00:00Oui forcément, nous nous sommes rendus dans ce quartier des Près-de-Vaux où habitait Samuel Gonin les derniers mois de sa vie.
00:06Il était revenu vivre là-bas vers janvier 2024 après une certaine période d'absence.
00:11Et forcément pour les voisins, ça a été un vrai choc d'apprendre que Samuel Gonin était cité dans l'affaire de la disparition de Lina.
00:17Ils décrivent un homme plutôt distant, parfois discret, dont le comportement avait certes changé depuis quelques mois,
00:24mais quelqu'un avec qui ils avaient tout de même plaisir à échanger.
00:28C'est un quartier qui est extrêmement familial, où tout le monde se connaît.
00:31Alors les voisins, forcément, en discutent beaucoup depuis maintenant plusieurs jours.
00:35On a aussi cherché à recueillir l'impression, le sentiment d'une des victimes de Samuel Gonin qui avait été agressée en août 2023 par cet homme.
00:44Elle a appris qu'il était donc cité dans cette affaire.
00:46Et je vous propose d'écouter Monique, 90 ans, qui a témoigné à notre micro.
00:51Je remontais ma rue tranquillement. Il n'y avait personne. Il faisait une chaleur folle.
00:57Et tout d'un coup, je sens qu'on m'arrache mon sac. Je l'ai retenu.
01:02Puis il m'a traînée. Je suis tombée sur mes genoux. Il m'a tirée sur le trottoir.
01:07J'ai eu les genoux tous... Et il tirait toujours mon sac. Et il m'a fait retomber sur mon bras, qui s'est cassé. Voilà.
01:18Et alors là, il a pris mon sac et il s'est enfui. Mais j'avais même pas 200 mètres.
01:25Il y avait mon immeuble. Il faisait beau. Il y avait beaucoup de personnes qui étaient sur leur balcon à prendre le soleil, qui m'ont entendu crier et qui ont tout de suite appelé la police.
01:36Il s'est sauvé. Ils l'ont vu partir. Ils l'ont vu courir. Mais bon, qu'est-ce que vous voulez qu'ils fassent si c'est le temps qu'ils descendent ?
01:43Et puis de toute façon, ils auraient rien pu faire. Il n'y avait personne dans les rues. Il faisait trop chaud. Il n'y avait personne.
01:49Bon, je sais que j'ai été très entourée. Le lendemain, je suis partie chez ma fille. Elle m'a dit « Tu restes pas là. Tu viens à la maison ».
01:55Bon ben, je suis partie. J'ai été un mois chez ma fille. Je faisais rien. Je me reposais.
02:01Et cet homme, après, vous avez su qui c'était ?
02:03Non, non, non, non. Personne n'a su. On n'a pas su. Bon, la police, elle, m'a dit « Ben oui, on n'a pas pu le voir ».
02:10Il s'est sauvé. Il paraît qu'il avait refait encore un deuxième méfait de sa part.
02:19Et puis bon, ben, au moment où on m'a dit « Oh, ben, il a pris le train. Il est parti ».
02:23Bon, ben, il était parti. D'ailleurs, c'est ce qui s'est passé après. Ils ne l'ont pas retrouvé.
02:27J'ai eu, il y a 15 jours, la police qui m'a appelée en disant « On a des informations sur votre gars. Il va y avoir un procès. On vous préviendra ».
02:43Puis après, on ne m'a plus prévenue puisqu'il est mort. Voilà.
02:46Si je plains les parents qui cherchent leur fille, parce que je me mets à la place de ces parents qui, depuis 5, 6 mois, je ne sais pas, n'ont pas de nouvelles de leur fille.
02:56Ils ne savent pas où elle est, si elle a été... Bon. C'est catastrophique, ça. Alors moi, je me dis, moi, c'était rien par rapport à ça.
03:07Beaucoup d'émotions, donc. Beaucoup de questions aussi dans le voisinage de Samuel Gonin pour savoir quel rôle il aurait pu jouer dans la disparition de Lina.
03:17Et je vous rappelle parce que c'est important qu'il s'agit, certes, du suspect principal, mais d'un suspect. Il est donc, pour l'instant, toujours présumé innocent.