Dans cette interview accordée à BFMTV, Me Joaquinito Maria Alogo de Obono, avocat de la compagne de Cédric Jubillar, revient en détail sur l'affaire. Il défend la position de sa cliente et parle d'une "jeune femme au destin manifestement contrarié" et apporte son éclairage sur les enjeux de l'enquête.
00:00Joachim Ito, mariée à Logo Deo Bono. Bonsoir.
00:02Soyez bienvenue. Maître, vous êtes l'avocat de cette jeune femme qui, on est bien d'accord, se présente comme la compagne, la nouvelle compagne de Cédric Jubilard.
00:12Alors, elle ne se présente pas. Elle est la compagne de M. Cédric Jubilard d'une part et elle n'est pas l'ex-compagne parce qu'elle l'est toujours.
00:21Qui est cette jeune femme ?
00:22Alors écoutez, contrairement à ce que laisse entendre ou suggérer la Défense, qu'elle serait une jeune femme à la recherche des strass et des paillettes, à la psyché tourmentée,
00:34c'est une jeune femme au destin manifestement contrarié.
00:39Si vous me permettez de ne pas dévoiler ici son intimité, puisqu'elle m'a interdit de le faire, mais en deux mots, elle a 31 ans, cette jeune femme,
00:48et lorsque elle saisit le cabinet, je nous ployais, elle me dit, maître, quoi faire ?
00:53Parce que j'ai la lourdeur de confidence que j'ai reçue dans l'intimité du parloir, que faire ?
01:01Nécessairement comme avocat, j'ai de la sympathie pour cette histoire et je sais que c'est un destin funeste qu'a connu Delphine Jubilard.
01:10Alors, trois choses s'offraient, ou plutôt trois chemins s'offraient à ma cliente.
01:16D'abord, la possibilité de ne rien dire et au fond, avoir la peur de représailles, de proches ou non.
01:26La possibilité, celle de dire, mais de dire à quel prix ?
01:30Au prix juridique de la complicité, parce qu'elle n'aurait pas dénoncé le crime dont elle a été destinataire par ses confidences.
01:41Et la troisième issue, et c'est d'ailleurs stratégiquement celle que judiciairement je lui ai conseillé, c'est celle de dire.
01:50Parce que seule la justice peut porter le fardeau qu'elle détient aujourd'hui.
01:54Comment se sont connus Cédric Jubilard et votre cliente ?
01:59Ils se sont connus alors que Cédric Jubilard était en détention provisoire ?
02:05Effectivement, et je dirais même un peu plus avant.
02:08La particularité de cette histoire, c'est que la nuit du 15 au 16 décembre,
02:16je crois que seuls les démons sont témoins et les enfers de Dante le sont aussi,
02:20lorsque Delphine Jubilard a été tuée ou assassinée par Cédric Jubilard.
02:28Peu après, celui-ci feignant ici et là de rechercher le corps avec les enquêteurs,
02:34il a commencé à se rapprécher de ma cliente par l'intermédiaire d'abord des réseaux sociaux.
02:40Et c'est tout naturellement que par des échanges épistolaires,
02:44ma cliente a été conduite à aller le rencontrer en détention.
02:48Mathias, au passage, ce n'est pas la première fois que cette jeune femme,
02:55âgée de 31 ans, dit avoir recueilli des confidences de Cédric Jubilard.
03:01Parce que dès 2021, en réalité, alors que, comme maître vient de le rappeler,
03:06cette jeune femme rencontre Cédric Jubilard via les réseaux sociaux
03:10et que ce dernier n'est pas encore en détention provisoire,
03:13il y a des échanges entre eux, il y a, comment dirais-je, une relation naissante.
03:17Et effectivement, déjà à ce moment-là, Cédric Jubilard va se confier
03:21en formulant deux hypothèses quant à la disparition de Delphine.
03:25Soit l'hypothèse qu'elle ait effectivement été tuée.
03:29Et d'ailleurs, il fait la précision suivante, il dit à cette jeune femme,
03:33qu'on appellera Justine, qu'il espère que Delphine n'a pas souffert.
03:36Comme si, à ce moment-là, il estimait ne pas être le coupable
03:41des faits qui lui seront plus tard reprochés.
