00:00Il est 18h20, bienvenue à vous qui nous rejoignez.
00:04Bonsoir André Laignel.
00:05Bonsoir.
00:06Vous êtes maire d'Issoudun, vice-président de l'Association des maires de France et
00:09vous présidez le comité des finances locales à l'Assemblée nationale.
00:13Le traitement choisi par le docteur Barnier, c'est celui de la réduction des dépenses
00:17publiques.
00:18La France est au bord du précipice, a notamment déclaré notre nouveau chef de gouvernement
00:21dans son discours de politique générale.
00:23Est-ce que vous trouvez qu'il en rajoute ?
00:26La France est un très mauvais Etat, mais ça ne peut pas faire le lien avec les collectivités
00:32territoriales qui, elles, sont correctement gérées.
00:34On parle du déficit, il y a 150 milliards de déficit public, les collectivités territoriales
00:41n'en représentent que 4 sur 154.
00:43On parle de dette, la dette de l'Etat est de plus de 3 200 milliards, la dette de l'ensemble
00:49des collectivités territoriales est de 210 milliards.
00:53Nous ne pesons en aucun cas sur les comptes nationaux.
00:56Nous sommes bien gérés et je rappelle que c'est une obligation qui nous est faite puisque
01:01tous nos budgets locaux, que ce soit les régions, les départements, les communes, doivent être
01:06votés à l'équilibre et donc nous n'avons pas de déficit.
01:09C'est étrange parce que je ne vous avais pas encore parlé des éventuels déficits
01:13des collectivités locales, mais vous y allez directement, vous vous sentez dans le collimateur.
01:19Il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas se sentir dans le collimateur.
01:23Il y a eu toute une série de fausses informations diffusées directement par certains ministres
01:29et en particulier de l'économie qui annoncent des dérapages qui seraient fantastiques alors
01:35qu'ils ne sont que fantagasmoriques.
01:38Ce n'est pas sérieux, tout ce qui est exagéré est sans importance et on est malheureusement
01:43dans les préconisations qui sont mises en avant, supprimer 100 000 postes.
01:48Justement, pardonnez-moi, c'est là où je vous interromps, mais dans ce rapport publié
01:52aujourd'hui, on le précise quand même par la Cour des comptes, elle préconise effectivement
01:56100 000 suppressions de postes au sein des communes, des départements et autres régions.
02:00On ferait selon la Cour des comptes 4 milliards d'économies par an.
02:04Qu'en pensent les lieux de proximité que vous en êtes ? Par ailleurs, ancien ministre
02:07je le rappelle, donc vous connaissez les deux côtés de la face.
02:11Je confirme, mais ce n'est pas sérieux, tout ce qui est gros et grotesque, enfin 100
02:16000 emplois, on va supprimer quoi ? On va supprimer ceux qui veillent à l'entretien
02:22de nos rues, de nos espaces verts, alors qu'on nous demande bien entendu de soigner la biodiversité,
02:28on va supprimer nos assistantes dans les écoles maternelles, on va supprimer nos animateurs
02:34sportifs.
02:35Est-ce que vous voulez que je continue la liste ?
02:37Non, mais on se dit que tout le monde peut faire un effort André Léniel.
02:43Mais nous avons passé notre temps à faire cela.
02:46Je répète, nos collectivités sont bien gérées.
02:48Et c'est faire injure à l'ensemble des élus de France que de dire le contraire.
02:52Sur les 35 000 communes, qu'il y en ait 5-10 qui ont des difficultés majeures, je
02:59suis prêt à l'entendre, mais c'est l'ordre de grandeur, tout cela n'est pas sérieux.
03:03C'est l'État qui essaie de se défausser sur les collectivités territoriales de sa
03:07gestion totalement calamiteuse.
03:09Donc vous nous dites qu'on est injuste avec nos collectivités locales et qu'on leur
03:12fait porter une responsabilité qui n'est pas la leur ?
03:14Je le confirme.
03:16Il suffit de rappeler les chiffres que je viens de dire.
03:19Nous pesons 4 milliards de déficits alors que l'État en pèse 154.
03:24C'est nous qui au quotidien répondons aux attentes de nos concitoyens.
03:28C'est nous qui incarnons la proximité.
03:31Quand il y a des crises, l'État est aux abonnés absents.
03:34Il suffit de se rappeler la crise sanitaire où ce sont les collectivités territoriales
03:37qui ont dû souvent acheter des masques pour garantir la sécurité de nos concitoyens
03:42qui ont organisé la vaccination.
03:43L'État est aux abonnés absents.
03:46Il est en déliquestance aujourd'hui.
03:47Heureusement, les communes sont là.
03:50Vous nous dites ce soir qu'on fait un mauvais procès à nos collectivités locales quand
03:55on voit ce que sont les déficits que l'on doit à l'État.
