00:00Yves Calvi, Agnès Bonfillon, édition spéciale, nomination de Michel Barnier à Matignon.
00:06Il est 18h18, bonsoir Éric Coquerel.
00:08Bonsoir.
00:09Merci beaucoup de nous rejoindre sur RTL, vous êtes député France Insoumise de Seine-Saint-Denis
00:13et président de notre commission des finances à l'Assemblée Nationale.
00:16Gabriel Attal et Michel Barnier, l'ex et le nouveau Premier ministre, échangent en ce moment même à Matignon.
00:22Michel Barnier est notre nouveau chef de gouvernement, est-ce que vous comprenez ce choix du président Éric Coquerel ?
00:29Je ne l'accepte pas, mais dans la logique de M. Macron, je le comprends.
00:34M. Macron voulait un Premier ministre qui prouve sa politique économique et budgétaire,
00:40c'est-à-dire une politique de la compétitivité, on va dire, surtout au service des plus riches.
00:46Donc c'est évidemment lui qui a professé ce type de politique à la commission européenne,
00:53c'est assez indiqué, et en plus il voulait quelqu'un, puisqu'il s'était mis dans les mains du Rassemblement National,
00:58faire consensus avec le Rassemblement National.
01:00Donc manifestement, les sorties anti-migrants de M. Barnier montraient que ça pouvait être quelqu'un
01:08qui recevait l'aval homo au départ de Mme Pen.
01:11Donc de l'objectif de M. Macron, qui est une dérive plus à droite, ça peut se comprendre.
01:17On est en pleine dérive à droite, c'est ce que vous nous dites ce soir ?
01:22C'est la concrétisation de ce qu'est devenu le macronisme depuis quelques années,
01:28c'est-à-dire une politique ultra-libérale et en même temps une politique autoritaire, sécuritaire,
01:33qui s'en prend aux migrants, qui n'a pas hésité, je vous le rappelle,
01:36pour les migrations pour prendre une partie du programme du Rassemblement National.
01:40Donc c'est la poursuite. Le problème de tout ça, c'est qu'ils ne correspondent pas aux vœux des Français en juin,
01:45qui est un vrai déni démocratique.
01:49Donc vous nous dites que vous vous êtes fait flouer, si je vous comprends bien.
01:53Ce n'est pas nous qui nous sommes fait flouer et qui sommes raillis,
01:57c'est le peuple français qui a battu la politique de M. Macron.
02:01Ça oui, et ça c'est extrêmement grave, parce qu'en fait, comme en 2005,
02:05où le vote des Français avait été balayé ensuite par le traité de Lisbonne,
02:12là c'est un peu la même chose.
02:14Les Français votent et on leur dit, vous avez voté, rien ne changera.
02:19Et ça c'est insupportable pour la démocratie et c'est pour ça d'ailleurs que nous pointons la responsabilité
02:24de M. Macron dans cette affaire en demandant sa destitution.
02:27Est-ce que le pays penche de plus en plus à droite ce soir ?
02:30Non, je ne pense pas que le pays penche à droite.
02:32Je pense que ce sont ses représentants et son personnel politique qui penchent toujours plus à droite.
02:40Mais le pays a eu un vote qui a surpris plus d'un moment en juin dernier
02:45et toutes les enquêtes de fond sociologiques montrent que ce n'est pas le cas.
02:49Par exemple, la politique que le Nouveau Front Puy-lard propose,
02:52l'abrogation de la réforme des retraites, une politique en faveur du pouvoir d'achat, des services publics,
02:56tout montre qu'en réalité il y a une forte adhésion, non pas la politique que va appliquer M. Barnier.
03:01Mais vous nous dites qu'on nous a volé une forme de victoire d'une certaine façon ?
03:05Absolument, on a volé une forme de victoire au peuple français.
03:09C'est la raison pour laquelle je pense que tout cela ne va pas durer très longtemps.
03:13S'il passe la motion de censure que nous allons déposer au Nouveau Front Puy-lard,
03:19je pense qu'au moment du budget, qui inévitablement sera minoritaire, vous verrez que ce ne sera pas le cas.
03:24Que va-t-il se passer à l'Assemblée sur les bancs de l'opposition,
03:27au-dehors de ce que vous venez de nous prévoir ou de nous annoncer ?
03:30Ça va me concerner directement.
03:32Oui, c'est votre boulot.
03:34Ma première bataille va être le budget.
03:37Or, comme moi je le pensais depuis quelques jours,
03:40raison pour laquelle je pensais que ce serait le premier ministre de droite qui serait nommé,
03:43on va, je pense, avoir le budget préparé cet été.
03:46Merci M. Le Maire et M. Cazenave.
03:49Un budget très austéritaire, sur lequel d'ailleurs M. Le Maire appelle à qu'il le soit encore plus.
03:55Puisque vous avez vu que les chiffres des déficits étaient mauvais.
03:58C'est le résultat de leur politique.
04:00Et je pense que c'est à ça qu'on va avoir à faire.
04:02Donc nous allons le combattre.
04:04Je pense que dans ma commission, il y a une majorité pour le transformer très fortement.
04:09Et à partir de là, on verra bien ce que fait le gouvernement.
04:11S'il fait un 49-3, il y aura à nouveau une motion de censure.
04:13J'appelle que vous présidez la commission des finances à l'Assemblée Nationale.
04:16Vous vous évoquez et vous nous annoncez un budget très austéritaire, quoi qu'il arrive.
04:20Ça vous semble évident ?
04:22C'est évident, mais ce n'est pas seulement évident.
04:24C'est que nous le savons concrètement.