03:43Il fait l'autre hypothèse aussi, il dit à ce moment-là, en 2021,
03:46début de l'année 2021, qu'elle est peut-être partie,
03:48qu'elle a peut-être disparu volontairement.
03:50Voilà qui contraste déjà avec ces nouvelles confidences
03:54plus récentes de Cédric Jubilard,
03:57qui cette fois-ci manifestement explique avoir délibérément tué sa compagne.
04:01Votre cliente maître avait déjà été entendue par les enquêteurs
04:04à cet égard au début de l'année 2021.
04:08Elle avait dit ce que je viens de dire,
04:11mais elle avait aussi expliqué que la relation naissante
04:15n'était pas franchement très agréable pour lui, pour elle, pardonnez-moi.
04:19Elle disait, Cédric Jubilard est capable de mensonges très régulièrement,
04:24est manipulateur, elle posait déjà ce diagnostic, entre guillemets, sur cet homme.
04:29Ils se séparent en 2021, se remettent ensemble plus tard,
04:32dans le cadre de la détention provisoire de Cédric Jubilard,
04:36et puis récemment, ces nouvelles confidences.
04:39Maître, quelque chose m'intrigue.
04:42Ces confidences auraient donc eu lieu dans un parloir, en prison.
04:46Et votre cliente assure que Cédric Jubilard est passé aux aveux,
04:51auprès d'elle, a reconnu avoir tué son épouse Delphine,
04:55et aurait simulé une strangulation pour, en substance,
05:00lui expliquer ce qu'il a fait à Delphine Jubilard avant de la tuer.
05:05Aucun personnel de la prison, aucun surveillant n'est intervenu à ce moment-là.
05:10On parle d'un homme qui est accusé des faits les plus graves.
05:12– Mais absolument, et j'en veux pour preuve, cher monsieur,
05:16que lorsqu'ils sont dans l'intimité du parloir,
05:19je ne vous dirai pas ce qu'il s'est passé,
05:22étant ici tenu au secret dont je suis le gardien,
05:25mais dans l'intimité du parloir.
05:27Et de part, les révélations que ma cliente a faites,
05:31nous savons qu'il lui a murmuré à l'oreille,
05:33d'abord de quelle manière il a tué ou assassiné Delphine Jubilard, d'une part,
05:38mais il a aussi mimé, illustré, jusqu'à même se blesser,
05:45ou peut-être même se cicatriser le bras.
05:48Ce sont, en tout cas, cet acte qui est posé dans les procès-verbaux,
05:55a été acté.
05:57Monsieur Cédric Jubilard a effectivement une blessure au bras.
06:01Ça, c'est l'une des premières observations.
06:03La deuxième observation, c'est que dans les murmures de ses confidences,
06:07je le disais tout à l'heure, ma cliente ne les a jamais sollicitées.
06:12Elle ne les a jamais demandées.
06:13Elle en a été simplement la destinatrice.
06:16Mais elle ne saurait en être la gardienne.
06:18C'est pour cette raison, je l'ai indiqué par communiqué de presse,
06:21que ma cliente a souhaité se constituer partie civile
06:25pour espérer être entendue,
06:28et j'espère par les magistrats,
06:30madame le président de la cour d'assises écouter.
06:32A-t-elle un temps hésité à faire état de ses confidences ?
06:35Cédric Jubilard.
06:37Eh bien, écoutez, lorsque...
06:39Vous savez, monsieur...
06:41Vous la présentez, vous dites, voilà,
06:45elle est la compagne actuelle de Cédric Jubilard,
06:49dépositaire d'un secret un petit peu lourd, quoi.
06:53Manifestement, parce que l'amour corrompt.
06:55Et si vous me permettez d'être littéraire un instant,
06:58vous savez, il y avait dans les saintes écritures
07:01ce que disait Saint-Pierre dans le livre des actes.
07:03« Je n'ai ni argent ni or, mais tout ce que j'ai, je vous le donne. »
07:07Et aujourd'hui, ma cliente ne demande rien.
07:09La seule chose qu'elle demande à la justice,
07:12c'est de la libérer de ce fardeau.
07:15Elle ne demande rien d'autre que ça.
07:16Justement, la justice, Mathias, elle est intervenue cette semaine,
07:19en parallèle des révélations dans la presse en particulier.
