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  • il y a 2 minutes
Sébastien Lecornu a surmonté sans surprise les motions de censure déposées par la gauche hors PS et le RN, en réponse à sa décision d'utiliser le 49.3 pour faire passer le budget. La partie recettes adoptée, le Premier Ministre a dans la foulée engagé un nouveau 49.3, sur les dépenses et l'ensemble du texte. LFI et le RN ont déposé de nouvelles motions de censure, qui devraient être examinées et rejetées mardi. Éric Coquerel, député LFI de Seine Saint Denis, Président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale.
Regardez L'invité de RTL Soir avec Vincent Parizot du 23 janvier 2026.

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Transcription
00:00Vincent Parizeau, RTL Soir.
00:03Invité d'RTL Soir, le député LFI et président de la commission des finances à l'Assemblée.
00:09Bonsoir Eric Coquerel.
00:10Bonsoir.
00:11Merci d'être avec nous.
00:13Alors que la motion de censure que vous avez déposée après l'usage du 49.3 par le Premier ministre
00:17pour la partie recette du projet de budget a été rejetée, on le rappelle, 269 voix,
00:22il en aurait fallu 288 pour faire tomber le gouvernement.
00:26Le gouvernement, même sort d'ailleurs de manière beaucoup plus large pour celle déposée par le RN.
00:31Comme prévu, Sébastien Lecornu a engagé sa responsabilité maintenant sur la partie dépense et l'ensemble du texte.
00:38Ça sera examiné en début de semaine prochaine, deux nouvelles motions de censure.
00:43Franchement, pourquoi le résultat serait-il différent dans quatre jours ?
00:50Parce qu'aujourd'hui, c'était beaucoup plus serré que ne l'espérait M. Lecornu.
00:5819 voix, par exemple, si vous regardez la dernière motion de censure déposée par les mêmes groupes,
01:04cette fois-ci sur le Mercosur, il manquait 33 voix.
01:07Donc il y a 19 voix.
01:08Je pense qu'il n'attendait pas un si petit écart.
01:10Et ce que je me dis, alors ce n'est pas le scénario le plus probable, mais il est possible,
01:15c'est que certains suivent, dans les groupes qui n'ont pas appelé à la motion de censure,
01:20l'exemple de leurs camarades, puisqu'il y a eu cinq socialistes qui l'ont voté.
01:24Et puis il y a eu également des députés liottes.
01:27Je sais aussi qu'il y a des députés non inscrits.
01:28Et enfin, vous l'avez peut-être remarqué, mais l'ancien Premier ministre, Michel Barnier,
01:32dit qu'il prendra sa décision en fonction du débat.
01:36Donc je me dis que c'est jouable.
01:37C'est jouable, c'est ce que vous voulez, faire tomber Sébastien Lecornu.
01:41J'ai envie de vous demander, pourquoi une telle abnégation à vouloir faire tomber ce gouvernement ?
01:46Est-ce que vous trouvez, notamment, parce qu'on en parle beaucoup,
01:50que la période s'y prête, notamment sur le plan international ?
01:53La période ne se prête pas à un très mauvais budget pour la France,
01:57qui impose des coûts budgétaires supplémentaires,
01:59qui finalement taxent moins que l'an dernier les très hauts revenus,
02:04je parle vraiment des ultra-riches, qui sont, j'allais dire, la raison profonde du macronisme
02:09et qui nous imposent tous de payer et de cotiser pour régler les déficits.
02:15Ce budget ne fait quasiment pas d'investissement,
02:18alors qu'il faudrait des investissements massifs,
02:20justement pour récupérer notre souveraineté industrielle et agricole.
02:23Donc c'est un mauvais budget, et à partir de là, je ne vois pas pourquoi nous, opposants,
02:28nous laisserions passer ce budget, je vous rappelle, qui est minoritaire.
02:31Parce que le propre de tout ce qui se passe, c'est que depuis juillet 2024,
02:35M. Macron impose des gouvernements minoritaires au pays.
02:38Oui, n'empêche qu'il faut faire des efforts, vous en convenez ?
02:41Tenir les 5% de déficit, ou s'en approcher en tout cas ?
02:46Oui, il faudrait que les ultra-riches fassent des efforts.
02:48Alors, les ultra-riches, tiens, on reviendra sur le fond du budget
02:52et ce volet de dépenses auquel je crois que vous avez eu accès.
02:56Mais les ultra-riches, on en est où de l'affaire des milliers de Français fortunés
03:02qui ne paieraient pas d'impôts sur le revenu, si on en croit à Éric Lombard,
03:05l'ancien ministre des Finances ?
03:06Parce que vous, vous êtes allé à Bercy, vous avez consulté des documents.
03:10Depuis, on a un peu l'impression que ça fait pchit, cette histoire.
03:14Pas vraiment, non. Je pense que ça a été entendu.
03:16Alors, ils ne payent pas, là où Éric Lombard exagère un petit peu,
03:21alors c'est peut-être...
03:22Ils ne payent pas autant qu'ils devraient payer ?
03:24Exagèrent un peu. Ils ne payent pas zéro,
03:25mais ils ne payent quasiment pas d'impôts sur le revenu par rapport à leur fortune.
03:28C'est ça qu'il faut comprendre.
