle l'utilisation des produits.
05:05Et elle a un pendant européen.
05:08Et pour tout ce qui concerne les produits phytosanitaires,
05:10c'est des homologations européennes et des autorisations de mise en marché nationale.
05:14Et donc, le sujet, c'est qu'aujourd'hui, ce produit,
05:18sur les abeilles, en tous les cas, a une inocuité bien plus faible que le reste.
05:22Mais moi, je ne veux pas rentrer dans l'aspect technique.
05:25Vous inviterez des toxicologues et vous inviterez des scientifiques.
05:28Moi, ce que je dis, c'est que continuer à produire
05:31et ne pas nous mettre dans des impasses, c'est essentiel.
05:33Avec un pendant qui est, continuons à trouver,
05:37à investir dans la recherche et l'innovation
05:39pour trouver des alternatives.
05:41Mais dire, finalement, derrière un principe qui consiste à dire,
05:46on n'utilise pas, parce qu'il pourrait y avoir un doute,
05:47d'ailleurs, la science, je crois, a comme rôle de douter.
05:50On se prive d'une solution que tout le monde utilise.
05:53Et encore une fois, laissons les toxicologues parler
05:55et faire en sorte qu'on continue à le produire en France
05:58en trouvant des solutions alternatives, me paraît essentiel.
06:02Mais le sujet de fond et la crainte,
06:04et bien l'utilisation, en ce moment, d'une forme d'hystérie
06:07autour de ce produit donne le cancer.
06:10Enfin, tout le monde y va de sa petite phrase et de sa petite étude.
06:12C'est de revenir aux fondamentaux.
06:14Et moi, je le redis, pour moi, à partir du moment
06:17où l'agence européenne a autorisé ce produit,
06:20il doit être utilisé, il peut être utilisé.
06:23Et j'entends qu'il y ait des questionnements.
06:24D'ailleurs, j'ai compris que l'ANSES remettait des études en route
06:26suite aux questionnements.
06:28Et je trouve ça très bien.
06:29Mais en attendant qu'une réponse nouvelle soit apportée,
06:33ne nous privons pas de ça.
06:34C'est ce que dit la loi du plomb.
06:35D'ailleurs, la loi du plomb...
06:35– Mais vous craignez, vous inquiétez des nouveaux débats
06:38qui pourraient arriver et qui pourraient potentiellement
06:41faire changer certains votes ?
06:43– Non, mais moi, je ne crains pas le débat.
06:44Vous savez, le débat, il n'a pas eu lieu en France.
06:46Parce qu'au moment où la loi est arrivée à l'Assemblée nationale,
06:49il y a eu 3 500 amendements déposés par un certain nombre de groupes
06:53qui ont conduit à l'impossibilité.
06:55– De groupes de gauche ?
06:55– Oui, socialistes, écologistes,
06:58notamment écologistes et éléfistes.
07:00Voilà, socialistes avaient plutôt assez peu d'amendements
07:03et étaient plutôt constructifs sur le sujet.
07:05Mais on savait qu'on avait 5 jours pour étudier la loi.
07:08Et mécaniquement, on était incapables,
07:10avec cette obstruction d'amendements, de mener un débat.
07:13Ce qui a conduit à une motion de rejet déposée par le rapporteur lui-même,
07:18ce qui est quand même assez inédit.
07:19– C'est un peu technique, mais c'est à réduire en effet les débats.
07:20– Et donc, que le débat revienne et que les Français soient inquiets,
07:25moi, je le comprends très très bien.
07:26Et moi, je préférerais qu'on ait un débat qui éclaire
07:29à partir de la science et des éléments,
07:30plutôt que l'espèce d'hystérie à coup d'arguments qui se développe.
07:33Mais je le redis, en tant qu'agriculteur,
07:35moi, ce qui compte, c'est de continuer à produire
07:36une alimentation de qualité.
07:38Et là, permettez-moi de prendre une demi-seconde
07:40pour redire à tous ceux qui nous écoutent
07:42que l'alimentation française, en termes de standards de qualité,
07:46c'est ce qu'il y a de plus élevé dans le monde.
07:47Moi, je veux quand même le rappeler,
07:48parce que là, on a l'impression qu'en tant qu'agriculteur,
07:51on est là pour...
07:51– Ça, c'est pour les Français lambda,
07:52mais vous parlez d'hystérie.
07:53Mais c'est vrai que les premières victimes aussi de ces pesticides,
07:57ce sont très souvent les agriculteurs, leur famille.
08:00– Et c'est la raison pour laquelle, je vous dis,
08:01qu'on est particulièrement sensible à ce débat
08:03et qu'on n'oppose pas environnement, santé.
08:06et la continuité de nos entreprises.
