Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 an
Retrouvez L 'Affaire dans l'affaire, tous les samedis de 12h et 13h sur les ondes de Sud Radio, en partenariat avec la revue Affaires Criminelles de McSkysz.

Avec Jade Serano, journaliste police-justice, Ronan Folgoas, journaliste enquêteur, Adrien Peltier, spécialiste de la veille média
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

Nous suivre sur les réseaux sociaux

▪️ Facebook : / www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : / www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : / https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

##L_AFFAIRE_DANS_L_AFFAIRE-2025-02-15##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour, bienvenue à tous, bienvenue pour votre rendez-vous avec le fait de société
00:08et le true crime, l'affaire dans l'affaire, une émission en partenariat avec la revue
00:13Affaires Criminelles, ensemble nous revisitons les affaires qui font l'actualité.
00:18Chaque semaine nous sommes avec Jean-Marie Bordry, toujours, Victor Lefèvre, le rédacteur
00:23en chef de la revue Affaires Criminelles et Jade Serrano, journaliste, spécialiste d'investigation.
00:30Et aujourd'hui nous allons parler de l'affaire de la tuerie de Chevaline, un mystère qui
00:34plane depuis plus de 12 ans et qui a rebondi récemment, notamment grâce aux révélations
00:39du Parisien Aujourd'hui en France et son journaliste enquêteur que nous sommes ravis
00:43d'accueillir, Renan Folgoas, bonjour.
00:45Bonjour Stéphane Simon.
00:46Alors Renan, vous avez sorti un beau scoop comme on dit dans le métier, les enquêteurs
00:50sont cette fois sûrs de tenir une piste solide.
00:55Oui, une bonne piste, un profil en tout cas, un profil type qui doit correspondre, qui
00:59peut correspondre aux tueurs qu'ils recherchent désespérément depuis 12 ans, c'est un profil
01:05de militaire, militaire aguerri, peut-être un ancien membre des forces spéciales.
01:09Alors, si vous le voulez bien, on ne va pas en dire plus pour l'instant et on va commencer
01:13par rappeler les faits et c'est Victor Lefèvre qui vous raconte les assassinats mystérieux
01:18de Chevaline.
01:19Nous sommes le samedi 1er septembre 2012, les Al-Ili, une famille britannique originaire
01:28d'Irak, a quitté depuis maintenant quelques jours le sud de l'Angleterre pour passer
01:32quelques jours de vacances en Haute-Savoie.
01:34Avec leur break BMW couleur Bordeaux et leur caravane, ils viennent de s'installer dans
01:39le camping Europa du lac d'Annecy.
01:42Le départ est prévu le 4 septembre.
01:45La famille est composée de 5 membres, Saad, le père, Iqbal, sa femme, les deux filles,
01:50Zeynab, elle a 7 ans et Zina, 4 ans et la grand-mère.
01:53Saad est ingénieur en conception mécanique aéronautique.
01:57A 50 ans, il gagne bien sa vie et possède une maison dans le Serais, un comté aisé
02:02du sud-est de Londres.
02:03C'est la troisième fois qu'il se rend sur les bords du lac d'Annecy avec sa femme
02:08et ses enfants.
02:09A tel point que les Al-Ili envisagent sérieusement de s'installer dans les environs.
02:14En cette fin d'été, le temps est à l'orage dans ce coin touristique de Haute-Savoie,
02:18la température frôle les 10 degrés.
02:19Le 3 septembre 2012, un jour avant le départ, la date de départ programmée, les Al-Ili
02:26quittent leur lieu de villégiature.
02:28Ils parcourent quelques kilomètres jusqu'à un prochain camping qui domine le lac d'Annecy,
02:33le solitaire du lac.
02:34Le 5 septembre, Saad demande à sa fille aînée ce qu'elle aimerait faire de sa journée.
02:39Zeynab propose une balade en montagne.
02:43A 14h30 précisément, la famille s'engouffre dans le break BMW.
02:48Saad roule quelques kilomètres puis s'engage sur la route boisée de la Combe d'Ire et
02:53gagne la cobunde de Chevaline, petit village perché au bout du lac d'Annecy.
02:58Le hameau en lui-même n'a pas grand intérêt, mais il a le mérite de comporter à son point
03:02le plus haut un départ de randonnée prisé des amateurs.
03:05Le même jour, Sylvain Mollier, 45 ans, employé dans un atelier de production dans une usine
03:11de Savoie, enfourche son vélo pour une petite balade dans les environs.
03:15Il entend bien profiter de son congé paternité pour prendre un peu l'air.
03:20A 15h28, alors qu'il entame la montée de la Combe d'Ire, il reçoit un coup de téléphone
03:27de son ex-compagne.
03:28La conversation qui porte sur la garde des enfants ne dure pas très longtemps.
03:32Après avoir accroché, Sylvain Mollier remonte sur son vélo et dépasse un homme à VTT.
03:39La pente modérée est largement à sa portée.
03:41Sylvain Mollier s'arrête quelques mètres avant le panneau d'information de l'ONF,
03:45l'Office National des Forêts.
03:47La route s'arrête en cul-de-sac à l'entrée du sentier forestier réservé aux randonneurs.
03:51A peu près au même moment, le break des Halili arrive.
03:55Lorsqu'il pavient finalement au parking de la Combe d'Ire, le VTTiste, dépassé
04:01quelques minutes plus tôt par Sylvain Mollier, découvre une véritable scène d'horreur.
04:06Son intuition première est de penser qu'un grave accident de la route vient de se produire.
04:10Il n'en est rien.
04:12Au sol, gît inanimé Sylvain Mollier, comme s'il avait été percuté par le puissant
04:17break BMW des Halili.
04:20Le VTTiste, un Anglais d'origine néo-zélandaise nommé William Brett Martin, ancien membre
04:25de la Royal Air Force, au sol gît inanimé Sylvain Mollier, comme s'il avait été percuté
04:30par le puissant break BMW des Halili.
04:33Le VTTiste, un Anglais d'origine néo-zélandaise nommé William Brett Martin, ancien membre
04:38de la Royal Air Force, déplace le corps de Mollier sur le côté.
04:41Rien à faire, son cœur ne bat plus.
04:43Il s'approche alors de la voiture, dont le moteur tourne encore.
04:47Les vitres sont criblées de balles, les pneus tournent dans le vide.
04:51A l'intérieur, trois morts, le visage défiguré par les balles.
04:53Saad, Iqbal et la grand-mère.
04:56A proximité, une petite fille est allongée sur le sol.
04:59Il s'agit de l'aînée Zainab.
05:01Elle respire encore, mais elle semble gravement blessée.
05:03Brett Martin a le réflexe de la passer en position latérale de sécurité avant d'appeler
05:08à l'aide en catastrophe.
05:09Il est 16h lorsque les pompiers et les gendarmes arrivent sur les lieux du crime.
05:14Zainab est aussitôt évacuée en urgence vers le CHU de Grenoble pour être placée
05:19en coma artificiel.
05:20Elle souffre d'une double fracture du crâne et d'un hématome soudural.
05:24Aucune trace, en revanche, de la petite Zainab, 4 ans.
05:29Vers minuit, les spécialistes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie
05:33nationale, dépêchés en urgence, commencent les relever.
