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  • il y a 8 mois
François Bayrou va recevoir Bruno Retailleau lundi à Matignon, en tant que chef de parti, pour parler de l'introduction de la proportionnelle souhaitée par le Premier ministre. Le nouveau patron des Républicains y est opposé.

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Transcription
00:00Christophe Barbier, c'est la suite du feuilleton, votre choix ce soir.
00:03Feuilleton que nous avons entamé hier, où vous nous disiez notamment que François Bayrou n'était d'accord avec personne,
00:07et notamment pas avec Bruno Retailleau.
00:09François Bayrou va recevoir Bruno Retailleau lundi à Matignon, pour parler notamment de la proportionnelle.
00:15Est-ce qu'ils peuvent tomber d'accord ?
00:16C'est impossible. Leurs positions sont radicalement opposées, surtout elles sont très enracinées.
00:20Les centristes sont attachés à la proportionnelle depuis des décennies,
00:23et pour les gaullistes, le rejet de la proportionnelle, c'est ontologique.
00:26La cinquième république du général de Gaulle s'est construite contre la quatrième,
00:30qui était le régime des partis appuyé sur le scrutin proportionnel.
00:33D'ailleurs, hier, le Premier ministre a été très clair sur BFM, sur le chantier proportionnel.
00:38Je proposerai à l'Assemblée nationale, qui est souveraine, d'examiner cette question.
00:43Oui, je ferai la proportionnelle. Oui, je ferai la proportionnelle.
00:47Quant à Bruno Retailleau, lui aussi, il a procédé par annonce publique,
00:50aujourd'hui, en tant que président des Républicains.
00:53Il tenait son premier bureau politique, et il a parlé de la proportionnelle.
00:58Nous avons adopté, à l'unanimité, une délibération contre la proportionnelle.
01:03C'est pour nous une position historique.
01:05On voit bien qu'aujourd'hui, on a une France qui est difficilement gouvernable,
01:09parce que notre démocratie parlementaire est profondément instable.
01:14Eh bien, inscrire dans la vie de nos institutions le scrutin proportionnel,
01:18ce serait faire de cette instabilité un élément de permanence.
01:21Je le répète, ce n'est pas le ministre de l'Intérieur, organisateur des élections en France,
01:26qui est convoqué, convié lundi, c'est le président des Républicains.
01:29Donc, on ne va pas parler du fond de la réforme, ils sont inconciliables, mais de la méthode.
01:33Comment faire en sorte que ce désaccord se tranche, à terme, par un vote au Parlement,
01:37sans faire exploser l'attelage gouvernemental, sans qu'il y ait de crise gouvernementale ?
01:42Attention, il y a déjà eu un précédent.
01:44Avril 1985, Michel Rocard, personnalité éminente de la gauche présidentiable,
01:49claque la porte du gouvernement parce que Mitterrand a décidé la proportionnelle pour 1986.
01:54D'autant que là, il y a un autre sujet sur lequel Bruno Retailleau se distingue, c'est la fin de vie.
01:58Là aussi, une position de conviction, de conscience, enracinée profondément.
02:02Il l'a d'ailleurs répété dans le journal du dimanche,
02:05à l'orée des débats sur la fin de vie qui se sont clos hier par le vote,
02:08il a déclaré que ce n'était pas un texte d'apaisement, que c'était une rupture anthropologique,
02:13et il a ajouté cette phrase incroyable,
02:15« Oui, je me battrai. Oui, je me battrai parce que notre société a besoin de soins palliatifs,
02:21pas d'une légalisation de l'euthanasie. »
02:23Qu'est-ce que ça veut dire se battre ? Se battre comment ?
02:25Dans le Conseil des ministres, au Sénat, évidemment, au Parlement ?
02:28Comment va-t-il faire ?
02:29Le Premier ministre, lui aussi, a confié ses hésitations.
02:32Il n'est peut-être pas forcément très loin de Retailleau sur ce sujet-là.
02:34Mais Retailleau se retrouve en antagonisme avec le bloc central,
02:38avec ce qu'il y a de majorité qu'on peut trouver.
02:41Regardez les votes hier.
02:43Regardez comment ça s'est réparti sur l'hémicycle.
02:45On voit bien que le socle idéologique de Bruno Retailleau,
02:49c'est tout ce qui est en rouge, ce sont les 199 contre.
02:52Les 199 contre, c'est la droite et une très large partie de l'extrême droite.
02:57Ça ressemble beaucoup plus à un socle éventuel pour une candidature à la présidentielle en 2027,
03:02l'Union des droites, qu'à un pacte gouvernemental.
03:05De la même manière, sur l'Algérie, là aussi, la stratégie Retailliste,
03:11elle est en rupture fondamentale avec le reste de l'exécutif.
03:15Écoutez ce qu'il disait sur son bras de fer avec Alger sur les OQTF.
03:18— J'ai assumé de poser un rapport de force.
