00:00Voici deux informations qui se percutent, deux tendances qui sont en choc, avec d'un
00:15côté, depuis le bureau Oval et en présence de Donald Trump, l'armateur français CMA
00:22CGM qui met sur la table 20 milliards de dollars d'investissement aux Etats-Unis.
00:28Et de l'autre, l'inquiétude montante des investisseurs américains en France.
00:32A la question « Pensez-vous que l'évolution du contexte économique en France pour votre
00:37secteur d'activité dans les 2-3 années à venir sera positive, stable ou négative
00:43? », 45% des patrons de filiales américaines installés dans l'Hexagone anticipent une
00:49évolution négative, un chiffre en hausse de plus de 20 points en à peine un an.
00:55L'offensive protectionniste de Washington, avec ses tarifs douaniers quasi prohibitifs,
01:01n'est pas étrangère à ce virage américain.
01:03Le phénomène ne date pas d'hier.
01:05Depuis une dizaine d'années, les grands groupes européens et français en particulier
01:10lorgnent de l'autre côté de l'Atlantique.
01:12Les raisons sont multiples, il y en a de trois sortes.
01:16D'abord, certaines régions ont beaucoup perdu de leur intérêt comme relais de croissance
01:20de marchés européens à bout de souffle, deux principalement.
01:23La Chine, passée dès le Dorado à désillusion, l'ententaire promise des multinationales
01:29occidentales, l'empire du milieu est aujourd'hui en perte de vitesse.
01:32Gestion catastrophique de la crise sanitaire, mainmise politique de plus en plus dure, incertitude
01:38économique et tensions géopolitiques croissantes, le cocktail est explosif et fait fuir les
01:44investisseurs.
01:45Quant à la Russie, c'est porte fermée depuis sa mise au bon internationale.
01:50La volonté des grands groupes de se positionner sur des marchés moins risqués est pleinement
01:54profitable à l'oncle Sam, dont l'immense marché domestique progresse nettement plus
01:58rapidement que celui de l'Europe avec, jusqu'à peu, des perspectives de croissance nettement
02:03plus favorables.
02:04L'autre atout est une histoire de coûts.
02:07Grâce à l'abondance de gaz de schiste dans le pays, les entreprises installées
02:12aux États-Unis bénéficient d'une énergie bon marché.
02:16Le prix du gaz spot y est près de quatre fois inférieur.
02:19Sur les 12 derniers mois et sur les marchés spots, l'électricité est en moyenne de
02:2430 euros du MWh aux États-Unis, quand il était deux fois plus élevé en France et
02:29trois fois supérieur en Allemagne.
02:31C'est évidemment une donnée clé pour les industries énergivores, mais aussi par
02:36effet de second tour pour toutes les entreprises installées sur le sol américain.
02:40Troisième variable à intégrer dans l'équation, la mise en œuvre d'une politique publique
02:45pro-business et industrielle, comme l'Inflation Reduction Act.
02:50Un vaste plan de subvention et d'incitation fiscale destiné aux entreprises initiées
02:55sous la mandature Biden afin de renforcer l'attractivité industrielle des États-Unis
03:01en liant clauses de localisation de la production sur le sol américain et incitation fiscale.
03:06Les investissements des entreprises européennes aux États-Unis sont passés de moins de 30
03:11milliards de dollars en 2022 à plus de 61 milliards en 2024.
03:17La capacité d'innovation et l'investissement dans la R&D, la flexibilité du marché du
03:21travail sont aussi à mettre dans l'équation.
03:25Et il faut ajouter maintenant les nouvelles promesses de Donald Trump d'abaisser l'IS
03:29mais aussi l'impôt sur les grosses fortunes afin d'attirer entreprises, dirigeants et
03:34talents.
03:35En face, l'Europe et plus encore la France se retrouvent avec une fiscalité pesante,
03:41un climat social tendu, un coût de la main d'œuvre jugé coûteuse et une bureaucratie
03:46écrasante.
03:47Donald Trump ne rend pas les États-Unis attractifs mais juste plus attractifs encore.
03:53Il ne transforme pas le pays, il accentue l'écart.
Commentaires