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  • il y a 6 mois
Ségolène Royal dit faire partie des 1 400 000 signataires de la pétition contre la loi Duplomb. Pour rappel, cette dernière autorise la réintroduction sous condition d’un pesticide, utilisé par les producteurs de betteraves et de noisettes. On en parle avec Ségolène Royal, ancienne ministre de l'Environnement et de l'Enseignement scolaire.

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Transcription
00:00La suite de BFM Story a invité ce soir, Ségolène Royal.
00:04Bonsoir.
00:04Bonsoir.
00:05Vous avez signé la pétition contre la loi Duplomb ?
00:07Oui.
00:09Vous faites partie des 1,4 millions ?
00:10Oui.
00:10Pourtant, je signe très rarement de pétition,
00:13sauf sur le domaine que je connais bien,
00:15celui de la question de la protection de la planète
00:17et de la protection de l'environnement.
00:18Et pourquoi vous avez signé cette pétition ?
00:20Parce que, c'est grave,
00:23c'est-à-dire que depuis qu'Emmanuel Macron est là,
00:24il y a eu 60, vous m'entendez bien,
00:2660 décisions de recul sur la question environnementale,
00:30donc sur la question de protection de notre nature
00:34et de notre santé.
00:35Et celle-ci est particulièrement grave.
00:38Vous savez, j'ai présidé pendant 10 ans
00:39une des régions les plus agricoles de France,
00:42Charente.
00:43J'ai été élu pendant 20 ans député
00:45d'un des départements les plus agricoles de France,
00:47les Deux-Sèvres.
00:48Donc, c'est un sujet que je connais bien.
00:50Et quand j'étais ministre de l'Environnement,
00:52j'ai mené des actions
00:54en liaison avec les représentants
00:56des organisations syndicales,
00:57y compris la FNSEA.
00:59J'ai signé des accords avec la FNSEA.
01:01Et donc, je crois qu'il y a vraiment
01:02un chemin de réconciliation
01:04qui prend en compte l'intérêt général,
01:07la réalité scientifique,
01:09la santé publique
01:10et la survie de l'agriculture.
01:13Je pense qu'il y a un chemin.
01:15Mais pourquoi cette loi est mauvaise ?
01:17Parce qu'elle cède aux plus extrémistes.
01:19Et on est les seuls en Europe
01:20à interdire cet insecticide
01:22qui est visiblement primordial
01:25pour les producteurs de betteraves
01:26et de noisettes.
01:27Sinon, on achète des noisettes ailleurs.
01:30Alors, deux réponses par rapport à cela.
01:32Premièrement, ce n'est pas exact.
01:33Nous ne sommes pas les seuls.
01:34On nous a déjà fait le coup
01:36lors du glyphosate.
01:37On nous a dit, il faut remettre le glyphosate.
01:38Emmanuel Macron a remis le glyphosate
01:40que nous avions interdit.
01:42Je m'en souviens, c'est moi
01:43qui avais porté cette interdiction
01:44au niveau européen
01:46avec une majorité de pays européens
01:48qui avaient décidé l'interdiction
01:49du glyphosate.
01:51Mais là, ce n'est pas le cas.
01:52Il n'y a pas une majorité d'Européens
01:53qui disent qu'on va interdire
01:55l'acétamipride.
01:57Il y a d'autres Européens
01:58qui interdisent ce néonicotinoïde
02:01et d'autres néonicotinoïdes.
02:02Je viens d'entendre à l'instant
02:03sur votre plateau
02:04un député qui nous dit
02:06qu'un insecticide
02:08n'est pas un pesticide.
02:10Vous avez un député
02:11qui vous dit ça.
02:12C'est quand même embêtant.
02:13Les insecticides, on en utilise partout.
02:15Sinon, il n'y a plus d'agriculture.
02:17Dans les pesticides,
02:17il y a les insecticides
02:18et il y a les herbicides.
02:20Ce monsieur confond effectivement
02:21et tout ici,
02:22un insecticide est un pesticide.
02:26Et ce pesticide,
02:28vous savez,
02:28s'il n'était pas dangereux,
02:30s'il n'était pas dangereux,
02:32ce qui épand de ce pesticide
02:33ne serait pas habillé
02:34comme ils le sont.
