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  • il y a 5 mois
Hélène Falise est une Nima. « Non-issue du milieu agricole ». Ancienne ingénieure, elle s’est formée au maraîchage en 2016 avec son mari, Etienne. Pour lancer, en 2018, leur propre ferme baptisée le Village potager, près de Nemours, à une centaine de kilomètres à peine de Paris. Il y a quelques semaines, Hélène a fait comme un peu plus de 2 millions de personnes en France : elle a choisi de signer la pétition lancée contre la loi Duplomb, adoptée le 8 juillet dernier. Un texte très controversé notamment en raison de son article 2 qui autorisait la réintroduction à titre dérogatoire, sans limites de temps ni de filières, de l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France depuis 2018.
Notre article complet :
https://www.20minutes.fr/planete/environnement/4167866-20250818-loi-duplomb-faut-exploiter-toutes-solutions-helene-agricultrice-signer-petition-evident (https://www.20minutes.fr/planete/environnement/4167866-20250818-loi-duplomb-faut-exploiter-toutes-solutions-helene-agricultrice-signer-petition-evident)
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Transcription
00:00Cette loi me semblait à contre-courant.
00:04C'est pour ça que j'ai signé la pétition contre la loi du plomb.
00:07Hélène Falliz est une NIMA, non issue du milieu agricole.
00:12Ancienne ingénieure, elle s'est formée au maraîchage en 2016 avec son mari Étienne.
00:17Pour lancer en 2018 leur propre ferme, baptisée le village potager près de Nemours,
00:22à une centaine de kilomètres à peine de Paris.
00:25Il y a quelques semaines, Hélène a fait comme un peu plus de 2 millions de personnes en France.
00:29Elle a choisi de signer la pétition lancée contre la loi du plomb, adoptée le 8 juillet dernier.
00:34Pour 316 contre 223, l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi.
00:41Un texte très controversé, notamment en raison de son article 2,
00:45qui autorisait la réintroduction à titre dérogatoire, sans limite de temps ni de filière,
00:50de l'acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France depuis 2018.
00:56En partie retoquée le 7 août par le Conseil constitutionnel,
01:00la loi a finalement été promulguée le 12 août par Emmanuel Macron,
01:03amputée tout de même de sa partie sur cet insecticide toxique pour les pollinisateurs
01:07et soupçonnée d'être cancérigène.
01:10Pour moi, c'était très évident de signer la pétition.
01:14C'était vraiment très évident parce que j'ai vraiment eu très vite l'impression
01:18que c'était une loi à l'envers, qui n'allait pas dans le sens de l'histoire.
01:24Nous, ce qu'on essaye de faire ici, c'est de montrer qu'une autre voie est possible.
01:28Déjà, je pense qu'une autre voie est nécessaire.
01:31Il faut réduire l'usage des pesticides.
01:34En fait, l'article 2 sur l'acétamipride, effectivement, nous, comme on a choisi de s'en passer
01:38et qu'on met en place des pratiques qui permettent de s'en passer,
01:42c'était très concret pour nous.
01:45L'impact sur la santé humaine, l'impact sur la biodiversité, l'impact sur la santé des sols.
01:51Il faut aller sur une agriculture avec plus d'agroécologie et moins de pesticides.
01:56Dès le début, pour Hélène et Étienne, le maraîchage agroécologique et bio était une évidence.
02:01Hors de question d'utiliser des produits chimiques sur leur terrain,
02:04et ce, malgré les difficultés de ce type d'agriculture.
02:08Résultat, le couple réussit aujourd'hui à faire pousser sur ses terres
02:12pas moins de 160 variétés de légumes, dont 90% sont revendus en circuit court.
02:18Pour que ça marche, ça nécessite beaucoup plus, beaucoup d'anticipation et beaucoup de planification.
02:26Quand on a un problème, on n'a pas tellement de produits pour régler le problème.
02:29Donc il faut éviter que le problème arrive.
02:31On produit des betteraves primeurs, on produit des betteraves de conservation.
02:37Donc on le fait sans ces produits-là.
02:38Il faut exploiter toutes les autres solutions.
02:40Le désherbage, c'est très compliqué pour nous, ça nous prend beaucoup de temps.
02:44Donc on va par exemple privilégier de bâcher, donc de mettre des bâches sur le sol.
02:49Déjà c'est bien parce que ça protège le sol.
02:51Ce qui marche bien, c'est d'avoir sur sa ferme un écosystème,
02:56c'est-à-dire d'avoir des insectes auxiliaires qui vont manger les ravageurs.
02:59Donc ça veut dire faire en sorte que les insectes qu'on aime bien,
03:04les insectes auxiliaires soient chez nous, soient sur place.
03:07Donc pour ça, il faut leur offrir le gîte et le couvert toute l'année.
