00:00Réchal, dans votre livre, si tu te sens Le Pen aux éditions Fayard, il y a un terme qui revient à plusieurs reprises, c'est celui de français de souche.
00:08Ce qui irrigue, écrivez-vous à propos de la France insoumise, ces nouveaux militants islamo-gauchistes, c'est la haine indépensable, dépassable du français de souche.
00:16Quand vous évoquez aussi votre histoire familiale et vos aïeux, vous retracez et vous expliquez, pensez, je cite, à tous ces français de l'ombre qui ont construit notre pays,
00:25ce peuple de souche, dites-vous, qui a fait de la France ce qu'elle est. Les Italiens, les Portugais, les Polonais, par exemple,
00:31qui sont venus travailler dans les mines, que ce soit dans le Nord ou en Lorraine, ils ont contribué à faire la France d'aujourd'hui.
00:39En quoi est-ce qu'il y aurait deux types de français ?
00:41Je ne dis pas le contraire. Ce qui me dérange un peu dans le discours ambiant, qui est, d'ailleurs, maintenant, c'est de transformer à LFI,
00:46vous le notez, à travers les différentes déclarations de leur dépré.
00:48Mais sur ce que vous, vous écrivez, peuple de souche, français de souche, il y a deux types de français ?
00:53Je vais vous répondre. Mais non, mais moi, en fait, je ne comprends pas qu'on puisse avoir des complexes à un moment donné
00:57à dire qu'il y a aussi des français d'origine française. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des français d'autres origines.
01:00Ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas eu du mérite à certains moments de l'histoire ou par leur travail.
01:04C'est juste de dire qu'en fait, à un moment donné, ce peuple-là, il a le droit de ne pas être systématiquement réduit
01:09à un peuple, pardon de le dire aussi vulgairement, de salauds, de colons, de collabos, d'esclavagistes,
01:14à qui on explique toute la journée, finalement, que c'est l'immigration qui lui a apporté la civilisation,
01:18à qui on enjoint d'accepter sa mise en minorité et la disparition de sa culture.
01:23Ce n'est pas exactement ce qui se passe.
01:24Ah bah si, parce qu'avec la promotion du multiculturalisme toute la journée,
01:27on explique en fait que ce peuple qui est le porteur quand même de cette culture de référence
01:31à laquelle les autres sont censés s'assimiler, finalement, leur culture au milieu de toutes les autres
01:35ne vaut pas plus. Et moi, je dis, c'est ce que j'essaye d'incarner à travers cette histoire,
01:38je parle en effet de mes arrière-grands-parents, que en fait, ces Français-là, c'est quand même eux
01:42qui ont construit la France dans la douleur, dans les larmes, dans la difficulté.
01:45Moi, je viens d'une famille de patrons-pêcheurs, d'agriculteurs, d'ouvriers agricoles,
01:48ces gens qui avaient 11, 14 enfants, j'ai deux arrière-grands-pères qui étaient à Verdun.
01:52Ils ont le droit d'exister, ceux-là, on a le droit de les respecter, on a le droit de parler d'eux.
01:55Et ceux qui sont venus des colonies, qui sont tombés, par exemple, dans un certain nombre de guerres,
02:00les Italiens, les Polonais qui étaient dans les mines du Nord et de Lorraine,
02:02ils ont participé à la construction de la France.
02:05Mais ça ne s'oppose pas. Ce que je déplore, si vous voulez, c'est que le discours que vous tenez,
02:09et bien légitimement, moi, il ne s'agit pas d'enlever évidemment ce mérite-là,
02:12c'est de dire qu'il efface tout le reste. Et que finalement, la France, ce ne serait qu'eux.
02:16Et bien non, ce n'est pas qu'eux. Il y a des gens comme moi. Excusez-nous.
02:18Personne ne dit que c'est que. On dit que la France s'est constituée d'un certain nombre de Français
02:24qui sont soit là depuis très longtemps, comme vous le dites, soit qui sont venus et qui ont choisi la France.
02:29Ces Polonais, ces Portugais, ces Italiens, ils ont choisi la France.
02:33Mais il n'y a pas de difficulté, une fois de plus, à ça. Ce que je suis en train de vous dire.
02:35Pourquoi d'ailleurs je suis amenée à parler de ça ? Parce qu'aujourd'hui, ceux qui posent ce sujet sur la table
02:39et en font un objet de conflit, c'est la gauche et l'extrême-gauche.