02:35Vous avez déjà vu
02:35comment on épand
02:37ces pesticides,
02:38comment on les diffuse
02:39dans les champs ?
02:41Ils sont habillés
02:41entièrement
02:42comme pour une plongée sous-marine.
02:46Entièrement,
02:46y compris un casque,
02:48une visière,
02:49il n'y a pas un centimètre
02:50de peau qui dépasse,
02:51etc.
02:51Tellement,
02:52le produit est nocif.
02:54Et non seulement
02:54il est nocif pour les...
02:55Après, il nous raconte...
02:56Pourquoi il est validé
02:57par l'agence qui s'occupe de ça ?
02:59Non, justement,
02:59il a été interdit.
03:00Non, non, non,
03:01c'est par l'agence...
03:03L'ANSES ?
03:04Non, l'autre agence
03:05qui s'occupe de valider
03:07si les produits alimentaires
03:08sont consomment ou pas,
03:09c'est validé.
03:11Mais c'est validé,
03:11mais c'est validé.
03:12C'est que ça a un impact
03:13sur le cancer.
03:14Il n'y a pas d'études
03:15qui le démontrent aujourd'hui.
03:16Mais si...
03:17Il y a des présomptions,
03:18mais il n'y a pas d'études
03:19aujourd'hui qui démontrent
03:20que cet insecticide
03:22est cancérogène.
03:23C'est scandaleux
03:23de dire une chose pareille.
03:25Mais c'est pas vrai.
03:26Mais c'est pas vrai
03:27puisqu'il y a même
03:27des tribunaux...
03:28Donc tous les députés
03:28qu'on défend nous se trouve.
03:28Il y a même des tribunaux
03:29qui ont indemnisé
03:31des victimes
03:32de néonicotinoïdes.
03:33Il y a des perturbateurs
03:34endocriniens.
03:35On ne parle pas
03:35de tous les néonicotinoïdes,
03:38on parle de l'acétamipride,
03:39précisément.
03:40Mais c'est cancérigène,
03:41bien sûr.
03:41C'est cancérigène.
03:42Mais bien sûr.
03:42Il y a une étude
03:43qui le démontre.
03:43Mais bien sûr.
03:44Les scientifiques le disent.
03:45Bien sûr que c'est cancérigène.
03:47Donc à force de nier les choses...
03:49Alors pourquoi on l'autorise
03:49si c'est cancérigène ?
03:50Vous savez, l'amiante,
03:51on entendait le même discours.
03:52Ah non, non, non.
03:53Rien n'est démontré, etc.
03:54D'accord.
03:54Mais pourquoi on l'autorise
03:55un peu partout en Europe
03:57et qu'il y a une majorité
03:58à l'Assemblée
03:58qui veut l'autoriser
03:59si c'est cancérigène ?
04:00Parce qu'il y a plein
04:01de domaines
04:02où c'est cancérigène.
04:02Donc on a fait cet effort
04:03d'interdire les néonicotinoïdes.
04:05Donc protégeons
04:06nos agriculteurs
04:06et interdisons
04:07les importations
04:09qui contiennent
04:10ce pesticide
04:11que la France
04:12a le courage
04:13de s'imposer
04:14et nous ne sommes pas
04:14d'ailleurs les seuls.
04:16C'est ça qu'il faut faire.
04:17C'est pousser en avant.
04:18Au contraire,
04:19l'avantage que nous avons
04:21par rapport
04:21à la protection de la santé,
04:22ce n'est pas s'aligner
04:23vers le bas, l'Europe.
04:24C'est s'aligner vers le haut.
04:25Oui, mais les concurrences.
04:26Vous savez très bien
04:27qu'aujourd'hui,
04:28la concurrence,
04:29elle est européenne
04:30et voire mondiale
04:31pour les agriculteurs.
04:32Donc si on interdit
04:32des choses chez nous
04:33qui sont autorisées partout,
04:35pour nos pauvres producteurs,
04:36c'est quand même compliqué.
04:37Tout à fait.
04:38Mais à ce moment-là,
04:38il faut imposer
04:39l'interdiction des importations
04:40qui ne respectent pas les normes.
04:42Pourquoi ?
04:44Parce que nous avons signé
04:45des accords internationaux
04:46et nous avons inscrit
04:47dans notre Constitution
04:48le principe
04:49de non-régression.
