Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/ Dans « le grand témoin » Télématin reçoit Stéphanie Gicquel, sportive de haut niveau et exploratrice.
00:00On va rester dans le sport avec notre grand témoin du jour à 8h15.
00:03Quelqu'un qui dépasse sans cesse les limites, qui les repousse en tout cas.
00:06Ça force l'admiration, vous allez vous écouter bien parce que ça va remettre tout le monde d'équerre.
00:11Bonjour Stéphanie Gickel.
00:13Bonjour.
00:13Vous avez 42 ans, vous êtes sportive de l'extrême, d'aucun vous surnomme la coureuse hors normes et c'est mérité.
00:20Vous venez de remporter pour la quatrième fois le trail ultramarin dans le Morbihan.
00:24Votre truc à vous c'est de courir, mais ce n'est pas des petites distances parce que comme ça on se voit un ultra trail.
00:28C'est facile, non pas du tout, là vous venez d'avaler 175 kilomètres en combien de temps ?
00:34En 17h02.
00:35Vous avez couru sans vous arrêter pendant 17h02 ?
00:38Alors on s'arrête au ravitaillement mais 2-3 minutes, il y a des arrêts toilettes.
00:43Ça ne s'appelle pas trop s'arrêter.
00:45C'est quoi un ultra trail ? Parce que moi quand je fais mon footing ou que j'essaye, je ne suis pas habillée comme ça, vous voyez ce que je veux dire ?
00:51En fait c'est le fait de courir sur des surfaces qui sont très variées, donc c'est très différent de la route.
00:56On peut courir sur les rochers, dans le sable, dans les marécages, dans la boue, il peut y avoir du dénivelé aussi.
01:03Donc on s'adapte à différents types de surfaces.
01:07Et je suis aussi en équipe de France de route sur très longue distance, donc c'est très très différent de la route.
01:14Ça vous apporte quoi de courir ? Vous dites d'ailleurs que c'est la métaphore de la vie.
01:17Oui, je crois que l'ultra et le sport de haut niveau, en général, c'est la métaphore de la vie parce qu'on s'entraîne beaucoup, donc on est dans l'effort.
01:26Et je crois qu'on est dans l'effort pour peut-être moins souffrir le jour de la compétition.
01:33Et je crois que c'est la métaphore de la vie parce qu'on est dans l'effort au quotidien pour peut-être moins souffrir demain en vieillissant.
01:38C'est un autre rapport à la souffrance. Là, c'est une souffrance, en tout cas, que vous choisissez parce que vous y prenez aussi du plaisir.
01:44Alors, 175 kilomètres, là, c'était pépouse, si je peux dire, un peu comme ça.
01:48Parce qu'en décembre dernier, vous remportiez le Desert Solstice Track, c'est à Phoenix, donc en Arizona, aux États-Unis.
01:54Et là, on parlait, écoutez bien, de 249,3 kilomètres en 24 heures non-stop sur piste,
02:02ce qui correspond à une moyenne environ de 10,4 kilomètres sur 6 marathons.
02:06Ou alors, je peux vous dire aussi 623 tours d'une piste de 400 mètres.
02:09Alors, moi, j'ai qu'une question à vous poser, c'est...
02:11Pourquoi ?
02:12Pourquoi ?
02:14Alors, je pratique l'ultra-endurance depuis quelques temps, puis du coup, à haut niveau, donc en équipe de France.
02:21Et j'aime courir, j'aime la déconnexion, j'aime aussi la nature.
02:25Donc là, j'étais dans le golfe du Morbihan et j'aime beaucoup faire corps avec la nature.
02:30Puis après, j'aime courir de longues distances parce que j'aime adapter le corps aussi.
02:34J'explore la performance et l'adaptation du corps.
02:36Mais votre corps, il peut le faire.
02:37Moi, le mien, il ne peut pas faire ce genre de choses.
02:39Vous avez toujours senti que vous aviez des...
02:41Tous les corps peuvent le faire.
02:42C'est vraiment une question d'entraînement, de discipline.
02:46Il y a 15 ans, je n'imaginais pas pouvoir courir 249,3 kilomètres en 24 heures non-stop.
02:50Mais vous courriez un peu quand même ?
02:52Je courais un petit peu, mais vraiment pas autant.
02:54Donc, c'est vraiment une question d'adaptation.
02:56Et c'est ce que j'aime explorer, notamment avec les chercheurs de l'INSEP.
02:59On voit l'INSEP sur ces images.
03:01Donc, on explore ce potentiel.
03:04Et je crois qu'on a tendance à vouloir toujours adapter l'environnement tout autour de nous,
03:07alors qu'on a un très gros potentiel d'adaptation qui est intéressant.
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