00:00Bonsoir Marine Tendelier, merci de nous rejoindre sur RTL, vous êtes secrétaire nationale des écologistes.
00:06François Bayrou a eu recours à l'article 49.3 pour faire passer son projet de budget.
00:11Aucun député socialiste ne votera la motion de censure, sauf improbable retournement de situation.
00:16Ce budget 2025 va donc être adopté, quelle est votre réaction ?
00:19J'en suis attirée parce que ce qu'il ne faut pas oublier de dire aux français,
00:24c'est que quand un budget est adopté malgré soi, même si on le trouve mauvais et juste parce qu'on ne veut pas le censurer,
00:30c'est un budget qui servira à l'avenir de références, c'est-à-dire qu'on va cranter tout ce qui est mauvais dans ce budget,
00:36par exemple 3 milliards de recul sur les dépenses en termes d'écologie,
00:41et l'année prochaine, au mois d'octobre, quand on discutera du budget 2026, on repartira de ce référentiel.
00:48Donc même si on nous disait, et à mon avis on baissera encore le budget, même si on nous disait qu'on ne touche plus rien sur l'écologie,
00:53en fait on enterrinera moins 3 milliards de dépenses, et c'est la même chose pour beaucoup de défenses qui concernent les services publics,
01:00l'argent qui est donné aux collectivités territoriales pour les aider à travailler au service des français, pour l'hôpital, pour vos écoles,
01:06et donc à la fin, on crante des choses, on encre des choses qui ne sont pas bonnes pour les français,
01:12et en particulier pour celles et ceux qui ont le plus besoin de l'État.
01:15Et si je vous ai bien suivi, qui vont rester en place durablement ?
01:19Ben oui, ça servira de référentiel, quand on baissera l'année prochaine, ce sera à partir d'un budget qui est déjà bien plus bas qu'il ne devrait l'être.
01:26Les verres à l'unanimité vauteront la censure ?
01:29Il y avait une membre du groupe écologiste qui n'est pas adhérente du mouvement des écologistes, qui ne l'avait pas voté la fois dernière,
01:36mais là vous savez, le gouvernement a tellement censuré l'écologie dans le budget,
01:40que je ne vois pas bien quel écologiste ne censurerait pas le budget de ce gouvernement.
01:45Que déplorez-vous le plus ce soir ? Que le budget soit adopté ou que le gouvernement Beyrou ait sauvé sa peau ?
01:51Vous avez le droit de me dire les deux, mon général.
01:53Je vous précise quand même qu'aucun d'entre nous ne le fait ni par plaisir,
01:59on n'est pas en train d'en retirer une immense fierté, on est très tristes, ce n'est pas ça qu'on voulait,
02:04et on ne comprend pas comment, alors que ce gouvernement et sa politique ont été quelque part désavoués,
02:11dans les manières les plus légitimes de le faire dans la Vème République,
02:13c'est-à-dire premièrement par les urnes au mois de juillet dernier,
02:15et ensuite par la censure de la représentation nationale,
02:18et bien en fait la ligne politique ne bouge toujours pas, c'est un déni de démocratie,
02:22et c'est maintenant de ça dont il faudrait qu'on s'occupe, de nos institutions et de comment on fait mieux.
02:27Je vais y revenir, le groupe PS explique que c'est la position unanime des députés socialistes,
02:34même si vous êtes en désaccord fondamental là-dessus,
02:38est-ce que vous le comprenez, est-ce que vous comprenez leur positionnement ?
02:41Je comprends qu'ils sont socialistes, je comprends que je suis écologiste,
02:45mais vous savez je trouve qu'ils se contorsionnent beaucoup dans leur explication,
02:49en expliquant qu'ils ne censurent pas là, mais que dès que le budget sera passé,
02:53ils déposeront une nouvelle motion de censure,
02:56et donc j'ai compris qu'il y allait y avoir 4 49.3 pour faire passer tous les textes budgétaires,
03:00et donc j'imagine 4 motions de censure, que le parti socialiste ne va pas voter,
03:04et ensuite quand on aura examiné 4 motions de censure en quelques jours,
03:08je pense que tout le monde, vous, moi, nous en aurons un peu marre,
03:11eux ils vont redéposer une cinquième.
03:13Tout ça n'est quand même pas très prévisible, après ne pas avoir voté les 4 premières,
03:17donc je pense que tout le monde est un peu fatigué de tout ça.