04:52Déjà,
04:52de non-régression.
04:53C'est-à-dire un État,
04:54un pays,
04:54n'a pas le droit,
04:55comme le fait actuellement
04:56la France,
04:5760 fois je viens de le dire,
04:59et sur cette affaire
05:00des pesticides,
05:01n'a pas le droit
05:01de reculer
05:02par rapport à une situation
05:04qui existait au Parlement.
05:05C'est interdit.
05:05Donc j'espère
05:06que le Conseil constitutionnel
05:07d'ailleurs va sanctionner
05:08cette loi.
05:08On va y revenir
05:09sur la procédure,
05:11l'issue de cette pétition.
05:12Mais écoutez
05:12ce qu'on disait
05:13ce matin dans les Grandes Gueules.
05:14La présidente
05:15de l'Assemblée nationale,
05:16Yaël Broun-Pivet.
05:18Oui,
05:18c'est une bonne loi
05:19et moi je trouve
05:20qu'elle vient apporter
05:21une réponse précise,
05:24ciblée
05:24à une difficulté chronique.
05:26On a effectivement,
05:27alors elle ne comporte pas
05:28que la question
05:29des néonicotinoïdes.
05:32Il y a aussi
05:33d'autres dispositions
05:33autour de l'installation,
05:34autour de l'eau,
05:35autour de la simplification.
05:36Dans l'ensemble,
05:37c'est une bonne loi
05:38et on en a besoin.
05:39On a besoin de soutenir
05:40nos agriculteurs.
05:42C'est vrai que
05:43lorsqu'il y a eu
05:43ce mouvement très fort
05:45des agriculteurs,
05:46tout le monde était d'accord
05:46pour dire
05:47qu'il faut les aider.
05:48Il faut enlever des normes,
05:49des restrictions.
05:50Il ne faut pas
05:51leur imposer
05:52des règles
05:53que la concurrence
05:54n'a pas.
05:55Et puis là,
05:55on a l'impression
05:56qu'on a oublié tout ça
05:56que désormais...
05:57C'est une bonne question
05:58mais la réponse,
06:00c'est laquelle ?
06:00C'est qu'il n'y a pas
06:01une agriculture,
06:02il y a des agriculteurs.
06:03Ceux qui demandent là
06:04les pesticides massifs,
06:05vous l'avez dit d'ailleurs,
06:06c'est les betteraves,
06:08c'est les céréales,
06:08c'est la viticulture,
06:09c'est les noisettes.
06:10D'accord ?
06:11Et en faisant ça,
06:12ils sont en train même
06:13de détruire
06:14la petite agriculture.
06:15D'ailleurs,
06:15on ne les entend pas,
06:16les petits agriculteurs,
06:17ceux qui se suicident,
06:18ceux qui souffrent.
06:19Ce sont les agriculteurs
06:21qui épandent eux-mêmes
06:22leurs produits.
06:23La grande agriculture,
06:24c'est les ouvriers agricoles.
06:26Donc,
06:26ils ne risquent pas grand-chose.
06:27Ceux des propriétaires
06:28des grandes exploitations,
06:29le céréalière ou la métravière.
06:31Et donc,
06:31la question,
06:31c'est que justement,
06:32si on cède
06:33à cette grande agriculture
06:34intensive et polluante,
06:36on détruira le reste
06:38de l'agriculture
06:39dont nous avons besoin
06:40pour manger sainement.
06:42Et c'est ça
06:43qui est scandaleux.
06:44Vous voyez,
06:44c'est ça qui est terrible
06:46dans cette loi.
06:47C'est parce que,
06:47d'abord,
06:48on recule,
06:49on piétine la santé publique
06:51alors que
06:52ils ont la légitimité
06:53d'exister les betteraviers
06:54et d'exporter,
06:55mais pas au dépens
06:56de l'intérêt général.
06:58Et si on veut protéger
06:59leur travail,
06:59au contraire,
07:00il faut être exigeant.
07:01Il faut leur dire,
07:02au contraire,
07:02mettez sur le marché
07:03une nouvelle génération
07:05de betteraves
07:05sans pesticides
07:06et nous protégerons
07:08votre production
07:09en interdisant
07:10l'importation
07:12de produits
07:13qui contiennent
07:14des pesticides
07:14et en encourageant
07:16votre exportation
07:17parce que
07:18les consommateurs
07:19des autres pays aussi,
07:20ils n'ont pas envie
07:20de s'empoisonner.
