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  • il y a 11 mois
Des nouvelles cultures apparaissent en métropole comme la vanille en Bretagne ou le quinoa en Anjou. Mais cette diversification peine à être compétitive en termes de prix.

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Transcription
00:00Et on parle de culture française, la vanille, la banane, le gingembre, le quinoa, ça ne fait pas très local au local et pourtant c'est aussi cultivé chez nous.
00:08Oui, la preuve, je suis venue avec une gousse de vanille cultivée en Bretagne.
00:13Ça c'est de la vanille bretonne ?
00:15De la vanille bretonne, elle est sortie d'une serre de Bretagne.
00:18On peut la sentir ?
00:19Et on peut la sentir, elles sont très très bonnes.
00:21Elle sent fort la vanille, ce sont les premières qui viennent de sortir.
00:28Mais on a aussi du quinoa, tout droit sorti des terres d'Anjou et du gingembre ou de la citronnelle qui ont poussé au pied des Pyrénées.
00:36Ça c'est de la citronnelle des Pyrénées ?
00:38C'est de la citronnelle des Pyrénées.
00:40Alors il y a plusieurs raisons qui expliquent qu'on se mette à produire ce type de culture.
00:44La première c'est qu'il y a de la demande pour ça. Vous savez quel est le fruit préféré des Français ?
00:49Les bananes ?
00:50La banane, elle a détrôné la pomme l'année dernière et aujourd'hui c'est le fruit le plus consommé par les Français.
00:56La France est aussi première consommatrice d'avocats en Europe.
00:59Donc ce sont des produits qui sont largement importés d'Afrique ou d'Amérique du Sud, même si on fait des bananes en Martinique, dans les Outre-mer.
01:07Mais c'est vrai qu'il faut leur faire traverser.
01:09Voilà, exactement. Et donc des producteurs français tentent d'acclimater ces produits en métropole.
01:16Ils essaient de reproduire sous serre les conditions initiales.
01:20Oui mais ce sont des serres qui ne sont pas chauffées, je précise.
01:23Il n'y a pas d'enjeux écologiques négatifs là-dessus.
01:26On trouve aussi des avocats sur la côte d'Azur.
01:29Et donc du gingembre, des bananes, en tout une cinquantaine d'espèces chez une productrice dans les Pyrénées qui s'appelle Lily Blandin
01:35et qui a finalement reproduit une mini-île de La Réunion à 20 minutes de Perpignan.
01:39Mais comment elle fait ? Parce que c'est évidemment pas le même climat et quand même à l'arrivée on veut avoir un fruit, une gousse qui a du goût.
01:46Elle m'a expliqué qu'il y avait quand même pas mal de contraintes, ça a demandé évidemment des années de recherche, beaucoup d'investissement.
01:52Mais finalement ça a marché, alors elle a dû adapter ses espèces aussi au climat parce que les saisons sont inversées.
01:59Vous savez qu'en ce moment à l'île de La Réunion c'est l'été tandis que chez nous c'est l'hiver.
02:03Donc tout ça évidemment ça a demandé beaucoup de travail.
02:06Il y a aussi des risques, forcément, des risques climatiques.
02:09Est-ce que ces espèces vont supporter le gel ? Est-ce qu'elles vont supporter le manque d'eau notamment ?
02:15Mais finalement ça reste des expérimentations, ça fonctionne, c'est un job de passionné évidemment, ils n'en vivent pas toujours.
02:22Le changement climatique c'est aussi une deuxième raison qui explique qu'on cultive de plus en plus ces espèces exotiques en France, en métropole.
02:29Par exemple si vous regardez l'Italie, eux ils cultivent de plus en plus de mangue, de bananes, etc.
02:36Et chez nous on le voit aussi, notamment avec le vin, le vin il monte de plus en plus haut en France, on en cultive de plus en plus dans le nord.
02:42Donc finalement ces nouvelles conditions climatiques font aussi évoluer les cultures.
