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  • il y a 2 ans
Le nouveau Premier ministre sera nommé vendredi matin par Emmanuel Macron, a annoncé jeudi soir l'Elysée. Regardez la réaction de Boris Vallaud président des députés PS à l'Assemblée nationale.
Regardez L'invité de RTL avec Thomas Sotto du 13 décembre 2024.

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Transcription
00:00RTL Matin
00:04L'invité d'RTL Matin et Thomas, vous recevez aujourd'hui Boris Vallaud, le député des Landes, qui est aussi président du groupe socialiste à l'Assemblée.
00:11Bonjour et bienvenue sur RTL Boris Vallaud.
00:13Merci.
00:14Je suis content de vous voir, rien de personnel, mais là on commence à se lasser, non ?
00:17Oui, je suis d'accord avec vous, je ne savais pas très bien ce qu'on se dirait ce matin et je crains qu'on ait pas grand chose à se dire de nouveau.
00:25En tenu de l'espèce d'attente, qu'on a du mal à comprendre, à la nomination d'un premier ministre.
00:32Ça veut dire que vous n'avez pas plus d'infos que nous ?
00:34Non, parfois vous en avez même plus que moi et je suis la cote que la presse accorde à tel ou tel nom qui circule.
00:41Donc il n'y a pas eu d'échange entre vous, les socialistes, l'Elysée ces dernières heures ?
00:45Écoutez, pour ce qui me concerne, aucun échange, je n'ai pas connaissance d'autres échanges à ce stade.
00:51Et vous n'avez aucune idée du nom qui va sortir du chapeau tout à l'heure, peut-être ce matin, peut-être cet après-midi, peut-être on ne sait pas quand ?
00:56Non, je n'en ai strictement aucune idée, je sais ce que nous avons demandé, on l'a exprimé clairement auprès du Président de la République,
01:03un premier ministre de gauche ouvert au compromis, qui répond aux urgences des Françaises et des Français,
01:09parce que c'est au fond c'est la seule chose qui est importante, c'est qu'est-ce qu'on apporte comme réponse concrète aux difficultés de la vie quotidienne, aux urgences des Françaises et des Français.
01:15Qui peut porter ce compromis ? On va quand même poser la question de certains noms. Bernard Cazeneuve, oui ou non ?
01:21Je vais vous dire, j'ai pris le parti depuis plusieurs semaines, de ne disqualifier personne, donc on a dit un homme ou une femme politique de gauche, et ensuite...
01:30De gauche ? Mais Cazeneuve, il est de gauche pour vous encore ou pas ?
01:33Mais bien sûr, il vient de cette famille-là.
01:36Marie-Antoine de Vieillière a dit non pour Cazeneuve.
01:38Chacun s'exprime... Moi, oui, je suis au Parti Socialiste. Ce que je veux dire, je ne me livre pas à cet exercice...
01:44Vous êtes toujours alliés ?
01:45Bien sûr, moi j'ai d'excellentes relations avec notamment mon homologue Cyriel Châtelain à l'Assemblée Nationale, on travaille évidemment ensemble.
01:54Vous savez, quand je...
01:55Vous êtes toujours tous alliés au sein du Nouveau Front Populaire ? Les communistes, les socialistes ?
01:58En tout cas, il y a des démarches qui sont communes, que je crois responsables, des communistes, des écologistes, des socialistes.
02:05La France Insoumise a fait un autre choix, et sur une autre stratégie qui n'est pas celle que nous avons adoptée.
02:12Voilà, j'en fais le constat, mais ce qui me préoccupe, moi, c'est de sortir de cet impasse, et je crois que nous le ferons d'autant mieux,
02:21que nous respectons le résultat du scrutin, que nous sommes ouverts aux compromis parce qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée Nationale,
02:28et que nous avons une tripartition de l'avis public dont on ne peut que faire le constat,
02:33et que par ailleurs, nous avons été élus pour une majorité d'entre nous dans le cadre de l'élan du Front Républicain, et qu'il nous faut en tenir compte.
02:39Il y a un nom qui circule quand même beaucoup, on ne va pas faire le name-dropping tout le long, mais...
02:42Oui, mais ça peut être très long !
02:43Non, mais Roland Lescure, depuis hier, il paraît que c'est lui qu'à la cote, on ne sait plus trop s'il a toujours... Il vient du PS, Roland Lescure.
02:49Oui, il y en a beaucoup qui viennent du PS, et qui l'ont très largement quitté, y compris sur le plan de ceux qu'ils ont défendu.
02:56Moi, je ne veux pas... A la fin, on défend, vous le savez, c'est le Président de la République qui choisit.
03:00J'ai l'impression qu'il est perdu, là.
03:02On a essayé de l'aider, on a fait la démarche que j'ai indiquée.
03:07J'ai le sentiment que là, il aime bien demeurer le plus longtemps possible au centre du jeu, alors qu'en réalité, c'est au Parlement,
03:14ce sont les groupes parlementaires qui doivent exercer l'entièreté de leurs prérogatives.
