00:00Yves Calvi, Aude Vernuccio, RTL Soir jusqu'à 20h.
00:04RTL 18h18, bonsoir Clara Chappaz.
00:06Bonsoir.
00:07Vous êtes notre ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et numérique.
00:10Merci de prendre la parole sur RTL.
00:12Pour sauver notre jeunesse, attaquons-nous aux écrans.
00:15Vous avez sans doute lu cette tribune de l'ancien Premier ministre Gabriel Attal
00:18et du pédopsychiatre Marcel Rufour hier dans le Figaro.
00:20Il propose d'interdire l'accès aux réseaux sociaux avant l'âge de 15 ans.
00:25Y êtes-vous favorable Madame la Ministre ?
00:27En fait, avant peut-être de répondre à cette question,
00:30je voudrais que toutes les personnes qui nous écoutent comprennent bien de quoi on parle.
00:34Pourquoi les réseaux sociaux et nos jeunes, c'est un problème de société ?
00:37Un jeune qui se connecte sur un réseau social,
00:41c'est être exposé à des contenus addictifs,
00:44à des contenus parfois violents,
00:46à des contenus pornographiques.
00:48Quand on n'a pas l'âge d'absorber ce type de contenu,
00:51c'est être victime de cyberharcèlement.
00:53Et tout ça, à une période, l'adolescence,
00:56dans laquelle on est absolument sensible,
00:58on est en train de se construire
01:00et on n'a pas les moyens d'affronter ce type de contenu.
01:03Donc vous nous dites qu'il y a un danger.
01:05Je vous ai bien compris.
01:05Il y a un danger et c'est pourquoi protéger les mineurs en ligne,
01:09c'est une de mes priorités.
01:11Je porte cette action depuis que j'ai été nommée dans ces fonctions,
01:15parce que les réseaux sociaux, c'est un outil formidable.
01:17Ça permet de se connecter avec des amis, d'apprendre des choses, etc.
01:20Et donc on interdit ?
01:21On ne peut pas faire porter aux enfants,
01:25on ne peut pas sacrifier nos enfants
01:27et les exposer à ce type de contenu.
01:29Et donc oui, on a une réponse très ferme,
01:31que je porte maintenant depuis plusieurs mois.
01:32Interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans,
01:35c'est une priorité de mon action.
01:36Et je me réjouis de voir que des personnalités politiques
01:40de premier plan se saisissent de ce sujet,
01:43parce que c'est un sujet sur lequel on est attendus.
01:45Je me suis déplacée partout en France pour parler de numérique
01:48et il n'y a pas une seule fois
01:50où les parents ne m'ont pas interpellée sur cette question.
01:53Ils sont parfois complètement démunis.
01:54Et la réponse, ça ne peut être que comme l'a d'ailleurs
01:58très justement appelé le président de la République
02:00avec le rapport écran, il y a maintenant un an,
02:03qui lui avait été remis, basé sur les chercheurs,
02:05sur les pédopsychiatres, sur tous ces gens
02:06qui travaillent sur cette question,
02:08l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans.
02:10Et comment ça s'applique ?
02:12Parce qu'elle est là la question, et à partir de quand surtout ?
02:14Comment ça s'applique ?
02:17D'abord, je pense qu'il faut prendre quelque chose de très simple.
02:23C'est la question de l'âge, la vérification de l'âge.
02:26Parce que c'est ça la question fondamentale.
02:28On peut avoir plein d'idées,
02:29mais tant qu'on ne sortira pas de cette hypocrisie,
02:32qui est que les plateformes connaissent absolument tout sur nous,
02:35les réseaux sociaux connaissent tout,
02:36où on est, ce qu'on aime,
02:38mais jusqu'ici, ils ne connaissent pas l'âge.
02:42Il faut sortir de cette hypocrisie.
02:43Et je vous le dis d'ailleurs, on va sortir de cette hypocrisie.
02:45Comment ?
