00:00Difficile de ne point trouver le Cameroun étrange, pour un pays qui possède la quasi-totalité
00:13de son territoire en situation cultivable, soit, selon les experts, plus de 20 millions
00:17d'hectares de terres arables, une population active dont environ 70% est réputée travailler
00:22dans le secteur agricole proche, un PIB total dont 22% est réalisé dans le dit secteur
00:28ainsi que 23% des exportations, mais dont 600 milliards du déficit commercial est
00:32occasionné chaque année par l'importation de produits alimentaires.
00:36Une situation au comble de l'étrangeté, lorsque l'on apprend que, en plus, une grande
00:42partie de la dite population de 30 millions de personnes est mal nourrie, souffrant d'insécurité
00:46alimentaire souvent chronique, notamment dans ces régions septentrionales régulièrement
00:51menacées de famine.
00:5813,23% de la population sont en insécurité alimentaire aiguë, soit environ 3,597,014
01:11personnes. 1% en phase d'urgence, soit 240,233 personnes. 12,34% en phase de crise, soit
01:233,356,781 personnes. Au total, 6,768,449 personnes se trouvent en phase sous pression,
01:35soit 24,9% de l'ensemble de la population.
01:39Au comble de ces bizarreries, la constatation d'un budget public qui ne consacre que 171
01:45milliards de francs en cumul des ministères de l'agriculture et de l'élevage, soit
01:502,54% de son effort global. Cela, très loin des engagements de l'Union africaine adoptée
01:56en 2014 à Maputo qui suggérait une base minimale de 10% des ressources publiques allouées
02:02au secteur agricole annuellement. Dans une telle perspective, ce devrait donc être
02:08non pas 171 milliards de francs mais bien 672 milliards de francs en 2024 dont la dotation
02:14accordée à ces deux ministères. C'est dire le gap. Le Cameroun n'en serait donc
02:19certainement plus aux incantations mille fois entendues dans le vide.
02:22Le plan triennal intégré d'import-substitution pour la période 2024-2026 que j'ai prescrit
02:34au gouvernement participe également de mon souci de permettre à notre pays d'économiser
02:42de précieuses ressources. Ce plan, en renforçant notre souveraineté alimentaire, devrait réduire
02:52l'impact négatif des importations sur notre balance commerciale.
02:57C'est dire que le chemin est encore long pour faire de ce paysage le grenier qu'il
03:05se vante d'être, ne serait-ce que pour l'Afrique centrale. Une trajectoire dont
03:10les éléments de performance sont connus en termes de maîtrise des semences, gestion
03:14de l'hydraulique, réformes foncières, désenclavement des pistes rurales, organisation
03:19paysanne, financement massif et bien sûr industrialisation entre autres.
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