- il y a 2 ans
Émission spéciale à l'occasion de la campagne des élections législatives, animée par Jacques Serais. Il reçoit à son micro chroniqueurs et auditeurs pour commenter l'actualité politique. Aujourd'hui, les électeurs qui se sentent tiraillés dans leur choix électoral pour le second tour des élections législatives.
Si vous souhaitez réagir, vous pouvez composer le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé).
Retrouvez "Europe 1 Matin" sur : http://www.europe1.fr/emissions/le-6-9
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NewsTranscription
00:00Europe 1, Jacques Serret.
00:03Jacques Serret qui vous accompagne jusqu'à 11h sur Europe 1 pour cette émission spéciale législative.
00:08C'est le dernier jour de campagne aujourd'hui.
00:10Vous pouvez bien sûr réagir, poser vos questions, apporter vos témoignages.
00:13Ça se passe au 01 80 20 39 21 Jacques.
00:16Nous sommes ensemble jusqu'à 11h.
00:18Benjamin Morel, docteur en sciences politiques et maître de conférences droits publics à Paris 2
00:22est toujours avec nous dans ce studio et nous accueillons Philippe Guibert.
00:25Bonjour Philippe.
00:26Bonjour Jacques.
00:27Merci beaucoup de nous avoir rejoints dans ce studio.
00:29Bien sûr, appelez-nous sur l'antenne d'Europe 1.
00:32José vient de décrocher son téléphone.
00:34Bonjour José.
00:35Bonjour Monsieur Serret.
00:37Merci beaucoup d'appeler Europe 1.
00:40Votre conviction, c'est malgré toutes ces alliances, malgré ce front contre le Rassemblement national,
00:46votre conviction c'est que le RN va l'emporter avec une majorité absolue dimanche soir ?
00:52Malheureusement oui.
00:54Malheureusement pour la bonne et la simple raison c'est qu'aujourd'hui vous faites des comptes arithmétiques.
00:59Mais je pense que les français, d'une manière générale compris,
01:02j'ouvre une parenthèse en vous précisant que je suis plutôt sociodémocrate.
01:07En 2017 j'ai voté Macron.
01:09En 2022 évidemment j'ai voté à droite malgré mes convictions de gauche.
01:13Le problème c'est qu'aujourd'hui automatiquement je vais basculer de l'autre côté
01:17parce qu'il y a un choix qui est fait entre l'ex-NUPS et l'FI,
01:21le Nouveau Front Populaire, appelez-le comme vous voulez,
01:24qui est totalement insupportable.
01:26Et toute cette machine qui est en train de se mettre en place,
01:31soi-disant pour faire barrage au RN,
01:36ok, ça me semble bien dans l'absolu,
01:40mais ce sont tous les mensonges qui vont autour.
01:42Et les français aujourd'hui pensent par eux-mêmes.
01:44Vous oubliez un paramètre, c'est qu'en réalité au fond d'eux,
01:47ils en ont assez.
01:48Assez de cette situation un peu complexe,
01:50où finalement on leur donne des consignes.
01:52Non !
01:53Si à la limite, à un moment donné, le président ou le premier ministre
01:56pouvaient dire simplement les choses, s'il vous plaît,
01:59ou français, soyez raisonnables et raisonnés,
02:02allez voter pour le bloc qui va se mettre devant Marine Le Pen.
02:07Non ! Ils parlent de consignes.
02:09C'est incroyable.
02:10Le français aujourd'hui pense par lui-même.
02:12C'est fini le temps de, pardon l'expression,
02:15mais le temps de papa, c'est terminé, ça n'existe plus.
02:18Le français va penser par lui-même et va aller voter Marine Le Pen.
02:22En ce qui me concerne, je vais le faire.
02:24Tous mes enfants et mon épouse,
02:25qui ne supportent pas Marine Le Pen, vous imaginez,
02:28elle va aller voter pour le Front National.
02:31Parce que c'est impossible.
02:32Donc vous n'êtes pas d'accord avec Madame ?
02:34Non, voilà.