02:45Donc la première réponse, c'est réunir les plateformes.
02:47C'est ce que j'ai fait, j'ai consulté depuis un certain temps,
02:50mais hier, pour la première fois,
02:52nous avions dans mon ministère tous les réseaux sociaux,
02:54les associations, les chercheurs, les opérateurs téléphoniques,
02:57pour regarder ensemble cette question bien en face,
03:00et sortir de ce déni, sortir de ce ping-pong,
03:03de se dire, qui va finalement vérifier l'âge ?
03:05C'est bien la responsabilité des plateformes.
03:07Vous comptez faire pression, on l'a compris,
03:09sur TikTok, Instagram, Snapchat, j'en oublie.
03:11Bon courage, les jeunes sont en fait leur cible prioritaire,
03:15et vous le savez très bien.
03:16C'est pourquoi on a pris une décision très forte,
03:20déterminée, en Europe.
03:21C'est de dire, ces grands réseaux sociaux,
03:23ces grandes plateformes,
03:24qui sont rentrées dans le quotidien de millions de Français,
03:26et en effet des plus jeunes, c'est une réalité.
03:28Trois jeunes de moins de 13 ans sur quatre
03:31a accès aux réseaux sociaux,
03:33alors que dans les conditions générales
03:34d'utilisation de ces plateformes, c'est interdit.
03:37Il faut sortir de cette hypocrisie,
03:39et donc en Europe, on a dit,
03:41quand on est une grande plateforme,
03:43on doit suivre un certain nombre de grandes responsabilités,
03:46et la protection des mineurs en ligne,
03:47ce n'est pas une option,
03:48c'est bien la responsabilité des plateformes.
03:51En ce moment, je mène un travail...
03:52Vous avez le moyen de leur imposer quoi que ce soit,
03:53Madame la Ministre ?
03:54Bien sûr, bien sûr, on le fait,
03:56avec le cadre réglementaire dont on s'est doté au niveau européen.
04:00On leur impose beaucoup de choses,
04:01et cette question prioritaire,
04:03prioritaire de la protection des jeunes en ligne,
04:06il n'y aura pas de plateforme qui s'en défilera.
04:08Je travaille en ce moment avec mes homologues,
04:10l'Espagne, la Grèce, l'Italie.
04:13Nous sommes beaucoup de pays
04:14à vouloir avoir une réponse très ferme sur cette question
04:16pour pouvoir protéger nos jeunes.
04:19On a compris vos intentions,
04:20mais quand cela entre-t-il en vigueur ?
04:22Soyons très concrets.
04:22Alors, nous travaillons exactement en ce moment
04:26à définir quelles seront les obligations des plateformes
04:30sur la question de la protection des mineurs en ligne,
04:31et mon combat, c'est la vérification de l'âge,
04:33comme je vous l'ai dit.
04:34Pourquoi ?
04:35Parce qu'il faut qu'on sorte de cette question
04:37une bonne fois pour toutes,
04:38et que le jour où on pourra se connecter,
04:42créer un compte,
04:43mais qu'en créant ce compte,
04:44on devra prouver qu'on a l'âge,
04:46simplement où on est prêt à accéder
04:48à ce type d'informations,
04:50ce n'est pas encore une fois diaboliser les plateformes,
04:52juste s'assurer qu'on y accède
04:54quand on est prêt,
04:55quand on a l'âge pour être prêt.
04:56Ce sera une des premières victoires
04:58sur lesquelles on pourra s'appuyer.
04:59Vous savez que,
05:00notamment pour les sites pornographiques,
05:02on a essayé toutes sortes de choses,
05:03et qu'en gros,
05:04s'ils veulent y accéder,
05:06ils y accèdent.
05:07A-t-on la garantie que demain,
05:08ce ne sera pas le cas ?
05:09Mais justement,
05:10les sites pornographiques,
05:10c'est un très bon exemple.
05:12Qu'est-ce qu'on a fait en France ?
