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00:06 Bonsoir. Vincent Parizeau, Agnès Bonfillon.
00:08 Et notre invité événement est donc le maire de Grigny dans l'Essonne. Bonsoir Philippe Riau.
00:13 Bonsoir. Merci d'être avec nous
00:16 pour commenter certaines des mesures annoncées ou évoquées par Elisabeth Borne hier et aujourd'hui à l'issue du comité interministériel
00:24 des villes qui s'est tenue à Chanteloup-les-Vignes et cela donc on le rappelle quatre mois après les émeutes.
00:29 Et tout d'abord je voudrais votre avis sur cette annonce dont on parle beaucoup depuis la mi-journée
00:34 pour développer, favoriser la mixité sociale. Le gouvernement demande aux préfets
00:39 de ne plus attribuer de logements dans les quartiers prioritaires aux ménages les plus en difficulté. Autrement dit
00:44 arrêtez d'ajouter de la pauvreté à la pauvreté. On rappelle que la grande borne à Grigny est un quartier prioritaire donc
00:52 comment vous réagissez vous ce soir à cette annonce ?
00:56 Écoutez sur cette annonce spécifique il y en a eu moins une quarantaine
00:59 ça fait 20 ans qu'on le demande donc on est content que le bon sens
01:04 soit appliqué enfin.
01:07 C'est du bon sens parce que certains craignent justement que
01:11 ces ménages en difficulté qui sont souvent dans l'attente de logements, je crois qu'il y en a près de 100 000,
01:17 doivent encore attendre un peu plus longtemps.
01:23 Il faut que vous compreniez, les auditeurs aussi, que le logement social n'est pas
01:29 uniquement dans les villes populaires. Il y a du logement social partout en France, d'ailleurs
01:34 70% des français ont du logement social.
01:37 L'un des problèmes c'est qu'on ne produit plus du logement social ou du logement public parce que notre système est à l'arrêt
01:43 mais on peut loger dans des villes d'ailleurs qui ne respectent pas la loi
01:48 solidarité renouvellement urbain, vous savez cette loi où on oblige les villes à construire 20% de logement social. Il y a des villes qui préfèrent payer
01:54 des amendes, qui préfèrent être dans le séparatisme d'en haut.
01:57 Il y a du logement social partout en France. Et bien
02:01 pourquoi uniquement dans les quartiers populaires qui concentrent de la pauvreté ?
02:06 Donc moi je trouve que c'est du bon sens, c'est gagnant pour les familles parce que arriver dans un système ou dans un écosystème vulnérable
02:13 ce n'est pas les meilleures conditions même s'il peut y avoir
02:16 de la solidarité. Vous savez dans nos quartiers il y a beaucoup de solidarité, il y a des associations qui font un travail remarquable
02:20 mais non moi je trouve que c'est sain parce que vous savez dans nos quartiers
02:24 les familles qui
02:27 ont un peu de revenus s'en vont et sont remplacées par des gens qui sont plus vulnérables.
02:30 Et donc on a l'impression de faire le boulot sans cesse avec un peu moins de moyens d'ailleurs.
02:35 A condition que ces familles obsciennent ces logements ailleurs ? Mais bien sûr, mais bien sûr absolument.
02:42 Mais là encore je vous dis objectivement on est dans une crise du logement jamais atteinte en France, on ne construit pas assez de logements
02:48 publics. Mais pourquoi monsieur le maire jusqu'ici ces familles n'ont pas accès à d'autres logements sociaux puisque vous le dites
02:54 ce n'est pas que dans les quartiers prioritaires ?
02:57 Parce que
02:59 très techniquement et pragmatiquement
03:01 les préfets
03:02 dans les quartiers populaires où il y a 500, 1000, des fois 2000 logements, et bien ils ont un stock de réservation, un droit
03:09 pour placer et ils ont obligation d'y mettre les personnes les plus en difficulté.
03:13 Et donc dans les quartiers populaires qui sont un peu grands, il y a une masse de logements disponibles plus facile
03:18 à mobiliser que d'autres logements ailleurs où il peut y avoir des logements sociaux,
03:23 30, 40 logements sociaux dans un secteur
03:26 qui se porte plutôt bien, il n'y a pas de mutation, il n'y a pas de gens qui partent et donc il y a un accès un peu
03:32 plus difficile. Donc nous comme on est nombreux et gros, il y a du mouvement et donc je prends l'exemple de la Grande-Borne à Grigny,
03:37 les personnes les plus en difficulté, c'est pas
03:39 les contingents mairies, c'est pas le contingent du baillard social,
03:42 c'est le contingent du préfet parce que le préfet doit loger les personnes les plus vulnérables. Et donc il faut qu'il y ait une meilleure répartition.
03:48 - Alors vous l'avez dit,
03:51 cette mesure, c'est une mesure parmi les 40 annoncées hier et aujourd'hui par la Première Ministre.
03:58 Qu'est-ce que vous retenez d'autre sur les mesures d'ordre social annoncées aujourd'hui ?