02:36Mais c'est impossible, dans notre vision des choses,
02:38de voter pour l'ANUX.
02:40C'est impossible.
02:42C'est pas jouable.
02:44Donc à partir de ce moment-là,
02:45je pense que beaucoup de français seront exactement comme moi.
02:48Je suis d'origine évidemment portugaise.
02:51Aujourd'hui, quand je vois ce qui se passe dans ce pays,
02:54qui est absolument une catastrophe,
02:56en matière d'insécurité, le pouvoir d'achat,
02:58ok, tant pis, c'est la vie.
03:00C'est très intéressant, je sais ce que vous nous dites là.
03:03Je vais faire réagir Philippe Guybert.
03:05Vous voyez, on est à deux jours d'un vote crucial pour le pays
03:09et ça déchire presque des familles.
03:11Vous voyez, il y a un monsieur qui est anti-Assemblée Nationale
03:13et madame qui est là et qui dit
03:16non, hors de question, je ne veux pas voter pour cette alliance contre nature
03:19dans laquelle il y a Emmanuel Macron.
03:21Oui, mais je trouve que votre auditeur,
03:23il résume bien la situation des français dans beaucoup de circonscriptions
03:27parce que tout dépend du choix qui vous est offert,
03:30qui a été fortement réduit par les désistements,
03:33du choix qui vous est offert dans chaque circonscription.
03:36Et donc il y a des électeurs qui se retrouvent face à un choix
03:39entre un candidat de gauche et l'ORN,
03:41d'autres ça va être un macroniste et l'ERN.
03:44Et tout ça, évidemment,
03:47remue les électeurs et les faits
03:50parfois choisir dans un cadre,
03:54on ne va pas dire cornélien,
03:56en tout cas avec de fortes hésitations
03:58et le sentiment qu'ils ont un choix forcé.
04:01Parce qu'en fait, qu'est-ce qui s'est passé ?
04:03C'est un peu comme si dans chaque circonscription,
04:05enfin dans la plupart, il reste une petite centaine de triangulaires,
04:08dans les 400 circonscriptions où il y a un duel,
04:11c'est un peu comme un deuxième tour de la présidentielle.
04:14Au deuxième tour de la présidentielle, il ne peut y avoir que deux candidats.
04:17Alors ce n'est pas toujours les deux candidats
04:20qu'on préfère et pour lesquels on a voté au premier tour.
04:23Oui, mais avec la très forte participation,
04:26ces candidats pouvaient se maintenir.
04:28C'est un peu ça ce qui met en colère les français de ce qu'on comprend.
04:30C'est qu'ils auraient aimé finalement que les candidats se maintiennent
04:33et que leur choix soit respecté.
04:36Du moins que cette forte participation soit respectée, il y a un peu de ça.
04:39Alors soyons lucides jusqu'au bout.
04:41Si on préfère ça, on sait très bien qu'en maintenant un troisième candidat
04:44qui avait pratiquement aucune chance de gagner,
04:47ça favorisait le premier arrivé.
04:50Il faut aller jusqu'au bout du raisonnement.
04:53La règle en France sur deux tours,
04:56c'est au premier tour on choisit,
04:59au deuxième tour on élimine.
05:01José, vous êtes toujours avec nous.
05:02Est-ce que vous êtes d'accord avec l'analyse de Philippe Guybert ?
05:04Oui, il manque juste un paramètre.
05:06C'est la démocratie élective.
05:08Il manque juste un paramètre.
05:10Le gros problème pour moi, tout de suite, la question que je me pose,
05:12c'est finalement, il y a 12 millions environ,
05:15entre 11 millions et 12 millions, je ne sais pas, je ne connais pas les chiffres exacts.
05:18Il y a 12 millions de personnes qui vont être techniquement flouées
05:21parce qu'ils ont peur quand ils sortent dehors.
05:24Mon épouse aujourd'hui a peur d'aller en ville.
05:27Est-ce que vous vous rendez compte de ce que je vous dis ?