05:14On a décidé qu'il est maintenant hors de question
05:16que nos jeunes puissent avoir accès
05:19à du contenu pornographique,
05:21parce que ce n'est pas du contenu,
05:23encore une fois,
05:23on n'est pas dans la stigmatisation,
05:24les adultes font bien ce qu'ils veulent,
05:25mais ce n'est pas du contenu pour nos jeunes.
05:27Et alors,
05:27on a décidé de forcer
05:29les sites pornographiques
05:30à vérifier l'âge de leurs utilisateurs,
05:33et ça marche,
05:34c'est un combat qui a été long,
05:35déterminé,
05:36mais la semaine dernière,
05:37nous avons mis en demeure
05:40deux sites
05:40qui n'ont pas mis ces obligations,
05:42parce que ces obligations sont dans la loi.
05:44Et il a fallu en passer par la loi,
05:45parce que je ne suis pas naïve,
05:47bien sûr,
05:47si les sites pornographiques
05:49s'étaient dit d'eux-mêmes
05:50qu'ils allaient mettre en œuvre
05:52des mécanismes de protection de nos jeunes,
05:53ils l'auraient fait,
05:54ils ne l'ont pas fait,
05:54donc on est passé par la loi,
05:56et aujourd'hui,
05:56on sévit.
05:57Écoutons cette auditrice
05:58qui nous a laissé un message
05:59à la mi-journée
06:00sur le répondeur d'RTL.
06:02Bonjour,
06:02moi je suis maman
06:03d'une jeune fille de 11 ans,
06:0511 ans et demi,
06:05et je vois dans son entourage
06:07tous les enfants
06:08qui ont des téléphones.
06:09Pour le moment,
06:10on résiste.
06:11Il y a quand même
06:12une sorte d'hypocrisie,
06:13parce qu'on dit
06:14pas de portable
06:16et pas d'écran
06:16pour les enfants,
06:17mais bon,
06:17tous les devoirs
06:18sont sur Internet,
06:20les profs renvoient tout le temps
06:21à Internet
06:22et aux e-mails,
06:23et puis dans la rue,
06:24il n'y a plus de cabine téléphonique.
06:26Qu'est-ce qu'on lui répond
06:27à cette maman ?
06:28Déjà, je lui réponds
06:28que j'entends
06:29qu'elle se sent
06:31certainement un peu démunie,
06:33elle dit pour l'instant
06:33on résiste.
06:34D'une certaine façon,
06:35abandonnée.
06:35Et c'est bien pour ça
06:36que ça ne peut plus
06:38être la responsabilité
06:39des parents
06:40et des enfants eux-mêmes.
06:41Non, c'est un sujet
06:42trop grave.
06:43La responsabilité,
06:44elle doit absolument
06:45aussi peser
06:45sur les plateformes,
06:46sur les fameux réseaux sociaux
06:47et c'est pour ça
06:48que c'est une priorité politique
06:49de mon action.
06:51Je lui réponds
06:52que comme elle l'a
06:52très justement dit,
06:53la question des écrans
06:54ce n'est pas seulement
06:55celle des réseaux sociaux,
06:56c'est un sujet
06:57qui concerne toute notre vie
06:58et que nous sommes bien
06:59s'attacher
07:00comme l'a voulu
07:01le Président de la République
07:02avec le rapport écran,
07:04avec la ministre de l'Éducation,
07:05avec la ministre de la Santé
07:07à pouvoir avancer
07:08afin de donner
07:08une réponse globale
07:09à ce sujet.
07:10Parce que derrière ça,
07:11il y a un vrai sujet
07:12de société.
07:13Il y a un sujet
07:13de quelle place
07:14on donne aux enfants,
07:15comment on aide
07:16les enfants
07:17à utiliser les écrans
07:18pour aller vers
07:19des bons usages.
07:20Il y a des bons usages,
07:21il ne faut pas être caricatural.
