00:00— Alors les jeunes sont là. On a des jeunes dans nos lycées. — Oui, mais les jeunes ne viendront que s'il n'y a pas de revenu.
00:05— C'est le combat qu'on mène depuis le début. Donc je partage totalement. — Et le revenu se fera par la production.
00:09— Exactement. — Il se fera par la production et le respect de la production. C'est pour ça que moi, le message est très clair,
00:14et le cap est clair. On défend la souveraineté agricole et la production. On ne veut pas de décroissance agricole ni en France ni en Europe.
00:21— Mais il y a un autre discours qu'il faut lancer. — Non mais c'est la difficulté qu'on voit. On l'a toujours eu au niveau français.
00:29On a une opposition... Il n'y avait longtemps pas de consensus européen. Moi, j'essaie de convaincre mes collègues européens
00:34qu'aujourd'hui, ils doivent mener le même combat. Pourquoi ? Parce que l'agriculture va devenir une arme.
00:39Parce que ceux qui, aujourd'hui, nous veulent du mal, ils nous couperont des marchés. — On sera à leur merci, M. le président.
00:46— Donc on ne doit pas dépendre des non-européens pour notre... On doit être ouvert et changer. Mais on doit avoir
00:51une France et une Europe qui soient souveraines sur le plan agricole. Et donc cette agriculture, elle ne peut pas être
00:56la variable d'ajustement du pouvoir d'achat. Ça, c'est notre boulot. C'est ce qu'on fait depuis les premières lois EGalim.
00:59C'est-à-dire dire qu'on doit réussir à dire que le travail de nos agriculteurs, il a une valeur. Elle doit être respectée.
01:05Ça a un coût. Et donc ça doit être payé. Parce que ça ne peut pas être la déflation permanente.
01:09— On est d'accord. — On est d'accord. — Et donc ça va égaliser... — On n'est pas d'accord sur la loi.
01:13— M. le président, l'an dernier, quand on s'est vus, tout ce que vous aviez dit, j'étais forcément d'accord avec ce que vous aviez dit,
01:19parce que vous aviez tenu un discours assez similaire. Mais derrière, il s'est pas passé grand-chose.
01:24— Mais c'est pas vrai. — Non mais je peux pas vous laisser dire ça, parce qu'il y a un texte qui a été finalisé, qui vient d'être voté.
01:28Non. On peut dire... Si vous dites... Faites attention aussi, parce que si vous dites « Tout va mal et c'est terrible », vous faites...
01:34Ben non, mais... Pour moi, ça va jamais assez vite. Mais si vous n'avez qu'un discours... J'attire juste votre attention.
01:41Si vous n'avez qu'un discours qui est négatif et catastrophiste, sans regarder ce qui aussi va et progresse...
01:45— Ce n'est pas le cas. Mais... — Mais vous allez vous-mêmes nourrir la décroissance. — Ben non.
01:48— Parce qu'en fait, vous n'allez jamais attirer un jeune. — Ben non, mais il y a jamais un jeune. Si je vous écoute, je suis jeune.
01:53— M. le président, on n'a pas ce discours. Aujourd'hui, le seul discours que nous tiennons, c'est le discours où on n'arrive plus à produire.
01:59Laissez-nous produire. Laissez-nous produire. Et on va travailler. Y a pas de problème, hein.
02:02— Il y a des difficultés. Il faut garder filière par filière, territoire par territoire. C'est pas vrai que ce soit homogène.
02:09Donc c'est ça aussi qu'il faut accepter de regarder. C'est pour ça que maintenant, si on veut bosser, on a les instruments nationaux.
02:14Il faut maintenant des contrats de filière, des contrats de territoire. Il y a des territoires et des filières où ça marche,
02:18où ça produit, où ça exporte, où on a même remonté les choses. Il y en a qui sont en très grande crise.
02:23Donc il faut regarder cette hétérogénéité en face. Et il faut avoir les instruments qui conviennent pour repartir.
02:27Mais le cap, il est clair. C'est produire plus, garder la qualité de notre alimentation, garder notre compétitivité
02:34en corrigeant les écarts qu'on a avec le reste des Européens, défendre le modèle français de diversité, d'ailleurs, de la ferme France
02:41et de sa qualité, et réussir à nourrir nos enfants en tant que Français et en tant qu'Européens, et protéger les marchés
02:48quand il y a de la concurrence déloyale. C'est ça, l'être. — On est d'accord. On est d'accord, en fait.
02:52— Donc ça va pas assez vite pour moi non plus, hein. Mais je peux pas dire qu'on peut.
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