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Avec Stephan Bureau (journaliste québécois et animateur du podcast Contact)

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Transcription
00:00— Adopté de notre gouvernement le silence prudent, les moments, les étages. Non, non, non, ça y va. Stéphane Bureau, bonjour. — Bonjour.
00:08— Vous êtes journaliste québécois et vous êtes Français. Pas de souche, mais de cœur aussi. — Bien installé ici.
00:14— Voilà. Et bien installé ici. Je rappelle que vous êtes correspondant pour l'Amérique du Nord, les États-Unis et le Canada pour BFMTV.
00:23Et puis vous avez votre podcast. Rappelle-moi le titre de votre podcast. — « Hors contact ». Et on le trouve à « Contact Média » pluriel.
00:29Voilà. « Contact Média » pluriel. Vous savez que nous sommes pour les contacts de nous. Alors Stéphane Bureau, écoutez d'ailleurs
00:35juste un petit mot. Regardez et écoutez ce qu'a dit hier répondant aux questions d'un journaliste Donald Trump. Écoutez.
00:45— Well, you're asking me a question because I'm sure you didn't hear. Am I going to impose tariffs on the European Union ?
00:53Do you want the truthful answer or shall I give you a political answer ? Absolutely.
00:59— Alors voilà. Je traduis, je traduis. Trump dit aux journalistes « Alors vais-je imposer des droits de douane à l'UE ? ».
01:07Alors voulez-vous une réponse honnête ou une réponse politique ? C'est intéressant, déjà. Il fait la vraie différence entre les deux.
01:14Et le journaliste dit « Ah ben, je veux la réponse honnête ». Eh ben, Trump lui dit « Oui, je vais l'imposer ».
01:20— Ça fait partie de la méthode Trump. Il n'y a pas de faux semblants. Et il va évidemment toujours nous offrir l'alternative de la réponse
01:27politiquement convenue et du discours de M. Trump qui est toujours dans la vérité, dit-il. Et il faut voir que sur ce mot, tarif,
01:36qui est du mauvais français, évidemment. Pour lui, c'est un rapport quasi-érogène, dit-il, au mot. Il roule en bouche comme on apprécie un grand cru.
01:46Et il répète sa ciété. — Vous n'allez pas me dire que ce mot est pour lui un mot de tumeissance.
01:50— Ah oui. Il est effectivement à raffoler de ce mot parce qu'il fait peur. Il fait terriblement peur.
01:56— Alors justement, il fait non seulement peur, mais il en parle. Alors racontez-nous. Ça a commencé avec le Mexique, le Canada.
02:05Et maintenant, l'UE. Alors qu'est-ce qui va se passer concrètement ? Ça veut dire quoi, cette guerre des tarifs douaniers,
02:10cette guerre des impositions, etc.? C'est quoi, exactement ? Ça consiste à quoi ?
02:14— Alors André, beaucoup de choses à déplier. Dans un premier temps, quelques jours après son élection en novembre dernier,
02:20il a menacé ses deux principaux partenaires commerciaux, que sont le Mexique et le Canada, de droits douaniers à hauteur de 25 %.
02:28— Le hausse des droits douaniers de 25 %. C'est ça. — Oui, le hausse de 25 % des droits douaniers dans un contexte où les trois pays
02:34sont liés par un contrat, par une entente de libre-échange qui fait que ces économies sont très liées, très intimement liées.
02:42C'est quasi organique. — Le Canada et le Mexique, oui.
02:44— Le Canada, le Mexique et États-Unis. — États-Unis, bien sûr.
02:46— Les chaînes de production sont très intimement liées aussi. Les pièces vont partir du Canada pour aller au Michigan et revenir
02:54plusieurs fois avant qu'une voiture, par exemple, ne soit assemblée. Alors donc, malgré cette entente de libre-échange qu'il a renégociée,
03:01d'ailleurs, il y a quelques années, en disant que c'était la meilleure des ententes jamais signées, malgré tout ça, il dit « parce qu'il y a urgence
03:07aux frontières » — frontières mexicaines — et, surprise pour plusieurs aussi, dit-il, frontières canadiennes ou américaines,
03:14qui est la plus longue frontière au monde entre deux États non sécurisés ou non militarisés. Alors il y a des gens qui font la surveillance,
03:22mais c'est pas comparable à ce que nous retrouvons à la frontière du Mexique. — D'accord.
03:26— Sous ce prétexte et parce qu'il y aurait des quantités folles de fentanyl, de drogues qui entreraient aux États-Unis via ces deux frontières,
03:31il dit « moi, je vais... » — Drogue mortelle, d'ailleurs, le fentanyl, oui.
03:34— Aucun doute. « Je vais agir parce qu'il doit invoquer l'urgence. Il n'a pas le pouvoir seul, en temps normal, d'augmenter ses droits douaniers.
