00:00 J'ai la chance de recevoir un comédien qui a enfilé le gilet de Docker du Havre dans la série "Événements d'Arte de Grâce". Bonjour Olivier Gourbet. Merci d'être là ce matin.
00:11 Avant de parler de cette série puissante, on va adresser votre portrait sonore, des petits sons pour mieux vous connaître. Voici le premier.
00:19 Les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites, les frites.
00:31 Vous avez grandi à Amiroir en Belgique et un jour vous avez ouvert une baraque à frites fictive au fond de la classe. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
00:37 Vous êtes bien renseigné. C'est la meilleure idée du siècle.
00:40 Je cherchais désespérément à faire rire aussi mes professeurs, donc l'idée m'est venue d'ouvrir une baraque à frites au fond de la classe.
00:47 C'est de là qu'est venue votre vocation de comédien aussi, cette envie de faire rire.
00:52 C'est le regard de mes camarades de classe et leur bonne humeur qui m'ont poussé.
00:57 Mais au départ, j'aimais faire rire. J'aime encore aujourd'hui, même si on ne me le propose pas souvent.
01:04 Ma première intention, c'était d'être clown.
01:09 - Ah oui, alors là c'est vrai que dans De Grasse, on est assez loin de ça. - On est assez loin de ça.
01:12 Et clown, quand il a fallu se poser la question "Est-ce que je fais réellement ce métier ?" clown, c'est encore un peu plus compliqué d'accès que comédien.
01:20 Et alors en 1985, vous sortez premier prix du Conservatoire de Liège.
01:25 Votre premier rôle en 86 à l'Opéra de Liège, c'était d'Artagnan dans Scaramouche, c'est ça ?
01:30 Oui, d'Artagnan à 70 ans, avec une grande perruque aux cheveux argentés.
01:35 Très crédible.
01:37 Et vous avez joué une vingtaine de pièces pendant 15 ans. Vous ne pensez pas du tout au cinéma à l'époque ?
01:43 Pas du tout, non. En Belgique, à ce moment-là, le cinéma, on va dire balbutie.
01:48 Il y a déjà eu quelques réalisateurs un peu connus, comme Ackermann, Mario Ancel, Delvaux, etc.
01:54 Mais il n'est pas encore ce qu'il est aujourd'hui. Il n'y a pas autant de maisons de production.
01:58 Donc on ne pense pas du tout, quand on est comédien en Belgique, à faire une carrière de cinéma.
02:03 Ce n'est pas mon intention, mais le cinéma m'a rattrapé par les frères Dardenne, par hasard, un jour.
02:08 Un jour, vous vous rencontrez par hasard, en 96, c'est ça ?
02:11 Oui, la promesse 96, mais la rencontre a lieu en 94-95.
02:16 La promesse des frères Dardenne.
02:18 Vous qui chantez là, Olivier ?
02:31 C'est Mérigné qui était adolescent, 14 ans, 15 ans, je ne sais plus.
02:36 C'est déjà les films fauchés, moi qui suis toujours dans les films fauchés.
02:42 Parce que je me rappelle, sur le scénario initial, ce n'était pas du tout Joe Dassin.
02:45 C'était un chanteur français beaucoup plus populaire, on va dire, même si Joe Dassin était populaire.
02:50 C'était Johnny Hallyday. Mais les droits étaient impayables.
02:54 Pour le budget du film, les droits étaient impayables.
02:57 Même pour ça, comme ça, il faut payer des droits.
02:59 Bah oui, Thomas, il croit que c'est la fête, lui.
03:01 Ah d'accord.
03:03 C'est comme ça.
03:04 Donc c'est votre première apparition au cinéma.
03:06 Vous avez tourné 8 films, quand même, avec les frères Dardenne.
03:09 Des petits rôles, beaucoup.
03:11 Mais quand même, ça a été une révélation pour vous.
03:14 Ça a été une révélation.
03:15 Ça m'a sorti des 4 murs du théâtre.
03:17 Ça m'a permis de découvrir un autre univers, une autre façon de faire.
03:21 Et je m'y plais parce que là, ça fait quand même presque 30 ans que je fais du cinéma.
03:27 J'ai presque plus fait de théâtre.
03:29 Parce que ça m'a permis de sortir et de rencontrer les gens.
03:32 Il faut croire que je suis curieux.
03:34 Allez, un dernier extrait.
03:36 Bertrand, tu n'es pas là pour refaire le monde.
03:39 Tu es là pour reprendre les 5 points de sondage qu'on va perdre avec les gardes.
03:43 Alors je veux de l'écoute, du terrain.
03:47 Tu fonces là où ça gronde.
03:49 Notre session, ce sera désamorcé, désamorcé, désamorcé.
03:53 Alors, c'est pas Macron qui parle à Gabriel Attal.
03:57 Mais ça ressemble, Olivier Gourbert, 2011.
04:00 Vous jouez un ministre des Transports dans L'Exercice de l'État.
04:03 On vous voit souvent jouer des personnages comme ça, d'hommes politiques, de magistrats, d'hommes de pouvoir.
04:08 Vous avez même incarné Éric Dupont-Moriti avant qu'il ne devienne ministre.
04:12 C'était dans Intime Conviction.
04:13 Vous aimez ce genre de personnages-là ?
04:16 Olivier Gourbert, vous êtes avec nous ?
04:18 Oui.
04:19 Non, je réfléchis à votre question.
04:22 Pas uniquement et spécialement ces personnages-là.
04:26 Mais c'est vrai que les personnages comme ça de pouvoir, ça m'a toujours un peu interpellé.
04:32 Parce que ça ouvre le débat systématiquement, quelle que soit la personnalité politique.
04:37 On peut débattre de chacun d'entre eux, d'entre elles.
04:41 Donc voilà, ce sont des êtres humains.
04:43 Et tout ce qui est un être humain me chatouille.
04:45 J'ai envie de gratter, de voir, de connaître.
04:48 Et voilà, ça m'a permis pour L'Exercice de l'État, à l'époque,
04:51 de passer deux jours avec Frédéric Mitterrand qui était le ministre de la Culture.
04:55 Donc c'était amusant de rentrer au sein du ministère
04:57 et de sentir l'ambiance du ministère et ce qui se passe dans un ministère.
05:00 La tension même à la culture et du travail.
05:03 La somme de travail qu'il y a.
05:05 Ces réflexions qui me tenaient sur sa position en politique en tant qu'être humain.
05:10 Ce qui ne pouvait encore se permettre, ce qui ne pouvait plus se permettre.
05:13 Et pareil avec Éric Dupond-Moretti.
05:16 Je passais aussi deux ou trois jours avec lui dans un tribunal.
05:20 On allait manger le midi et le soir ensemble dans sa cantine à Paris.
05:23 C'est amusant de les approcher.
05:25 C'est amusant de les approcher.
05:27 Éric Dupond-Moretti, j'avais une certaine estime pour lui, que j'ai toujours d'ailleurs, depuis lors.
05:32 Et donc j'étais curieux de me frotter à l'homme et de voir...
05:36 Mais il y a une ressemblance entre vous, lui, dans la voix, dans le physique.
05:39 C'est bluffant. Il faut voir ce film aussi, une intime conviction.
05:43 Et c'est vrai que vous jouez à votre manière aussi un personnage de pouvoir
05:47 dans cette série de grâce qui arrive sur Arte jeudi.
05:50 On en parle dans un instant. A tout de suite.
05:52 [Musique]
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