08:09Parce qu'il n'y a pas d'un côté les agriculteurs
08:10qui seraient finalement des gens
08:13qui veulent juste faire de l'argent
08:14versus les gens qui se préoccuperaient de la santé.
08:16Moi, comme utilisateur, évidemment,
08:18je veux un produit, alors qu'on utilise dans les règles,
08:20mais qui me permette aussi de continuer à faire mon métier.
08:22– Le succès de la pétition déposée
08:24par cette jeune étudiante de 23 ans
08:25sur le site de l'Assemblée nationale
08:27mantient une véritable préoccupation
08:29dans l'opinion publique
08:30autour de ces sujets de santé publique
08:31qui nous concernent absolument tous,
08:33agriculteurs, mais tout le monde, effectivement,
08:35c'est notre environnement.
08:36Plus d'un million et demi,
08:37c'est spectaculaire en 24 heures.
08:39Et le débat doit avoir eu lieu
08:40parce qu'il a été tronqué, effectivement,
08:42à l'Assemblée nationale.
08:43Il sera peut-être l'occasion
08:44de revenir sur trois aberrations
08:46dans cette histoire
08:47qui sont quand même scientifiques,
08:48démocratiques et économiques.
08:49scientifiques,
08:50car toutes les autorités européennes
08:52comme nationales
08:54et toutes les études
08:54qui ont été menées
08:55et encore en 2024
08:57par l'ESSA,
08:58l'agence européenne,
09:00prouvent que ce cinquième néonicotinoïde,
09:05effectivement,
09:06est quand même très, très, très,
09:07très largement moins toxique
09:08que les quatre premiers,
09:102300 fois moins.
09:11Elle a confirmé cette étude
09:13n'avoir trouvé aucune preuve
09:14de génotoxicité
09:15ni de cancérogénicité.
09:17Sur les abeilles,
09:18c'est la même chose.
09:19Je vais juste corriger une phrase.
09:22L'acétamipride
09:23n'est pas un tueur d'abeilles.
09:25Ça n'a pas été prouvé.
09:26On le répète absolument de partout.
09:28Il y a des craintes.
09:29Il y a des études
09:30qui doivent être poussées encore.
09:31Mais toutes les études
09:31et de l'ESSA et de l'ANSES
09:34ont prouvé le contraire
09:36pour l'instant.
09:37Donc, il ne faut pas
09:37qu'on le répète comme ça non plus.
09:39C'est une aberration démocratique
09:40parce qu'effectivement,
09:41on n'a pas pu débattre de ce texte
09:43du fait d'une obstruction
09:45des oppositions.
09:47Le rapporteur lui-même,
09:48Julien Dive,
09:48a dû déposer une motion de rejet
09:50de son propre texte
09:51pour le faire passer par CMP.
09:53La démocratie ne peut pas
09:54fonctionner comme ça.
09:55Et donc,
09:55on a besoin d'un débat
09:56à la rentrée.
09:57C'est à la moindre des choses.
09:58Il y a eu une aberration économique.
09:59Pardon,
10:00mais effectivement,
10:01Sandrine Rousseau
10:01n'en a rien à péter.
10:03Je reprends ces mots
10:04de la rentabilité économique
10:05de nos fermes.
10:06C'est une question de souveraineté alimentaire.
10:09Je rappelle que la balance
10:10commerciale agricole
10:12de la France
10:12était excédentaire
10:13de 6 milliards
10:14en 2010.
10:16Ça n'était plus que
10:161,2 milliard
10:18en 2023
10:19et 500 millions
10:20l'année dernière.
10:21C'est des filières entières,
10:22la betterave,
10:23de la noisette,
10:24qui aujourd'hui sont en train
10:25de partir à l'étranger,
10:26en Italie notamment,
10:27parce qu'on s'impose
10:28des règles
10:29que nos autres voisins
10:31européens n'appliquent pas.
10:32On ne peut pas
10:33s'appliquer à nous-mêmes
10:34des règles
10:35quand on importe
10:36d'autres pays
10:36qui ne s'appliquent pas.
10:37C'est un problème
10:37de concurrence loyale
10:39entre les acteurs.
10:40Donc, triple aberration
10:42scientifique,
10:42démocratique,
10:43économique.
10:44On a du boulot à rentrer
10:45pour le débat à l'Assemblée.
10:47Tout ça,
10:47ça annonce quand même
10:48des débats tendus,
10:50peut-être avec des positions
10:51qui se radicalisent
10:52de chaque côté
10:54et une sorte de duel
10:55qui s'installe
10:56qui ne devrait sûrement pas l'être
10:57mais entre les agriculteurs
10:59qui soutiennent cette loi
11:01et ceux qui s'en inquiètent
11:02et qui du coup la rejettent.
11:04Oui, oui.
