00:00RTL Soir, édition spéciale.
00:03Agnès Bonfillon et Yves Calvi.
00:05Il est 18h17, bonsoir Renaud Muselier.
00:07Bonsoir.
00:09Vous êtes le président macroniste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, merci de nous rejoindre sur RTL.
00:14Le gouvernement Barnier est donc sur le point de tomber, les députés Rassemblement National et Nouveau Front Populaire
00:19s'apprêtent à voter une motion de censure pour le renverser, est-ce que c'est grave et est-ce que vous êtes inquiet ?
00:25C'est très grave pour la France puisqu'on risque de se retrouver vraisemblablement dans une situation où on n'a plus de gouvernement
00:34et pas de budget, donc on n'a pas tellement l'habitude dans d'autres pays et même quand il y a eu l'ascension en 62
00:41c'était pour monsieur Pompidou qui a tout de suite été renommé mais il n'y avait pas de crise politique ni de crise financière
00:48alors que là on va avoir une crise politique et une crise financière avec des conséquences immédiates.
00:52Dans ces conséquences immédiates par exemple, un exemple très simple qui est sans dramatiser,
00:58nous avons les agriculteurs en France qui manifestent depuis près d'un an, je crois que la totalité des Français
01:03ont validé leurs demandes, leurs revendications que tout le monde trouvent légitimes.
01:09Monsieur Attal, le gouvernement précédent, a enterriné avec les syndicats agricoles la totalité des modalités à modifier.
01:15Entre temps il y a eu une dissolution, entre temps arrive M. Barnier qui reprend la totalité des demandes agricoles
01:28et là ça tombe à l'eau, c'est-à-dire eux ils sont en difficulté majeure au quotidien et nous le savons
01:34et bien aujourd'hui ils sont le bec dans l'eau, ils ne sauront jamais comment ils seront traités donc on a encore perdu un an.
01:39Donc vous nous dites que cette censure du gouvernement Barnier est une censure irresponsable, je vous ai bien compris.
01:47C'est une censure irresponsable, il y a deux problèmes, d'abord sur le problème budgétaire du fonctionnement du Parlement.
01:52Vous connaissez la mécanique parlementaire qui fait en sorte que ça passe à l'Assemblée, ça va au Sénat et qu'ils ne soient pas d'accord.
01:57On met une commission mixte paritaire, mais la commission mixte paritaire a validé le budget.
02:02Ils se sont entendus pour ça ce dimanche dernier.
02:05Et lundi il y a eu un problème majeur pour Mme Le Pen qui potentiellement est susceptible de devenir inéligible en mars
02:10et donc mardi elle a décidé de faire sauter le Premier ministre Barnier.
02:14C'est une calendrier incroyable.
02:17Et on se retrouve maintenant avec l'extrême droite pilotée par Mme Le Pen
02:22qui explique et qui vote une motion dans laquelle le groupe piloté par M. Mélenchon et la FI,
02:29donc l'extrême gauche, dit vous vous rendez compte nous on est complètement opposés au RN
02:35sur la totalité des points.
02:37Tout ce que vous décrivez traduit une absurdité politique.
02:41Mais la vie du pays ne va pas s'arrêter Renaud Muselier.
02:46Si vous pensez que oui, il faut nous l'expliquer.
02:48Je viens de vous l'expliquer par exemple par un exemple très concret comme les agriculteurs.
02:52Vous avez par exemple un vote qui a été fait à l'Assemblée Nationale en sa totalité
02:58sur le budget militaire, sur l'augmentation du nombre de postes militaires
03:04et sur le réarmement de notre pays où nous avons fait des commandes
03:07qui ont été faites pour réarmer notre pays avec du matériel compte tenu du contexte autour de nous.
03:11Oui.
03:12Là si vous avez le budget qui n'est pas voté, qu'est-ce qui se passe ?
03:15C'est arrêté.
03:17Vous avez une démarche qui a été engagée, qui a été validée
03:19dans le cadre d'embauches de policiers.
03:25Je crois que c'est à peu près 3 000.