07:22Et donc,
07:22si nos agriculteurs français
07:23se font une réputation
07:24internationale
07:25par rapport à la qualité
07:26de leur agriculture,
07:27ils conquèrent...
07:28Vous croyez que les autres
07:28vont acheter des produits français ?
07:30Ça ne marche pas comme ça.
07:31Mais bien sûr.
07:31Mais les consommateurs,
07:33s'ils sont informés,
07:34s'ils sont informés,
07:35bien sûr.
07:36Et par ailleurs,
07:37ceux qui sont les plus touchés
07:39par les cancers liés
07:40aux pesticides,
07:40ce sont les agriculteurs
07:41eux-mêmes.
07:42Et pourquoi est-ce qu'on ne publie pas ?
07:44Pourquoi est-ce qu'on ne publie pas ?
07:45Il n'y a même pas
07:46un registre national.
07:47Vous voyez,
07:47le tabou est tellement fort
07:48que les statistiques territoriales
07:52par rapport au cancer,
07:53par rapport au cancer des enfants,
07:54par rapport aux malformations
07:55congénitales,
07:56par rapport à la montée
07:57de l'infertilité,
07:58par rapport aux perturbations
08:00endocriniennes,
08:01ne sont pas publiées
08:02par territoire.
08:03Eh bien,
08:03faisons-le
08:03et nous verrons
08:04la réalité des choses.
08:05Que fait-on de cette loi ?
08:07Parce que là,
08:08il y aura sans doute
08:08un débat à l'Assemblée.
08:09Ce n'est pas encore fait,
08:10mais a priori,
08:11même Marine Le Pen,
08:12qui est plutôt pour la loi,
08:14est favorable à un débat.
08:15Mais il n'y aura pas de vote.
08:16Mais si,
08:17il peut très bien avoir un vote.
08:17Est-ce qu'on peut abroger cette loi ?
08:18Mais bien sûr,
08:19on peut la remettre en discussion
08:20tant qu'elle n'est pas promulguée.
08:22Le président de la République
08:23ne doit pas promulguer cette loi
08:25et la remettre en discussion.
08:25Il y a d'autres reculs
08:28qui sont inadmissibles
08:29dans cette loi.
08:30Il faut faire comme Jacques Chirac
08:30qui, à l'époque du CPE,
08:32vous vous souvenez,
08:33on avait voté le CPE.
08:35Jacques Chirac,
08:35à la télévision,
08:37président de la République,
08:37nous avait dit
08:38je suis obligé de promulguer cette loi
08:39parce que c'est une obligation,
08:41mais il ne faut pas l'appliquer.
08:42C'est curieux quand même.
08:42Non, il ne faut pas la promulguer.
08:44Il est obligé.
08:45Non.
08:46Si la loi est votée,
08:47il est obligé de la promulguer.
08:48Non, la présidente de l'Assemblée nationale
08:49peut demander une nouvelle délibération.
08:50Je ne le trouvais d'ailleurs
08:51pas très courageuse
08:52parce qu'elle s'aligne complètement
08:53sur la position gouvernementale.
08:54On peut de nouveau voter sur cette loi.
08:55Donc, une présidente de l'Assemblée nationale,
08:56elle doit tenir compte
08:57du débat démocratique,
08:59d'une part,
08:59et d'autre part,
09:00je pense que...
09:01Mais si ça a été voté,
09:02est-ce que les 1,4 millions de personnes
09:05sont plus importantes
09:06que les députés
09:07qui sont les élus de la nation ?
09:08Ce n'est pas les 1,4 millions de personnes.
09:10Ce n'est pas comme ça.
09:11Je pense qu'il faut voir les choses.
09:12Mais déjà, dans le contexte-là,
09:14où la moitié des gens sont en vacances,
09:15où les gens sont épuisés,
09:17où ils sont inquiets
09:17sur leur pouvoir d'achat,
09:18c'est quand même...
09:19Les gens se lèvent et se bougent
09:20par rapport à leur santé.
09:22Je trouve ça très positif,
09:23d'une certaine façon.