05:36Des traces de pneus, des étuis à cartouches, des douilles de calibre 7,5 millimètres ainsi
05:41qu'un bout de crosse de pistolet sont retrouvées.
05:43Ils avancent prudemment jusqu'à la voiture.
05:46Vers minuit trente, soit près de neuf heures après le carnage, ils découvrent, cachée
05:51sous la jupe du cadavre de sa mère, une petite fille recroquevillée.
05:55Cézina.
05:56Elle est restée parfaitement immobile, en état de choc, mais indemne.
06:05L'enquête avance à grands pas.
06:07Le ratissage des douilles retrouvées sur la zone permet d'identifier l'arme du crime,
06:10un Luger P06.
06:12L'arme n'est pas commune et elle est loin d'être facile à manier.
06:15Il faut être parfaitement exercé et entraîné pour savoir s'en servir.
06:19Il s'agit d'un pistolet de conception allemande utilisé notamment par l'armée suisse au
06:23début du XXe siècle.
06:24C'est une arme appréciée des collectionneurs.
06:26Les enquêteurs restent interdits.
06:28Ce n'est pas le genre d'arme qu'utiliserait un tireur professionnel, par exemple un tueur
06:32à gage, pour commettre un tel massacre.
06:34Car l'homme qui a commis ce carnage s'est montré d'une précision diabolique.
06:38Sur les 21 coups de feu tirés en l'espace de deux minutes, 17 ont atteint leur cible.
06:43Sylvain Mollier a reçu trois balles dans le dos et deux dans la tête.
06:48Saad Alili et son épouse ont tous les deux été touchés par quatre balles, dont deux
06:52en pleine tête.
06:53La mère d'Iqbal, quant à elle, a été touchée par trois balles, dont deux en pleine tête.
06:57Enfin, Zainab a, quant à elle, été touchée par une balle dans l'épaule.
07:00Le tireur, dont l'arme s'est probablement enrayée, ou peut-être est-il arrivé à
07:04court de munitions, a adressé ensuite un violent coup de crosse sur la tête de la
07:08petite fille.
07:09La précision chirurgicale des tirs et le sang-froid dont a fait preuve le tireur ne
07:14laissent aucune place aux doutes.
07:16Il s'agit d'un homme chevronné, déterminé, sans pitié.
07:20Collés sous la rouelotte, les enquêteurs remarquent également un morceau de sparadrap
07:23qui leur fait penser qu'un tracker GPS a pu être installé sur le véhicule.
07:27Le 7 septembre, le procureur ouvre une information judiciaire pour assassinat et tentative d'assassinat.
07:38Le témoignage de William Brett Martin s'avère particulièrement précieux.
07:41Alors qu'ils s'approchaient du parking où ont été retrouvés les corps, il assure
07:45avoir aperçu une moto blanche en train de descendre la comte d'Ire.
07:49Un autre témoignage vient corroborer ce récit.
07:51Les deux employés de l'ONF, présents à proximité des lieux, affirment eux aussi
07:55avoir croisé un motard sur la partie de la route interdite au véhicule.
07:59Les agents lui ont demandé de faire demi-tour.
08:01Ce bref échange leur a laissé le temps de noter un détail curieux.
08:05Le casque du motard de couleur sombre présentait une ouverture latérale.
08:09Au cœur de cette ténébreuse affaire se trouve la question du mobile.
08:13Le tueur avait-il véritablement une raison de s'en prendre à la famille Allilly et
08:18à Sylvain Mollier ?
08:19Qui était la véritable cible de ce tireur ?
08:22Le cycliste français est-il une victime collatérale ?
08:24Pourquoi la famille Allilly s'est-elle retrouvée en vacances en Haute-Savoie,
08:27à des centaines de kilomètres de son domicile, alors que l'école avait déjà
08:31commencé outre-manche ?
08:33Autre coïncidence plus que troublante.
08:36Après plusieurs mois de recherche, les enquêteurs s'aperçoivent que l'ex-marie
08:38d'Igbal Allilly, un Américain du nom de James Dudley Thompson, est mort le 5
08:42septembre 2012, le même jour que son ex-femme, à quelques heures d'intervalle seulement.
08:48Officiellement, il est mort d'une crise cardiaque.
08:51Igbal Allilly était-elle en réalité la cible du tueur ?
08:54Aucune autopsie et aucune analyse toxicologique n'ont été réalisées sur le corps de
08:58Thompson.
09:00Les enquêteurs restent perplexes.
09:01Toutes les pistes sont étudiées.
09:02La possibilité d'un conflit entre Saad et son frère autour de l'héritage du
09:05patriarche de la famille, un temps exploré et finalement écarté.
09:09Un autre témoignage sème le doute.
09:13Celui-ci émane d'une amie de Sylvain Mollier.
09:15Dans les colonnes du quotidien local La Savoie, cette femme raconte sous couvert d'anonymat
09:20que Mollier lui avait avoué peu de temps avant sa mort qu'il fallait qu'il fasse
09:23attention dans la rue, qu'il craignait de prendre un coup de fusil.
09:27Une petite phrase que les enquêteurs ne s'expliquent pas.
09:30En admettant que le cycliste était la principale cible du tireur, pourquoi décimer une famille
09:35entière dans le même temps ? Après plusieurs mois de recherches, de conjectures et d'interrogatoires
09:39menées conjointement en France et en Angleterre, les enquêteurs se trouvent dans une impasse.
09:44Selon toute vraisemblance, Sylvain Mollier et Saad Alili ne se connaissaient pas, n'avaient
09:48jamais été en contact par le passé et n'avaient pas rendez-vous pour échanger
09:51de quelconque document secret, comme cela a pu être envisagé au début de l'enquête.
09:56Les enquêteurs n'ont pas non plus trouvé le moindre indice permettant d'indiquer
09:59que l'Alili ait été suivi sur leur trajet.
10:01La piste du Sparadrap collée à la caravane n'aboutit à rien.
10:04L'expertise balistique n'a pas permis de remonter jusqu'à un détenteur du Luger
10:08ni en France, ni en Suisse, ni même en Allemagne.
10:11Enfin, les tests ADN n'ont rien donné.
10:13L'audition de Zainab à sa sortie du coma n'a rien révélé au grand dame des enquêteurs
10:18qui misait beaucoup sur son témoignage.
10:20Et pour cause, elle est la seule personne encore vivante à avoir aperçu le tireur.
10:26Fin 2018, seuls 5 enquêteurs français travaillaient à plein temps sur la tuerie de Chevaline
10:31contre 90 au début de l'affaire.
10:36Pendant plusieurs années, l'enquête végète.
10:38Quelques interrogatoires menées ça et là permettent de cibler des suspects,
10:41mais tous sont finalement mis hors de cause.
10:44À l'été 2022, le pôle Cold Case du parquet de Nanterre,
10:47nouvellement créé, hérite de l'affaire.
10:50La tuerie de Chevaline figure en haut de la pile des dossiers des magistrats du parquet spécialisé.
10:55Et pour cause, à fait avec l'affaire Dupont-Ligonnès ou encore l'affaire Véron,
10:59il s'agit de l'une des affaires non élucidées les plus mystérieuses et les plus médiatisées.
11:04Le 17 octobre 2024, tout récemment,
11:07une reconstitution est organisée sur les lieux du quadruple homicide.