03:19Le Figaro a affirmé hier que tout socialiste qui entrerait dans un gouvernement qui ne serait pas dirigé par la gauche serait exclu du parti.
03:26C'est vrai ou c'est une fake news, ça ?
03:27Écoutez, ce n'est pas une discussion que nous avons eue, je pense que ce sont des statuts du Parti Socialiste,
03:32mais ce que nous avons dit nettement, parce qu'il faut le comprendre, c'est que...
03:36Vous êtes d'accord avec ça, vous, ou pas ?
03:37Moi, je crois qu'on a besoin de clarté. Nous avons dit que nous voulons un Premier Ministre de gauche.
03:41Si le Premier Ministre n'est pas de gauche, les socialistes ne rentreront pas au gouvernement.
03:45Mais ils ne s'assureront pas automatiquement.
03:47En revanche, nous aurons besoin, sans aucun doute, de trouver un chemin de compromis.
03:52Nous voulons un Premier Ministre de gauche ouvert au compromis.
03:55La question qui se pose aujourd'hui beaucoup...
03:57C'est quoi votre question du compromis ?
03:58En fait, cette question-là, il faut la poser en particulier au Bloc Central,
04:02qui, depuis des semaines, n'a été que en défense du bilan, tout le bilan, rien que le bilan d'Emmanuel Macron.
04:06On l'a vu encore, d'une certaine manière, dans les discussions hier, au sujet de la loi spéciale.
04:11On a besoin de bouger, on a besoin de se poser la question de l'intérêt des Français.
04:16Vous savez, la question du pouvoir d'achat, elle est posée tous les jours à des Françaises et des Français
04:21qui travaillent, qui ne vivent pas bien de leur travail.
04:23Pour qui, les fins de mois, ce n'est pas le 30, mais c'est le 20, le 25...
04:25Mais tous les partis politiques et tous les groupes diront que le pouvoir d'achat, c'est fondamental pour eux.
04:30Oui, mais nous, nous avons proposé une augmentation du SMIC, par exemple.
04:32Voilà, c'est une proposition extrêmement concrète.
04:34On parle des services publics.
04:36Vous avez pu constater, dans les hôpitaux publics, les inquiétudes qui sont celles des soignants
04:39à l'arrivée des périodes de vacances scolaires, sans savoir s'ils vont pouvoir assurer les urgences.
04:47Et vous savez qu'il y a un peu plus d'un an, Emmanuel Macron avait donné comme échéance, pour désengorger les urgences,
04:53cette fin d'année.
04:55Manifestement, ce n'est pas ça.
04:56Nous avons proposé, dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale,
05:00plus de moyens pour l'hôpital public, pour les EHPAD.
05:04Et vous savez qu'il n'y a pas un EHPAD.
05:05En France...
05:06C'est des propositions ou ce sont des lignes rouges, selon le mot qu'on entend ?
05:10Mais ce sont des propositions financées qui sont d'ores et déjà la recherche de compromis.
05:17Parce que, dans aucune des propositions que nous avons formulées, dans le débat budgétaire, nous avons aggravé le déficit.
05:23Nous avons même, à certains égards, pris en considération la nécessité, dans la durée, de réduire le déficit public.
05:30Le problème, c'est qu'à ce stade, nous sommes heurtés à un mur d'incompréhension, si ce n'est d'hostilité.
05:39On va faire le point à 7h47 et ce ne sera peut-être pas la vérité de 7h50 ou de 9h ou de 10h.
05:44Pour que les choses soient claires, si ce n'est pas un Premier ministre de gauche, ce sera censure immédiate et rebelote ou pas ?
05:51On en est là aujourd'hui ou pas ?
05:52Nous ne sommes pas là.
05:54Nous ne sommes pas là pour la simple et bonne raison que nous n'avons pas de Premier ministre.
05:57Que le Président de la République, quand nous l'avons rencontré...
06:01François Bayrou, est-ce que vous pourriez travailler avec François Bayrou ?
06:04Mais François Bayrou...
06:06Moi, je pense que si le Président de la République nomme une figure de son camp,
06:13prendrait le risque d'aggraver la crise politique et institutionnelle qu'il a lui-même créée avec la dissolution.
06:21Il appartiendra au Premier ministre de nous dire de quelle manière il entend sortir de cette impasse.
06:26Comment il entend montrer que les Français ont été entendus, qu'il faut changer de cap,
06:30que la politique qui a été à conduire depuis 7h30 est disqualifiée,
06:33qu'il faut répondre aux urgences, je le dis, sur le pouvoir d'achat, sur les services publics,
06:36sur les conditions de départ à la retraite, sur l'urgence climatique.
06:40Les agriculteurs sont inquiets, il faut également leur répondre
06:43et avoir pour cela un budget dans les meilleurs délais.
06:47Moi, ce à quoi j'appelle depuis maintenant longtemps...
06:49François Bayrou, il a trouvé l'appel Macron.
06:51Si vous essayez de prétendre qu'il n'est pas un macroniste historique et qu'il n'a pas été le premier de cela,
06:59vous avez une lecture de l'histoire qui serait un peu stupéfiante.