03:20Après est-ce que ça doit signer la fin du nouveau Front populaire,
03:23comme je l'entends hurler ici ou là, je ne pense pas.
03:26Je pense qu'il faut qu'on tienne la promesse qu'on a faite cet été,
03:30parce que les Français en ont besoin, parce qu'il y a une élection présidentielle à préparer,
03:34ensemble, ou sinon nous renonçons à la gagner,
03:37et donc je ne suis pas d'accord avec ce vote des socialistes,
03:41mais bon ils sont socialistes et ils ont un raisonnement socialiste
03:43qu'en tant que partenaires je dois respecter,
03:45et quand j'entends mon collègue Jean-Luc Mélenchon hurler toute la journée
03:48que si c'est ça c'est la fin du NFP et c'est terminé pour toute la vie,
03:52je ne trouve pas ça malin non plus, parce qu'en réalité,
03:55soit on explique que c'est la fin du NFP parce que c'est ce qu'on veut en réalité,
03:59soit on a décidé qu'il fallait que le NFP survive, surmonte,
04:02et si on décide tous qu'on surmonte, et bien on surmonte.
04:05C'est simple la vie quand on l'a décidé.
04:07Oui en effet ça peut être plus simple, mais en ne votant pas la censure,
04:11le parti socialiste se rallie au gouvernement Beyrou,
04:13écrit ce soir Jean-Luc Mélenchon dans son blog,
04:15c'est de toute façon aussi votre analyse d'une façon ou d'une autre ?
04:19Non ils ne sont pas en train de se rallier au gouvernement,
04:21d'ailleurs ils ne votent pas ce budget, par contre ils ne votent pas le budget,
04:26ils font le 49-3, ils laissent faire le 49-3, ils ne censurent pas en retour,
04:32en fait ils laissent ce budget être enterriné.
04:35Moi je ne trouve pas que c'est ça qu'il faut faire,
04:37mais une fois qu'ils l'ont fait,
04:39est-ce que ça vaut qu'on ne se parle plus jamais de notre vie ensemble ?
04:41Enfin le Nouveau Front Populaire, chacun sait que c'est des insoumis,
04:44des communistes, des socialistes, des écologistes,
04:46et je pense que les Français nous connaissent suffisamment
04:49pour savoir qu'on pense et qu'on ne fait pas toujours tout pareil.
04:51C'est ça aussi la diversité en politique,
04:53et c'est aussi la force de notre coalition d'incarner des structures militantes,
04:56des histoires politiques différentes mais complémentaires.
04:59Donc je ne me suis jamais attendue à ce que les insoumis ne soient plus insoumis
05:03ou à ce que les socialistes ne soient plus socialistes.
05:05Moi mon travail d'écologiste, ce que j'ai fait cet été et ce que je continuerai à faire,
05:08c'est d'essayer de faire travailler tout ce petit monde-là ensemble.
05:10Je ne vous cache pas qu'il y a des semaines où c'est plus agréable.
05:12J'allais vous dire que ce n'est pas facile facile.
05:14Oui mais alors les écologistes ont l'habitude des missions complexes, voyez-vous,
05:17on ne fait pas de la politique par facilité, par confort.
05:21C'est souvent compliqué chez vous, mais en même temps c'est une famille.
05:24Je trouve que ça fait quelques années que ça va beaucoup mieux, figurez-vous.
05:27Mais voilà, on a une mission au sein du Nouveau Front Populaire,
05:30pas juste de trait d'union mais d'être un moteur du travail partenariat ensemble.
05:35Et pour celles et ceux qui m'écoutent actuellement et qui désespèrent un peu,
05:39sachez que nous ne lâcherons pas.
05:41Nous ne cèderons pas à la facilité, pas au confort.
05:44Et on continuera ce travail d'unité, spécifiquement quand c'est difficile.
05:47C'est là où on met les bouchées doubles.
05:49Les Français, dans leur grande majorité, réclament davantage de stabilité.
05:52Ce message, vous l'entendez dans votre circonscription ?
05:57Oui, je l'entends.
05:59Après, ce que je veux aussi dire aux Français,
06:01c'est que ce n'est pas juste les politiques qui ont décidé de ne pas être d'accord entre eux.
06:04C'est en fait la France qui est traversée par des tensions.
06:08J'ai vu que même au sein du Cap-Count,
06:10ça a débattu sec entre Bernard Arnault et Monsieur Leclerc.
06:16C'est un monde qui est fracturé, une société qui est très tendue.