11:10C'est un moment décisif et le dernier tournant en date de cette affaire.
11:14Ainsi que le révèle le journal Le Parisien,
11:16la reconstitution permet d'affiner le profil du tireur.
11:19Dépêché sur place, un expert dans le domaine du tir
11:22exclut la piste du tueur à gages longtemps envisagée
11:25et penche plutôt pour le profil d'un militaire âgé d'une cinquantaine d'années
11:28qui aurait complètement vrillé après avoir suivi une formation au tir fichant,
11:32une technique de tir bien particulière utilisée ce jour-là.
11:36Mais l'identité du tueur reste un mystère.
11:38Le dossier est tentaculaire, est composé de 95 tômes et comporte plus de 8000 pièces.
11:43Zainab, 20 ans, et Zina, 17 ans, vivent désormais à l'étranger sous une fausse identité.
11:53Merci Victor Lefebvre.
11:55Renan Folgoas, en quoi cette affaire est absolument extraordinaire ?
11:59Parce qu'elle recèle de très nombreuses pistes.
12:02Les profils des victimes ne sont pas lisses.
12:06Cela vient d'être rappelé.
12:08Iqbal, et comme son mari Saad, présentent des aspérités dans leur parcours de vie.
12:15L'un pour des raisons personnelles, puisqu'il y avait un conflit majeur avec son frère
12:20sur la question du patrimoine, du patrimoine paternel.
12:23Et puis la vie d'Iqbal aussi a sa part de mystère.
12:27Il a été envisagé, et c'est toujours, je peux vous le dire aujourd'hui, encore une piste à l'étude.
12:31Il a été envisagé qu'Iqbal ait pu faire partie d'un service de renseignement.
12:36Ce qui expliquerait son passage éclair et assez rocambolesque aux Etats-Unis.
12:41Où il a une fausse identité.
12:43Bon, du côté de Sylvain Mollier, il y a aussi des choses à dire.
12:47Mais voilà, les victimes, et puis Stéphane Simon, les témoins présents sur place,
12:52ils ont tous aussi quelque chose d'assez étrange.
12:55Ils sont réunis là comme dans un clouet d'eau en pleine nature.
12:59Et les magistrats et les enquêteurs ont bien du mal à savoir qui dit la vérité
13:03et qui peut être au milieu de cette galerie de personnages, qui peut être mort.
13:08Nous allons revenir sur ce clouet d'eau dans un instant.
13:11On revient sur l'enquête de la tuerie de Chevaline.
13:13A tout de suite sur Sud Radio.
13:14Sud Radio, l'affaire dans l'affaire, Stéphane Simon.
13:18Retour dans l'affaire dans l'affaire.
13:20Une émission en partenariat avec la revue trimestrielle Affaires Criminelles,
13:24dont le rédacteur en chef vient de nous rappeler l'affaire de la tuerie de Chevaline.
13:29Merci Victor Lefebvre.
13:30Avec nous, Jade Serrano, journaliste d'investigation.
13:33Et puis, mon comparse Jean-Marie Bordry.
13:37Bonjour mon cher comparse.
13:38Voilà, avec nous aujourd'hui, notre invité est Renan Folgoas,
13:42journaliste, enquêteur, parisien aujourd'hui en France.
13:46Renan Folgoas, expliquez-nous très concrètement pourquoi la justice
13:50pense qu'il pourrait bien s'agir d'un ancien militaire qui aurait vrillé.
13:56Ils sont à la recherche d'un profil assez rarissime.
14:01Un homme, probablement un homme d'ailleurs, puisqu'il n'y a pas de certitude même dans ce domaine,
14:05mais probablement un homme.
14:06Pourquoi probablement ?
14:08Parce que les caractéristiques d'un tueur et d'un tueur armé
14:14sur une scène de crime comme celle de Chevaline
14:17se rapprochent plutôt des caractéristiques masculines.
14:20C'est les profilers qui établissent ça sur la base d'expérience
14:24et sur la base de statistiques tout simplement.
14:25Et puis c'est le témoignage visuel de l'aîné de la famille qui dit avoir aperçu un homme blanc.
14:29Effectivement, avec toute la fragilité évidemment que comporte ce témoignage d'enfant.
14:33Mais voilà, on est plutôt sur un profil masculin, un profil de militaire aussi,
14:38puisqu'il faut une expérience des arts, mais pas simplement, si vous voulez,
14:41celle d'un amateur de très bon niveau de tir sportif
14:44qui irait s'exercer sur des stands de tir classiques.
14:46Là, il faut une maîtrise de l'événement.
14:48Il faut être capable de tirer en mouvement.
14:50Il faut être capable de maîtriser ses nerfs,
14:52de ne pas être effrayé par le cri des victimes.
14:55Par le bruit des détonations.
14:57Il faut donc probablement une expérience d'une telle scène de crime.
15:01Et donc peut-être une expérience militaire sur des théâtres d'opérations.
15:04Voilà, c'est une probabilité forte.
15:06Alors, est-ce qu'on peut dire que l'arme utilisée de Marc Luguerre
15:11est une arme de collection ?
15:13C'est une arme rarissime ?
15:15Qu'est-ce que c'est que...
15:16Non, c'est une arme de dotation parmi la population helvétique.
15:21C'est-à-dire que les hommes qui font leur service militaire
15:24et qui ont une carrière militaire en Suisse
15:27reçoivent cette arme en dotation.
15:30Et ils ont la possibilité, une fois arrivés à la retraite,
15:33de conserver cette arme.
15:34Et donc, voilà...
15:36Donc il y en a quand même pas mal en circulation.
15:37Et oui, bien sûr.
15:38Et ça se passe parfois sous le manteau.
15:41Ça traîne dans un vieux grenier ou au fond d'un tiroir.
15:44Et vous voyez, c'est une arme assez commune finalement dans la population suisse.
15:49Et donc, ce n'est pas seulement une arme de collectionneur
15:52qui serait simplement en circulation à quelques centaines
15:56ou quelques milliers d'exemplaires.
15:57C'est beaucoup plus vaste.
15:59Est-ce qu'on peut dire que dans n'importe quelle brocante en Suisse,
16:03on peut trouver des lugueurs finalement ?
16:05Parce que si c'est une arme qui a été utilisée comme ça par l'armée,
16:09il doit y en avoir quelques-unes.
16:10C'est une arme, si vous voulez, qui est familière.
16:12Familière au sein de la population suisse.
16:15D'accord, parfait.
16:16Alors Victor, le profil d'un ressortissant danois
16:20est particulièrement étudié par les enquêteurs.
16:23Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
16:25Oui, c'est encore une des révélations du Parisien.
16:27D'ailleurs, les enquêteurs du pôle de Nanterre, Cold Case,
16:29en charge du dossier depuis l'été 2022,
16:32s'intéressent aux similarités entre la tuerie de Chevaline
16:36et le meurtre en Meurthe-et-Moselle de Xavier Baligrand
16:40sur une aire d'autoroute de l'A31 un an plus tôt.
16:42C'était dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011.
16:45Ce vacancier belge de 29 ans avait été abattu
16:48par un individu armé d'un fusil Schmidt Rubin K31.
16:52C'est une arme également en dotation de l'armée suisse
16:54dans les années 1950.
16:56Ce n'est pas la même arme,
16:57mais en tout cas, c'est aussi une arme de dotation
16:58de l'armée suisse.