11:05Enfin, moi je voudrais rajouter
11:05que dans cette loi,
11:06parce qu'on parle exclusivement
11:07de l'acétamipride,
11:09mais il y a autre chose
11:09dans cette loi.
11:10Il y a comment on stocke
11:11de l'eau en France demain
11:12pour continuer
11:12à faire de l'agriculture
11:13et pas que de l'agriculture,
11:14de l'industrie,
11:15du nucléaire, voilà.
11:16Comment on fait
11:17pour avoir des élevages
11:18qu'on peut faire croître ?
11:21Voilà.
11:21Moi, il y a une chose
11:22que, encore une fois,
11:23ce débat,
11:24il est normal
11:25et moi je le trouve
11:26plutôt de bonne alloi
11:27au regard du questionnement
11:28des Français.
11:29Il y a une chose
11:30qu'en revanche,
11:30moi comme agriculteur,
11:34je le dis parce que là,
11:35vous parlez de ce texte,
11:36mais il y a un sujet
11:37dont on ne parle plus
11:38dans l'actualité,
11:39mais qui est une vraie
11:39préoccupation pour les agriculteurs,
11:41c'est l'accord de libre-échange
11:42du Mercosur.
11:44Parce que ce qu'on est en train
11:46de nous proposer à Bruxelles,
11:47c'est finalement des accords
11:48de libre-échange
11:49avec le reste de la planète
11:49qui vont nous permettre
11:50d'importer en Europe
11:51des produits qui ne respectent pas
11:53nos standards de production.
11:54Avec des contrôles
11:55à l'entrée aux frontières quand même.
11:56On a rapatrié du bœuf brésilien
11:58au mois de septembre
11:59ou octobre dernier
12:00qui n'était pas en compliance
12:03avec les règles européennes sanitaires.
12:05Raphaël Lejean,
12:06un rapport sénatorial
12:07dit que c'est 3% seulement
12:09de ce qui est importé en Europe
12:10qui fait l'objet de contrôle
12:11et que de l'ordre de 15 à 20%
12:13serait non conforme.
12:14Donc aujourd'hui,
12:15l'Europe elle-même le reconnaît,
12:16elle n'a pas cette capacité
12:18à contrôler.
12:19Et donc, moi je dis une seule chose
12:21et je fais le lien
12:22avec ce questionnement
12:23des Français sur la loi Duplon,
12:24si on veut continuer
12:25à avoir une des alimentations
12:26les plus sûres au monde,
12:27si on veut éviter
12:28d'utiliser les peurs
12:29autour de la question alimentaire,
12:30parce que des scandales sanitaires,
12:32il y en a très peu en Europe
12:33des gens qui décèdent aujourd'hui
12:35de problématiques sanitaires,
12:37c'est quasiment plus rien,
12:38on regarde ce qu'il y avait
12:38il y a une cinquantaine d'années.
12:40Donc on a une alimentation de qualité,
12:41ne faisons pas peur.
12:42En revanche,
12:43on a une agriculture
12:43qui est en grande difficulté,
12:45en grande difficulté.
12:46J'étais encore hier
12:47en Haute-Garonne
12:48voir des agriculteurs.
12:49Si on n'est pas capable
12:50d'assurer de la rentabilité,
12:52moi je suis désolé,
12:54je ne suis pas professeur
12:55d'économie à l'université,
12:57mais je suis très interrogé
12:58sur ce que dit Mme Rousseau
13:00sur rentabilité et revenu.
13:01Alors est-ce que pour assurer
13:02la rentabilité,
13:03ça veut dire faciliter
13:05et promouvoir
13:05l'installation d'élevages intensifs ?
13:08Non mais là encore,
13:09vous savez,
13:09c'est ce que facilite aussi
13:11cette loi
13:12et ça se fait au détriment
13:13pour le coup
13:13des petits agriculteurs.
13:15Est-ce qu'on peut essayer
13:15d'être rationnel ?
13:16Vous savez,
13:17une ferme française d'élevage,
13:19c'est 70 vaches en moyenne.
13:21Je vous demande
13:21de vérifier cette information.
13:22Non mais il y a la moyenne
13:23et il y a les élevages intensifs
13:25qui existent déjà
13:25et dont l'installation
13:27sera facilitée.
13:27Non mais il faut aller voir,
13:28prenez des caméras,
13:29allez voir.
13:29Le plus grand élevage français
13:31de vaches doit avoir
13:32250 vaches.
13:33Le problème,
13:33c'est que quand des caméras
13:34entrent parfois
13:34dans des abattoirs
13:36ou dans des élevages intensifs,
13:38ce ne sont pas
13:39des belles images qu'on voit.
13:40Non mais parlons élevage.