03:43Mais en vertu de dispositions qui sont propres à la présidence, s'il y a urgence, il peut le faire. Mais qu'est-ce qu'il fait en l'annonçant
03:51et en agissant, parce que jusqu'à samedi, partout, on disait « c'est du bluff ». C'est la méthode Trump.
03:57Et au Canada, on était bien prêts. Le premier ministre Trudeau avait fait de grands efforts, avait essayé d'amadouer le Trump en allant le voir chez lui à Mar-a-Lago.
04:06Sans succès. En fait, il est tourné en ridicule depuis. Il le traite de gouverneur du 51e État. Ça n'a pas fonctionné.
04:12Le Canada s'est préparé. Les Mexicains le sont aussi. Mais en fin de semaine, il a dit « ce qui est annoncé sera livré », donc 25 %.
04:19Donc il ne bluffe pas, il dit « on va le faire ».
04:21Il ne bluffe absolument pas et on verra les impacts possibles.
04:24Mais c'est donc dire que la signature des États-Unis, le contrat, est nulle et non avenue.
04:30En fait, on ne reconnaît pas la signature des États-Unis. Alors on pourrait dire que c'est temporaire, tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas réglé le problème de la frontière.
04:38Mais en principe, ce qu'il dit, c'est que la règle de droit, c'est la béquille des fragiles.
04:43Et aujourd'hui, nous qui sommes tout-puissants allons imposer nos règles.
04:48On va probablement même, au passage, renégocier cet entente de libre-échange.
04:52Mais que dit-il à l'Europe, parce que c'est ce qui nous intéresse ici?
04:55Il dit « faites gaffe, si je vous menace, ce n'est pas du bluff.
04:59Si je le fais avec mes amis et mes partenaires, au risque d'ailleurs de déstabiliser l'économie américaine, justement parce que ces économies sont tellement imbriquées.
05:08Ce sont des entrepreneurs, des grands patrons qui disent à M. Trump...
05:12Alors qu'est-ce qu'il demande à l'Europe?
05:17Pour l'instant, il ne demande rien. C'est la méthode Trump aussi. Tout est fait loupé.
05:20Mais pourquoi? Attendez. Justement, c'est intéressant parce que Stéphane Bureau, vous avez montré la différence.
05:24On peut comprendre, pas approuver, mais comprendre le Canada, Fintanil, etc., le Mexique, les immigrés...
05:33Mais pour vous donner une idée des proportions quand même, parce que c'est le prétexte officiel, le cash-sexe, je le répète.
05:38Le total du Fintanil qui a été saisi à la frontière mexicaine ou américano-mexicaine, on parle de plus ou moins 10 000 tonnes.
05:46Pour ce qui est de ce qui a été saisi à la frontière canado-américaine, c'est plus ou moins 20 kilos.
05:54C'est un prétexte. On a bien compris.
05:59Mais qu'est-ce qu'il peut invoquer pour l'Europe?
06:02Non, parce qu'il y a eu des différends avec Trudeau, etc., on le sait.
06:05Mais qu'est-ce qu'il peut invoquer avec l'Europe?
06:07Parce qu'il ne va pas dire « Vous nous envoyez vos migrants, c'est pour ça qu'on ne veut pas... »
06:10Quelle est, même si l'homme est un peu spécial, on le sait, et c'est peut-être pour ça qu'il est comme ça et que ça marche pour lui, en tout cas, ou pour les Américains, on verra.
06:21Qu'est-ce qu'il fait? Pourquoi il veut enfoncer l'Europe encore plus qu'elle ne l'est, soyons clairs?
06:27D'abord, je ne vous dirais pas que c'est mal posé la question, mais du point de vue de M. Trump, il s'en fout complètement.
06:32Que l'Europe soit enfoncée un peu, beaucoup, énormément peut lui chaud, de son point de vue, et c'est son discours politique à répétition depuis 2016, c'est « Let's make America great again », numéro 1.
06:45Et il est en train de cristalliser quelque chose, parce qu'on en a parlé la dernière fois que je suis venu vous voir, il y a la question de l'intelligence artificielle.
06:53Mais je pense que son association à M. Musk, là-dessus, est déterminante sur sa vision politique des choses, sur sa vision politique du monde, et des rapports de force qui seront ceux des États-Unis très prochainement.
07:05C'est une espèce d'hyperpuissance qui sera augmentée, commercialement, mais aussi militairement, par ce contrôle de l'intelligence artificielle.
07:14Alors, qu'est-ce qu'il peut faire face à l'Europe? D'abord, faire la preuve qu'il est sérieux. Et ce n'est pas un hasard, donc, si ce sont les amis qui trinquent aujourd'hui.
07:23Regardez ce que je fais avec mes voisins immédiats, je vous réserve donc, possiblement, aussi des droits douaniers.
07:29Est-ce qu'il pourra invoquer des mesures d'urgence? Alors là, je n'ai pas...
07:32Non, mais ce qui est intéressant, ce n'est pas seulement les amis, c'est l'Angleterre, l'allié, l'allié traditionnel.