03:30Et toutes les impositions confondues, c'est-à-dire celles qu'ils payent également
03:33sur leur revenu de capital, dividendes et autres,
03:36ça fait que ces gens-là sont imposés à peu près sur un taux d'effort global de 25%.
03:40Alors que, je suppose, vous et moi, comme la moyenne des Français,
03:43on a en gros un taux d'imposition de 50%.
03:46Ce différentiel entre les deux, pour quelques milliers de personnes,
03:51coûte des dizaines de milliards d'euros à l'État par année qui nous manque.
03:56Et après, on explique qu'il faut baisser les budgets sur le logement,
03:59sur l'environnement, sur l'aide au développement, sur le sport, etc.
04:03pour payer ça.
04:05C'est ça le nœud du problème.
04:06Et de ce point de vue-là, j'ai bien vérifié à Bercy que c'était tout à fait exact.
04:10Alors, revenons sur ce volet de dépenses.
04:13Je crois que vous avez eu accès au texte précisément.
04:18Est-ce qu'il y a des choses qui vous choquent ?
04:19Cette affaire de primes de Noël, par exemple ?
04:24Ce qui me choque, si vous voulez, c'est que,
04:26en gros, vous avez vu un petit peu ce qui s'est passé.
04:28C'est-à-dire que, pour que ce qui, théoriquement, aurait dû être une formalité,
04:33c'est-à-dire une motion de censure passant,
04:35puisque l'opposition est majoritaire dans cette Assemblée,
04:38le gouvernement, comme en février 2025, qu'avait fait M. Béroux,
04:43a, en échange de quelques miettes, obtenu la non-censure,
04:46pour l'instant, des socialistes.
04:48Et on nous dit, par exemple, c'est formidable, grâce à ça,
04:51les étudiants paieront leur cantine 1 euro,
04:55ou les gens auront des primes d'activité à 50 euros.
04:57Tout ça est fort bien.
04:58Mais, dans le même temps, si vous regardez les budgets consacrés,
05:01soit aux étudiants, soit, par exemple, à la solidarité au travail,
05:04vous apercevez qu'il y a des coupes budgétaires
05:06qui sont infiniment plus importantes.
05:08Autrement dit, ce qui me choque,
05:10c'est qu'on a donné d'une main, j'allais dire, quelques miettes,
05:13et de l'autre, on a pris des brassées entières à ces mêmes personnes.
05:18C'est ça qui est choquant, et c'est, une fois de plus,
05:20les plus défavorisés, la moyenne des Français,
05:23qui payons cette note dont je vous ai parlé tout à l'heure.
05:26Il y a quand même des coupes budgétaires qui doivent...
05:31C'est ce que vous demandiez, des coupes budgétaires,
05:34par exemple, dans l'aide aux entreprises.
05:371,1 milliard d'euros de moins
05:39dans le programme d'investissement France 2030,
05:42en soutien aux entreprises des secteurs clés.
05:47Eh bien, cette baisse, figurez-vous, je peux vous étonner,
05:49mais elle est catastrophique.
05:50Moi, je réclame...
05:51Je croyais que vous demandiez des baisses des aides aux entreprises.
05:55Oui, mais je vais vous expliquer.
05:56Ce que nous demandons, c'est qu'on arrête les aides aux entreprises
05:59sans conditions, sans critères,
06:02qui, pour une part, terminent même en dividendes.
06:05Vous savez que cette année, on a encore battu le record des dividendes.
06:07Par contre, des aides aux entreprises ciblées,
06:10par exemple, pour investir dans les nouvelles technologies,
06:13dans l'environnement, dans la localisation,
06:16nous, nous sommes à fond pour.
06:18Et de ce point de vue-là, c'est dramatique que France 2030,
06:20puisque c'est le projet,
06:21voit ses investissements baisser d'un milliard.
06:23C'est là où, si vous voulez, il y a un contresens.
06:25C'est-à-dire que, d'un côté,
06:26on laisse tranquille les ultra-riches,
06:28alors qu'on a besoin de l'argent,
06:31non pas de les taxer plus,
06:32mais juste de les taxer comme tout le monde.
06:33Et de notre côté,
06:35eh bien, on sabre des budgets absolument indispensables
06:38pour relancer l'activité,
06:39y compris aider des entreprises
06:40qui, justement, ont pour objectif
06:43de développer l'activité en ce pays.
06:44C'est un non-sens.
06:46Bien.
06:46Eh bien, nous verrons, en tout cas,
06:47comment cela se traduit,
06:49j'allais dire, à l'Assemblée nationale,
06:51puisque, mardi, sans doute,
06:53examen de ces deux motions de censure
06:56sur cette partie dépense du budget
07:00et sur le budget global.
07:02Merci beaucoup d'être intervenu, Éric Coquerel.
07:04Merci.
07:05Bonne soirée à vous
07:06et à tous les auditeurs d'RTL.
07:07Je les remercie de leur fidélité.
07:09On marque une courte pause
07:10et puis, dans un instant,
07:11on va se laisser tenter avec du foot
07:13et avec une superbe exposition
07:15au musée d'Orsay
07:16qui fête ses 40 ans.
07:17A tout de suite.
07:17RTL Soir
07:20Vincent Parizeau
07:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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