04:03 Tiens par exemple les horaires d'ouverture étendus pour les collèges ou les bibliothèques, ça peut changer quelque chose ?
04:08 - Si vous me permettez, se dire qu'hier il y avait un temps sécurité-justice
04:13 après émeute et aujourd'hui on avait un temps cohésion sociale. Je rappelle que ce comité interministériel à la ville est attendu depuis juste un an,
04:19 que ça fait un an qu'on mord les mollets du gouvernement, excusez-moi l'expression
04:24 avec un peu de légèreté,
04:26 pour faire des propositions, pour produire et donc nous avons travaillé avec le gouvernement.
04:31 Parce que si les élus locaux n'avaient pas été là, je pense qu'on aurait eu
04:34 pas de surprise et peut-être des mauvaises surprises. Donc il y a un comité interministériel à la ville qui n'est pas une potion magique, une baguette magique
04:42 avec
04:45 des réponses à tous les problèmes. Il y a des réponses globales qui ont été apportées.
04:48 13 ministres étaient présents
04:51 aujourd'hui à Chantoulé-Vigne et chacun dans son domaine de compétence a apporté des solutions en matière de santé, en matière de logement sur les copropriétés.
04:59 La ministre de la culture n'était pas là, donc l'histoire des 500 bibliothèques ouvertes le dimanche, écoutez moi je sais pas comment ça se paye.
05:06 Parce que si on demande à ce que ce soit les collectivités locales, je veux bien mais juste on va pas pouvoir y arriver.
05:10 Et puis il y a des choses qui sont intéressantes.
05:13 Mettre des doctorants pour la culture scientifique en primaire, pour que les élèves des quartiers populaires
05:20 considèrent que la culture scientifique et la science c'est aussi pour eux. Il y a des petites choses qui relèvent du soft, qui sont intéressantes.
05:27 Et dans le hard, dans les choses structurelles, une nouvelle loi sur les copropriétés dégradées qui est demandée par tous les maires de France.
05:35 Aujourd'hui ça craque dans le logement social, mais ça craque dans le logement privé. Aujourd'hui il y a des catastrophes humaines.
05:41 On court tous après les marchands de sommeil, il y a les ascenseurs qui ne fonctionnent pas, il y a des dégradations majeures, il y a même des morts.
05:47 - Responsabiliser aussi davantage les parents de mineurs délinquants monsieur le maire, ça vous en dites quoi ?
05:52 - Avec cette idée de stage de responsabilité parentale.
05:57 - Ça c'est pas les mesures de ce matin, c'est les mesures d'hier.
06:02 Avec du en même temps du soutien aux familles monoparentales. Je rappelle une famille sur cinq en France est monoparentale.
06:08 40% des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté,
06:11 et 30% de ces familles monoparentales n'ont pas accès à leurs droits. Et donc hier il y avait du en même temps entre la responsabilisation
06:18 et puis un soutien particulier à ces familles fragiles. Sur la question que vous me posez,
06:25 écoutez moi je pragmatiquement je sais pas comment on fait quand une famille
06:28 il y a deux enfants qui réussissent et le troisième qui part un peu en sucette, excusez moi, qui devient délinquant.
06:35 On tape sur les parents parce qu'il y en a deux qui réussissent et un qui réussit pas.
06:41 Donc très concrètement ça va être un peu compliqué.
06:43 - Et pour des parents de trois enfants qui ne réussissent absolument pas, aucun aucun d'entre eux et qui ont des soucis avec
06:48 la délinquance ?
06:50 - Ça s'accompagne.
06:52 C'est les parents qui n'y arrivent pas. Vous savez être parent même quand on est deux dans la famille c'est compliqué.
06:56 Qui peut dire qu'aujourd'hui c'est dur, c'est facile d'élever un enfant avec la violence qu'il y a,
07:03 avec ce que traversent nos enfants. La jeunesse elle est...
07:06 c'est compliqué aujourd'hui d'être jeune et d'être enfant dans notre pays. Vous trouvez pas que c'est pas plus difficile qu'il y a 20 ans ?
07:11 Fondamentalement ? Donc c'est dur, l'acte parental est dur.
07:14 Donc il faut retravailler toutes ces questions là. C'est bien de poser le débat.
07:19 Je suis pas d'accord sur un certain nombre de solutions.
07:21 - Non mais on sent que vous estimez que...
07:23 - Il faut s'interroger.
07:23 - On sent que vous estimez que le plan en deux volets
07:26 présenté hier et aujourd'hui est quand même à la hauteur des enjeux de ce qu'on a connu il y a quatre mois.
07:31 - Merci. - On sent la sonnette d'alarme depuis longtemps.
07:35 - Oui, ça on le sait. On le sait notamment à la mairie de Grigny,
07:39 la ville de Grigny que vous dirigez depuis 20 ans. Merci beaucoup Philippe Riau d'être intervenu ce soir sur RTL.
07:46 Il va être 18h30, on va marquer une
07:49 courte pause et puis ensuite les trois infos à retenir avec Agnès. A tout de suite.
07:54 RTL bonsoir jusqu'à 20h.
07:57 »
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