- 20/05/2024
26 mars 2004 il est 11h35, Laurent Bary, 35 ans, éleveur de poulets rentre chez lui à Lanneau près de Dijon. Alors qu´il pénètre dans le salon il découvre une scène d´horreur, sa femme Valérie, 38ans, gît au sol, elle a le crâne fracassé et a été sauvagement poignardée de treize coups de couteau. Immédiatement alertés les gendarmes trouvent près du corps de Valérie, l´arme du crime, un couteau de boucher dont la lame mesure plus de vingt centimètres. Mais aucune empreinte, ni aucun ADN ne sera retrouvé, comme si le meurtrier avait miraculeusement effacé toute trace de son passage. Qui pouvait en vouloir à cette aide-soignante sans histoire ? Interrogé Laurent Bary a un solide alibi, il a passé la matinée à livrer des poulets dans la région et l´autopsie révèle que son épouse a été tuée une heure avant que l´homme ne rentre au domicile conjugal. Très vite l´enquête s´oriente sur l´hypothèse d´un cambriolage qui aurait mal tourné car plusieurs objets personnels de la victime ont disparu. 18 mois s´écoulent, jusqu'à ce que la montre de Valérie Bary soit retrouvée à quelques kilomètres seulement de la scène du crime, au domicile d´un proche du mari !
Réalisateur : Virginie Selvetti
Réalisateur : Virginie Selvetti
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PersonnesTranscription
00:00 -Dijon, vendredi 26 mars 2004.
00:04 Il est 11h35, lorsque les secours reçoivent un appel inquiétant.
00:09 -Dépêchez-vous !
00:10 -Il va falloir être par terre !
00:12 -A l'autre bout du fil, un homme couvert de sang
00:16 semble complètement bouleversé.
00:18 -Il hurle, il se met à crier.
00:20 "Elle est morte."
00:21 -Ses propos sont difficilement compréhensibles.
00:24 -Je sais pas ce qu'elle a ! Je sais pas ce qu'elle a !
00:27 -Il hurle. "Où sont mes chiens ?
00:30 "J'aurais dû l'emmener avec moi.
00:32 "J'aurais dû emmener ma femme avec moi."
00:35 -On a quelqu'un en état de choc.
00:37 -Ma femme est par terre !
00:39 -Il appelle les secours.
00:40 "Elle est morte, il y a du sang, ils font venir."
00:43 -Les secours prennent immédiatement cet appel au sérieux.
00:47 Et moins d'une demi-heure plus tard,
00:49 à 12h15, les gendarmes arrivent sur les lieux,
00:53 le hameau de l'anneau sur la commune d'Arconcet.
00:56 -Bonjour, monsieur.
00:58 -A leur arrivée, ils découvrent l'homme qui les a appelés.
01:01 Il s'appelle Laurent Barry.
01:04 Il a 35 ans.
01:06 Il est éleveur de poulets.
01:08 -Vous avez vu quelqu'un ?
01:09 -Quand mes collègues arrivent,
01:11 Laurent Barry se trouve à l'extérieur avec les pompiers.
01:14 -Il a assis sur un banc avec le téléphone à la main, prostré.
01:18 -Il est à la fois, j'ai envie de vous dire, prostré,
01:21 et gémissant. C'est une bête blessée.
01:24 La seule chose qu'il sait dire, "Ma femme est là-bas.
01:26 "Je sais pas ce qui s'est passé, ce qu'il y a, ce qu'elle a."
01:30 -A l'intérieur de la maison,
01:32 les gendarmes font une macabre découverte.
01:35 Une femme baigne dans son sang
01:38 dans la pièce principale de la ferme.
01:41 -Elle gisait sur le dos,
01:42 elle était ensanglantée dans la pièce principale.
01:45 -Il y a une mare de sang derrière la tête.
01:47 A priori, elle a pris une douzaine de coups de couteau.
01:50 -Elle a une large plaie à la gorge
01:53 et d'autres plaies entre le thorax et l'abdomen.
01:55 -Le médecin dépêché sur les lieux
01:57 ne peut que constater le décès de la victime.