03:11Donc on va planter des fleurs, on a planté des arbres.
03:14On laisse un peu la nature un peu brute, on ne désherbe pas forcément tout.
03:18Conscient des difficultés financières des agriculteurs
03:21qui pour beaucoup peinent à vivre de leurs activités,
03:24Hélène et Étienne ont, dès le début, pensé à un projet global
03:27pour que leur revenu ne soit pas uniquement centré sur le maraîchage.
03:32D'abord simple ferme, le village potager s'est très vite transformé en écolieux
03:36dédié à la transition écologique et sociale,
03:39avec des gîtes et une activité de séminaire d'entreprise
03:42pour sensibiliser les gens au travail de la terre.
03:45Le maraîchage bio, c'est une activité qui est très peu rentable,
03:50sur laquelle il y a beaucoup d'aléas.
03:52C'est un métier qui est vraiment difficile,
03:56sur lequel gagner de l'argent c'est difficile.
03:59Les premières études économiques montraient qu'en gros,
04:02on travaille 70 heures par semaine pour moins d'un SMIC.
04:06Donc ce n'est pas très sexy comme métier.
04:10Et donc on s'est dit, mais est-ce qu'il y a des moyens de concilier
04:15à la fois une agriculture agroécologique durable et rentable ?
04:22Dès le départ on s'est dit, l'agriculture biologique,
04:24ça c'est vraiment notre ligne rouge.
04:26Par contre on s'est dit, il faut aller plus loin.
04:29Ça a été dès le départ une entreprise de l'économie sociale et solidaire.
04:32Assez vite on est devenu aussi entreprise d'insertion.
04:34Ça veut dire qu'on a une partie de nos équipes qui sont des salariés
04:38avec ce contrat en insertion.
04:41On voulait aussi avoir un lieu qui soit ouvert,
04:44sur lequel on puisse accueillir du monde pour partager nos valeurs.
04:49Le gîte s'est imposé assez vite et on a créé le potager et le village.
04:56Un projet nécessaire pour pouvoir s'y retrouver financièrement.
05:01Car loin d'être rentable, l'agriculture biologique,
05:04raisonnée ou conventionnelle connaît des heures difficiles
05:06depuis de nombreuses années.
05:08Entre 2015 et 2023, les agriculteurs bio ont perdu, eux,
05:12plus de la moitié de leurs aides environnementales de la PAC,
05:15alors que son budget global, lui, n'a baissé que de 5%
05:18selon les derniers chiffres de la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique.
05:23Et ça ne va pas aller en s'arrangeant.
05:24Le gouvernement a annoncé au mois de mai une coupe de 10 millions d'euros
05:29dans le fonds Avenir Bio dédié aux investissements.
05:33Hélène note néanmoins quelques améliorations,
05:36notamment grâce au développement des paiements pour services environnementaux
05:39qui permettent aux agriculteurs de toucher un petit pécule
05:42en fonction de la manière dont ils prennent soin
05:44de la biodiversité environnante, des ressources en eau et des zones humides.
05:49Mais l'agricultrice pointe aussi du doigt
05:50un manque global d'accompagnement technique et financier.
05:54Ce qui est chiant, c'est que si on veut changer de modèle
05:56et aller vers une agriculture qui soit plus respectueuse
05:59de la biodiversité, de la santé des sols,
06:02il y a beaucoup d'accompagnement à faire.
06:03Il faut former les jeunes à l'agroécologie,
06:06il faut mettre en place des nouvelles pratiques.
06:09Donc ça demande beaucoup d'accompagnement.
06:11De comprendre comment la vie du sol,
06:15c'est-à-dire les insectes, les bactéries, les champignons
06:17qui composent le sol, comment tout ça travaille en symbiose
06:21et protège les plantes des pathogènes.
06:24Et c'est ce qu'on met en place ici.
06:27Et pour moi, c'est vraiment l'agriculture du futur.
06:29En bio, on ne pollue pas les eaux,
06:32on préserve la biodiversité.
06:34Il y a plein de services qui pourraient être plus aidés
06:37et qui permettraient peut-être aux agriculteurs
06:40de sauter le pas vers une agriculture plus durable.
06:43Le texte final promulgué de la loi du plomb conserve
06:46plusieurs mesures validées par le Conseil constitutionnel,
06:49comme les simplifications administratives accordées
06:51aux plus gros élevages,
06:53la facilitation des constructions d'ouvrages de stockage
06:55d'eau agricole, dont les mégabassines,
06:58la fin de l'interdiction d'être à la fois conseiller
07:00et vendeur de pesticides,
07:02le renforcement de la tutelle de l'État
07:04sur l'Office français de la biodiversité
07:06ou encore l'amélioration de l'assurance récolte.
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