07:38Alors, sur l'Angleterre, il est plus ambivalent. Il dit qu'à ce jour, il s'entend très bien avec M. Starmer, le premier ministre anglais.
07:44Il faut voir aussi que les Anglais, historiquement, ont été un peu le « caniche » des États-Unis.
07:50Oui. Rappelons-nous, quand même, que Tony Blair, travailliste, progressiste, s'entendait comme cuit et chemise avec M. Bush, qui n'était pas exactement progressiste.
08:00Mais si vous voulez, en fait, ce qu'on voit, c'est qu'il force, en tout cas, l'Europe à être devant son destin.
08:07Et quel est le destin de l'Europe dans une Europe divisée, dans une Europe fracturée, il faut le dire, et pas seulement la France,
08:15dans une Europe qui ne sait plus à quel sens se vouer avec sa Commission européenne.
08:19Donc, on a l'impression, quelque part, qu'il enfonce le clou pour dire comment ils vont réagir, ces braves gens.
08:25Bien, je pense que là, vous posez très, très bien la question. C'est que tout le monde, les Canadiens qui dépendent des Américains pour leur économie,
08:3477 % du total des exportations de ce pays sont liées aux États-Unis.
08:4077 % ?
08:4277 %. C'est l'inverse, disons, d'un écosystème bien équilibré.
08:47Donc, on est pieds et poings liés, et je pense qu'il pourra faire la démonstration que le roi est nu.
08:53Il va dire, bien, regardez, c'est un peu votre problème si vous n'êtes pas capable de mieux vous organiser.
08:56Alors, avec l'Europe, c'est exactement la même logique.
09:00C'est un puissant révélateur, comme à l'époque du numérique en photo.
09:05Nous allons voir apparaître dans le bassin de Dektol, nous allons voir apparaître le flou d'une photo qui est celle de l'Europe qui dépend pour beaucoup,
09:14non pas seulement pour ses exportations vers les États-Unis, quoique pour l'Allemagne, c'est très vrai, dépend pour beaucoup des États-Unis et pour la défense.
09:23Et ce qui est intéressant, vous avez vu ça, Stéphane Bureau, quand Bernard Arnault, qui n'est pas le premier SDF venu, revient des États-Unis et dit,
09:34écoutez, oui, mais moi, j'ai vu ce qui se passe aux États-Unis par rapport à ici, parce qu'en fait, on a l'impression que tout se passe comme si,
09:39je ne sais pas, mais que Donald Trump lui a dit, mais mon cher Bernard, venez aux États-Unis, installez-vous là-bas, vous allez voir,
09:44vous allez voir beaucoup moins d'impôts, beaucoup de tracasseries, beaucoup moins de tout ça, ça va être très bien.
09:48Donc, en fait, on se retrouve devant ce que Rimbaud disait, nous voici rendus au sol avec la réalité rugueuse à étreindre. C'est ça qui se passe.
09:57– Oui, je pense que nous allons l'étreindre beaucoup parce qu'il n'y aura pas de compromis à court ou moyen terme.
10:03Il n'y a pas beaucoup de contre-pouvoirs qui se mettent en place aux États-Unis pour lutter, disons les choses, contre la très grande puissance de M. Trump.
10:12Donc, nous allons contempler le réel. Et le retour du réel est toujours assez brutal.
10:18M. Arnault, si on faisait la statistique, était très, très, très lourdement représenté à l'investiture du président,
10:26puisqu'il occupait quatre fauteuils pour 600 places sous le dôme du Congrès.
10:31Alors, il pèse lourd. Je pense qu'il a parfaitement raison du point de vue de ses intérêts, c'est-à-dire qu'il a un joker.
10:37Le joker, c'est un accès au président, la capacité de faire valoir qui il est, les emplois qu'il pourrait et qu'il crée aussi aux États-Unis.
10:45Mais l'invitation que fait M. Trump à tout le monde, et c'est profondément, je pense, ce que l'on doit aller chercher dans le discours embrouillé un peu de M. Trump,
10:57c'est qu'il veut délocaliser à la faveur des États-Unis l'industrie mondiale.
11:03On est dans un retour du balancier complet, c'est-à-dire qu'on n'est plus dans la mondialisation et la délocalisation des États-Unis vers des pays où on produit à moins cher.
11:14M. Trump dit non, non, non, nous allons nous refaire industriellement.
11:17Et on est surtout, Stéphane Bureau, dans le retour des empires, parce qu'il sait très bien qu'il y aura un empire chinois,
11:22qu'il y aura un empire russe ou un empire indien, on verra.
11:24On est dans le retour des empires et c'est passionnant.
11:27Merci Stéphane Bureau, on continuera cette conversation.
11:29– Et qui se retrouve briantonaille entre la Chine et les États-Unis ?
11:31– Et qui ? – L'Europe.
11:33– Et voilà, voilà pour qu'on explique que notre fille est muette.
11:38En attendant, c'est l'Europe qui est muette et c'est quand même diablement préoccupant.
11:42Merci. – Au revoir André.
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