03:27C'est arrêté.
03:29Vous avez tout le volet dans le cadre de la sécurité sociale,
03:31sur les formations des infirmières, l'augmentation des bases tarifaires
03:39sur les grilles de salaire.
03:40C'est arrêté.
03:42Après vous avez la mise à niveau dans le cadre de l'inflation,
03:48de l'imposition sur nos concitoyens.
03:52C'est 12 millions de personnes supplémentaires qui vont être imposées.
03:5412 millions ?
03:56Donc le Premier ministre qui affirmait hier qu'une censure de son gouvernement
04:00rendrait tout plus difficile et plus grave, je le cite,
04:03il a raison selon vous.
04:05Il dit la vérité du moment.
04:07Après on a un pays qui est en situation financière particulièrement complexe.
04:11Dans cette situation financière particulièrement complexe
04:14et maintenant une situation parlementaire particulièrement complexe.
04:17On avait un homme qui faisait la synthèse dans cette majorité relative
04:23qui était composée par différentes portes politiques
04:25dans lesquelles j'appartiens.
04:27Mais le fait d'avoir la chute de ce gouvernement,
04:31la chute du budget,
04:33qui pilote ?
04:34Qui fait quoi ?
04:35Comment ça se passe ?
04:36Comment on prend les décisions ?
04:37Qui représente la France et où ?
04:40C'est une conséquence très importante pour nous au niveau national,
04:43international, européen bien sûr.
04:45Mais au niveau de notre assiette quotidienne,
04:47de notre vie quotidienne,
04:48de chacun et chacune d'entre nous.
04:50Dites-moi, la responsabilité du Président de la République
04:52elle est énorme elle aussi dans cette histoire ?
04:54La dissolution ne peut pas dire que ça a été un acte majeur
04:57qui a été parfaitement réussi.
04:59Mais une fois qu'on a dit ça,
05:01aujourd'hui c'est le Parlement qui travaille
05:03et qui fait globalement n'importe quoi.
05:05D'ailleurs ce qu'ils font à l'Assemblée nationale est incroyable.
05:08C'est-à-dire que vous avez quand même
05:10des gens potentreux sur des motions
05:12où ils se tapent dessus.
05:14Où ils véhiculent la haine les uns contre les autres.
05:16Tout ça pour faire tomber M. Barnier.
05:18Alors que la semaine dernière,
05:20la Commission mixte paritaire qui votait
05:22c'est-à-dire le Sénat et l'Assemblée nationale
05:24qui votait le budget avaient dit oui.
05:26Donc vous avez des arrière-pensées électorales
05:28pour chacun d'entre eux en fait
05:30qui font en sorte qu'aujourd'hui
05:32ils se foutent du pays en réalité des Français.
05:34Au-delà de l'instabilité politique,
05:36concrètement, est-ce qu'il y a des conséquences
05:38d'une censure sur votre activité
05:40de Président de région et dans les décisions
05:42que vous pouvez prendre en ce moment ?
05:44Nous, nous avons dans le cadre du budget
05:46qui n'aura pas lieu
05:48un arbitrage chez nous dans la région
05:50où nous, nous avons une stabilité politique.
05:52Je suis Président de la région, je fais 85% des sièges.
05:54Nous avons engagé
05:56une stratégie vis-à-vis de l'Europe
05:58où nous allons récupérer 10 milliards d'euros.
06:00Là, il n'y a pas de problème.
06:02Nous avons une démarche par rapport au contrat de plan État-région.
06:04Là, il n'y a pas de problème.
06:06Vous êtes habile parce que
06:08la crise politique vous permet de montrer
06:10à quel point vous vivez, vous, en harmonie dans votre région.
06:12Quand c'est bien piloté,
06:14que vous avez la paix, que vous avez un bloc de sécurité,
06:16ça marche bien.
06:18Et après, le dernier volet quand même,
06:20parce que ça a des conséquences, c'est que sur le volet
06:22du fonctionnement, c'est-à-dire que j'ai 10%
06:24de mon fonctionnement, c'est-à-dire 112 millions d'euros
06:26où je vais être obligé
06:28de supprimer soit des doublons
06:30soit des modes de fonctionnement.
