00:00RTL Soir, Yves Calvi et Agnès Bonfillon.
00:03Il est 18h18, bonsoir Pascal Duval, merci de nous rejoindre sur RTL.
00:07Vous dirigez l'UNATFI, l'Union Nationale des Associations de Défense des Familles
00:11et de l'individu victime de sectes.
00:14La mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires, la Mivilud,
00:18vient de remettre son rapport annuel.
00:19Les signalements pour dérives sectaires ont doublé en France, doublé en 10 ans.
00:24Sur tous les signalements reçus entre 2022 et 2024,
00:27la santé et le bien-être arrivent en tête des abus.
00:29auprès de gens fragiles, c'est comme ça qu'on recrute ?
00:33Alors oui, bien sûr, la fragilité même passagère des personnes
00:40peut être l'occasion pour ces mouvements sectaires
00:44de vous faire des propositions qui correspondent souvent d'ailleurs
00:48à votre période de fragilité, à savoir dans le cas de la santé,
00:53une maladie, le fait d'apprendre qu'on est malade
00:56ou le fait de ne pas supporter les traitements.
00:59peuvent être des moments où effectivement des dérives sectaires peuvent intervenir
01:08parce qu'on va proposer à la personne des traitements moins invasifs
01:14ou tout simplement lui promettre de guérir sans souffrir et de façon naturelle.
01:23Ça, c'est un des arguments principaux qui ne veut pas dire grand-chose d'ailleurs.
01:27Est-ce qu'on peut dire que les sectes ont infiltré le secteur de la santé au sens large du terme ?
01:34Alors, ils l'ont investi depuis très longtemps déjà puisque la santé est investie de deux façons différentes.
01:41D'une part parce que l'atteinte à la santé est un mode de fragilisation des personnes à l'intérieur des mouvements sectaires.
01:49Et ça, on connaît ça depuis très longtemps.
01:53C'est-à-dire que le manque de soins, le manque de sommeil peut fragiliser la santé des personnes
01:57et ça devient une façon de la fragiliser pour pouvoir asseoir une emprise sur elle.
02:03Et ensuite, effectivement, ils ont investi le secteur de la santé de façon à pouvoir approcher plus facilement
02:10et recruter à travers ce domaine.
02:15On appelle toutes les pratiques par lesquelles ils passent, ce sont des portes d'entrée en fait.
02:25Ce sont des produits d'appel pour attirer les gens à eux, leur proposer leurs pratiques dans un premier temps.
02:32Mais en fait, la volonté, au final, c'est plutôt d'asseoir une emprise, d'exercer une emprise sur eux,
02:39de leur demander de l'argent très souvent et malheureusement parfois de les pousser à interrompre leur traitement
02:48quand ces personnes sont malades, gravement malades.
02:51Et malheureusement, on a vu parfois des personnes décédées sur de très mauvais conseils.
02:57Ce que vous dites est très impressionnant.
02:58La santé est donc une cible, on l'a compris.
03:00Le rapport de la Mivilut souligne que certaines pratiques dangereuses sont proposées au sein même des hôpitaux
03:07et des établissements de santé, notamment dans la mise en place d'ateliers.
03:11Comment est-ce possible et est-ce que vous l'avez constaté ?
03:14Eh oui, malheureusement.
03:15Oui, malheureusement, vraiment.
03:17C'est pour moi un des points les plus graves, mais peut-être aussi à la fois un point sur lequel on peut intervenir,
03:28puisque si le ministère de la Santé notamment en prend conscience, il y a moyen d'arrêter cela.
03:34Effectivement, on voit de plus en plus des propositions de soins et donc des dérives sectaires
03:40au sein de l'hôpital public, il faut le dire,
03:45ou au sein aussi de maisons de santé.
03:47C'est-à-dire que parfois, les mairies ont du mal à remplir leur maison de santé
03:52avec des praticiens, des professionnels de santé et donc complètent un peu les bureaux restants
04:01avec ces praticiens de soins non conventionnels.
04:05Donc oui, c'est un grave problème.
04:09Il est très imprudent, en tout cas, de faire rentrer ces pratiques de soins non conventionnels
04:14à l'intérieur de l'espace public, qui est l'hôpital.