05:29C'est-à-dire qu'en réalité, et là aujourd'hui finalement,
05:32tout le système politique, quel qu'il soit et de quelque bord qu'il soit,
05:35se retrouve à dire, ce qui n'était pas le cas jusque maintenant,
05:39qu'il y a une insécurité.
05:41Moi, je suis sûr que Macron a perdu cette élection
05:44et va perdre cette élection, pour la bonne et simple raison,
05:47c'est le déni qu'il a fait, et particulièrement avec son ministre,
05:50qui s'appelle Dupond-Moretti.
05:51D'ailleurs, si j'ai bien lu, il est consenti pour rentrer...
05:55Alors, ce n'est pas fait.
05:56Conseil constitutionnel s'est demandé de faire.
05:57En tout cas, visiblement, il y a quelques aspirations, en effet.
06:00Alors, c'est totalement insupportable.
06:02C'est-à-dire qu'on a un ministre, un garde des Sceaux,
06:04qui nie complètement, à la limite, la situation.
06:08On a des gens qui ont peur, mais vraiment peur,
06:11de sortir la nuit aujourd'hui.
06:13Je ne sais pas si vous vous rendez compte.
06:14C'est-à-dire qu'à partir de 17h,
06:16que ce soit mes petits-enfants ou mes enfants d'une manière générale,
06:19l'hiver, à 17-18h, ils ne sortent plus.
06:23Est-ce que vous vous rendez compte de la situation du pays ?
06:25C'est vraiment extraordinaire de voir.
06:27Vous vivez où, José, pardon ?
06:29Aux alentours de Lille.
06:31D'accord.
06:32Je ne préfère évidemment pas vous dire exactement.
06:34C'est évident.
06:36Mais c'est évident que, si vous voulez,
06:38cette situation qui a perduré pendant sept ans
06:41est absolument hallucinante.
06:45Et je pense que la plupart des Français sont en colère,
06:48comme je le suis, à cause de ça.
06:50Parce que, finalement, moi qui ai 60 ans aujourd'hui,
06:52OK, mais j'ai des enfants, des petits-enfants.
06:55Et ça, ce n'est plus possible.
06:57Ce n'est pas tenable.
06:58Non, c'est très éclatant.
06:59Merci, José.
07:00Que ce soit la faute de qui vous voulez,
07:02ça, c'est un autre sujet et un autre débat.
07:04Mais aujourd'hui, je suis convaincu que Le Pen va avoir ça.
07:07Ça, c'est indiscutable.
07:08Benjamin Morel.
07:09Vous entendez notre auditeur, José,
07:11qui nous explique finalement que le vote,
07:12il n'est même pas animé forcément
07:14par des convictions politiques,
07:16de droite, de gauche, du centre.
07:18Finalement, c'est juste animé par le souhait
07:21de vivre en sécurité pour certains.
07:24Alors, il y a le facteur sécurité,
07:26mais il y a également le facteur social, en fait,
07:28qui fait que le RN a, ces dernières années,
07:30progressé fondamentalement dans l'opinion,
07:32en plus de la dégaybolisation, de la normalisation, etc.
07:35Il y a également,
07:36et ça, c'est quelque chose de très, très fort,
07:38une forme de retournement du stigmate.
07:40C'est-à-dire que pendant des années,
07:42Voter Assemblée Nationale était stigmatisé,
07:44mal vu, etc.
07:45Et là, tout d'un coup,
07:46on a toute une partie des électeurs,
07:47et votre matinale et ses auditeurs en témoignent,
07:51qui aujourd'hui le disent et sont fiers de le dire.
07:53Comme si tout d'un coup, il y avait une possibilité...
07:55Mais ce n'est pas un problème !
07:56C'est-à-dire que monsieur est contre le RN,
07:58son épouse vote pour !
07:59C'est-à-dire qu'il n'y a pas de front républicain !
08:02Et c'est quelque chose qui est socialement...
08:04Et je ne pense pas que monsieur dise de sa femme
08:06qu'elle est anti-républicaine !
08:07C'est quelque chose qui est aujourd'hui
08:09socialement dit et socialement porté.