13:41L'élevage intensif en France
13:43n'existe pas.
13:44Allez voir ce qui se passe
13:45en Russie,
13:46pas très loin de chez nous.
13:47Allez voir ce qui se passe
13:47au Brésil,
13:49allez voir ce qui se passe
13:49aux Etats-Unis.
13:50On parle d'élevage
13:51de plusieurs milliers de vaches.
13:53Un feedlot sud-américain,
13:56ça peut être 5000 animaux.
13:57Donc ne laissons pas penser
13:58qu'on a un élevage intensif
14:00en France.
14:01Ça n'est pas vrai.
14:02Ça n'est pas vrai.
14:03Il faut aller voir.
14:04Et c'est d'ailleurs
14:04parce qu'on a une difficulté
14:06de compétitivité
14:07que cet élevage
14:08est en train de disparaître.
14:09On avait 9 millions
14:10de vaches productives,
14:11on en a perdu 1 million
14:12en disant
14:12ça c'est des chiffres réels.
14:14Allez voir,
14:14un élevage,
14:1480% de l'élevage français
14:16est à l'herbe.
14:17Ne dites pas,
14:18s'il vous plaît,
14:19que l'élevage français
14:19est un élevage intensif
14:20parce que c'est le dernier
14:22élevage mondial
14:23qui est en Europe
14:24en tous les cas
14:25qui est encore capable
14:26de produire selon ses modalités.
14:28Sinon,
14:28on aura ça.
14:29Mais il faut comparer.
14:30Il ne faut pas simplement regarder
14:31parce que si on regarde,
14:33on peut se faire peur.
14:34Si on compare,
14:34on se rassure.
14:35Je vous redis
14:36que l'élevage français
14:37est un élevage
14:38de petite taille
14:39au regard de ses compétiteurs mondiaux
14:41et que c'est un élevage
14:43à 80% à l'herbe
14:44détenu par des agriculteurs,
14:46des éleveurs
14:46qui sont essentiellement
14:48des capitaux familiaux
14:49avec des fermes patrimoniales.
14:50C'est ça la réalité
14:51des agriculteurs françaises.
14:51Est-ce qu'il faut et c'est ce que facilite
14:53aussi cette loi
14:54aller vers des élevages
14:56de plus grande taille ?
14:57Non mais en fait,
14:58on aura l'élevage en France
14:59qui correspondra
15:00à la consommation
15:01de ce que veulent les Français.
15:02Vous savez,
15:03aujourd'hui,
15:04la nutrition
15:05et l'alimentation française
15:06mis en compétition
15:07avec le reste du monde
15:08et c'est notamment pour ça
15:09qu'on regarde
15:10ce qui se passe en Ukraine
15:11ou au Brésil,
15:12nous met dans un cadre
15:14de compétition
15:15qui nécessite
15:16qu'on puisse nous continuer
15:18à produire
15:18avec des sujets
15:19de pouvoir d'achat
15:20des Français
15:20en fin de mois.
15:21C'est la première préoccupation
15:22des Français,
15:23le pouvoir d'achat,
15:24qui font qu'aujourd'hui,
15:25les Français consacrent
15:27de l'ordre de 13%
15:28de leur disponible
15:30à l'alimentation.
15:31C'était plus de 30%
15:32dans les années 70.
15:33Il y a beaucoup moins
15:33quelques décennies en arrière.
15:34Absolument.
15:34En 1970,
15:35c'était l'ordre de 35%.
15:36Et donc,
15:37si vous voulez,
15:37quand vous considérez
15:38que l'alimentation
15:39n'a pas de valeur,
15:39que c'est une forme
15:40de commodité
15:41et que vous n'êtes pas prêt
15:41à en payer le prix,
15:43il y a un moment,
15:44l'agriculteur français
15:44essaie de s'adapter
15:45à la compétition
15:46du monde dans lequel elle vit.
15:47Si demain,
15:47on dit,
15:48on est conscient
15:49que l'alimentation française
15:50est une alimentation
15:50de qualité,
15:51et je le redis,
15:53c'est une des alimentations
15:54les plus sûres au monde.
15:55Et il n'y a pas,
15:56comme je le décris,
15:57d'espèce de course
15:58à l'industrialisation
16:00ou de fermes usines
16:01qui sont des termes
16:01qui ne correspondent pas
16:02à la réalité.
16:03Regardez ce qui se passe ailleurs.
16:04D'un mot, pardon,
16:05je voudrais revenir
16:06sur une chose
16:06qui a été dite par Raphaël.
16:07En l'occurrence,
16:08c'est une chose
16:08qui n'a pas été dite
16:09par nous.
16:10On a parlé de ce qu'a dit
16:15pour les agriculteurs.