03:23Donc moi, j'entends que Alger, puisque c'est l'accord de 94, la France est bonne élève.
03:31On a plusieurs accords que l'on respecte, que l'on respecte.
03:35Mais dans le droit international, il faut une réciprocité.
03:37— C'est un bras de fer, un rapport de force avec l'Algérie,
03:40mais aussi avec l'Élysée, qui n'est pas sur cette ligne,
03:42avec le ministre des Affaires étrangères qui est Modem, Jean-Noël Barraud, comme Bayrou,
03:46et avec le Premier ministre lui-même.
03:48Bayrou, lui, il était pour donner un délai.
03:50Il l'avait expliqué fin février, 4 ou 6 semaines,
03:52pour que l'Algérie examine, réexamine ces accords, les accords entre les deux pays.
03:57Il le disait.
03:59Je le dis sans volonté de faire de l'escalade,
04:02sans volonté de faire de la surenchère.
04:04D'un côté, c'était la réponse graduée avec Bayrou,
04:06de l'autre, c'était le bras de fer avec Retailleau.
04:08— Comment rester ministre d'État dans le gouvernement Bayrou
04:11avec de telles divergences pour Bruno Retailleau ?
04:13— Retailleau va partir. Retailleau doit partir.
04:15Mais le quand et le comment sont très importants.
04:18Partir en claquant la porte, d'abord, c'est renier la stratégie
04:21de participation au gouvernement, stratégie qui a permis à Retailleau
04:24de gagner la présidence DLR, qui est appréciée par son électorat.
04:27Et en plus, c'est aggravé la crise française,
04:29avec une crise gouvernementale de plus,
04:31ce que n'aimeraient pas les électeurs conservateurs.
04:33Ministre en charge des élections,
04:35il doit rester jusqu'au municipal
04:36pour assurer les meilleures conditions pour la droite.
04:40L'idéal pour Retailleau, c'est de partir à l'automne 2026,
04:43une fois qu'on connaîtra le sort judiciaire de Marine Le Pen.
04:45Si elle est éliminée, à droite toute.
04:47La candidature Bardella sera plus fragile,
04:49il pourra vampiriser le lecteur.
04:50— Il faut tenir, c'est dans un an et demi.
04:51— Ah, c'est dans un an et demi, il faudra tenir à ce rythme-là.
04:53Mais c'est sans doute sa volonté.
04:55Si Marine Le Pen reste qualifiée,
04:58c'est plutôt vers l'espace central
04:59que Bruno Retailleau devra s'affairer
05:01pour dépasser Édouard Philippe.
05:03Il doit attendre ce moment pour choisir sa stratégie.
05:06D'autant qu'à l'automne 2026,
05:07les Français le savent bien,
05:09le Parlement s'arrête de travailler,
05:10le gouvernement aussi.
05:11Ça s'appelle une campagne présidentielle.
05:13Partir, ça n'est pas dramatique.
05:15Mais c'est très important de réussir son départ.
05:17Emmanuel Macron le réussit en août 2016.
05:19On ne lui fait pas porter le prix du bilan
05:22du quinquennat Hollande.
05:23Manuel Valls, 4 mois après, rate le sien.
05:25Il est puni à gauche, il perd la primaire.
05:27Nous avons eu aussi, en août 2000,
05:30le départ de Jean-Pierre Chevènement
05:31sur la Corse, l'affaire Corse.
05:33Il réussit son lancement,
05:34mais il ne tient pas la distance.
05:352002, c'était trop loin.
05:37Il finit autour de 5%.
05:38Et puis en août 1976,
05:40le Premier ministre claque la porte,
05:41il s'appelle Jacques Chirac,
05:43pour gagner la présidentielle 81.
05:45Il va attendre 19 ans avant d'entrer à l'Élysée.
05:47Et ça, je pense que Bruno Retailleau s'en souvient.
05:50Qu'est-ce qui pourrait se passer
05:51et dérailler pendant ces 14 mois ?
05:55Un cas précis où là, pour Retailleau,
05:58il n'est pas possible de rester.
05:59Mais pour l'instant, Bayrou est assez prudent
06:01pour soit sur le fond, soit sur la méthode,
06:04acheter la paix avec Retailleau.
06:05Pardon, petite remarque.
06:06Ça voudrait dire quand même que François Bayrou
06:08tient lui aussi jusqu'à l'automne 2026.
06:11Et ça, ce n'est pas gagné non plus.
06:12Bien sûr.
06:12Mais si une motion de censure
06:13renversait le gouvernement, par exemple,
06:15à l'automne sur le budget,
06:16tout le monde serait perdant.
06:18Ceux qui l'auraient provoqué,
06:19les Français n'ont pas envie de chaos,
06:20et ceux qui perdraient le pouvoir, bien sûr.
06:21et ceux qui perdraient le pouvoir, bien sûr,
06:25et ceux qui perdraient le pouvoir, bien sûr.
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