00:00Ces dernières années, nous avons redécouvert un mot que l'on croyait réservé au climat ou à la
00:12cybersécurité, la vulnérabilité. La pandémie, la guerre en Ukraine, la multiplication des
00:18cyberattaques ou encore les événements climatiques extrêmes sont autant de chocs
00:22qui ont révélé nos fragilités. Par ailleurs, nos sociétés dépendent
00:26d'infrastructures critiques mais qui sont fragiles. Pour l'industrie, une question
00:31se pose. Comment l'industrie peut-elle être un vecteur de résilience ? Comment
00:36pouvons-nous passer d'une industrie qui ne produit pas uniquement des biens mais qui
00:39contribue à offrir à la société une capacité à encaisser les crises tout en
00:44maintenant les fonctions vitales d'un pays ? Alors de quoi parle-t-on concrètement ?
00:47Il s'agit d'un ensemble de secteurs et de technologies, publics ou privés, qui visent
00:52à protéger, adapter ou restaurer les systèmes vitaux. Cela comprend des
00:58infrastructures physiques, réseaux électriques, transports ou encore eau potable,
01:02des infrastructures numériques, les data centers par exemple, des infrastructures
01:07logistiques ou encore des capacités industrielles jugées stratégiques comme
01:11la production de certains médicaments par exemple. L'enjeu est donc de considérer les
01:16priorités industrielles à l'aune de critères comme la robustesse et donc de
01:20dépasser la seule logique de coûts. Cette approche marquerait donc un
01:24basculement dans une nouvelle approche des politiques industrielles marquée
01:28jusqu'ici par la compétitivité. Autrement dit, massifier la production pour
01:32abaisser les coûts unitaires avec souvent une logique de délocalisation pour
01:35optimiser les coûts. Ces choix soulèvent quelques défis.
01:39Premièrement, qui finance ? La résilience a un coût, elle suppose des
01:43infrastructures plus robustes, des systèmes dédoublés, des capacités de
01:46réponses rapides. Faut-il faire porter cet investissement par l'État, par les
01:50entreprises ou par des partenariats publics privés ?
01:53Deuxièmement, quelles priorités ? Tous les secteurs ne peuvent pas être
01:57considérés comme critiques. Il faut donc faire des choix énergie, santé,
02:00alimentation, numérique ou cybersécurité. Et accepter que renforcer la résilience
02:06c'est parfois renoncer à des gains à court terme.
02:08Troisièmement, quelle gouvernance ? Il est impossible de penser une résilience
02:13efficace avec un raisonnement en silo puisqu'elle repose sur des
02:16interdépendances. Comment coordonner les acteurs, éviter les effets dominos ou
02:21encore intégrer la résilience dans la conception des politiques industrielles.
02:25L'enjeu est donc de penser la stratégie industrielle en termes de
02:28production mais aussi en termes de préparation aux crises, de robustesse des
02:33systèmes et de sécurité collective. Cela nous oblige à clarifier dans le
02:37débat public ce qui fonde notre sécurité collective et comment nous
02:41intégrons cette logique dans une économie mondialisée avec une montée des
02:45tensions géopolitiques et dans le contexte européen. Ce changement de
02:49regard pourrait bien redéfinir les hiérarchies industrielles à l'échelle
02:52mondiale. Les pays qui seront alliés innovation, production et résilience
02:58seront très certainement ceux qui domineront l'économie de demain.
03:02de l'économie de demain.
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