02:00 -Ce qui est terrible, c'est qu'elle a été fracassée,
02:06 au sens propre du terme, puisqu'elle a reçu un choc
02:09 au niveau du crâne avec...
02:11 Elle n'a plus d'oreille. Le haut de l'oreille a disparu.
02:14 -La victime s'appelle Valérie Barry.
02:17 Elle a 38 ans. Elle est aide-soignante.
02:20 A l'extérieur, son mari est incapable de répondre
02:24 aux questions des enquêteurs. Il tient des propos délirants.
02:28 -Il est couvert de sang.
02:29 Il a du sang à la fois sur les mains et sur le visage.
02:33 -Il ne comprend pas ce qui lui arrive.
02:35 Il voit bien qu'elle est morte.
02:37 -Il est traumatisé par ce qui vient de se passer.
02:40 -Il n'est pas en état d'être entendu. Il est inaudible.
02:43 -Le médecin des pompiers dirige immédiatement le mari
02:46 vers l'hôpital de Dijon pour qu'il soit pris en charge
02:49 dans une cellule de soutien psychologique.
02:52 Alors, que s'est-il passé ce vendredi 26 mars 2004
02:59 au Hameau de Lanaud ?
03:01 L'enquête commence.
03:03 Et immédiatement, les enquêteurs procèdent
03:06 aux premières constatations.
03:08 Juste à côté du corps de Valérie Barry,
03:10 ils saisissent l'arme du crime.
03:12 -On va dire un énorme couteau de boucher.
03:17 On peut, évidemment, en déduire que c'est l'arme du crime,
03:21 mais, évidemment, l'autopsie le dira de façon plus formelle.
03:25 -Un couteau impressionnant
03:27 dont la lame mesure plus de 20 cm.
03:30 -Sur le couteau, on ne va pas retrouver
03:33 d'empreinte identifiable.
03:35 A partir de là, on peut se poser la question,
03:38 est-ce que la personne qui a agressé et tué Mme Barry
03:41 était munie de gants ?
03:43 -Les techniciens, en investigation criminelle,
03:46 effectuent ensuite des prélèvements sur le corps de la victime.
03:49 -Il y a eu des cheveux qui ont été trouvés
03:51 dans la main de Mme Barry.
03:53 Le fait qu'on retrouve des cheveux dans sa main
03:56 montre qu'elle a essayé de se défendre.
03:58 -Hormis ces cheveux, les enquêteurs ne relèvent
04:01 aucune trace d'un ADN connu, ni d'ailleurs aucune empreinte digitale.
04:05 -On retrouve, effectivement, l'empreinte digitale
04:08 de Laurent Barry, mais en même temps,
04:10 quoi de plus normal que de retrouver l'empreinte digitale
04:13 du propriétaire des lieux.
04:15 -Au salon de la cuisine qui jouxte la pièce
04:17 où se trouve le corps de la victime,
04:20 les gendarmes découvrent des gouttelettes de sang.
04:22 -On sait que l'agression a commencé dans la cuisine
04:25 à cause des premières éclaboussures de sang.
04:28 D'ailleurs, il y a un chausson qui se trouve dans la cuisine,
04:31 donc ça a commencé là, si vous voulez,
04:33 et ça s'est poursuivi dans la pièce à côté.
04:36 -Valérie aurait donc été attaquée dans la cuisine
04:39 avant d'être sauvagement poignardée
04:41 de 13 coups de couteau dans le salon.
04:43 Reste maintenant à déterminer l'heure de la mort.
04:46 -Le médecin lui dit, à la première vue,
04:48 quand il arrive sur les lieux, "Voilà, j'estime la mort à 10h30."
04:52 -La victime aurait donc été agressée
04:54 aux alentours de 10h30
04:56 avant d'avoir le crâne fracassé sur le carrelage du salon.
05:00 ...
05:02 Comme il est d'usage en pareille situation,
05:05 les gendarmes vont s'intéresser à son mari, Laurent Barry.