16:16Ce propos,
16:16il me paraît d'abord
16:17malheureux dans l'absolu
16:18pour les agriculteurs
16:19tout court.
16:20Il me paraît d'autant plus malheureux
16:22quand on sait,
16:22et c'est ça qu'on n'a pas dit,
16:24que le taux de suicide
16:24dans la profession
16:25des agriculteurs
16:26est parmi les plus élevés
16:27de France.
16:28Je crois que les derniers chiffres
16:29dont on dispose,
16:29c'est plus de un par jour,
16:31ce qui est quand même considérable
16:32et ça rend le propos
16:33de Sandrine Rousseau
16:34d'autant plus malheureux
16:35à mon sens
16:36qu'il frappe de plein fouet
16:38une réalité terrible
16:40pour les agriculteurs
16:41et qu'il faut plutôt
16:41les soutenir,
16:42en tout cas dans les termes
16:44que l'on emploie,
16:45que de leur charger la barque
16:46comme elle le fait là.
16:47Je voudrais revenir aussi
16:48sur une chose
16:48qui a été dite par Raphaël
16:49qui parlait d'une aberration démocratique.
16:51Je crois que vous avez raison,
16:52mais à moitié,
16:53aberration démocratique
16:54parce qu'en effet,
16:55il n'y a pas eu de débat
16:56et ça, il faut toujours
16:57le regretter et le déplorer.
16:59En revanche,
16:59il y a eu ce que l'on appelle
17:00une commission mixte paritaire.
17:01Le processus démocratique
17:02a été respecté
17:03et la constitution de la Z.
17:04Et ça, je crois
17:05qu'il ne faut pas le minimiser.
17:06Une commission mixte paritaire,
17:07c'est une réunion
17:08entre députés et sénateurs,
17:09sept de chaque chambre,
17:11qui se réunissent
17:11autour d'une table à huis clos
17:12et qui sont appelés
17:14à trouver un accord.
17:15Il arrive très souvent
17:15qu'il n'y ait pas d'accord.
17:16En l'occurrence,
17:17il y en a eu un.
17:19Cette commission mixte paritaire
17:20sur la loi Duplon,
17:21elle a été ce qu'on appelle
17:22conclusive.
17:23À l'issue de quoi,
17:24il y a eu un vote
17:25à l'Assemblée nationale
17:26en bonne et due forme.
17:27Il n'y a pas eu de débat,
17:28mais il y a eu un vote.
17:29Et ce vote,
17:30il a été très large
17:31de la part des députés
17:32qui allaient en gros
17:33des bancs de l'aile droite
17:34du camp Macron
17:35jusqu'à ceux
17:36du Rassemblement national
17:37en passant par ceux
17:38des Républicains.
17:39Alors, on peut considérer
17:39que tous ces gens-là,
17:40puisqu'ils sont a priori
17:41plus ou moins de droite,
17:42ce sont des gens
17:43dont le vote ne vaut rien,
17:44mais il n'empêche
17:44qu'ils sont députés de la nation
17:45et qu'il y a donc eu
17:46une commission mixte paritaire
17:48et un vote parlementaire
17:49qui ont été parfaitement respectés.
17:50Je termine d'un mot, pardon.
17:51Je voudrais alerter
17:52sur le risque auquel,
17:53à mon sens,
17:53on est confrontés dans ce débat.
17:55C'est que si demain,
17:55on se met à donner
17:56autant d'importance
17:57à ce qui a lieu
17:57dans une pétition
18:04ce petit jeu
18:05risque de se retourner contre eux
18:07parce que la démocratie directe,
18:08si on pose certaines questions
18:09aux Français
18:09ou en tout cas,
18:10si on soumet à pétition,
18:11par exemple,
18:11je pense que sur un sujet
18:12comme l'immigration,
18:13les Français,
18:13je peux vous dire
18:14qu'ils demanderont
18:14à être consultés
18:15et je ne suis pas certain
18:16cette fois qu'on entend
18:16le nouveau Fonds populaire
18:17et Jean-Luc Mélenchon
18:18et ses amis
18:18être aussi vocaux
18:19qu'ils le sont
18:20sur le sujet de la loi Duplomb.
18:21Il se trouve que c'est inédit
18:23à un tel niveau de signataire
18:24dans une pétition
18:25et donc que ça dit quelque chose.
18:27Aussi, peut-être,
18:28un décalage
18:28entre les représentants
18:30qui ont été élus
18:31et une opinion.
18:33Alors, ce qu'on a
18:34l'Assemblée nationale
18:35peut être la plus représentative
18:37du pays.
18:38On parle beaucoup
18:39de la proportionnelle
18:39en ce moment.