07:24Oui, parce qu'il y a eu une transmission
07:26entre les enquêteurs de la section de recherche de Toulouse
07:29en charge de cette affaire
07:30et le parquet général de Toulouse,
07:32aussi en charge de cette affaire Jubilard.
07:37Une transmission du fameux PV de cet homme
07:41qui est effectivement dite avoir lui-même reçu les confidences
07:44de cette jeune femme dont vous êtes l'avocat maître.
07:49Et désormais, ce PV va pouvoir être transmis
07:52à la présidente de la cour d'assises du Tarn
07:54qui a toute l'attitude désormais pour soit
07:57décider de rouvrir le dossier,
08:00d'entendre en bonne et due forme cette femme
08:03dans le cadre d'une audition
08:06ou alors de décliner cette option-là
08:09et de privilégier peut-être le fait
08:12de la faire, comment dirais-je,
08:14citer comme témoin à l'occasion de cette audience.
08:17Et c'était une question que je voulais vous poser maître.
08:18Est-ce qu'elle serait prête à venir renouveler son témoignage
08:21dans le cadre de ce procès qui s'annonce fin septembre ?
08:24Eh bien écoutez, cher monsieur,
08:26deux observations de qualité nécessairement subalternes.
08:29La première observation, c'est lorsque ma cliente
08:32a recueilli les confidences de monsieur Cédric Jubilard.
08:36Je me permets de préciser ici
08:38que jamais dans la série de confidences ou de révélations
08:41qui ont été portées par devant les plateaux de télévision,
08:44jamais nous n'avons atteint un tel degré de précision.
08:47Nous savons notamment que le corps se situe à 15 minutes
08:51ou à 15 kilomètres.
08:52Alors, à votre question, deuxième observation.
08:55Ma cliente, depuis le début de ce dossier,
08:58a souhaité uniquement être anonyme
09:01et préserver son anonymat.
09:03Et lorsque d'ailleurs elle a saisi mon cabinet,
09:05je suis normalement spécialiste de conseil aux Etats
09:08et de droit à pénal international,
09:10je lui ai dit que la seule condition,
09:12c'est que nous restions dans l'ombre et dans l'effacement.
09:15Et lorsque nous avons vu hier la dépêche
09:17de mes confrères qui assurent la défense de monsieur Cédric Jubilard,
09:22grimant ou illustrant ma cliente en femme sulfureuse,
09:26à la psyché tourmentée,
09:28peut-être même la catin du prisonnier,
09:30il était naturel que d'abord, elle réagisse.
09:33Elle n'est pas à la recherche de lumière.
09:35Elle ne veut pas ni de strass ni de paillettes.
09:38Mais elle veut être entendue.
09:39Et j'espère par la justice...
09:40Pourrait-elle être auditionnée par les enquêteurs,
09:42entendue par les enquêteurs,
09:43avant le procès en septembre ?
09:46De nouveau.
09:47Pourrait-elle être de nouveau entendue ?
09:48Elle l'a déjà été.
09:49Et j'aime dire ici que...
09:51Qu'est-ce qui s'est passé cette semaine ?
09:52L'une des parties civiles, à la suite des révélations,
09:55a déposé une demande d'acte supplémentaire
09:57afin que ma cliente puisse être entendue d'une part.
10:01Et d'autre part, qu'il me soit permis de conclure
10:04en vous disant que monsieur le procureur général
10:06a tout de même, à l'issue de ces révélations,
10:10saisi madame le président de la cour d'assises.
10:13C'est que peut-être nous pouvons y prêter un peu de crédit.
10:16Donc ce que vous dites, c'est qu'elle ne serait pas prête
10:17à venir témoigner lors de l'audience ?
10:20Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai dit.
10:21Mais vous avez raison de travestir mes propos.
10:23Ce que je dis, c'est que ma cliente souhaite être entendue.
10:27Et je l'espère par la justice écoutée.
10:29Et peut-être, ce matin, je lisais l'abbé Dinoir du XVIIe
10:33qui nous disait que ce que taisent les lèvres
10:35est beaucoup plus sonore que ce qu'elles peuvent dire.
10:37Alors mes confrères peuvent parler.
10:39Cédric Jubilard peut se taire.
