00:00Je suis en compagnie aujourd'hui d'un nouvel acteur dans l'univers des data centers.
00:08Bonjour Damien Dessanty.
00:09Bonjour Nathalie.
00:10Vous êtes le fondateur de Fossé ADC, vous avez levé 5 millions d'euros en 2024 pour
00:15construire à Marseille un nouveau site qui va proposer évidemment des ressources majeures
00:20pour des solutions d'intelligence artificielle.
00:22Vos travaux sont terminés depuis peu, j'avais déjà une question sur la difficulté que
00:28ça représente aujourd'hui d'installer un nouveau data center, notamment à Marseille
00:34qui n'en est pas dépourvu.
00:35Effectivement, ce n'était pas gagné d'avance pour plusieurs raisons.
00:40Déjà effectivement, vous l'avez dit, Marseille c'est une ville qui est extrêmement demandée,
00:45il y a énormément de demandes de la capacité en data center de par sa situation et le fait
00:51qu'elle ait passé 6e hub mondial en termes de connectivité depuis peu.
00:57Mais elle est soumise à des contraintes au niveau du foncier, au niveau de l'approvisionnement
01:01en énergie et ça génère énormément de tensions sur cette demande.
01:07Donc beaucoup d'acteurs souhaitent, rêvent de s'implanter à Marseille.
01:11Parce qu'on a toutes les connexions, les câbles sous-marins qui arrivent, enfin pas toutes
01:16mais beaucoup, toutes mais celles qui desservent l'Asie, le Moyen-Orient et l'Afrique et qui
01:20depuis 10-15 ans ça monte en flèche au niveau des besoins.
01:24C'est pour ça que passer du 44e hub mondial à 6e, on a des perspectives pour au-delà encore.
01:31Ça génère beaucoup d'appétence.
01:34Alors on arrive avec quel argument pour convaincre ?
01:36Alors on arrive avec un argument qui est une complémentarité de l'offre.
01:41Jusqu'à présent à Marseille, on n'a que deux acteurs en présence, un acteur historique
01:46aujourd'hui illustré par le data center de FreePro mais aussi Digital Reality qui est
01:50un acteur américain qui a su prendre pratiquement tout le marché à Marseille et qui a participé
01:58au développement de Marseille.
02:00Et en fait, nous on arrive avec une offre qui se veut complémentaire.
02:04Donc on se veut souverain, donc ça c'est un... on va peut-être y revenir.
02:08Et aussi on se veut plutôt orienté aux collectivités, aux entreprises locales, aux différentes
02:20entités de l'économie numérique de Marseille, qui Marseille a quand même été élue capitale numérique en 2022.
02:30Il y a énormément d'activités mais pas d'offres locales adaptées, donc régionales.
02:35Pas suffisamment.
02:37Alors qu'est-ce que ça veut dire arriver avec un data center souverain ?
02:40Parce qu'aujourd'hui c'est un mot qu'on utilise un peu aussi facilement que l'IA.
02:43Qu'est-ce que vous mettez derrière ça ?
02:45Il y a pas mal de définitions de la souveraineté.
02:47Certains pensent que la souveraineté se limite juste à l'emplacement géographique, d'être en France.
02:51D'autres sur la gestion de la donnée.
02:55Clairement, pour moi, la définition de la souveraineté, ça passe par l'actionnariat.
02:59L'actionnariat, pour moi, et pour d'autres personnes, passe par un actionnariat majoritairement français.
03:06On peut avoir effectivement l'Europe et l'Inde, mais il faut que l'actionnariat majoritairement soit français
03:10pour être soumis aux lois françaises et exclusivement françaises.
03:13C'est-à-dire que ça garantit que la donnée n'appartient qu'à une seule personne.
03:17Elle n'est accessible que par une seule personne, le propriétaire de la donnée, tel qu'on l'entend.
03:20Il n'y a pas de loi extraterritoriale qui peut parasiter cette confidentialité ?
03:24Certaines entreprises, ça leur porte peu d'importance.
03:29Ils veulent se développer, même sous des lois extraterritoriales, ce n'est pas un problème pour eux.
03:33Mais on voit de plus en plus d'entreprises et aussi les collectivités qui commencent à vraiment se poser cette question-là
03:39et orienter leur choix sur des entités qui sont souveraines, au sens que je veux dire, en termes d'actionnariat.
03:46Vous avez évidemment entendu les annonces de 109 milliards d'investissement dans l'IA en France,
03:52justement pour développer des data centers, notamment.
03:56Vous faites partie de ce plan ? Qu'est-ce que ça va changer pour vous ?
04:00Ça va changer. Nous, c'est très positif, pour plusieurs raisons.
04:04Quand on voit des dizaines, des centaines de milliards d'euros,
04:07après, je pense que les gens qui sont un peu dans la tech savent découper un peu les annonces
04:12et savent que plus de la moitié va être consacrée à l'achat de GPU pour faire du calcul.
04:17Il y a une fraction de tout ça qui va retomber dans l'économie française, on le sait.
04:21Maintenant, la démarche est bonne parce qu'il faut que la France se dote d'un réseau de data centers sur son propre sol
04:28pour capter justement et être un acteur incontournable de l'IA dans les années à venir.
04:32En fait, ça va donner des arguments pour s'installer, pour développer des data centers.
04:36Tout à fait.
04:37C'est ça que vous me dites.
04:38Exactement, ça donne des arguments.
04:39Alors nous, les acteurs plus petits, parce que nous, on ne va pas faire 100 mégawatts ou 1 gigawatt.
04:43Nous, on parle de mégawatts, mais quelques mégawatts.
04:46Nous, on est du edge data center, data center de proximité,
04:49mais on va être aussi nécessaire pour tout ce qui est l'IA de proximité.
04:54Les calculs d'IA sont très consommateurs, notamment pour les entraînements,
04:58mais après, quand on consomme, tout ce qui est inférence et autres, il faut la latence faible.
05:02Donc, il faut être au cœur des usages, dans les villes, près des câbles.
05:05Et là, on a notre mois d'IA.
05:06Merci beaucoup, Damien Dessanty.
05:08Je rappelle que vous êtes le fondateur du nouveau FOSSEA DC, nouveau data center à Marseille, souverain et respectueux environnementalement.
05:15On n'a pas eu le temps d'en parler, mais je le précise quand même.
05:18Allez, à suivre.
05:19On reste dans les télécoms.
05:20C'est le grand débrief du Mobile World Congress.
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