16:59Et ce n'est pas tout.
17:00Les enquêteurs ont établi également qu'un ressortissant danois
17:03séjournait la nuit des faits dans un camping
17:05situé non loin de l'aire d'autoroute
17:06où a été tué Xavier Baligrand.
17:08Ce même touriste a aussi loué un emplacement
17:10dans le camping de Saint-Jorioz en Haute-Savoie
17:12du 3 au 5 septembre 2012,
17:14c'est-à-dire le même camping où séjournait la famille britannique
17:17Alili à partir du 1er septembre 2012.
17:20Donc, ça fait partie des pistes qui sont explorées actuellement.
17:22Vous y ajoutez quelque chose sur ce profil danois ?
17:25Oui, c'est-à-dire que là, ces deux profils ont émergé
17:28par comparaison entre des bases de données assez gigantesques.
17:31L'affaire Baligrand, c'est aussi une affaire non élucidée.
17:35Il y a eu des centaines de personnes auditionnées,
17:38des milliers de profils étudiés,
17:40enfin en tout cas, dont les données ont été placées,
17:43ont fait partie de la procédure.
17:44Et donc, les enquêteurs ont essayé de frotter
17:46deux bases de données gigantesques,
17:48celles de l'affaire Chevaline et celles de Xavier Baligrand.
17:50Et là, en frottant, il y a deux profils qui émergent.
17:53Mais le profil de ce campeur danois était intéressant.
17:57Ce que je peux vous dire aussi,
17:59et ce qu'on a appris tout à fait récemment...
18:01Vous voulez dire que le Parisien n'a pas encore écrit sur le sujet
18:04et que vous allez lâcher un scoop sur ce radio ?
18:06Non, mais pour refermer aussi la piste de ce campeur danois,
18:10j'ai envie de vous dire, malheureusement,
18:12c'est qu'ils ont ici, ce profil a été étudié...
18:14Ah, donc c'est une piste refermée ?
18:16Et ce que je peux vous dire, c'est qu'il est mis hors de cause
18:20pour des raisons que je ne suis pas capable d'expliciter,
18:23mais son profil, évidemment, a intéressé énormément les enquêteurs,
18:26mais ce n'est...
18:26Oui, ça fait partie des coïncidences du dossier.
18:29Voilà, il faut...
18:29Cet homme, visiblement, se rend en vacances dans des lieux
18:32où il se déroule des choses tout à fait terribles.
18:35Donc, il faut éviter de...
18:36Il faut éviter de partir en vacances avec lui.
18:39On apprend des choses.
18:40Alors, vous me donnez l'occasion, justement,
18:42de refermer un certain nombre d'autres pistes
18:45qui avaient été utilisées, enfin, qui avaient été réfléchies,
18:48pensées par les enquêteurs suite à cette tuerie.
18:51On avait parlé de Nordal-le-Landais.
18:54Oui, parce que Nordal-le-Landais, il est originaire de Savoie également.
18:57Rappelez-vous, le meurtre de Maëlys était en 2017.
19:00Donc, ça fait partie, effectivement, des pistes qui ont été explorées.
19:03Il est militaire.
19:04Il est militaire également.
19:05Alors, après, les enquêteurs se sont quand même rendus compte
19:07qu'il n'avait pas forcément...
19:08Je parle souvent de contrôle, Renan,
19:10mais qu'il n'avait pas forcément suffisamment de techniques
19:12et d'expertise pour commettre un tel massacre.
19:14Donc, la piste a été...
19:15Oui, parce que là, on rappelle quand même qu'il faut un sacré sang-froid
19:18pour tuer plusieurs personnes comme ça, qui bougent,
19:21et faire mouche à chaque fois avec son arme.
19:23Voilà, 17 impacts sur les 21 qui ont touché leur cible.
19:26Et il a rechargé son arme à deux reprises,
19:29ce qui demande aussi une certaine dextérité,
19:31puisque c'est une arme, encore une fois, de collectionneur.
19:32Ce n'est pas une arme facile à utiliser.
19:3521 tirs, et donc plusieurs fois des cartouches remises à l'intérieur.
19:41Seulement quatre qui n'ont pas touché leur cible.
19:42On est sur un tueur à gages, en fait.
19:44C'est le terme, comme dans les films.
19:46Un tueur à gages, justement, non.
19:49A priori, non.
19:50Pourquoi ?
19:50Parce que ce n'est pas une arme fiable, absolument fiable.
19:54Et donc, un tueur à gages qui aurait un contrat pour exécuter Sylvain Moulier
19:58ou toute la famille Allilly, ou en tout cas, certainement la famille Allilly,
20:02déjà aurait un niveau de renseignement, par exemple sur la famille Allilly,
20:06qu'il n'avait visiblement pas,
20:07puisqu'il a oublié l'une des petites filles cachée sous les jupes de sa maman.
20:11Et puis, l'arme, elle est peu fiable, je vous le disais.
20:15Et donc, ce n'est pas franchement l'arme à utiliser par un tueur à gages.
20:20Mais est-ce que finalement, les enfants, ce n'est pas un dommage collatéral ?
20:24Là, c'est difficile à dire, évidemment.
20:27Mais dans la perspective, dans l'hypothèse d'un tueur à gages
20:29qui aurait ciblé, par exemple, la famille Allilly,
20:32bon, ça colle difficilement.
20:36Alors, Victor Lefebvre, on a aussi pensé à un moment à des espions de la DGSE,
20:40c'est-à-dire nos propres services secrets.
20:43Oui, c'était l'affaire des barbouzes de la DGSE,
20:45qui était en lien avec notamment la loge franc-maçonne du nom de Data Nord.
20:49Et lors de perquisitions au domicile d'un de ses membres,
20:52la police retrouve des munitions de calibre 7,5 mm,
20:55soit le même type que celles utilisées dans la tuerie de Chevaline.
20:58Mais les vérifications qui ont été effectuées en 2023 sur les agendas
21:01et sur les bornages téléphoniques de plusieurs personnes
21:03impliquées dans l'affaire des barbouzes de la DGSE
21:05n'ont pas permis d'établir de lien entre cette affaire et la tuerie de Chevaline.
21:09Donc, ça fait aussi partie des pistes qui ont été refermées par les enquêteurs.
21:12Donc, ce ne serait pas la secte Data Nord, la loge Data Nord.
21:15D'ailleurs, on en parlera un jour dans l'affaire.
21:19Et si vous avez été témoin, d'ailleurs, je lance un appel.
21:21N'hésitez pas à vous faire connaître.
21:220 826 300 300, le standard de Sud Radio.
21:26Merci beaucoup.
21:27Dans un instant, on continue de parler de l'affaire de Chevaline.
21:30On va parler notamment de cette famille alilique,
21:33qu'il faut comprendre et qui n'a cessé d'intriguer les enquêteurs.
21:37A tout de suite sur Sud Radio.
21:39Sud Radio. L'affaire dans l'affaire. Stéphane Simon.
21:43Retour dans l'affaire dans l'affaire.
21:44Une émission en partenariat avec la revue Affaires Criminelles,
21:48dont nous avons la chance d'avoir le rédacteur en chef avec nous, Victor Lefebvre.
21:51Rebonjour Stéphane.