09:25Et d'autre part,
09:25par rapport à cette question-là,
09:27le vrai sujet,
09:28c'est la question de la santé publique.
09:30C'est tout.
09:31Et c'est la question
09:32de la non-régression.
09:33Ça, c'est un principe constitutionnel.
09:34Donc, le président de la République
09:35peut dire...
09:36D'abord, le Conseil constitutionnel
09:37va se prononcer.
09:38Il peut très bien dire
09:38que cette loi n'est pas conforme
09:39à la Constitution
09:40puisqu'il y a une régression
09:41et il y a un recul
09:43sur le principe de précaution.
09:44Donc, je ne promulgue pas la loi
09:45et je la remets en débat.
09:48Et j'espère que si elle revient en débat,
09:49il y aura aussi les bassines
09:50qui ne seront pas considérées
09:51comme tout à fait normales.
09:52Qui sont dans la loi du plomb aussi.
09:54Et qui sont aussi dans la loi du plomb.
09:55Il y a plusieurs reculs dans la loi du plomb.
09:56Je voudrais qu'on parle aussi
09:57de ce qui se passe en ce moment
09:58dans plusieurs villes de France,
09:59des violences urbaines
10:00sur fond de trafic de drogue,
10:02notamment à Béziers, Limoges, Nîmes.
10:04La réponse des maires,
10:05c'est d'essayer de mettre en place
10:06des couvre-feux
10:06pour que les mineurs
10:08ne soient plus dans les rues
10:09à des heures trop tardives.
10:13Mais le couvre-feux,
10:14est-ce que c'est vraiment une solution ?
10:16Déjà, la situation est quand même terrible.
10:18C'est un spectacle affligeant
10:21de voir ce que devient
10:22une partie de la jeunesse.
10:23Et la vraie question,
10:24c'est ça.
10:24Mais qu'est-ce qu'ils vont faire après ?
10:25Quel métier ils vont avoir, ces jeunes ?
10:27À supposer même
10:28que ce soit une crise de jeunesse,
10:30mais qu'est-ce qu'ils vont devenir après ?
10:31Ils sont guetteurs.
10:32Ils sont guetteurs.
10:32Et après, quel métier ils vont avoir ?
10:34Comment ils vont s'insérer dans la société ?
10:35Je crois qu'ils ne se projettent pas.
10:36Non, mais c'est un sujet politique
10:38très, très lourd.
10:40Donc la question du couvre-feu,
10:41pourquoi pas ?
10:42La question de la police,
10:44la question de la justice,
10:45mais la question est de savoir
10:46pourquoi ces jeunes sont...
10:47Que fait-on de ces jeunes ?
10:48Que fait-on de ces jeunes ?
10:49Le vrai problème,
10:50c'est le fait de ne rien faire.
10:54C'est le fait de traîner,
10:56de n'avoir rien à faire.
10:57C'est ça le vrai sujet.
10:58Déjà, mineurs,
10:59ils sont censés être à l'école
11:00jusqu'à 16 ans.
11:00Oui, mais là, c'est les vacances.
11:01Oui, c'est les vacances.
11:02Là, c'est les vacances.
11:03Et même pendant l'école,
11:04il y en a qui sont en rupture scolaire.
11:06Et donc, le vrai problème,
11:08c'est l'oisiveté.
11:09Donc, qu'est-ce qu'on fait
11:09de ces jeunes oisifs ?
11:10Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
11:11Ça, c'est le vrai problème.
11:12Et le deuxième problème,
11:12c'est que la drogue,
11:13ça rapporte beaucoup.
11:14Et donc, du coup,
11:15ça les démotive par rapport au travail.
11:17Donc, il y a deux sujets
11:18à prendre à bras le corps.
11:20Moi, j'avais proposé,
11:21vous vous souvenez,
11:22des chantiers de jeunes.
11:23Il y a de quoi faire.
11:24Les chantiers de jeunes
11:25dans le domaine de l'environnement,
11:26justement, nettoyer les rivières,
11:28nettoyer les forêts.
11:29J'avais lancé des chantiers
11:31de rénovation
11:33de tous les bâtiments des quartiers
11:34en disant aux jeunes,
11:34vous allez être des apprentis
11:36dans les métiers du bâtiment
11:37et vous allez rénover les logements
11:39où vous habitez.