06:32Comme je ne peux pas toucher aux lycées
06:34parce que je ne vais pas fermer les lycées,
06:36comme je ne peux pas toucher aux trains et aux cars parce que je vais les laisser rouler
06:38quand même, je vais être obligé
06:40comme je soutiens le monde agricole
06:42et je continue à soutenir, je me retrouve
06:44avec tout le reste, à devoir faire des arbitrages
06:46et c'est énorme comme décision
06:48et difficile.
06:49Je vous ramène à Paris, Runo Muselier.
06:51Qui est l'homme ou qui est la femme
06:53qui peut aujourd'hui prendre
06:55la place de notre
06:57bientôt futur ex-premier ministre ?
06:59Je n'en sais rien.
07:01Vous n'en savez rien ?
07:03Je n'en sais rien.
07:05Les mêmes causes produisent les mêmes effets quand même
07:07comme vous l'avez souligné, ça c'est encore plus difficile
07:09et plus compliqué pour le successeur
07:11et à partir du moment où
07:13vous n'avez pas la capacité
07:15ce qui m'impressionne
07:17dans tout ça et au-delà de
07:19j'ai été 20 ans député français
07:21un mandat européen complet
07:23deux fois ministre et ce chaos
07:25ce trubouu, ce qui m'impressionne
07:27tout particulièrement, c'est le comportement
07:29des socialistes avec un ancien président de la République
07:31dedans, qui sont quelque part
07:33les esclaves de monsieur Mélenchon
07:35à l'intérieur de la FI
07:37c'est sidérant que ce
07:39parti socialiste qui est arrivé en tête aux européennes
07:41se retrouve
07:43aujourd'hui à voter
07:45une motion de censure et à envoyer le pays
07:47dans le noir. Le PS ce soir évoque un pacte
07:49de non-censure, est-ce que ça vous paraît
07:51possible ?
07:53Si déjà ils peuvent se décranter
07:55de leurs alliés d'extrême-gauche
07:57et d'EVR qui toute la journée, dès le début
07:59disent nous de toute façon on ne veut pas le premier
08:01ministre, il faut quand même se souvenir que
08:03le premier jour de l'arrivée de monsieur
08:05Tubarni, il n'avait pas parlé, qu'ils ont dit de toute façon
08:07nous on va vous censurer monsieur.
08:09C'est sûr que quand vous avez des
08:11parlementaires qui normalement devraient faire
08:13évoluer les textes, choisir
08:15des sujets, faire des arbitrages
08:17et que là la seule chose qu'ils fassent
08:19avant qu'on ait prononcé le premier mot
08:21c'est au revoir et pas merci
08:23on se retrouve dans une situation
08:25qui aujourd'hui est particulièrement chaotique
08:27et s'ils mettent en place
08:29s'ils souhaitent mettre en place un pacte de non-censure
08:31c'est une très bonne nouvelle
08:33mais sont-ils capables
08:35Oui mais pardonnez-moi, il faut leur donner des gages
08:37et ce sera ma dernière question
08:39je vous donne une réponse en 30 secondes
08:41s'il vous plaît, il faut leur donner des gages
08:43C'est le but d'un
08:45gouvernement et d'un parlement, c'est d'échanger
08:47et de se fixer un programme
08:49ça se travaille, mais on n'a pas beaucoup de temps
08:51Merci beaucoup Renaud Muselier, président
08:53macroniste de la région Provence-Alpes
08:55Côte d'Azur d'avoir pris la parole
08:57en direct sur RTL
08:59Dans un instant, toute l'actualité
09:01avec le journal de 18h30, puis RTL Inside
09:03vous découvrirez que notre crise politique
09:05passionne le monde entier
09:07des dizaines de confrères étrangers sont présents
09:09à l'Assemblée Nationale pour suivre le feuilleton Barnier
09:11Vincent Serrano les a rencontrés
09:13A tout de suite
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