08:11Et donc, c'est le témoignage d'une forme
08:13de capacité à l'emporter,
08:16voire même de fierté de ce vote.
08:18Et parce que la victoire était accessible.
08:20Et donc là, on en vient au deuxième élément,
08:22c'est-à-dire que si la victoire échappe au RN,
08:24ce qui sera très probablement le cas,
08:26parce qu'il n'aura pas d'allié à l'Assemblée nationale
08:28lui permettant de constituer une majorité absolue,
08:30on va avoir un électorat fondamentalement frustré.
08:32Et cette frustration, potentiellement,
08:34elle peut être, à terme, relativement éruptive.
08:37Donc, on va avoir des partis qui vont devoir
08:39s'accorder pour faire une alliance.
08:41Ils y sont nécessairement conduits
08:43pour des raisons d'intérêt public.
08:45Et en même temps, le vainqueur, malgré tout,
08:48sera le RN, parce qu'il aura le premier groupe,
08:50avec les collaborateurs que ça implique.
08:52Il y aura beaucoup d'argent,
08:53parce que le financement de la vie politique
08:55est lié au score que vous avez fait au premier tour.
08:57Et ensuite, le narratif pour 2027 est tout trouvé.
09:00On nous a volé la victoire.
09:02La prochaine fois, faites qu'on ne nous la vole pas.
09:05Benjamin Morel, Philippe Liber,
09:07on marque une pause dans un instant.
09:09Justement, on va entendre cette colère, cette frustration,
09:11avec un reportage extrêmement clair
09:15de Maximilien Carlier à Lens.
09:17A tout de suite sur Romand.
09:22Une spéciale législative avec Jacques Serré
09:24sur Europe 1 jusqu'à 11h.
09:26Dernier jour de campagne ce vendredi, Jacques,
09:28avec vos invités et toutes les réactions
09:30des auditeurs d'Europe 1 au 01.80.20.39.21.
09:33Et en studio avec nous Philippe Guybert
09:35et Benjamin Morel.
09:37Il y a véritablement une colère
09:39chez une partie des électeurs
09:41à la vue de ce qui s'est passé cette semaine
09:43avec ces alliances, on peut le dire,
09:45contre nature, entre macronistes,
09:47une partie de la gauche,
09:49de l'extrême gauche jusqu'aux insoumis.
09:51Cette colère, Maximilien Carlier,
09:53il l'a très bien saisie.
09:55Il s'est rendu dans le bassin minier
09:57du côté de Lens
09:59et je vous propose d'écouter son reportage.
10:01Dans la circonscription de Lens,
10:03le Rassemblement National a récolté
10:0552% des voix. Le candidat
10:07RN a été élu dès le premier tour.
10:09Mais ce qui inquiète surtout les sympathistes
10:11en Comchantal, c'est cette grande coalition.
10:13On voit la victoire au RN, c'est lui
10:15qui est passé, c'est lui qui a
10:1733% je crois. Mais laissez-le,
10:19s'il est passé, c'est que les français aient envie qu'il passe.
10:21Donc M. Macron, M. Attal,
10:23M. Mélenchon, tout ça, laissez-nous
10:25tranquilles. Laissez M. Bardella
10:27gouverner, ajoute-t-elle.
10:29Et quand le président du parti dénonce
10:31justement sur BFM ce barrage,
10:33nous sommes quoi, des sous-citoyens,
10:35des sous-électeurs ? Eh bien cela fait réagir
10:37Paul, autre électeur RN.
10:39Jordan Bardella a raison, on n'est vraiment
10:41pas considérés. On est considérés comme des
10:43moins que rien. La manifestation
10:45apportée lors de ce dernier tour
10:47des législatives prouve bien que les
10:49français sont mécontents du système actuel.
10:51Il faut un changement total
10:53selon cet ancien militant socialiste
10:55qui déplore cet entre-deux-tours
10:57du pur magouillage, conclut-il.
10:59Lens, Maximilien Carlier,
11:01Europe 1. Nous sommes en ligne avec
11:03Elisabeth, Elisabeth qui n'habite pas
11:05à Lens mais qui vit dans
11:07la Drôme. Bonjour Elisabeth.