21:52Rebonjour. Rebonjour aussi Jean-Marie Bordry, la voilier matinale sur Sud Radio.
21:56Notamment le week-end.
21:57Eh oui. Et Jade Serrano, journaliste d'investigation.
22:00Bonjour. Merci beaucoup.
22:01Avec nous.
22:02Nous sommes en compagnie du journaliste enquêteur,
22:05du Parisien aujourd'hui en France, Renan Folgoas.
22:07Merci d'être avec nous.
22:09Nous parlions des pistes refermées dans cette affaire criminelle de la tuerie de Chevaline.
22:16Il y en a d'autres, des pistes qui ont été refermées par les enquêteurs,
22:19notamment la piste de ce légionnaire.
22:22Vous pouvez nous en dire un mot ?
22:23Oui, un légionnaire qui avait pour principale caractéristique
22:27d'être le beau frère, on va dire, de Sylvain Mollier.
22:30Le cycliste savoyard qui passait par là.
22:32Il était en couple avec donc la soeur, l'une des soeurs de Sylvain Mollier.
22:38Et cet homme a été un petit peu, on va dire, convoqué, auditionné par les gendarmes,
22:43mais pas dans le cadre d'une garde à vue.
22:45C'était une audition en 2014.
22:47Et cet homme avait visiblement très, très mal vécu ce moment-là.
22:51Il avait l'impression d'être, oui, d'être mis en cause,
22:53d'être en tout cas passé sur le grill.
22:57Et à l'issue de cette audition, enfin quelques semaines plus tard,
23:01il s'était donné la mort.
23:03Et il avait laissé derrière lui une lettre en disant que ce geste n'était pas un aveu,
23:09mais un signe de désespoir.
23:11Et bon, les magistrats, les enquêteurs étaient restés très, très circonspects,
23:16puisque à leur connaissance et de leur point de vue,
23:20cette audition n'avait pas été particulièrement violente.
23:23Peut-être avaient-ils, oui, posé des questions qui pouvaient froisser la sensibilité de cet homme.
23:29Mais en tout cas, voilà.
23:31Et dans ce cas de figure, ça aurait dit que finalement,
23:35le tueur recherchait à abattre le cycliste et pas la famille.
23:38Exactement.
23:39Et c'était l'hypothèse où Sylvain Mollier était la cible principale.
23:44Une hypothèse qui n'est d'ailleurs toujours pas refermée et pas écartée,
23:48puisqu'il y a quand même un élément factuel,
23:50c'est que Sylvain Mollier est la première victime touchée par balle ce jour-là,
23:56ce 5 septembre 2012, sur le parking du Martinet.
23:58Il est le premier touché.
24:00Pourquoi ?
24:01Parce que, pourquoi le sait-on ?
24:02Parce qu'ensuite, lorsque la voiture d'Aleli va amorcer cet arc de cercle en marche arrière,
24:08eh bien, ils vont rouler sur le corps de Sylvain Mollier, qui était donc déjà à terre.
24:12Donc, la seule chose dont on est sûr dans cette enquête,
24:14c'est que le cycliste et la famille n'ont strictement rien à voir,
24:18à part l'endroit auquel ils se trouvaient.
24:20C'est ça, et c'est en tout cas l'élément le plus probable et le plus certain de ce dossier,
24:26peut-être, c'est que les victimes n'ont aucun lien entre elles.
24:29Oui, absolument.
24:30C'est le hasard.
24:32C'est une rencontre fortuite et le tueur est là, en position d'attente,
24:37probablement, peut-être tapis, protégé par la végétation en cette fin d'été.
24:42C'est presque une scène de film, c'est incroyable.
24:45Oui, oui.
24:46Et justement, il y a un autre motard, il y a un motard lyonnais qui avait été aussi un temps soupçonné.
24:52Il faisait, je crois, du Deltaplan, quelque chose comme ça ?
24:55Oui, il avait fait un baptême en Deltaplan un peu plus tôt dans l'après-midi,
24:58puis à l'issue, il veut rentrer chez lui à Lyon,
25:00et puis il se dit « bon, je vais me promener sur les hauteurs du lac d'Annecy,
25:06la région est très jolie, j'ai un peu de temps devant moi ».
25:09Puis il musarde, il navigue à l'azimut, c'est ce qu'il expliquera aux enquêteurs,
25:13et il s'engage dans la Comdire, cette route montante,
25:18et il va même dépasser le parking du Martinet.
25:22Or, c'est interdit, les véhicules motorisés doivent s'arrêter,
25:24les piétons peuvent continuer sans problème,
25:26et même les véhicules autorisés peuvent le faire, mais pas lui.
25:30Donc il va être réprimandé par des agents de l'ONF,
25:33qui sont présents sur place, quelques centaines de mètres plus loin,
25:37et il va rebrousser chemin.
25:40Et il va repasser dans le parking du Martinet, ça les agents de l'ONF sont formels,
25:43et après, que fait-il, que devient-il, on ne sait pas très bien.
25:46Mais en tout cas, il a été, entendu, retrouvé, ça a été très long,
25:52il ne s'est pas manifesté, mais finalement, à l'issue de sa garde à vue en début 2022,
25:58il a été mis hors de cause.
26:02Alors, il est temps de revenir sur le profil de cette famille Al-Ili,
26:07qui est intéressante, qui est au cœur de l'enquête aussi.
26:09Jade, j'aimerais que vous nous en disiez deux mots.
26:11Sur la famille ?
26:13Oui, sur la famille, c'est un couple d'origine irakienne,
26:17qui vit en Angleterre, qui ont deux filles.
26:20Un couple plutôt bien sur tout rapport, le mari est un ingénieur civil,
26:24on s'est demandé un temps s'il n'était pas, justement, un membre des renseignements.
26:28A priori, on n'a toujours pas la réponse sur ce point.
26:32Voilà.
26:33Et donc, c'est une famille qui n'est pas banale, qui intrigue les enquêteurs.
26:38Pourquoi ce profil de famille pourrait diriger l'enquête vers un secret industriel ?
26:45Ça, c'est quelque chose qui est assez étonnant.
26:47C'est parce qu'il travaille dans ce domaine ?
26:50Sada Al-Ili était ingénieur, il concevait des satellites à usage civil,
26:56qui pouvaient représenter, oui, des enjeux industriels importants,
27:00notamment dans le secteur de la téléphonie, il y a des enjeux très lourds.
27:03Mais en même temps, il n'était pas dépositaire de secrets d'État.
27:07Il n'était pas habilité, d'ailleurs, au secret de la défense.
27:09Voilà, tout à fait.
27:11En même temps, ce qu'Éric Maillot, le procureur d'Annecy,
27:14a révélé à la presse, c'est qu'il détenait quand même des informations
27:17plus importantes que ce qu'il devait savoir.
27:21C'est pour ça que c'est une piste explorée, en tout cas.
27:24Oui, ça, ça a été dit, ça a été évoqué,
27:27qu'il avait effectivement connaissance de certains secrets industriels.
27:30Mais est-ce que ces secrets étaient de nature à engager
27:35des services concurrents, des services de renseignement concurrents ?
27:39Et mobiliser peut-être un éventuel tueur à gages ?
27:42Bon, les enquêteurs sont restés très, très dubitatifs quand même sur cette idée.
27:46De toute façon, on est réduit à des hypothèses et c'est normal pour fermer des portes.