11:40Il faut un encadrement, quand même.
11:41Il faut un encadrement,
11:42mais ça s'organise.
11:43J'avais même parlé
11:44d'encadrement militaire.
11:45Ça s'organise.
11:47Et donc, il y a un encadrement
11:48professionnel.
11:49De nouveau, on parle de l'armée.
11:50De nouveau, c'est amusant
11:52parce qu'on parle de nouveau
11:52de l'armée,
11:53de peut-être remettre en place
11:54un service militaire.
11:55Mais vous savez,
11:55on avait commencé ces chantiers
11:57d'isolation des bâtiments,
11:58de changement des radiateurs.
12:00C'est des radiateurs
12:00qui consomment énormément.
12:02Ce qu'on a appelé des grippins.
12:03Les jeunes, vous voyez,
12:04les familles avec des factures
12:06d'électricité.
12:06Et on leur a dit,
12:07vous allez participer
12:08à la rénovation du chauffage
12:11dans vos habitations
12:12encadrées par les entreprises
12:14du bâtiment.
12:15Mais on en trouvait
12:15des artisans du bâtiment
12:17qui avaient justement besoin
12:18de jeunes apprentis.
12:20Et en plus,
12:21ça les valorisait dans le quartier.
12:23Et ça leur apprenait aussi
12:24à respecter leur quartier.
12:26Bon, tout ça a été abandonné.
12:27Souvenez-vous même Nicolas Sarkozy
12:29qui s'était moqué
12:29d'un policier qui jouait au foot.
12:32C'est très bien de jouer au foot
12:33au contraire de les encadrer.
12:34C'est ça qui va endiguer
12:35le trafic de drogue.
12:36Mais non,
12:36mais la police de proximité
12:39a disparu.
12:39C'est en encadrant les jeunes.
12:41On n'en est plus là
12:41quand on voit des jeunes
12:42qui sont déterminés
12:43à tuer,
12:45à régler leur compte
12:46à coup de...
12:46Il y a une question de niveau.
12:47Mais le problème,
12:47c'est qu'il faut les prendre tôt.
12:48Moi, je suis pour l'apprentissage
12:49dès l'âge de 14 ans
12:51dans les métiers du bâtiment,
12:52les jeunes dans leur quartier.
12:54Je suis favorable
12:54à encadrer les jeunes
12:55pour regarder
12:56les problèmes des incendies.
12:58Vous ne croyez pas
12:58qu'on a besoin de bras
12:59pour les incendies,
12:59pour débroussailler les forêts ?
13:01Donc, lançons
13:02des grands chantiers nationaux
13:06et les quartiers-là
13:06seront encadrés.
13:08Et puis, pour les jeunes
13:09qui sont en deux roues
13:09et qui font des rodéos,
13:11franchement,
13:12est-ce qu'il vaut mieux ?
13:12Et franchement,
13:13on ne peut pas trouver
13:13des solutions pour eux.
13:14Leur ouvrir des circuits
13:16où ils peuvent se livrer
13:18à leur passion
13:18de façon sécurisée
13:19sans embêter
13:20les gens du quartier.
13:21Donc, essayons d'inventer
13:22des solutions
13:23pour encadrer les jeunes
13:24et cela le plus tôt possible
13:25parce que ça va mal finir.
13:27Et c'est très inquiétant
13:28parce que ça touche aussi
13:29les petites communes.
13:30Donc, non à l'oisiveté,
13:34oui à l'activité,
13:35oui à l'encadrement
13:36et oui à l'apprentissage
13:38dans les métiers
13:38où les jeunes
13:39vont être valorisés.
13:40Dites-moi,
13:41vous avez repris
13:41votre carte au Parti Socialiste ?
13:43Il y a longtemps.
13:43Je ne sais pas pourquoi ça fait.
13:45Mais on en a même parlé ici.
13:46Oui, parce que j'ai participé
13:48même au congrès.
13:49Vous aviez dit
13:49face à l'indu Hamel
13:50que vous avez envie
13:50de participer à une primaire
13:52si une primaire
13:52est organisée par le PS.
13:53Mais vous avez
13:54votre carte du PS toujours ?
13:55Oui, bien sûr.
13:56Vous préparez donc
13:57à cette primaire ?