06:20L'Assemblée nationale, qui est très divisée,
06:22est le reflet d'un vote des Français qui était lui-même très divisé.
06:25Moi, ce que je pense, c'est que nos institutions ne fonctionnent plus.
06:29Elles étaient conçues pour un monde avec du bipartisme,
06:32avec la droite, grosso modo, et la gauche.
06:34Ce n'est plus comme ça que fonctionne la vie politique française aujourd'hui.
06:37Je pense qu'il faut une réforme institutionnelle
06:39pour prendre en compte tout ça en réalité.
06:41Une toute dernière question, si vous le voulez bien, Marine Tendelier.
06:43À Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne,
06:45après être sortie en tête au premier tour,
06:47l'insoumis Louis Boyard a été battu au second tour par la candidate Les Républicains.
06:51Vous, les écologistes, ainsi que les socialistes et les communistes,
06:54n'avez pas voulu fusionner avec la liste insoumise.
06:56Quel enseignement en tirez-vous ?
06:58Est-ce que ça annonce la suite ?
07:00J'ai beaucoup regretté la situation à Villeneuve-Saint-Georges.
07:02D'ailleurs, vous avez remarqué que je ne m'en suis pas trop mêlée.
07:06Je ne me suis pas beaucoup exprimée là-dessus,
07:07parce que j'en étais désolée.
07:10Nous, en fait, on était sur une liste avec les communistes et les socialistes,
07:13mais vous savez, le tête de liste était communiste.
07:15C'est-à-dire qu'en fait, c'était lui qui avait le stylo pour l'accord au deuxième tour.
07:19C'est lui qui dépose ou pas en préfecture.
07:21Donc voilà, on discutait avec eux.
07:23Et de l'autre côté, il y avait la liste insoumise,
07:25qui avait quand même fait le choix de partir toute seule
07:27et pas d'être sur cette liste d'union de la gauche
07:29avec les socialistes, les communistes et les écologistes,
07:31qui arrivait 170 voix devant,
07:33donc ils sont en tête et je les en félicite,
07:35mais ce n'est pas non plus le miracle de l'année,
07:38et qui a été très très dur dans les discussions.
07:41Et donc, je le dis, si quand on arrive 170 voix devant des copains de gauche,
07:45on est inflexible dans la discussion,
07:48on n'accepte pas les principes de la proportionnelle
07:50qui ont toujours prévalu aux fusions de deuxième tour
07:52et qu'on dit vous n'aurez pas le 1er avril,
07:54vous n'aurez pas ci, vous n'aurez pas ça,
07:56et vous n'aurez qu'un tiers des postes,
07:58et en plus je ne veux pas de socialistes au deuxième tour,
08:00c'est que les municipales de 2026 s'annoncent compliquées.
08:03Donc nous, dans les villes où nous sommes,
08:05à la mairie et au sein desquelles on sera amené
08:08à construire des rassemblements de gauche,
08:10ce n'est pas comme ça qu'on fonctionnera,
08:12ni au premier tour, ni au deuxième tour.
08:13On est des écologistes, on est pour la biodiversité,
08:15on a toujours combattu l'hégémonie,
08:17et dans la nature, et en politique,
08:20et ce qu'on n'acceptait pas des socialistes à l'époque,
08:22on ne l'acceptera pas plus des insoumis.
08:24C'est une maladie compliquée la tentation d'hégémonie en politique,
08:27et donc on n'a pas trop apprécié la manière
08:29dont ont été conduites les discussions.
08:31Être en tête, ça nécessite parfois d'être grand seigneur,
08:34de prendre de la hauteur dans les discussions.
08:36J'estime qu'ils n'ont pas été capables de le faire cette fois-ci.
08:38Les choses sont parfaitement claires.
08:40Merci beaucoup Marine Tindon-Lié, secrétaire nationale des écologistes.
08:43Dans un instant, les toutes dernières informations
08:45dans le journal de 18h30, puis à 18h40,
08:47comment mettre en place la fameuse taxe Lapin.
08:49Vous savez, c'est le casse-tête du moment au ministère de la Santé.
08:52Il s'agit d'une pénalité financière,
08:54si vous ne vous présentez pas sans prévenir,
08:56à un rendez-vous chez le médecin,
08:57mais ses contours sont encore très flous.
08:59D'ailleurs, sont-ils possibles ?
09:00La présidente du syndicat des médecins libéraux,
09:02Sophie Bauer, sera notre invitée dans 15 minutes.
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