04:01Je vous ai bien compris.
04:02Tout à fait.
04:03Je vous ai entendu très ému pour ne pas dire au bord des larmes ce matin devant la
04:07commission des finances de l'Assemblée nationale.
04:10Pourquoi ?
04:11Parce que je trouve qu'il y a une injustice absolue à essayer de faire porter le chapeau
04:16des difficultés financières de la France à ceux qui sont les seuls à tenir le terrain,
04:21à ceux qui sont au contact permanent de la population, à ceux qui essaient de répondre
04:26aux désespérances que nous rencontrons dans chacune de nos communes.
04:29Ça fait 4 ans que nous sommes en crise permanente.
04:32Ça fait 4 ans que les élus locaux répondent présents pour essayer de faire face, quelle
04:37que soit la nature de la crise.
04:38Quand vous voyez une crise sanitaire, nous sommes présents.
04:41Quand vous voyez une crise climatique, qui est auprès des habitants lorsqu'il y a des
04:45inondations ? Qui est auprès des habitants lorsqu'il y a tel ou tel cataclysme qui malheureusement
04:50advient ?
04:51Ce sont les élus locaux.
04:52Cette extraordinaire force que représentent les 498 000 élus locaux, dont je rappelle
04:58que 90% sont totalement bénévoles.
05:00C'est une force pour la France et quand on les met en accusation et qu'on dit qu'il
05:04faut leur supprimer les moyens de répondre aux attentes de la population, oui c'est
05:08un procès totalement injuste et inacceptable.
05:11Donc il n'y a pas de mammouth à dégraisser au sein des collectivités locales ?
05:13Vous en êtes sûr ?
05:14Il y a toujours des améliorations à apporter.
05:17Personne ne dit cela.
05:18Nous passons notre temps à le faire, à rationaliser, à mutualiser, à veiller à
05:23voir les marchés les plus intéressants pour réaliser ce que nous devons faire au service
05:29de nos concitoyens.
05:30Nous sommes tous dans cette démarche, qu'il y ait des améliorations, je l'espère,
05:36on y travaille à chaque budget, on économise, on rationalise.
05:41L'État lui était incapable de le faire et que ce soit ceux qui ont mis la France
05:45dans l'état où nous la constatons, qu'ils soient les auteurs du procès à l'égard
05:49des collectivités, est encore plus inacceptable.
05:52En l'occurrence, je cite le rapport de la Cour des Comptes, les dépenses de personnel
05:56qui représentent un quart des dépenses des collectivités connaissent une croissance
06:00soutenue majoritairement portée par les communes et intercommunalités.
06:04La Cour des Comptes, je vous le rappelle, ce sont des spécialistes pour dire les choses
06:08gentiment quand même.
06:09Oui, mais pour se tromper aussi, ce qui leur arrive assez couramment.
06:14Mais je ne conteste pas que la masse salariale ait évolué, mais de la faute de qui ?
06:19Il y a eu la hausse du point d'indice pour nos collaborateurs et elle était nécessaire,
06:23mais elle était décidée sans aucune concertation avec les collectivités.
06:26C'est l'État qui l'a décidé.
06:28Il a décidé une réforme des catégories C de la fonction publique dans son ensemble
06:32et qui ne pèse que sur la fonction publique territoriale.
06:35Eh bien, c'est encore l'État qui l'a décidé sans concertation avec nous.
06:39En réalité, l'évolution de la masse salariale, qui est de 4,8 %,
06:43il faut se rappeler qu'on était à ce moment-là à 5-6 % d'inflation.
06:47Donc, ça n'a rien de totalement exagéré.
06:50Mais pour 90 %, cette évolution de la masse salariale relève des décisions de l'État,
06:56de l'État dans sa solitude.
06:57C'est ça la réalité.
06:59La révolte d'André Léniel, merdiste soudain vice-président de l'Association des maires
07:02de France et président du Comité des finances locales à l'Assemblée nationale.
07:06Merci beaucoup d'avoir pris la parole sur RTL, monsieur Léniel.
07:09J'ai eu le sentiment d'entendre une liste redécourse, un catalogue et pas de moyens.
07:13Je vous cite après le discours de politique générale du Premier ministre hier,
07:16juste pour faire sourire nos auditeurs.
07:22Dans un instant, le journal de 18h30 et ensuite dans RTL Inside,
07:25la visite organisée par le Hezbollah dans les ruines des bombardements israéliens à Beyrouth.
07:29Nous rejoindrons sur place notre reporter Alice Moreno.
07:32Et puis à 18h45, le médecin Denis Labelle qui se bat pour le droit à mourir
07:36depuis de très nombreuses années dans notre pays.
07:39Un texte de loi était quasiment prêt avant la dissolution.
07:42Mais Michel Barnier veut rouvrir le dialogue.
07:44On va en débattre avec lui.
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