18:40Vous savez,
18:40François Bayrou
18:40veut réinscrire la proportionnelle
18:42sans doute à la fin de l'année 2025
18:43au début de l'année 2026
18:44pour que l'on ait
18:45une Assemblée
18:46plus représentative du pays.
18:47Or, l'Assemblée nationale
18:49telle que les législatives
18:50anticipées de 2024
18:51l'ont dessinée,
18:53elle est a priori
18:54la plus représentative
18:55de la diversité politique
18:57que l'on a connue jusqu'ici
18:58Elle a ses défauts
18:59et Raphaël le disait
19:00Le processus qui s'est déroulé
19:02et l'absence de débat
19:03c'est précisément le fruit
19:04de cette Assemblée ingouvernable
19:06En revanche,
19:07elle est à l'image du pays
19:08et en la matière
19:09sur cette loi du plomb
19:10elle a voté.
19:11Ça fait exactement 20 minutes
19:12qu'on a commencé cette interview
19:14plus de 6000 signataires
19:17de plus
19:17Sans doute des téléspectateurs
19:18de BFM TV
19:19Sans doute
19:20Aujourd'hui,
19:22qu'est-ce que vous dites
19:23à ceux qui vous regardent
19:25qui vous écoutent
19:26qui s'inquiètent
19:27qui doutent parce que c'est
19:28beaucoup de l'inquiétude
19:29qu'on voit bien sûr
19:29il y a de la récupération politique
19:30mais il y a aussi
19:31tous ces Français
19:32qui ne sont pas politisés
19:33et qui s'inquiètent
19:34simplement de voir
19:35des pesticides,
19:37des insecticides
19:38qui étaient interdits
19:39revenir dans leur assiette
19:40potentiellement.
19:42D'abord, je crois que
19:43ce que vous décrivez
19:45n'a jamais cessé
19:46c'est-à-dire que ce n'est pas
19:47parce que ça n'est pas
19:48produit en France
19:48que par ailleurs
19:49ça n'arrive pas
19:49dans les assiettes
19:50je voudrais le rappeler
19:51mais moi
19:51je voudrais répondre
19:52à votre question
19:53Certains faisaient le choix
19:53d'acheter du produit
19:55en France
19:56en se disant
19:56c'est un gage
19:57de qualité
19:58et je ne trouverai pas
19:59les mêmes pesticides
20:00mais ça le reste
20:01je veux redire
20:03parce qu'encore une fois
20:03il y a beaucoup de bruit politique
20:06il y a beaucoup de fureur
20:07autour de cette question
20:07et moi je redis
20:08que je comprends
20:09le questionnement des Français
20:10qui se disent
20:11mais après tout
20:11est-ce qu'on est en train
20:12de m'empoisonner ?
20:13Moi je veux dire
20:15que comme agriculteur
20:16d'abord ma fierté
20:17c'est de produire
20:18une alimentation de qualité
20:19à destination
20:20de mes compatriotes
20:21c'est ma raison d'être
20:22voilà
20:23que deuxièmement
20:24je suis agriculteur
20:25sur l'exploitation
20:25de mes parents
20:26de mes arrières-grands-parents
20:28de plusieurs générations
20:30avant moi
20:30et que moi j'ai envie
20:31de transmettre
20:32c'est-à-dire que j'ai envie
20:33que mes sols
20:33j'ai envie que les produits
20:34qui sortent de mes sols
20:35et j'ai envie que mon pays
20:35continue à se nourrir
20:36avec une alimentation
20:37de qualité
20:38et que quand on compare
20:40ce qui se fait en France
20:40avec le reste du monde
20:41on a une alimentation
20:43parmi les plus sûrs au monde
20:44en revanche
20:45j'ai besoin de dire
20:46parce que ça
20:47c'est aussi
20:48un acte de sincérité
20:49que pour protéger
20:50mes animaux
20:51que pour protéger
20:52mes plantes
20:53j'ai besoin
20:54de produits
20:54de protection
20:55de mes plantes
20:56comme je soignerai
20:56mes propres enfants
20:57et que
20:58ces produits
20:59qui ne sont pas
21:00des produits
21:01bah non
21:03c'est des produits
21:04dont je mesure
21:05qu'il n'y a pas forcément
21:07il peut y avoir
21:10des problèmes
21:10à les utiliser
21:11mais en tous les cas
21:11j'en ai besoin
21:12pour soigner mes plantes
21:13et mes aliments
21:13je le fais
21:14sur un acte de confiance
21:15qui consiste à dire
21:16je m'assois
21:17sur une autorité sanitaire
21:18indépendante
21:19européenne et française
21:20qui me fournit ça
21:21et après
21:21une fois que j'ai dit ça
21:22moi je demande aux gens
21:24de venir voir
21:25dans les exploitations
21:26la manière dont on soigne
21:27nos aliments
21:28on a un problème sanitaire