10:41Mais ma cliente, elle, a dit ce que nécessairement
10:44il a essayé de taire.
10:45Elle est dans quel état d'esprit, actuellement ?
10:50Écoutez, elle a 31 ans.
10:52C'est une jeune femme dont la robe a traversé
10:55la vie de Cédric Jubilard.
10:57Elle ne savait pas, à l'époque où ils échangeaient
11:00de manière épistolaire, parce qu'elle le pensait innocent,
11:03qu'il s'avérait, après les révélations,
11:06naturellement être le meurtrier.
11:08Et donc, son état d'esprit, puisque vous avez
11:11une émission de grande écoute
11:13et qu'il ne me semble pas très convenable
11:15d'évoquer son intimité,
11:17et j'aimerais dire que c'est une femme brisée.
11:19Brisée et dont le préjudice moral
11:21est quand même palpable, parce qu'elle fuit la presse
11:24qui, par les assauts chaque matin et quotidien,
11:28désormais le cabinet est aussi contraint de répondre.
11:32Et jamais elle ne souhaiterait que son identité
11:35soit dévoilée, peut-être au moment du procès.
11:38Est-ce que ce procès pourrait être retardé ?
11:41C'est une hypothèse, oui.
11:42C'est un témoignage surprise, entre guillemets.
11:44Oui, bien sûr, c'est une hypothèse,
11:46puisque deux avocats de la partie civile
11:48ont déjà émis le souhait de réclamer
11:50un supplément d'information,
11:52c'est-à-dire que le dossier soit finalement rouvert,
11:54que cette jeune femme soit auditionnée
11:56en bonne et due forme par les enquêteurs,
11:58et que ce PV d'audition soit versé à la procédure,
12:01pour qu'il puisse être acté au débat
12:04lors de l'audience, c'est-à-dire pris en compte.
12:06Mais on va être en plein mois de juillet,
12:09en plein mois d'août.
12:10Cette audition n'interviendrait pas forcément
12:14dans les meilleurs délais.
12:16Ce serait une manœuvre,
12:18et ce n'est pas péjoratif de le dire,
12:20qui aurait forcément comme conséquence
12:22de retarder un petit peu la date de ce procès,
12:27sauf si, comment dirais-je,
12:29par une espèce de « miracle »,
12:31tout pouvait concorder.
12:33Une audition de cette jeune femme,
12:34le fait qu'elle soit transmise bien dans la procédure,
12:39et que le procès puisse se tenir dans les meilleurs délais,
12:42ce n'est pas une hypothèse très probable à cette heure.
12:45– Jacques Morel, cette affaire a 4 ans et demi,
12:48un peu plus de 4 ans et demi maintenant,
12:50et elle est singulière en ce qu'elle ne comporte ni corps,
12:55ni aveux officiels, si je puis dire,
12:57ni témoins, ni scènes de crimes.
12:59Jusqu'à présent, on n'est pas loin du crime parfait,
13:02je mets des guillemets, évidemment.
13:04Que vous inspire tout cela ?
13:06– Ça m'inspire comme toutes ces affaires judiciaires,
13:08si vous voulez, où un, on n'a pas de corps de victime,
13:12deux, il n'y a pas d'élément matériel très concordant,
13:18trois, comme vous le disiez, il n'y a pas de témoignage,
13:20les gens qui sont envoyés comme ça devant une cour d'assises,
13:27si vous voulez, c'est quand même assez fragile pour l'accusation.
13:33Alors là, bon, c'est quand même un point tout à fait nouveau qui tombe.
13:38Comme je vous, je m'étonne un peu des conditions du parloir,
13:42comment dans un parloir, quand on est susceptible d'être accusé d'un crime,
13:47qu'on peut attraper la personne qu'on visite,
13:50puisque dans le journal Le Parisien de ce matin,
13:53la jeune femme qui s'exprime dit qu'il lui a fait un étranglement
13:58et qu'elle a suffoqué et qu'elle ne pouvait plus respirer ni parler.
14:05C'est quand même étonnant, comme vous le faisiez remarquer,
14:07qu'il n'y ait pas des gardiens qui soient intervenus.
14:10– Maître d'ailleurs, et pardonnez-moi Jacques-Mauré,
14:12ils n'étaient que tous les deux dans cette pièce,
14:14une pièce non vitrée, enfin, ce parloir.