11:09Bonjour, merci de prendre mon appel
11:11en tous les cas. Merci de nous appeler.
11:13Ce sentiment de colère
11:15que l'on vient d'entendre avec les
11:17personnes qu'a rencontré Maximilien Carlier
11:19dans le Nord, c'est aussi quelque chose
11:21que vous partagez ?
11:23Oui, alors moi j'ai envie de dire
11:25c'est dommage que chaque fois on ne parle pas
11:27des français vraiment, parce que
11:29que ce soit de gauche ou de droite,
11:31c'est quoi ce hurlement de douleur ?
11:33Je me suis permis de vous appeler quand
11:35j'ai entendu une de vos invitées
11:37parler de la brutalité.
11:39On est brutalisés en permanence
11:41et je pense que
11:43tous les français souffrent.
11:45Qu'est-ce que veut un français ?
11:47Il veut vivre de son travail,
11:49il veut bien vivre. Et quand vous
11:51avez des donneurs de leçons avec
11:533000 milliards de dettes qui vont vous dire
11:55comment gérer nos foyers et nos
11:57entreprises, et bien les français
11:59ils sont exaspérés.
12:01Et c'est tous les français.
12:03Et cette brutalité, on a été
12:05baïonnés par le Covid.
12:07On nous a dit nous taire.
12:09On ne peut pas, nous,
12:11j'entends M. Le Maire
12:13sur votre antenne, je lève les yeux
12:15au ciel, on nous donne des leçons
12:17alors que la France n'est pas gérée.
12:19Elle est mal gérée.
12:21Et tout ça nous retombe dessus, pourquoi
12:23les français sont en colère ?
12:25Parce qu'ils sont malheureux, de tout bord.
12:27On veut juste bien vivre avec
12:29nos salaires, notre entreprise
12:31et surtout nos foyers. Comment
12:33un foyer pourra être endetté comme l'État ?
12:35Comment une entreprise, dès qu'on a
12:37sa découverte...
12:39Ce sont les consignes
12:41de vote, par exemple, lorsqu'on entend qu'il y a
12:43un Mbappé, par exemple, qui est le capitaine
12:45de l'équipe de France, appelé à voter
12:47plus pour un camp qu'un autre, c'est quelque chose qui vous
12:49exaspère ? Vous savez ce qui se
12:51passe ? Plus personne n'est à sa place.
12:53C'est-à-dire, on mélange
12:55un sportif, il doit
12:57faire son sport, point. Il n'a pas
12:59à prendre parti parce que cet homme
13:01sur la jeunesse a beaucoup d'influence sur des
13:03jeunes un petit peu fragiles,
13:05qui n'ont peut-être pas un foyer.
13:07C'est aussi un citoyen.
13:09Il donne son avis. C'est un citoyen
13:11mais qui doit rester à sa place.
13:13Il donne son avis en dehors du sport.
13:15Et ça c'est très grave pour moi.
13:17Que ce soit les chanteurs,
13:19cette
13:21montée de bouclier
13:23contre un parti, c'est odieux. En plus
13:25ça fait l'effet contraire. Ils n'ont pas compris
13:27que ça fait l'effet contraire. Vous pensez
13:29que ça va favoriser justement
13:31le rassemblement national dimanche soir ?
13:33Les gens en ont assez.
13:35Ils ont besoin de personnes pour savoir pour qui
13:37ils votent. C'est inadmissible.
13:39Inadmissible.
13:41Le peuple est en souffrance.
13:43En souffrance de tout. En souffrance
13:45d'aller se nourrir. En souffrance
13:47de se loger. En souffrance
13:49quand vous avez un problème médical.
13:51Vous avez peur d'aller à l'hôpital.
13:53Vous ne trouvez pas de médecin.
13:55Mais imaginez un seul instant Elisabeth. Vous vous croyez
13:57à la majorité absolue du rassemblement national
13:59donc que ces consignes de vote ne fonctionnent pas.