04:16Si ce n'est à avoir, on aurait peut-être dû avant encadrer l'inscription de ces pratiques
04:26dans la proposition de soins et faire en sorte que les patients sachent comment se défendre
04:35et comment repérer eux-mêmes, diagnostiquer eux-mêmes une situation sectaire.
04:40On a compris que les dérives étaient finalement présentes et assez nombreuses.
04:46Le rapport cite le Reiki, c'est une méthode pour ouvrir ses chakras
04:50en passant des mains sur le corps ou encore les magnétiseurs.
04:53Il y a aussi le bol tibétain, un instrument de musique dont le son permettrait
04:57de vous remettre de l'énergie dans le corps.
04:59En quoi ces pratiques, qui sur le papier peuvent paraître inoffensives,
05:02peuvent-elles devenir dangereuses ?
05:04Parce qu'elles supplèrent à des vrais traitements, c'est cela ?
05:10Alors, en fait, en elles-mêmes, elles ne sont pas dangereuses.
05:13C'est-à-dire que l'UNATCHI ne considère aucun...
05:16Si j'arrête mon traitement pour mon cancer et que je passe, si vous voulez,
05:19vous comprenez, il y a quand même un problème.
05:20Oui, oui, complètement.
05:22Je comprends très bien votre question.
05:24En fait, c'est pour ça que je dis que ces pratiques ne constituent pas en elles-mêmes un danger.
05:28Ce qui constitue le danger, c'est le praticien.
05:31C'est le praticien.
05:32Je vous parlais de portes d'entrée tout à l'heure, de produits d'appel.
05:36Toutes ces pratiques sont des produits d'appel et des portes d'entrée pour des personnes
05:40qui vont, de façon tout à fait volontaire, exercer une emprise sur les personnes pour
05:48pouvoir leur soutirer de l'argent ou, tout bêtement, pour pouvoir faire du prosélytisme
05:52par rapport à la croyance.
05:55Par exemple, si c'est un maître Reiki, effectivement, il va vouloir que le Reiki se répande.
06:00Ça fonctionne comme n'importe quelle croyance.
06:02Donc, comme ça fonctionne comme n'importe quelle croyance, il y a aussi des radicalisations
06:07à ces croyances.
06:08Et lorsqu'il y a des radicalisations plus de l'emprise, effectivement, on arrive très
06:13rapidement à des dérives sectaires.
06:15Au rayon des pratiques invraisemblables, il y a aussi l'urinothérapie, méthode qui
06:19consiste à boire son urine.
06:21C'est très ancien.
06:22Mais voilà, mais pour guérir du cancer.
06:24Sauf que là encore, c'est extrêmement dangereux, en plus du fait d'être ridicule.
06:27Comme le jeûne pour quelqu'un qui a un cancer, c'est extrêmement dangereux.
06:32Une personne qui est atteinte d'une maladie avec un traitement lourd doit absolument se
06:36nourrir correctement.
06:37Il y a plein de conseils comme ça qui sont donnés, qui sont totalement néfastes, qui
06:43sont dangereux.
06:44Et la crainte que l'on a, pourquoi on se mobilise tous dans le domaine de la santé ?
06:50C'est parce que malheureusement, de plus en plus de gens, il y a même une inversion.
06:58C'est-à-dire qu'avant, les gens allaient chez le médecin et que quand ça ne fonctionnait
07:02pas, ils allaient en désespoir de cause voir des guérisseurs ou n'importe quel autre
07:08praticien.
07:09Aujourd'hui, c'est l'inverse.
07:10La première intention chez les personnes, c'est d'aller voir un de ces praticiens et
07:14de voir ensuite leur médecin parce que ça ne fonctionne pas.
07:16Merci beaucoup, Pascal Duval, en tout cas, de nous avoir alerté, directrice et porte-parole
07:21de l'UNATFI, l'Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu
07:26Victime de Sectes.
07:27Des soldats chinois capturés par l'armée ukrainienne.
07:29Cette annonce très surprenante a été faite cet après-midi par Volodymyr Zelensky.
07:34Qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'est-ce que ça change ? Quel rôle joue vraiment Pékin
07:37dans la guerre en Ukraine ? Nous poserons ces questions au spécialiste Frédéric Ancel dans
07:41moins de 15 minutes.
07:46Oui, c'est bon.
07:46Oui, c'est bon.
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