00:00Alors ce lundi 21 juillet, la pétition sur le site de l'Assemblée nationale pour dire non à la loi Duplomb a atteint 1,2 million de signataires.
00:10Alors c'est inédit ce type de soutien populaire à une pétition.
00:14De quoi la loi Duplomb est-elle le nom ?
00:15Alors d'abord la loi Duplomb c'est le nom de Laurent Duplomb, le sénateur Les Républicains de Haute-Loire.
00:21C'est pas n'importe qui, c'est quelqu'un du Serraï, c'est un ancien jeune agriculteur, c'est un éleveur laitier,
00:25c'est un ancien président de Chambre d'Agriculture puisqu'il a été élu à la Chambre d'Agriculture de Haute-Loire en 2013 sur une liste apparentée FNSEA.
00:32Donc c'est la voie d'une certaine vision de l'agriculture au sein du système législatif français.
00:37Mais la loi Duplomb c'est aussi le nom d'un certain divorce entre la profession agricole et une grande partie de la population française.
00:44Alors qu'est-ce qu'on y trouve ? On y trouve plein de choses.
00:46On y trouve la présomption d'intérêt général majeur pour les mégabassines.
00:51On y trouve le relèvement des seuils réglementaires pour les autorisations environnementales de certains élevages.
00:58On y trouve la fin de la séparation du conseil et de la vente pour les produits phytos.
01:03Et puis surtout, ça c'est le point qui cristallise une grande partie de la colère des signataires de la pétition,
01:07on y trouve la réintroduction sous condition de deux insecticides condamnés à coucher dehors.
01:14Alors l'acétamipride qui est un néonicotinoïde dont la dangerosité est sans doute sous-estimée.
01:20Et le flupiradifuron, je l'ai noté parce que sinon je l'oublie tout le temps.
01:27Ce n'est pas un néonic, mais ça agit tout comme il a été interdit pour cette raison-là d'ailleurs.
01:31Donc l'environnement en prend pour son grade.
01:33Mais tout n'est pas forcément mauvais dans cette loi non plus.
01:35Parce qu'il faut savoir raison garder quand on parle de ces choses-là.
01:37L'agriculture est quand même dans une situation assez compliquée en France aujourd'hui.
01:40Par exemple, on ne veut plus d'insecticides sur les betteraves.
01:44D'accord.
01:45Qu'est-ce qu'on dit aux autres pays européens qui en utilisent encore ?
01:48La paperasse, les contrôles.
01:50Oui, ok, mais c'est aussi la contrepartie des subventions de la PAC.
01:53Après on ajoute les traités de libre-échange, le Mercosur,
01:57les vrais problèmes de rentabilité, que ce soit de l'élevage ou d'une grande partie des cultures.
02:01Et puis le désamour réel ou ressenti de la population pour ces agriculteurs.
02:09Donc tout ça, c'était à la base de la colère qu'a secoué le monde agricole français à l'automne 2023.
02:16Et puis après, qu'a mené des agriculteurs sur les autoroutes de la région parisienne.
02:21La loi Duplon, de son vrai nom, la loi pour lever les contraintes aux métiers d'agriculteurs,
02:25elle était censée répondre à tout ça.
02:26Mais son péché originel, c'est qu'il n'y a pas eu de débat parlementaire.
02:29Alors les tenants du texte ont beau jour de reprocher à la gauche
02:31qu'elle a fait de l'obstruction parlementaire.
02:33C'est sans doute vrai.
02:343 400 amendements et des poussières, ce n'est pas rien.
02:38Mais la motion de rejet préalable qui a été déposée par Julien Dive,
02:42ce n'est pas forcément mieux.
02:43Parce que c'est une chose de parler de rentabilité, de concurrence,
02:48de concurrence du blé russe, du soja brésilien, du canola canadien.
02:54C'en est une autre de mettre les questions d'environnement ou de santé publique sous les ténoirs.
02:59À l'heure où une grande partie de la profession agricole se plaint de l'incompréhension du grand public,
03:07un bon vieux débat aurait sans doute mieux valu que le jeu de bonnes taux parlementaires auquel on a eu droit.
03:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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