07:03Oui, il est un macroniste.
07:05Je ne sais pas si vous avez vu le dessin en lune de l'opinion ce matin signé par CAC
07:08qui dit en fait qu'on cherche celui qui sera en charge de ne pas pouvoir gouverner.
07:14Pour vous répondre non, je n'ai pas vu ce dessin, mais je vois bien ce qu'il signifie.
07:19On a besoin de trouver quelqu'un qui est capable de gouverner,
07:22un Premier ministre de gauche ouvert au compromis,
07:25qui défend les idées sur lesquelles nous avons été élus pour ce qui nous concerne
07:30dans le cadre du NFP devant les électeurs,
07:32mais qui sait qu'il n'y a pas de majorité et qu'il va falloir dans cette assemblée
07:35trouver des majorités texte par texte et d'abord sur les textes budgétaires.
07:39Vous pensez à qui aurait le profil à gauche ?
07:41Vous me relancez dans le name dropping.
07:44Franchement, ça ne sert à rien.
07:46Ça ne sert à rien parce qu'il y a un Président...
07:48Si Emmanuel Macron vous écoute, vous pouvez l'aider là, il a l'air perdu.
07:51Je crois qu'on l'a déjà aidé, on l'a déjà rencontré à deux reprises.
07:53Maintenant, la balle est dans son camp.
07:55S'il veut trouver un chemin, je crois qu'il est celui que je viens de décrire.
07:58Comment ça va se terminer tout ça ?
08:00Écoutez, j'espère que ça se terminera pas mal.
08:03Parce que vous savez, moi, je reçois toutes les semaines dans ma permanence
08:09des gens qui ont besoin des services publics
08:12et qui ont le sentiment de leur éloignement de plus en plus grand.
08:14J'ai des urgences qui, à Air-Sur-Adour, chez moi,
08:18ne fonctionnent plus la nuit.
08:21On a partout en France aujourd'hui des EHPAD
08:23qui sont en déficit avec des départements
08:27sur lesquels on va faire des économies
08:29et qui n'arrivent plus à leur venir en aide.
08:32Ça veut dire que c'est le reste à charge en établissement qui risque d'exploser.
08:35Il y a des familles qui ne pourront plus s'assumer.
08:37Et bien tout cela, je crois que l'intérêt général commande qu'on y réponde.
08:41Et qu'on y réponde dans une solidarité...
08:43Vous pensez que le chef de l'État va pouvoir rester en poste ?
08:45On va se dire les choses franchement, on a l'impression que c'est la politique TikTok aujourd'hui.
08:47On passe d'un gouvernement à l'autre, d'un Premier ministre à l'autre
08:50dans quelques secondes, dans quelques fractions.
08:52On se lasse, on déchire, on passe.
08:54Vous pensez qu'Emmanuel Macron va pouvoir rester jusqu'en 2027 ?
08:57Écoutez, je ne fais pas de spéculation.
08:59Je pense que le pays a besoin de stabilité
09:01mais il a surtout besoin de justice.
09:03Le sentiment qui ronge ce pays, c'est le sentiment d'injustice.
09:05Vous n'appelez pas à la démission du chef de l'État ?
09:08Non, on n'a jamais appelé à la démission du président de la République.
09:11Moi j'appelle au fond à une reparlementarisation de la vie politique.
09:17Une vraie parlementarisation de la vie politique.
09:19Si nous sommes des parlementaires adultes,
09:22il faut trouver ses chemins dans un débat exigeant
09:25mais qui n'est pas dans le chantage auquel s'est livré
09:28le Rassemblement National avec le gouvernement de Michel Barnier.
09:30J'ai une toute dernière question.
09:31Vous parliez des Français en colère, des abusés.
09:33Votre permanence à vous a été prise pour cible par des agriculteurs en colère.
09:36Est-ce que vous les comprenez ? Est-ce que vous leur pardonnez rapidement ?
09:39Vous savez, dès le lendemain de la motion de censure,
09:42j'ai appelé les organisations syndicales agricoles.
09:44Nous sommes convenus que nous nous verrions bientôt.
09:47Évidemment, l'actualité nationale dicte un peu mon agenda.
09:51J'ai vu des manifestations très violentes et très choquantes.
09:55Pour ce qui concerne ma permanence, les choses se sont passées dans le calme.
10:00Et nous n'avons jamais perdu le fil de la discussion.
10:02Et ça fait 7 ans que je vais dans les fermes,
10:04que je me suis battu sur les indemnisations de la grippe aviaire,
10:07que je sais ce qu'est la fièvre catarale.
10:09Et nous devons nous battre.
10:10Et l'urgence, c'est le Mercosur.
10:12Ne pas laisser passer ce traité qui va abîmer gravement nos exploitations.
10:16Merci beaucoup Boris Vallaud.
10:18Je vous sens un peu déprimé.
10:19On va vous redonner un peu le sourire.
10:21Oui, c'est pour ça que je suis venu d'ailleurs.
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