21:29on a besoin
21:30de vacciner
21:30nos animaux
21:30vous parlez justement
21:31des gens
21:33des français
21:33et de ce lien
21:34de confiance
21:34c'est vrai qu'il y a
21:35il y a un an
21:36lorsqu'il y a eu
21:38cette crise
21:39des agriculteurs
21:40dans la rue
21:40le soutien des français
21:42était massif
21:43pour votre cause
21:44est-ce que vous ne craignez
21:46pas aujourd'hui
21:47que si c'était
21:48à refaire
21:49vous auriez peut-être
21:50moins de soutien
21:51de français
21:51mais encore une fois
21:53c'est à nous
21:53de faire la preuve
21:54qu'on est des gens
21:55sérieux
21:56vous savez les français
21:57ils aiment je crois
21:57beaucoup leurs agriculteurs
21:58parce qu'ils reconnaissent
21:59en eux
21:59des gens courageux
22:01des gens qui travaillent
22:01des gens qui portent
22:02des valeurs
22:02des gens qui animent
22:03le territoire
22:03des gens qui produisent
22:04une alimentation de qualité
22:05mais ils s'interrogent
22:06sur leur agriculture
22:07et bien à nous
22:08de montrer
22:09que ce qu'on produit
22:10en France
22:10est fait dans un cadre
22:12de normes
22:12et de respect
22:13de l'environnement
22:14et du consommateur
22:15qui est parmi le plus élevé
22:17de ce qu'il fait dans le monde
22:17et moi je leur dis
22:18aidez-nous d'abord
22:20à améliorer
22:20ça c'est le cadre
22:21de la recherche
22:21et l'innovation
22:22comment demain
22:23on peut avoir des produits
22:23qui sont moins intrusifs
22:25avec des niveaux d'innocuité
22:27plus avérés
22:27ensuite
22:28comment on fait
22:29pour garantir
22:30le revenu des agriculteurs
22:31pardon de le rappeler
22:32ça n'est pas être mercantiliste
22:34mais vous savez
22:34on a l'impression
22:35qu'on voudrait opposer
22:36une agriculture industrielle
22:37et une agriculture
22:38qui serait le fait
22:39de gratter la terre
22:40avec les doigts
22:40mais vous savez
22:41ce qu'est la réalité
22:41du revenu des agriculteurs
22:42moi je vous invite
22:43à regarder les chiffres
22:44c'est entre 20 et 50 000 euros
22:46maximum par an
22:47on parlait du suicide
22:48mais moi nous ne nous cachons pas
22:49derrière notre petit doigt
22:50c'est aussi parce que
22:51les difficultés sont chroniques
22:52et donc face à ça
22:54dans une compétition mondiale
22:56est-ce qu'on est capable
22:56de donner quelques garanties
22:58sur les échanges
22:58cette loi revient donc
23:00sur une interdiction
23:01pendant cette période
23:02d'interdiction
23:02comment vous avez fait
23:04comment on fait les agriculteurs
23:05est-ce qu'il n'y a pas
23:05des agriculteurs qui
23:06obligés
23:07se sont adaptés
23:09et aujourd'hui on leur dit
23:10finalement vous avez fait
23:11ces efforts
23:11vous les avez fait pour rien
23:13puisque vous n'aurez plus
23:14à les faire demain
23:14alors c'est une très bonne question
23:15d'abord on s'est effectivement
23:17adaptés
23:17et on continue à s'adapter
23:18mais il y a des réalités
23:19la réalité c'est qu'en 2020
23:20on a eu une jaunisse
23:22terrible
23:22sur ma ferme
23:24c'est moins 50%
23:25de production
23:26betteravière
23:26alors on peut dire
23:27c'est pas très grave
23:28à la limite on va le combler
23:29mais les noisettes
23:30les noisettes
23:31il reste 350 producteurs
23:33qui sont dans des situations
23:34catastrophiques
23:35je rappelle que
23:36les noisettes
23:37sont consommées
23:37dans une fameuse patate tartinée
23:38que consomment
23:39tous les français
23:40qui sont importés
23:41à 88% en France
23:43notamment de Turquie
23:44pour les deux tiers
23:45d'entre elles
23:45avec des produits chimiques
23:46qui ne sont pas là
23:47donc ce que je veux dire
23:48c'est qu'on s'est adapté
23:50mais là on est arrivé à un bout
23:51on a besoin
23:52encore un peu de temps
23:53à trouver des solutions
23:53et si on a tué
23:55la production en France
23:55on n'aura pas avancé
23:57l'ANSES a mené des études
23:58sur les alternatives chimiques
23:59et non chimiques
24:00à l'estéthamipride
24:02aucune
24:04ces dernières années
24:05n'a été conclusive
24:05pour l'instant
24:06ce qui ne veut pas dire
