00:00C'est l'heure de notre rendez-vous mobile business avec Jérôme Boutaillet. Bonjour Jérôme.
00:09Bonjour. Rédacteur en chef d'écran mobile, vous revenez aujourd'hui sur la sanction de
00:14150 millions d'euros décidée par l'autorité de la concurrence contre Apple pour la mise en
00:18oeuvre du dispositif ATT dans l'App Store. On en a déjà parlé, on va faire un petit rappel quand
00:22même sur ATT, qu'est-ce que c'est ? Alors ATT pour App Tracking Transparency, c'est un dispositif
00:27qui a été mis en place il y a quatre ans par Apple avec le lancement d'iOS 14.5, c'était en avril
00:322021 et qui imposait aux éditeurs d'applications une fenêtre de consentement pour récupérer l'IDFA,
00:38l'identifiant publicitaire de leurs utilisateurs. Alors avec cette IDFA qui joue un peu le rôle
00:43des cookies tiers qu'on a sur le web mais dans l'univers des applications, les éditeurs peuvent
00:47réaliser un ciblage publicitaire individuel et à l'inverse sans consentement, sans IDFA,
00:52c'est une publicité moins rémunératrice pour l'éditeur. Alors on rappelle que c'est un
00:57dispositif qui a été lancé globalement sur toute la planète par Apple sans concertation avec les
01:01autorités européennes qui avaient des textes pourtant qui étaient assez proches comme la
01:05Directivy Privacy ou le fameux RGPD. Si ce dispositif est assez proche, en tout cas similaire
01:11aux textes européens, quel est le problème ? Le premier problème c'est que ATT est en doublon
01:16avec les fenêtres de consentement mises en place par les éditeurs pour respecter le RGPD et que le
01:21dispositif d'Apple ne respecte pas exactement les recommandations ergonomiques de l'ACNIL.
01:26L'introduction du dispositif engendre une multiplication des fenêtres de recueil de
01:30consentement compliquant excessivement le parcours des utilisateurs d'applications
01:34tierces au sein de l'environnement iOS, explique l'autorité de concurrence dans son arrêt. Aujourd'hui
01:39encore les éditeurs d'applications sont en effet obligés de gérer deux fenêtres de consentement,
01:43une pour respecter le RGPD et une seconde pour respecter les règles d'Apple, une double
01:49consentement management platform, CMP, qui fait chuter les taux et indirectement les revenus de
01:54nombreux éditeurs. Et pourquoi parler d'abus de position dominante ? Alors le conseil de la
01:58concurrence a pointé le double discours d'Apple qui d'un côté imposait un double consentement
02:02aux éditeurs d'applications mais qui dans le même temps n'avait rien prévu pour ses propres
02:06applications. Certaines applis, l'App Store par exemple d'Apple, reposent en grande partie sur la
02:11publicité, une publicité individuelle et cette asymétrie demeure aujourd'hui dans la mesure où
02:17Apple a mis en place une fenêtre publicité personnalisée unique pour recueillir le
02:20consentement des utilisateurs pour sa propre collecte de données alors qu'elle continue
02:23d'exiger un double consentement pour la collecte des données. Thias réalisé par les éditeurs
02:27pointe à nouveau l'autorité de concurrence. Et là la section est lourde pour Apple ? Alors 150
02:33millions d'euros c'est une belle somme on va pas se mentir mais c'est finalement relativement
02:37modeste puisque l'amende aurait pu représenter jusqu'à 10% du chiffre d'affaires global d'Apple,
02:43dans son cas on parle de 40 milliards de dollars théorique. C'est également une somme à mettre en
02:47perspective avec les revenus d'Apple dans l'univers de la publicité. Alors ils communiquent peu dessus
02:53mais selon des estimations d'e-marketeurs Search Ads au sein de l'App Store on parle déjà de 7 à 8
02:58milliards de dollars auxquels il faut rajouter les milliards versés par Google en partage de
03:04revenus dans les liens sponsorisés de Safari. Donc c'est plus de 20 milliards de dollars donc
03:07Apple est un géant de la publicité. En tout cas ces 150 millions d'euros c'est peut-être qu'un
03:12début comme le souligne Nicolas Rieux le patron d'Alliance Digitale. Cette décision historique
03:16ouvre la porte à l'ensemble de l'écosystème pour réclamer des dommages et intérêts pour les pertes
03:20surbies. Les sanctions pourraient donc dépasser à terme les 150 millions d'euros. Quelle suite
03:24voyez-vous à cette affaire ? Alors les associations professionnelles françaises estiment que ce
03:30jugement rend ATT illégal en Europe et elle réclame sa désactivation. Cependant l'autorité de la
03:37concurrence a choisi de ne pas imposer de remède structurel à Apple tout en soulignant que des
03:42modifications sont nécessaires. Alors ce détail n'a pas échappé à Apple qui se dit déçue de
03:48cette décision et qui rappelle néanmoins que ce dispositif avait reçu le soutien des défenseurs
03:52de la vie privée et des autorités chargées de la protection des données partout dans le monde en
03:56dehors d'Europe et qui n'annonce du coup aucun changement. On se dirige donc vers un marché
04:01publicitaire à deux vitesses avec pour l'Europe un double consentement dans l'écosystème iOS et à
04:07l'inverse une disparition des identifiants publicitaires dans l'univers Android de Google
04:12puisque à l'instar de la privacy sandbox sur le web ils ont décidé à terme de supprimer les
04:18identifiants publicitaires. Donc c'est un peu étonnant parce que cette disparition qui va être
04:23infiniment plus déstructurante pour le marché publicitaire n'a pas été attaquée par les
04:28associations professionnelles. Donc on se dirige vers un marché clairement à deux vitesses à terme.
04:31Wow affaire à suivre je pense. Merci beaucoup Jérôme Bouteillet. Je rappelle que vous êtes
04:36le rédacteur en chef d'écran mobile. Merci à tous de nous suivre sur la chaîne Bsmart4Change.
04:40C'était Smartech. On se retrouve très vite pour de nouvelles discussions sur la tech.
04:44Excellente journée à tous.
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