13:57Je n'ai pas créé
13:57d'autres parties
13:58contrairement à d'autres.
14:00Oui.
14:00Oui, et beaucoup d'hommes.
14:01Dès qu'ils ont
14:02un petit peu de résultats,
14:03hop, ils créent un parti.
14:04Non, moi je suis restée fidèle
14:05à ma famille politique
14:06tout en étant
14:07en une grande liberté de parole.
14:08Vous avez toujours envie
14:09de vous lancer
14:10dans la bataille présidentielle ?
14:11Ce n'est pas ça.
14:12C'est que je suis
14:12souvent interpellée.
14:15Je pense qu'il y a
14:15une telle dégradation
14:16du niveau de la politique,
14:19un tel nombre de problèmes
14:20qui ne sont pas résolus
14:21que vous entendez bien
14:23autour de vous,
14:23les gens qui disent
14:24il faudrait quand même
14:24un peu d'expérience,
14:26un peu de sagesse,
14:27un peu de calme.
14:27Regardez les images.
14:29On a retrouvé,
14:31j'imagine que vous vous souvenez
14:31de cette une
14:32dans le Nouvel Obs à l'époque.
14:34Et si c'était elle,
14:35c'était en 2007.
14:36C'était hier.
14:36Donc ça sera 20 ans
14:38avant 2027.
14:40Vous avez envie de replonger,
14:41de vous relancer
14:42dans une campagne ?
14:43Il faut du courage
14:43pour revenir.
14:44Pour prendre des coups.
14:46En plus, vos camarades du PES
14:47n'ont pas toujours été
14:48très sympathiques.
14:49Non, mais ce n'est pas évident
14:49vu ce qu'est devenue
14:50la politique.
14:51Vous avez envie de vous...
14:52Mais en même temps,
14:53je ne peux pas me dérober
14:55en disant débrouillez-vous.
14:57Débrouillez-vous.
14:57Non.
14:58Quand on voit en plus
14:59ces sujets sur la question
15:00de l'ordre,
15:01de l'ordre juge,
15:01sur la question
15:02de l'urgence climatique,
15:03sur la question des jeunes...
15:04Et on manque de leaders à gauche ?
15:05On manque de leaders, oui.
15:06Regardez le résultat
15:07de la dernière présidentielle.
15:09Donc vous voyez,
15:09je ne veux pas
15:10que l'histoire passe
15:11et qu'on dise
15:12finalement,
15:13qu'est-ce que vous avez fait ?
15:14Pourquoi vous n'avez pas
15:14pris vos responsabilités ?
15:15Parce que la prochaine présidentielle,
15:16beaucoup disent...
15:17C'est très modeste.
15:18La prochaine présidentielle ?
15:19Bien sûr.
15:20C'est la participation
15:20à la primaire.
15:21Je ne me lance pas...
15:22La prochaine présidentielle.
15:22Oui, si on participe
15:23à une primaire,
15:24c'est pour ensuite
15:24être candidate
15:25de son camp
15:25à l'élection présidentielle.
15:26Oui, mais on ne le faisait pas tout de suite,
15:27si vous voulez.
15:27Il y en a d'autres
15:27qui se déclarent candidats
15:29en dehors de tout parti.
15:30Regardez, quasiment tous les jours,
15:31il y a quelqu'un qui se dit
15:32« Pourquoi pas moi ? »
15:33Oui, oui.
15:35Non ?
15:35Bon.
15:37En tout cas,
15:38moi, je suis interpellée
15:39par beaucoup de gens
15:39et j'ai dit
15:41« S'il y a une primaire,
15:43oui, j'y participerai. »
15:44D'accord.
15:44Mais on verra,
15:45on verra,
15:46mais c'est vrai qu'il y a une telle...
15:48Vous voyez,
15:48il y a quand même
15:49ce qu'ils disent les gens.
15:50Ils disent...
15:50Vous avez déjà réfléchi un slogan ?
15:52L'ordre juste
15:52et l'urgence climatique.
15:54L'ordre juste.
15:54Et l'ordre juste.
15:55Parce que ça vaut
15:55dans tous les sujets.
15:57Absolument.
15:58Oui.
15:58Merci, Céline Royal.
15:59Merci à vous.
16:00Merci.
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