07:22Ça peut permettre
07:23l'apprentissage,
07:23personnaliser, etc.
07:25Mais les protéger
07:26des usages
07:27pour lesquels
07:27ils ne sont simplement
07:28pas prêts.
07:29Laissez les enfants,
07:30laissez le temps
07:31aux enfants
07:31d'être des enfants.
07:32Dans une autre tribune,
07:33des experts préconisaient
07:34une interdiction stricte
07:36pour les tout-petits,
07:37pas d'écran
07:37avant 6 ans.
07:38Là aussi,
07:38je veux bien avoir votre avis
07:39en quelques mots,
07:40s'il vous plaît.
07:40Je sais que la ministre
07:42de la Santé,
07:42Catherine Vautrin,
07:43travaille activement
07:44à cette question.
07:45La question des écrans
07:46et de l'exposition
07:47des tout-petits
07:48aux écrans,
07:49il y a un consensus
07:50aujourd'hui pour dire
07:51que de 0 à 3 ans,
07:53les écrans
07:53ont un impact
07:55important
07:55sur le développement
07:56aux enfants.
07:57Déficit de l'attention,
07:58retard de développement
07:59du langage.
07:59Vous savez,
08:00je discutais avec un ORL,
08:01il disait
08:01dans ma salle d'attente,
08:03j'ai plein de parents
08:04qui viennent me voir
08:04en me disant
08:05je crois que mon enfant
08:06a des problèmes
08:07de surdité.
08:08Mais non,
08:08en fait,
08:08l'enfant,
08:09il passe du temps
08:09sur le téléphone
08:10qu'il ne passe pas
08:11à développer son langage.
08:12Donc oui,
08:12il faudra une réponse
08:13très ferme.
08:14Je sais que la ministre
08:14de la Santé travaille.
08:16Mais vous choisissez
08:16l'âge de 3 ans
08:17et non pas celui de 6,
08:18on est d'accord.
08:19Écoutez,
08:19je laisserai la ministre
08:20de la Santé
08:20s'exprimer
08:21sur cette question-là
08:22puisque je sais
08:24qu'elle y est très
08:24à la tâche aujourd'hui.
08:25Mais en tout cas,
08:26la même réponse
08:26de fermeté.
08:27Et encore une fois,
08:29la question,
08:29ce n'est pas
08:30de remettre
08:31la responsabilité
08:31sur les parents.
08:33Les parents,
08:33aujourd'hui,
08:33ils font ce qu'ils peuvent.
08:35Je suis moi-même mère
08:35d'enfants en très bas âge
08:37et j'entends
08:39le désarroi
08:40qu'on peut avoir aujourd'hui
08:41sur comment est-ce
08:42qu'on peut accompagner
08:44nos enfants
08:44dans l'usage des écrans.
08:45Et c'est pour ça
08:46qu'il faut une réponse
08:47ferme comme celle
08:48de l'interdiction
08:50des lignes claires
08:50pour toutes les familles
08:51et permettre du coup
08:53d'avancer ensemble
08:54sur cette question.
08:55Dont nous attendrons
08:56la date tout à fait officielle.
08:57Vous l'avez compris aussi.
08:58Ministre délégué
08:59chargé de l'intelligence artificielle,
09:00merci beaucoup
09:01Clara Chappas
09:02d'avoir pris la parole
09:02ce soir sur RTL.
09:08RTL Soir jusqu'à 20h.
09:10Dans quelques instants,
09:11nous partons à Strasbourg
09:12pour la cueillette du Muguet.
09:13Mais attention,
09:14il ne faut pas exagérer.
09:15Un maximum
09:1510 brins de Muguet par personne
09:17sous peine de verbalisation.
09:19Notre correspondant,
09:19Yannick Collant,
09:20a suivi une patrouille
09:21qui a fort à faire
09:22à la veille du 1er mai.
09:23Sous-titrage Société Radio-Canada
09:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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