14:17– Non, là, ça ressemble à quoi pour que ceux qui nous regardent se figurent un peu les yeux ?
14:21– Écoutez, d'abord, j'aimerais dire qu'il ne faut pas aller en prison.
14:23Et accessoirement, le parloir, c'est une pièce petite,
14:26sans faire offense encore au secret, ils étaient effectivement tous les deux,
14:29mais ce n'est pas moi qui le dis, c'est effectivement ce que ma cliente a révélé.
14:33Alors, je me permets de rebondir un instant sur ce que vous disiez,
14:36et c'est absolument extraordinaire,
14:38parce que là est le principal argument de la défense.
14:41C'est manifestement de dire qu'au bout de cinq ans d'instruction,
14:45l'instruction étant désormais close,
14:48la cour d'appel de Toulouse a indiqué qu'il y aurait un procès d'assise,
14:53à qui profite le crime ?
14:54Et pourrais-je, parce que la présomption d'innocence est quand même une notion qui m'est sacrée,
14:59où est le corps ?
15:01– Jacques Morel.
15:01– Oui, et donc, si vous voulez, les conditions de ce parloir paraissent un peu surréalistes.
15:08Bon, pour les enquêteurs, bien entendu, comme le dit votre spécialiste,
15:13il va se poser la question de la réaudition de cette jeune femme qui a déjà été entendue,
15:19puis après, les magistrats devraient normalement, dans la foulée,
15:24procéder à une nouvelle audition de jubilard,
15:28mais tout ça, alors que c'est audiencé,
15:32ça paraît comme si le procès devrait être retardé
15:37et que peut-être des nouvelles investigations soient conduites.
15:43– On a quand même un suspect numéro un qui s'épanche,
15:48particulièrement alors qu'il est derrière les barreaux.
15:51– Oui, mais alors, est-ce qu'il s'épanche, si vous voulez,
15:53pour faire pression sur cette jeune femme ?
15:54– Parfois pour dire des choses contradictoires.
15:56– Oui, on ne sait pas, est-ce qu'il voulait faire peur ?
15:58– Les enquêteurs comptent sans doute là-dessus aussi.
16:01L'enquête, c'est long, ça évolue,
16:04et l'état d'esprit, le tempérament de quelqu'un qui est enfermé,
16:09évolue sans doute lui aussi.
16:11Vous êtes ancien patron de la section de recherche de Versailles,
16:14j'imagine que c'est quelque chose qu'on a en tête quand même,
16:15quand on espère obtenir des aveux, la vérité.
16:19– Oui, tout à fait, mais là, on est, si vous voulez,
16:21face à un individu, c'est un toxico.
16:24D'ailleurs, dans l'article de vos confrères du Parisien,
16:28la jeune femme, ils lui font dire, les journalistes,
16:32que depuis trois semaines, un mois, elle a décidé d'arrêter sa relation avec lui
16:37parce qu'elle aurait compris qu'en fait, il s'intéressait à elle
16:40pour lui porter des stupéfiants en prison.
16:43Enfin, c'est la fin de l'audition.
16:46– Se parle-t-il encore ?
16:48– Alors, écoutez, là encore, je vous indiquais que l'amour corrompait,
16:52et c'est d'ailleurs l'amour et l'amitié qui nous permettent, petit,
16:55de cacher derrière notre dos des chocolats,
16:59et plus grand, aider éventuellement à cacher un cadavre.
17:01– Là, on est sur un sujet…
17:03– C'est ce que je disais, éventuellement plus grand,
17:05à aider à cacher un cadavre.
17:06Et lorsqu'elle a reçu ses confidences, je l'indiquais tout à l'heure,
17:09corrompue par son amour, elle avait trois options.
17:12D'abord, se taire.
17:13– Mais aujourd'hui, est-ce qu'ils se parlent encore ?
17:15Est-ce qu'ils échangent encore ?
17:18– Lorsqu'elle a reçu ses confidences,
17:20d'abord, il fallait, parce qu'amoureuse,
17:23le temps qu'elle encaisse le choc.
17:25Et de par ailleurs, lorsqu'elle a saisi le cabinet,
17:28je lui ai enjoint, sans faire offense au secret,
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