27:49Mais vous-même, qui êtes au service de la police justice du Parisien,
27:53qui est peut-être le meilleur de France, en tout cas sur la presse écrite,
27:55il faut bien le dire, vous avez vu un certain nombre d'affaires,
27:57des cas où toute une famille, de l'adulte jusqu'à l'enfant en bas âge,
28:02est exécutée froidement de cette manière professionnelle.
28:06Vous en avez vu combien en 20 ans ?
28:09Alors moi, je n'ai pas forcément le recul historique que vous évoquez.
28:13Mais non, il n'y a pas d'antécédent comparable.
28:18Il faut remonter aux affaires du sac, le massacre d'Auriole.
28:22C'est pour ça que l'histoire est absolument hors du commun.
28:25C'est une histoire rarissime, c'est une exécution collective.
28:29L'affaire Attenor ressemble.
28:32Alors, on y reviendra dans une prochaine émission sur la loge Attenor.
28:36Victor, une drôle de circonstance dans le passé de madame Alili
28:40va aussi conduire les enquêteurs vers une fausse piste.
28:44Oui, puisque à l'été 2014, le tabloïd Britannic The Daily Mail
28:47publie un scoop qui change tout.
28:49Iqbal a eu une autre vie avant d'épouser Assad en 2003.
28:52Elle a été mariée à un Américain et a vécu deux ans en Louisiane
28:55sous un faux nom, sous le nom de Kelly.
28:57Elle se faisait donc appeler Kelly.
28:59Elle annonce avoir fait l'effet d'une bombe
29:00puisque dans l'entourage d'Alili, personne n'était au courant.
29:04Et les enquêteurs avaient déjà creusé cette piste
29:07puisque dès octobre 2012, les magistrats instructeurs
29:10avaient pris soin de délivrer une commission en regatoire.
29:12C'est d'ailleurs un des éléments techniques au cœur de cette affaire
29:14parce que ça demande énormément de commissions en regatoire à l'international.
29:18Et donc les autorités judiciaires américaines ont sollicité
29:21en qualité de témoin l'audition de James Dudley Thompson,
29:23l'époux américain d'Iqbal de 1999 à 2003.
29:28Cette audition n'a jamais eu lieu et pour cause.
29:31James Thompson est mort le 5 septembre 2012 au volant de sa voiture,
29:35officiellement d'une crise cardiaque, mais il n'y a jamais eu d'autopsie,
29:39jamais eu d'analyse toxicologique sur son corps.
29:42Donc ça reste là encore une coïncidence.
29:44Ça aussi c'est une sacrée coïncidence.
29:45Ça rajoute à l'extraordinaire, ça convoque évidemment
29:51tous les fantasmes possibles de complot international
29:54avec cette concomitance entre deux décès
29:57et avec des personnes qui n'avaient plus de lien sur les dernières années
30:00puisque, comme vous l'avez rappelé, Iqbal a quitté les Etats-Unis
30:03vers 2001-2002, il n'a plus de contact avec cet homme
30:06et pourtant le destin fait qu'il décède le même jour.
30:09Ça renforce l'idée d'un contrat, pour le coup on fait que 7 heures,
30:11il meurt 7 heures plus tard d'une crise cardiaque officiellement,
30:15en tout cas c'est quelque chose qui a alimenté la thèse du contrat.
30:17Ça alimente cette hypothèse un peu folle,
30:20mais en même temps ça ne prouve absolument rien évidemment,
30:25et d'autant que là il faut quand même rester factuel à un moment donné.
30:28On est sur une crise cardiaque.
30:31Jusqu'à maintenant ça n'a pas pu être contredit
30:34puisqu'il n'y a pas eu d'autopsie pratiquée,
30:38mais l'hypothèse la plus forte c'est quand même celle d'une crise cardiaque
30:41qui peut arriver à peu près à tout moment.
30:44Incroyable coup du destin.
30:45Je voudrais quand même vous poser une petite question,
30:48on a parlé de cette technique de tir fichant,
30:51c'est quoi exactement les caractéristiques ?
30:54Pour résumer simplement, c'est un tir d'achèvement
30:58pratiqué du haut vers le bas.
31:00Du haut vers le bas, c'est-à-dire que le tireur a un assornant sur la victime
31:04et donc c'est un tir d'achèvement qui est pratiqué quasiment à bout touchant.
31:11C'est pour être sûr que l'on a bien tué la victime ?
31:15C'est un tir qui ne laisse absolument aucune chance à la victime
31:19de survivre à ces blessures.
31:21Mais ça veut dire que la victime est à terre ?
31:23Pas forcément à terre, elle peut être assise.
31:27En tout cas le tireur a un ascendant, la trajectoire va être descendante.
31:30La trajectoire de la balle va forcément être descendante.
31:32Elle se plante dans le sol, vous visez le sol,
31:33c'est un terme qui existe aussi pour la chasse par exemple.
31:35C'est ça, tout à fait.
31:36Et donc ça c'est un tir qui est enseigné,
31:39alors pas de manière forcément exclusive.
31:41Attention, d'autres personnes peuvent le pratiquer.
31:44Mais il faut quand même, c'est une signature dans cette affaire de Chevaline,
31:48ce type de tir est une signature, une constante
31:51que l'on retrouve sur les quatre victimes.
31:52Et donc ça suppose, ça laisse à penser en tout cas,
31:55que le tireur a été formé à ce type de tir.
31:59Et on est formé où ?
32:00On est formé dans des services de renseignement, des services secrets.
32:04En France, ça peut être l'ADGSE par exemple.
32:07Bien sûr que c'est l'un des services où de manière non officielle,
32:12ce type de tir est enseigné.
32:14Et puis c'est enseigné également côté suisse dans les services secrets.
32:18On va revenir dans un instant sur William Britt Martin.
32:22Je rappelle, c'est le vététiste qui retrouve la scène de crime,
32:27qui est le premier sur place.
32:29On n'a peut-être pas tout dit sur ce profil-là.
32:32Et puis on va vous parler dans un instant de la manière
32:34dont les médias et l'opinion ont réagi sur ce qui est
32:38une des plus incroyables histoires criminelles de ces dernières années.
32:44A tout de suite pour la suite de la tuerie de Chevaline sur Sud Radio.
32:47Sud Radio, l'affaire dans l'affaire, Stéphane Simon.
32:51Retour dans l'affaire dans l'affaire,
32:53une émission en partenariat avec la revue trimestrielle Affaires Criminelles.
32:57Ensemble, on regarde l'actualité judiciaire.
32:59Et cette semaine, nous parlons de l'affaire de la tuerie de Chevaline.
33:03Avec Jad Serrano, journaliste d'investigation.
33:06Victor Lefebvre, rédacteur en chef de la revue Affaires Criminelles.
33:09Jean-Marie Bordry, la voix des matinales sur Sud Radio du week-end, bien sûr.
33:13Et puis notre invité, Renan Folgoas, journaliste, enquêteur
33:17au service Investigation du Parisien,
33:19qui a été l'auteur de belles révélations il y a peu.
33:24Adrien Pelletier nous a rejoint, vous le savez,
33:26c'est notre spécialiste en communication, expert des réseaux sociaux.