02:43C'est LFI qui aujourd'hui va maintenant dans les plateaux, dans les manifestations,
02:46expliquer que, bah oui, maintenant on assume le grand remplacement,
02:49qu'en gros on fait plus d'enfants et que les autres ont casse-coussé.
02:53Le grand remplacement des générations, dit Jean-Luc Mélenchon. Il ne parle pas de l'immigration.
02:56Pas en l'occurrence que des générations. J'ai en tête ce député LFI, son nom m'échappe,
03:01qui a fait une déclaration, il n'y a pas très longtemps, sur une chaîne sur Internet,
03:09en assumant pour le coup cette volonté de grand remplacement de ce qu'ils appellent les racisés
03:13contre justement le peuple de souche. On a vu Madame Obono à la fête de l'Humanité,
03:16mais vous imaginez quand même, elle déclare, en gros, je suis mal à l'aise
03:20parce que quand même à la fête de l'Huma, il y a trop de blancs.
03:22Mais enfin, est-ce que vous me verriez, moi, aller en Côte d'Ivoire et me mettre au milieu des gens
03:28et dire, quand même, je suis assez mal à l'aise parce qu'il y a beaucoup de noirs, mais c'est l'immigration indignée ?
03:31Sur ce thème de l'immigration, Marion Maréchal, Éric Zemmour expliquait sur ce plateau la semaine dernière
03:36que lui était pour la remigration des immigrés illégaux comme des immigrés légaux
03:41pour ceux qui avaient commis des crimes, des délits ou qui étaient des chômeurs de longue durée.
03:46Est-ce que vous êtes exactement sur cette ligne également qui a été la vôtre auparavant ?
03:49Absolument.
03:51Et qui n'est pas celle exactement de Marine Le Pen.
03:52Je crois bien légitime que demain, nous puissions renvoyer des gens qui ne sont pas des Français
03:56mais sont de nationalité étrangère et qui ont commis ou des crimes et des délits
04:00ou qui sont illégaux ou qui sont des chômeurs de longue durée, c'est-à-dire en fait
04:03qui paient sur la communauté nationale.
04:05Je veux dire, quand on voit la situation aujourd'hui économique, budgétaire, financière,
04:08j'ai envie de dire même morale de notre pays, je ne crois pas qu'on ait le luxe aujourd'hui
04:11de pouvoir continuer sur cette voie-là.
04:13Quand vous parlez de Français de souche, est-ce que vous comprenez, est-ce que vous entendez
04:16que les Français qui vous regardent, qui vous entendent, qui sont peut-être originaires
04:21du Portugal, de Pologne ou d'Italie, se disent, dans ces paroles, j'ai le sentiment d'être
04:26un Français de seconde zone ?
04:27Je ne crois pas.
04:28Je pense que ça, c'est une indignation de journaliste, pardon de vous le dire comme
04:31ça, mais je pense que même les Français d'origine immigrée sont parfaitement aptes
04:34à accepter qu'il y ait des Français d'origine française et que ça ne s'oppose pas.
04:38Et même à admettre qu'en fait...
04:39Un Français d'origine immigrée, comme vous en parlez, un Français de souche, c'est
04:42la même chose.
04:43Oui, mais quand ils sont arrivés...
04:44En termes de droit.
04:44Je ne suis pas en fait pour faire une distinction, évidemment, sur le plan de la nationalité
04:48de ce point de vue-là.
04:48Bien sûr que non, mais ce que je suis en train de dire, c'est qu'il a paru évident
04:52pendant des années que lorsque ces Français d'origine immigrée, en l'occurrence européenne
04:56dont vous parlez, sont arrivés, ils se sont aussi assimilés à quelqu'un et à quelque
05:00chose.
05:01Mais là, il y a par exemple une errance entre les...
05:03Ils l'ont admis, c'était normal.
05:04Aujourd'hui, le problème, c'est que ça n'est plus admis, ça n'est plus normal.
05:06Ça veut dire que ceux qui arrivent considèrent qu'ils peuvent emporter avec eux leur culture,
05:10leur mode de vie et que finalement, ceux qui étaient là avant n'ont qu'à se pousser.
05:13Je suis désolé de vous dire que non, moi, je ne l'accepte pas.
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