24:06que la recherche
24:07ne doit pas continuer
24:08et que l'innovation
24:09doit absolument venir
24:10pour trouver des alternatives
24:12mais il se trouve
24:12qu'aucune
24:13des six alternatives chimiques
24:14et non chimiques
24:15en 2022
24:16l'ANSES avait aussi évoqué
24:17dans un rapport
24:18la forte toxicité
24:19pour certains organismes
24:20notamment aquatiques
24:21un rapport depuis
24:22qui a été remis en cours
24:23mais le problème
24:24c'est qu'il y a différents rapports
24:25qui parfois se contredisent
24:26c'est ce qui suscite
24:27parfois l'inquiétude
24:28par ailleurs
24:28c'est qu'elle ne prévoit
24:29une réintroduction
24:30que temporaire
24:31et strictement encadrée
24:32pour une raison toute simple
24:33c'est que le conseil constitutionnel
24:34interdit
24:35a priori
24:36un retour
24:37une fois que ce type de loi
24:38a été prise
24:39une loi d'interdiction
24:40comme celle-là
24:40le conseil constitutionnel
24:41pourrait censurer
24:42si la réintroduction
24:44était pérenne
24:45donc c'est important aussi
24:45de lire ça
24:46c'est-à-dire que
24:46les problématiques
24:47que vous soulevez
24:47elles sont elles
24:48de long terme
24:49en réalité cette loi
24:50elle n'est que de court terme
24:51ou de moyen terme au mieux
24:52un dernier mot
24:53parce qu'on voit quand même
24:54qu'il y a un certain embarras
24:55aujourd'hui dans le gouvernement
24:56c'est de la politique
24:57ils ne sont pas insensibles
24:58forcément à ce mouvement
25:00et à ces signataires
25:02de cette pétition
25:02est-ce que vous en voudriez
25:05beaucoup
25:05et que vous vous inquiétez
25:06que le président
25:07demande
25:08Arthur nous disait hier
25:10qu'il ne le fera pas
25:11mais enfin
25:11tout ça peut évoluer
25:13et il en a la possibilité
25:14demande un nouveau vote
25:16au Parlement
25:17non mais pour nous
25:18ça serait incompréhensible
25:19et puis moi je l'ai dit
25:20et je le redis
25:21au président de la République
25:22il va y avoir une décision
25:22à prendre concernant
25:23la position de la France
25:24sur le Mercosur
25:25comment un agriculteur
25:26pourrait comprendre
25:27que demain
25:28le président de la République
25:29demande un nouveau vote
25:30vote
25:31et vous l'avez rappelé
25:32Merci
25:32qui s'est passé
25:33dans un cadre
25:33parfaitement légal
25:35demande un nouveau vote
25:37alors même
25:38qu'on comprend
25:39que la France
25:40est en train
25:40de lâcher du lest
25:41sur le Mercosur
25:42enfin moi il y a un moment
25:43il faut qu'on nous dise
25:43à nous agriculteurs
25:45ce qu'on attend de nous
25:46si demain
25:47on dit
25:47finalement
25:48on fait une alimentation
25:49haut de gamme
25:49pour quelques-uns
25:50et le reste
25:50on l'importe à bas coût
25:52autant nous le dire tout de suite
25:53et puis après
25:53on met un plan social en place
25:54donc pour nous
25:55C'est un peu les craintes
25:56qu'agitaient la FNSEA
25:57au moment du CETA
25:57l'accord franco de libre-échange
25:59avec le Canada
25:59où finalement
26:00on se rend compte
26:00près de dix ans plus tard
26:02qu'on est largement bénéficiaire
26:07la vigilance malgré tout
26:08c'est que les relations
26:08entre le Canada et les Etats-Unis
26:09viennent de se dégrader
26:10et que si vous regardez
26:11les chiffres récents
26:12les Canadiens sont sérieusement
26:14en train de se poser la question
26:15pour trouver des nouveaux débouchés
26:17pour leur élevage
26:17de pouvoir bénéficier
26:18de la porte
26:19que l'a rouvert l'Europe
26:21et ça
26:22c'est quelque chose
26:23à regarder évidemment
26:24de très près
26:24c'est la raison pour laquelle
26:25on est extrêmement vigilant
26:26mais je le redis
26:27notre vocation
26:28c'est de nourrir les Français
26:29avec des produits de qualité
26:30sans impacter leur santé
26:32Merci beaucoup
26:32merci Arnaud Rousseau
26:33d'être venu
26:34sur le plateau
26:35de BFMT
26:36merci également
26:37à tous les deux
26:37vous restez bien sûr avec nous
26:38merci à tous les deux
26:39merci à tous les deux
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