04:26Le budget qui a été préparé cet été promet 27 milliards d'annulations de crédits
04:32dès cette année qui s'ajouterait au 10 déjà prononcé.
04:34Ça fait 37, c'est énorme.
04:36Enfin, 27 milliards en tout.
04:38Et pour l'année prochaine, il y a déjà 20 milliards de moins de dépenses publiques.
04:43Et M. Le Maire a fait filtrer une note de la direction du Trésor
04:49qui dit qu'il faudrait le double au minimum.
04:51Donc vous voyez bien ce à quoi il faut s'attendre.
04:53Alors même que le problème que nous avons dans ce pays,
04:55ce n'est pas les dépenses, c'est le fait qu'il y a moins de recettes.
04:58Et donc c'est les cadeaux fiscaux notamment qui ont été faits aux plus riches
05:00sur lesquels il faut revenir.
05:01Alors, je reviens à la nomination de notre nouveau Premier ministre,
05:04en l'occurrence Michel Barnier.
05:06Si je vous dis, est-ce que vous ne voulez pas lui laisser une petite chance de s'installer,
05:09le temps de voir, vous me répondez quoi ?
05:11Écoutez, ce n'est pas M. Barnier qui est en question.
05:14Même si j'ai vu qu'on le dépeint comme un homme de consensus
05:18et que j'ai plutôt l'impression que c'est un homme de consensus
05:20entre le macronisme et l'extrême droite.
05:22Et l'extrême droite ?
05:24Écoutez, oui, j'ai vu les essais sortis sur les migrants,
05:28sur pas mal de choses ces dernières années.
05:31Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il s'est durci,
05:34un peu d'ailleurs comme la plupart des gouvernements libéraux en Europe.
05:38Donc de ce point de vue-là, je pense que c'est à ça qu'il est promis.
05:42C'est-à-dire que M. Macron, vous savez très bien que M. Macron a eu Mme Le Pen
05:45très fréquemment ces derniers jours,
05:48et qu'il a cherché un Premier ministre qui est agréé au rassemblement national.
05:51C'est pour ça que j'ai ces mots.
05:52Justement, je vous propose d'écouter cette prise de parole de Michel Barnier.
05:56Il n'y aura jamais de complaisance ni de faiblesse à l'égard des thèses d'extrême droite.
06:00En revanche, il faut écouter les gens, écouter les angoisses,
06:03les préoccupations, les demandes des gens.
06:05Moi, je pense qu'il faut répondre aux peurs autrement,
06:07en ayant une parole publique qui soit respectée.
06:10Répondre aux vraies questions liées à l'immigration,
06:13à l'autorité de l'État, à l'éducation.
06:15Ça date de 2021.
06:17Que vous inspire cette prise de parole de notre nouveau Premier ministre ?
06:20Ben que manifestement, et j'ai entendu aussi des prises de parole récentes,
06:24par exemple sur l'immigration.
06:26Prendre en compte les questions dites immigration,
06:30c'est souvent en réalité prendre en compte le problème du rassemblement national.
06:33Et encore une fois, la loi immigration l'a prouvé.
06:35Donc, si je pèse mes mots et que je parle de tentative au moins
06:40d'avoir une neutralité bienveillante du rassemblement national,
06:42M. Barnier a donné l'option ces derniers jours.
06:46Mais encore une fois, c'est l'évolution de beaucoup de néolibéraux en Europe
06:50qui, vous le savez, dans plusieurs pays européens, sont alliés à l'extrême droite.
06:53Voire la soutiennent.
06:55Et malheureusement, c'est un constat qu'on voit de plus en plus.
06:58Vous savez pourquoi, quand même, Eric Coquerel ?
07:00C'est que toutes les enquêtes d'opinion montrent un durcissement à droite
07:04de beaucoup de pays européens.
07:06Et accessoirement à l'extrême droite.
07:09Non, je m'oppose.
07:11Sur le fond, je m'oppose à cette logique-là.
07:14Il y a aussi beaucoup d'enquêtes sociologiques sur le fond
07:17qui montrent qu'au contraire, par rapport à pas mal de thèses d'extrême droite,
07:21il y a plutôt une autre expression dans l'union populaire qui s'exprime.
07:28Donc je ne crois pas.
07:29Je crois plutôt que l'extrême droitisation, elle est plutôt à la tête.
07:34Voilà, que dans le peuple français.
07:36Et d'ailleurs, encore une fois, sinon il n'y aurait pas eu l'horaire de cette élection.
07:39Le Rassemblement national l'aurait emporté nettement.
07:42Ça n'a pas été le cas.
07:44Et au contraire, c'est l'union populaire qui a gagné.
07:49Toujours est-il qu'à partir de là, on va vite être constat de ce que fera le Rassemblement national.
07:55Parce que s'il soutient, ou en tout cas, il ne veut pas la censure vis-à-vis de M. Barnier,
08:00ça sera la logique.
08:02Il souhaiterait la politique économique de Macron.
08:05Donc tous ceux qui ont imaginé que le Rassemblement national avait une politique sociale différente,
08:10auront la vérifier.
08:12En tout cas, on a compris que votre opposition serait ferme.
08:15Merci beaucoup d'avoir pris la parole ce soir, Éric Coquerel, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis.
08:20Dans un instant, l'essentiel de l'actualité.
08:22Puis le témoignage de notre confrère Georges Malbruno.
08:25Michel Barnier a eu un rôle très important dans sa vie.
08:27C'est lui qui l'a ramené en France après 124 jours de détention en Irak.
08:31A tout de suite sur RTL.
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