33:30Avant de vous donner la parole, Adrien,
33:32je voudrais quand même qu'avec Renan Folgoas,
33:35on s'en dise un petit peu plus sur le profil de William Britt-Martin,
33:39ce vététiste qui va découvrir la scène de crime,
33:43qui est le premier arrivé sur place.
33:46Oui, donc en 2012, il a 52, 53 ans.
33:50C'est un ancien de la Royal Air Force,
33:52donc un militaire de formation qui est devenu pilote, pilote de ligne
33:56pour la British Airways.
33:57Et puis, il a eu des problèmes de santé,
33:59donc il s'est reconverti comme instructeur.
34:00Il gagne très bien sa vie.
34:02Il se balade comme ça entre la Haute-Savoie,
34:04où il a une résidence secondaire, et donc la région de Londres,
34:08où il est domicilié.
34:10Et il va faire preuve ce jour-là d'un sang-froid assez extraordinaire.
34:16Un peu comme le tueur aussi que les enquêteurs recherchent.
34:19Il a un sang-froid extraordinaire parce qu'il va avoir la présence d'esprit
34:23de déplacer les corps de Sylvain Moulier et de la petite Zeynab,
34:26de peur que la voiture dont le moteur tourne et les roues patinent encore.
34:30Ça fait beaucoup de bruit, tout ça.
34:32Et il a peur que la voiture se remette en marche, marche avant,
34:35et que peut-être la voiture écrase les corps.
34:37Donc, il va avoir cette présence d'esprit, cette lucidité
34:40pour déplacer les corps de quelques mètres.
34:42Ensuite, il va passer une main à l'intérieur du véhicule
34:44pour couper le contact.
34:47Et puis, voilà, sans perdre son sang-froid.
34:50Et puis après, c'est lui qui prévient les secours.
34:52Et là, il va vouloir appeler les secours, mais il est en zone blanche,
34:55ce qui va être confirmé par l'enquête.
34:58Et donc, il va quitter la scène de crime.
35:00Il va quitter et sur le chemin, toujours avec son VTT,
35:04il redescend et au bout de quelques centaines de mètres,
35:07il va croiser un promeneur qui, lui, est en voiture avec deux amis.
35:13Et il va donc les informer qu'il vient de découvrir une scène atroce.
35:18Et voilà.
35:18Mais s'il n'était pas tombé sur ces promeneurs,
35:21qui nous garantit qu'il allait prévenir les secours ?
35:25Il n'y a pas de certitude dans la matière.
35:27Mais ce qui est vrai, quand même, c'est qu'il a essayé, semble-t-il,
35:30de prévenir, mais qu'il était dans une zone blanche.
35:33Mais d'ailleurs, il s'écoule très peu de temps entre le moment
35:35où il découvre la scène de crime, selon son récit,
35:37et l'arrivée des secours.
35:38C'est seulement une vingtaine de minutes.
35:40Oui, les secours réagissent très vite.
35:41Mais lui, il va rester sur place environ trois, quatre minutes.
35:46Et en même temps, il n'y a pas non plus d'éléments.
35:50Mais est-ce qu'on peut imaginer que ce VTTiste ait pu mentir aux enquêteurs ?
35:55De toute façon, les enquêteurs s'intéressent toujours à ce primo-intervenant.
35:59C'est-à-dire la personne qui découvre les corps,
36:02qui découvre une scène de crime, est forcément une personne suspecte.
36:06Ça, c'est la base.
36:07Et ensuite, ils s'intéressent à son emploi du temps,
36:12à sa connaissance éventuelle des victimes.
36:15Il n'y a pas de lien établi entre William Brett Martin et la famille Allélie.
36:18Pourtant, ils vivaient à quelques dizaines de kilomètres les uns des autres,
36:20mais il n'y a pas de lien démontré.
36:23Et cet homme, William Brett Martin,
36:26était un VTTiste habitué à se balader dans la Côte d'Ire.
36:29Ce n'est pas la première fois qu'il se rendait sur place.
36:32Donc voilà, c'est vrai qu'il y a des choses qui posent question.
36:35Il a une manière de s'exprimer, une sorte de maîtrise de sa parole,
36:40une maîtrise de ses gestes aussi au moment de la découverte de ces scènes de crime
36:42qui interroge forcément.
36:45Mais pour autant, son implication n'a jamais pu être démontrée.
36:50Mais ça aussi, ça renvoie à des failles de l'enquête,
36:54à un manque peut-être aussi de discernement.
36:57C'est facile à dire après coup, mais manque de discernement des enquêteurs
37:00dans les premiers instants.
37:01Oui, j'allais vous dire, les constatations ont-elles été bien faites ?
37:04Parce que sûrement, les affaires qui sont des cold case,
37:06c'est parce que ça a mal commencé.
37:08Sur lui en particulier, des erreurs ont été faites.
37:11Ses vêtements n'ont pas été saisis immédiatement.
37:13Son sac à dos a été analysé plusieurs heures plus tard.
37:17Parce qu'il portait un sac à dos avec divers objets.
37:20Mais comment savoir s'il n'y avait pas non plus une arme à l'intérieur ?
37:22Les enquêteurs se sont posé la question, évidemment.
37:24Mais ils n'ont pas eu cette présence d'esprit, peut-être immédiatement,
37:27de saisir son casque, de saisir sa tenue cycliste.
37:31Et c'est seulement plusieurs jours plus tard,
37:32et même quelques semaines plus tard, qu'ils ont enfin réuni
37:35tout son matériel.
37:39Les constatations ne sont pas extraordinaires au démarrage.
37:41S'agissant de lui en particulier.
37:43Et la scène de crime, on aurait raté des choses sur la scène de crime ?
37:47Des prélèvements ont pu être faits un peu à la va-vite.
37:50C'est-à-dire que cette scène de crime, qui a été bouclée,
37:54évidemment, dans les toutes premières minutes,
37:56après l'arrivée des premiers secours et des premiers intervenants,
37:59cette scène de crime a été rouverte deux jours plus tard.
38:04Et donc, il y a peut-être eu aussi de la déperdition,
38:06des perditions de preuves sur des éléments ADN
38:09qui auraient pu être prélevés s'il y avait eu plus de temps
38:12consacré à cette étape indispensable.
38:15Et puis, des douilles aussi ont été déplacées
38:18sous l'effet aussi des pales de l'hélicoptère qui étaient arrivées sur place.
38:21Vous voyez, des petites choses comme ça, qui misent bout à bout,
38:24et bien, laisse à penser que non, tout n'a pas été bien fait dans les règles de l'art.
38:28Mais c'est facile à dire, évidemment.
38:30Évidemment. Alors, dans un instant, vous allez nous dire,
38:32pour vous, quelle est la piste la plus vraisemblable ?
38:34C'est assez intéressant parce que vous êtes un de ceux qui connaît le mieux
38:39cette affaire de la tuerie de Chevaline.
38:40Mais je voudrais, non pas pour teaser,
38:43mais je voudrais que Adrien Pelletier nous dise un mot
38:46sur l'intérêt des médias et du grand public pour cette affaire.
38:50C'est un intérêt multifactoriel.
38:52Tout à fait, oui. C'est un intérêt qui tient sans doute à différents aspects
38:55qui rendent cette affaire unique.
38:56Le déroulé du crime, d'abord.
38:58Les victimes, dont on ne sait si certaines sont collatérales et d'autres non.