02:48Et puis l'objectif c'est aussi de diversifier ces cultures, espérer trouver de nouvelles cultures qui s'adaptent aux aléas que sont la sécheresse, les inondations, les maladies, etc.
02:58On veut manger de saison, on dit qu'il faut manger local, du coup on peut manger local hors saison.
03:05Voilà, effectivement, local hors saison, mais ça devient aussi de saison puisque ces produits, les bananes, on va les cultiver en juillet et août,
03:15alors que la vanille, alors qu'à l'île de la Réunion, ça va être plutôt en décembre, janvier.
03:21Tu parles de diversification, ça permet de respecter ce grand proverbe paysan, ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.
03:26Exactement, par exemple Lily me parlait d'une situation qui a eu lieu il y a un mois, il y a eu énormément de gel dans les Pyrénées-Orientales,
03:33et donc tous les artichauts, 80% de la production d'artichauts est fichu, et bien les producteurs qui étaient en monoculture malheureusement se retrouvent sans revenus.
03:42Donc ça a un intérêt de diversifier ces cultures, aussi pour maintenir la fertilité des sols, pour les optimiser, optimiser ces cultures.
03:51Par exemple, cette vanille, elle a été cultivée dans des cerfs qui étaient inutilisés, qui auparavant servaient pour des tomates et qui ne servaient plus à rien depuis quelques années.
04:00Pareil, le quinoa, l'avantage du quinoa, c'est qu'il a besoin de très peu d'eau, donc pas besoin d'irrigation, donc ça a un intérêt écologique aussi.
04:07Ça change du maïs, mais pour l'instant on est d'accord que c'est des petites niches, est-ce qu'il y a une chance que ça devienne des vraies filières françaises à plus grande échelle ?
04:16Pour le quinoa c'est déjà le cas, il y a 350 producteurs en France, 25% du quinoa qu'on consomme est cultivé en France, sur nos terres.
04:24Donc d'ailleurs le quinoa d'Anjou en l'occurrence il est vendu un petit peu partout.
04:28C'est devenu tendance aussi, il y a une vraie demande de quinoa qui n'avait pas conclu il y a quelques années.
04:33En Bretagne, la filière qui développe la vanille, ce sont 3 producteurs, ils espèrent vraiment créer une filière.
04:41Là ils viennent tout juste de sortir leur première gousse, pourquoi ? Parce que le projet a été développé à partir de 2019, ça a pris 5 ans le temps de faire pousser la vanille.
04:50Il a pris 5 ans pour que la gousse ait la première gousse ?
04:53Après la récolte, il faut 18 mois en plus pour faire cette vanille.
04:58Pour les fruits exotiques, évidemment on reste sur de petites initiatives privées, il y en a 4 ou 5 réparties en France mais ça reste petit.
05:05En termes de prix, forcément, même si c'est tout près de chez nous, c'est beaucoup plus cher ?
05:09Oui forcément, il n'y a pas les mêmes coûts de production, on le voyait d'ailleurs dans le reportage avec les tomates, c'est pareil pour ces espèces exotiques.
05:15Lily elle vend ses bananes 12,50€ le kilo, on en voit à 2€ le kilo qui viennent de Côte d'Ivoire.
05:22La vanille de Retagne coûte 10€ la gousse, elle est 2 fois plus chère que la vanille de Madagascar par exemple.
05:28Et puis quand on produit dans de si petits volumes, c'est très difficile d'être compétitif évidemment.
05:34C'est un peu des démarches volontaristes.
05:36C'est ça exactement, néanmoins on économise quand même sur les frais de transport et là-dessus c'est plus écologique.
05:42Pour le quinoa, c'est un petit peu différent, on est quasiment sur les mêmes prix mais aussi parce que la filière est beaucoup plus développée.
05:48Donc peut-être que si on parvient à développer ces filières, on pourra baisser les coûts et baisser les prix à l'arrivée.
05:54Acheter du quinoa d'Anjou et pas du quinoa du Pérou !
05:57Voilà exactement !
05:58Merci Charlotte !
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