14:01Mais imaginez dimanche soir
14:03que finalement ça ait fonctionné.
14:05Que ce front, cette coalition
14:07contre nature ait fonctionné.
14:11Ce sera quoi votre réaction dimanche soir ?
14:13Alors moi dimanche soir
14:15je pense qu'on est à un tournant
14:17historique de notre vie.
14:19Et il faut qu'en France il se passe
14:21quelque chose. Mais si ce n'est pas le cas.
14:23Et bien si ce n'est pas le cas
14:25on va vers des...
14:27On va vers encore plus de
14:29difficultés alors qu'on pensait qu'on touchait
14:31le fond. On est en ce moment
14:33dans une démarche
14:35on croit toujours que c'était le pire
14:37et on s'aperçoit qu'on descend
14:39on descend, on descend.
14:41On a le plus beau pays du monde.
14:43Le plus beau pays du monde.
14:45Et ce président
14:47l'a vendu, l'a souillé
14:49et il nous donne des leçons
14:51et ça c'est insupportable.
14:53Merci Elisabeth.
14:55Moi je suis quelqu'un monsieur
14:57il n'y a que le résultat qui compte.
14:59Le résultat est mauvais, on n'a pas envie de suivre ces gens.
15:01On veut du changement.
15:03Merci Elisabeth d'avoir appelé
15:05Europe 1 ce matin. Merci beaucoup.
15:07Philippe Guibert
15:09cette colère d'Elisabeth
15:11cette colère des habitants du bassin
15:13minier qu'a rencontré Maximilien Carlier
15:15vous l'entendez ?
15:17Vous la percevez ?
15:19Vous avez le sentiment que si dimanche soir
15:21ce front anti-RN fonctionne
15:23c'est vrai qu'on n'a pas
15:25l'habitude de voir les gens de droite
15:27manifester.
15:29Est-ce que c'est quelque chose
15:31que vous pensez imaginable ?
15:33Manifester je ne sais pas
15:35mais en colère oui je le comprends.
15:37Je le comprends et je l'entends.
15:39Cette colère elle vient de loin
15:41elle ne date pas d'il y a une semaine
15:43ou il y a 15 jours
15:45le ressentiment
15:47devant une situation d'insécurité
15:49de manque d'autorité de l'Etat
15:51de sentiment d'une immigration
15:53très mal contrôlée
15:55dans un contexte
15:57de désindustrialisation où on a du mal
15:59à boucler les fins de mois
16:01ce n'est pas tout à fait nouveau.
16:03Et donc je comprends
16:05que ces 10,6 millions
16:07de français qui ont
16:09voté pour des candidats du RN
16:11ou leurs alliés
16:13puissent avoir le sentiment qu'on leur vole leur victoire.
16:15En même temps
16:17ce sont les électeurs qui décident.
16:19Si au deuxième tour
16:21le RN n'obtient pas...
16:23On n'a pas décidé pour eux en se désistant.
16:25Non on n'a pas décidé pour eux
16:27encore une fois.
16:29Le désistement n'est pas
16:31une maldonne de la démocratie
16:33c'est le fonctionnement du deuxième tour à la présidentielle.
16:35Là il n'y a que deux candidats.
16:37Et donc
16:39tous les cinq ans on doit
16:41choisir au premier tour, éliminer
16:43au second tour. Donc ce n'est pas un déni
16:45de démocratie, c'est un choix qui est un peu
16:47plus resserré. Mais
16:49il est évident que quel que soit le résultat
16:51dimanche soir
16:53il faudra quand même
16:55bien prendre en compte
16:57ce qui s'est exprimé dans le vote
16:59du RN
17:01qui a quand même progressé en cinq ans
17:03d'une dizaine de points, notamment
17:05dans le vote féminin, notamment sur la question
17:07de l'insécurité. Si on n'entend pas ça
17:09quel que soit le résultat
17:11dimanche soir, ça sera
17:13là pour le coup un énorme problème
17:15qui nous explosera à la figure à un moment
17:17ou un autre, un peu plus tard.
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