39:01La dimension internationale de l'affaire, une dimension irakienne,
39:03une dimension britannique.
39:05Les mêmes, voilà, le contexte, le fameux Luger P406,
39:09sur lequel on a beaucoup parlé et sur lequel beaucoup d'hypothèses ont été émises.
39:13Et donc, ça attise la curiosité.
39:15Et si on regarde de près les mots-clés les plus utilisés dans les médias,
39:18on retrouve, c'est assez éloquent d'ailleurs,
39:20ça nous renseigne sur l'objet de cet intérêt.
39:22On a des mots comme irakienne, cycliste, épouse,
39:24car on se rappelle que le passé de l'épouse Ali Ali avait été remis en cause.
39:28On a aussi mégot, parce que certains mégots avec des fragments d'ADN
39:32avaient été retrouvés sur place.
39:33Qui n'ont rien donné, d'ailleurs.
39:34Non, mais ils manifestent cet intérêt depuis le départ
39:36avec un engouement similaire sur les réseaux sociaux et sur les médias.
39:39Pour vous donner un peu d'idée, sur l'année passée,
39:41on a 1500 posts sur les réseaux sociaux, 1500 à peu près retombés sur les médias.
39:45C'est un intérêt similaire, ce qui n'est pas toujours le cas.
39:48Parfois, les réseaux sociaux donnent davantage de spéculations, de fantasmes.
39:51Là, on a vraiment un intérêt équilibré.
39:53Et puis, il y a autre chose, c'est que cette affaire,
39:55son intérêt, c'est aussi qu'elle rebondit.
39:57Il y a une forme de feuilletonisation de cette affaire.
40:00Oui, tout à fait.
40:01En l'occurrence, le Parisien apporte des éléments d'actualité
40:04avec ses nouvelles expertises qui méritent d'être divulguées.
40:07Mais on ne peut pas nier qu'il y a un phénomène de feuilletonisation,
40:10voire parfois de surenchère.
40:12D'ailleurs, l'hypothèse d'un militaire qui avait vrillé avait déjà été évoquée par le passé.
40:17Et donc, cette thèse ne fait que l'accréditer.
40:18Ses expertises ne font que l'accréditer.
40:20Par ailleurs, si on reste sur l'échelle d'un an,
40:22on observe deux grosses séquences médiatiques l'an passé sur Chevaline.
40:26La première, c'est en mai dernier, lorsque la juge du pôle des Cold Case
40:29a ordonné de nouvelles investigations et des expertises ADN.
40:32Et puis, c'est ce pic-là d'activité en février, donc.
40:36Et quant à l'aspect feuilleton, il s'accompagne toujours d'une course à l'exclu.
40:41On se rappelle que des médias avaient été condamnés pour recelle d'images,
40:43mais relaxés ensuite, après avoir diffusé des photos de la scène de crime.
40:46Et bien sûr, chaque élément est propice à des rediffusions d'émissions,
40:49comme récemment sur RTL, ou même à des formats un peu plus exclusifs.
40:52On se rappelle du Society qui avait publié un grand papier là-dessus.
40:58Alors Adrien, comment étaient accueillies les nouvelles révélations du Parisien ?
41:04Oui, sans surprise, ces nouvelles expertises, rendues publiques le 4 février,
41:07ont remis une pièce dans la machine médiatique
41:09et ont généré une reprise massive de cet article du Parisien,
41:12qui a été repris par plus de 200 médias en quelques jours.
41:16200 médias ?
41:17200 médias en ligne ont relayé cette information.
41:21Et les réseaux sociaux, évidemment, ont fait de même,
41:22en commentant ces nouvelles hypothèses sur le profil du meurtrier.
41:26Mais ce qui ne constitue à l'heure actuelle qu'une supposition,
41:29certes issue d'un réexamen très minutieux, mais sans suspect réel identifié.
41:34Pas encore.
41:34Pas encore, évidemment, à enflammer les rédactions et le public
41:37qui restent en veille depuis plus de 10 ans sur cette affaire hors normes.
41:40Pour vous donner juste un ordre d'idée, avec sa vidéo YouTube, son post sur X,
41:44le Parisien a généré plus de 7000 réactions sur les réseaux sociaux,
41:47donc des postes, des hypothèses, un peu d'enquêteurs en herbe, on va dire,
41:50qui vont de leur propre théorie.
41:53500 000 vues aussi par ailleurs.
41:54Et puis, c'est à vous, a fait une émission dans la foulée, titrée « Chevaline, 12 ans après,
41:59enfin une piste », donc laissant espérer à de nombreux téléspectateurs
42:01qu'un profil avait été identifié.
42:04On va demander à Roland Folgoas son hypothèse la plus vraisemblable.
42:08Vous êtes, Roland, celui qui a révélé pour le Parisien
42:12ces derniers rebonds du Paul Colquist de Nanterre.
42:15Quelle est votre hypothèse ?
42:17Moi, je pars d'une observation simple qui n'est pas tellement sujette à discussion.
42:24Je pense qu'il faut prendre le problème par ce bout-là, me semble-t-il en tout cas.
42:28C'est que ni Léa Lili, ni Sylvain Mollier ne savaient eux-mêmes qu'ils allaient se rendre
42:34sur le parking du Martinet ce jour-là, ce 5 septembre 2012, vers 15h30.
42:40Eux-mêmes ne le savaient pas une heure plus tôt.
42:43C'est ce que l'enquête, en tout cas, laisse à penser aujourd'hui.
42:47Et surtout, personne autour d'eux ne pouvait imaginer qu'ils allaient se rendre sur place.
42:52Donc, partant de là, le tueur, à mon avis, n'avait rien contre Léa Lili,
42:58n'avait rien contre Sylvain Mollier.
42:59C'est en tout cas vraiment mon sentiment.
43:01Je le dis de manière très modeste.
43:02Je peux être contredit dans un mois, dans un an, dans dix ans.
43:07Mais cet homme-là, c'est un homme habité par une pulsion meurtrière extrême.
43:13L'envie de faire un carton, pour le dire un peu trivialement.
43:17Mais un militaire, un ancien militaire.
43:18Un homme rôdé, rôdé à l'exercice, capable de maîtriser son geste, de maîtriser ses émotions.
43:24Mais donc, qu'il n'aurait jamais recommencé.
43:26Et qu'il n'aurait probablement pas recommencé,
43:29puisque là, il aurait atteint une sorte d'acmé, si vous voulez,
43:33une consécration absolue dans sa logique interne, bien sûr.
43:37Et qu'il aurait pris, quelque part, sa retraite, peut-être, sur ce moment-là.
43:40Et on l'a vu dans plusieurs autres affaires.
43:41Merci beaucoup, Renan Folgoas, d'avoir été avec nous
43:45et d'avoir mouillé le maillot dans votre expertise de cette tuerie de chevaline.
43:52Vous pouvez retrouver notre émission sur la chaîne YouTube, bien sûr, de Sud Radio.
43:54La semaine prochaine, on se retrouve pour une nouvelle émission.
43:57Et tout de suite, on part avec Alain Marti sur les routes des 20 francs.
44:00Absolument, et on va vous présenter les nouveaux passionnés du domaine,
44:03des domaines qui cassent les codes, juste après les infos.
44:06A tout de suite sur Sud Radio.
Commentaires

Recommandations