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  • il y a 2 ans

Dans Europe midi, Thomas Schnell et ses invités débattent des dernières actualités.
Retrouvez "Europe 1 13h" sur : http://www.europe1.fr/emissions/europe-1-midi3

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Transcription
00:00Alors il y en a un qui a voulu sortir des feux des projecteurs, c'est Joe Biden aux Etats-Unis
00:06qui a renoncé à être candidat pour les Démocrates lors de la présidentielle, c'est dans 107 jours.
00:14Tant mieux pour le camp démocrate aujourd'hui, il était devenu une épine dans le pied.
00:20Oui, très clairement oui, les sondages le démontraient.
00:26Des sondages même étaient faits dans les équipes démocrates, dans les Etats-clés,
00:30puisqu'on sait que la présidentielle américaine c'est un suffrage indirect.
00:33Attention, ce n'est pas comme en France où c'est une élection directe,
00:37et donc ça se joue par Etats, et il y a des Etats qui sont les Etats bascules, les swing states,
00:42et dans ces swing states, les résultats des sondages étaient catastrophiques.
00:46Et c'est ça qui a, semble-t-il, poussé Joe Biden et son équipe très rapprochée à se dire
00:52là il faut arrêter, il faut essayer de trouver une autre solution.
00:55Donc oui, ça rebat complètement, peut-être pas complètement,
00:59mais ça rebat en bonne partie les cartes de cette présidentielle
01:02où Trump semblait sur un boulevard, le boulevard d'une victoire annoncée.
01:06Il marchait sur l'autre un peu, qui a survécu à cette tentative d'assassinat ?
01:10Cette tentative d'assassinat était, si j'ose dire, une bénédiction.
01:16D'ailleurs, compte tenu du climat aussi particulier aux Etats-Unis,
01:20les élections, lorsque l'on évoque la protection de Dieu,
01:25on évoque finalement celui qui serait désigné par le Seigneur,
01:30et il est clair aussi, pour en revenir à Biden,
01:33qu'il y a un âge où il faut savoir se retirer.
01:38Et ça n'est pas si simple, c'est d'autant moins simple qu'on ne voyait pas,
01:44j'allais dire on ne voit toujours pas,
01:46mais on ne voyait pas qui pouvait, à sa place, affronter Trump.
01:51Alors, ce sera la vice-présidente, probablement, c'est bien.
01:56Aura-t-elle l'aura, l'autorité, la force suffisante ?
02:01Peut-être. En tout cas, ce qui est intéressant,
02:03et j'allais dire presque amusant,
02:05c'est que le vieux dans l'histoire, désormais, c'est Trump.
02:10Ils n'ont que quatre ans d'écart, Donald Trump et Joe Biden.
02:13Elle, elle a 59 ans, elle sera peut-être la candidate des démocrates, Kamala Harris.
02:17C'est la meilleure solution anti-Trump ?
02:19Je ne sais pas, si on regarde les sondages préalables au retrait de Joe Biden,
02:25ce n'était pas la démocrate la mieux placée.
02:29Le fait que Biden se retire et qu'il lui donne cette légitimité en disant « je la soutiens »
02:35peut changer, y compris le regard des électeurs et la donne dans les sondages.
02:41Mais il y avait d'autres démocrates qui étaient peut-être mieux placées qu'elle.
02:46Pendant quatre ans de vice-présidence, elle n'a pas marqué la vie politique américaine.
02:52Et donc, c'est une femme qui est sympathique,
02:56mais qui n'a pas réussi à marquer le débat,
02:59le débat public américain qui est extrêmement tendu, qui est extrêmement dur.
03:03Je souligne que les démocrates, juste d'un mot,
03:06non seulement se relancent dans une présidentielle américaine qui n'est plus perdue d'avance,
03:11mais ils envisagent aussi beaucoup, c'est très important pour eux, de sauver une majorité au Sénat.
03:16Parce que vous savez qu'aux Etats-Unis, on vote pour le président, pour une partie des sénateurs,
03:21et pour l'intégralité des chambres de représentants, plus toute une série de fonctions locales.
03:25Et c'est très important en cas d'élection de Trump, si les démocrates gardent une majorité au Sénat
03:30qui a des pouvoirs en matière de politique étrangère, c'est très important pour les démocrates.
03:35Je pense, s'agissant de la candidature potentielle encore de Kamala Harris,
03:41qu'il y a un point qu'on n'a pas envisagé, c'est le fait que ce soit une femme.
03:46Ce qui fasse à Trump est important.
03:49Bon, disons-le, Donald Trump ne fait pas dans la nuance,
03:53il est dans la brutalité, il est dans la rusticité,
03:57il a eu cette effroyable grossièreté au moment où Biden a annoncé son retrait,
04:04il a parlé de l'escroc au Biden, c'était même pour quelqu'un de lointain,
04:09comme peut l'être un citoyen français, c'était quelque chose de choquant.
04:13Je pense que cette grossièreté, qui trouve peut-être un écho chez certains Américains,
04:19aura au contraire un effet négatif si la cible visée est une femme.
04:25Une femme issue de l'immigration, qui est californienne, qui a été procureure,
04:31est-ce que c'est une manière de transformer cette élection présidentielle américaine
04:35en vote pour ou contre Trump, en grand référendum pro-anti-Trump ?
04:43Oui, vous avez certainement raison, c'est Trump qui est maintenant le favori,
04:47il est peut-être un petit peu moins qu'avant le retrait de Biden,
04:51il reste le favori, et donc cette élection peut se transformer en référendum sur Trump.
04:58Trump fidélise ses soutiens très fortement, y compris avec sa grossièreté ou sa misogynie,
05:04mais en même temps il provoque, c'est le propre de toute personne clivante,
05:08c'est qu'il peut provoquer une forte mobilisation aussi contre lui.
05:12Ce qu'on avait vu lors de la précédente présidentielle où Biden avait obtenu un nombre de voix
05:18dans le cadre d'une participation électorale qui avait été, je crois, record,
05:23enfin qui en tout cas avait été massive, et qui était suscitée par Trump.
05:26Donc oui, vous avez tout à fait raison, tout va beaucoup très autour de Trump.
05:30Il nous reste une minute, est-ce que les démocrates ont une chance ?
05:32Je pense que les démocrates ont une chance pour la raison suivante,
05:36c'est que ceux qui hésitaient à voter Trump, qui étaient réticents à l'idée de voter Trump
05:42se disaient, oui, si je ne vote pas Trump, il faut que je vote Biden.
05:47Aura-t-il la force d'assumer cette fonction ?
05:51Aura-t-il être le porte-parole de l'idée, on va dire libérale au sens large,
05:56que je voudrais voir advenir à la présidence ?
05:59De telle sorte que cette hésitation pouvait soit amener un certain nombre d'électeurs à l'abstention,
06:05soit même, pour le plus hésitant, à voter Trump.
06:09Là, l'hypothèse d'un vote qui n'irait pas à Trump n'est pas en soi sujet à des inquiétudes.
06:18Et en cela, je pense que c'est une sorte de rebond pour les démocrates.
06:23Oui, ils ont retrouvé une chance.
06:26Ils restent outsiders de cette élection et Trump reste le favori.
06:30Il reste 107 jours. Merci messieurs d'être venus sur Europe 1.
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