05:08 -Parce que la personne qui a découvert le corps,
05:11 c'est lui, et que statistiquement, on le dit dans les enquêtes,
05:14 la dernière personne à avoir vu la victime,
05:17 c'est souvent le meurtrier.
05:18 -Les gendarmes se posent des questions à son sujet,
05:21 ce qui me semble assez logique.
05:23 -Désormais, pour les enquêteurs,
05:25 toute la question est de savoir si le mari de la victime,
05:28 Laurent Barry,
05:30 a joué un rôle dans le meurtre de sa femme.
05:33 Ce vendredi 26 mars 2004,
05:37 il est 17h30, quand les gendarmes arrivent
05:40 dans l'unité de soutien psychologique
05:42 de l'hôpital de Dijon
05:43 pour entendre pour la première fois Laurent Barry.
05:46 Et voici ce que l'homme explique aux gendarmes
05:49 sur son emploi du temps de la journée du meurtre de sa femme.
05:52 -Il dit "je me lève de bonne heure,
05:54 "je prépare mes poulets pour les emmener au restaurant à Dijon",
05:58 un restaurant qui achetait ses bolognes.
06:00 -Laurent Barry avait l'habitude de se rendre les vendredis,
06:04 notamment, sur Dijon, pour faire ses livraisons.
06:09 Donc il conditionne ses poulets,
06:11 fait ses factures, enfin, sa facturation.
06:14 -Valérie, sa femme,
06:16 exceptionnellement, ne travaille pas ce jour-là.
06:19 Elle a pris sa journée pour s'occuper de la maison.
06:22 ...
06:24 -Lui nous explique qu'elle avait pour...
06:27 Pas mission, mais qu'elle avait décidé, dans la matinée,
06:30 de poncer les poutres de la pièce
06:32 de l'endroit où elle était retrouvée, elle,
06:35 comme en gisant sur le sol.
06:37 -Ce jour-là, il est donc 9h,
06:39 quand Laurent Barry quitte son domicile.
06:42 -Tada !
06:43 -Il prend sa voiture,
06:44 alors que, d'habitude, il utilise sa camionnette.
06:47 En tout cas, ce jour-là, il a pris sa voiture.
06:50 -Il a juste quelques poulets, il prend son véhicule léger.
06:53 -Pour se rendre à Dijon, dans un restaurant,
06:56 pour livrer ses poulets.
06:58 -La ville de Dijon se trouve à 56 km du village de l'Anneau.
07:05 -Il estime une heure et quart, une heure et demie,
07:07 le délai de route.
07:09 -Il arrivera aux environs de 10h15 à Dijon,
07:13 chez son client.
07:15 -Il reste 5, 10 minutes,
07:17 tout au plus un quart d'heure dans le restaurant.
07:20 -On lui donne son chèque par rapport à ce qu'il vient de livrer,
07:24 et il s'en va.
07:25 -Sur le chemin du retour,
07:26 Laurent Barry raconte qu'il s'arrête,
07:29 comme tous les vendredis, chez son ami garagiste.
07:33 -Il va aller voir un copain, un copain qui tient un garage,
07:36 et ils vont discuter ensemble.
07:38 -Et puis, il va l'inviter à dîner, je crois,
07:41 pour le lendemain ou le surlendemain,
07:43 avec son épouse.
07:44 -C'est à son retour,
07:46 vers 11h30,
07:48 qu'il a découvert sa femme.
07:51 -Voici ce que raconte précisément Laurent Barry au gendarme.
07:56 -Lorsque je suis arrivé chez moi,
07:59 j'ai constaté que mon chien, Johnny,
08:02 un border collie, ne se trouvait pas dans la cour.
08:05 Je suis rentré dans la maison, j'ai vu des trucs par terre,
08:08 mais je ne sais plus ce que c'est.
08:10 -Il m'a dit qu'il l'avait appelée plusieurs fois,
08:13 qu'elle répondait pas.
08:14 -C'est ce qui l'a surpris.
08:15 Il l'a appelée, ça répondait pas,
08:18 il m'a dit qu'il allait dans leur chambre,
08:20 il l'a pas trouvée.
08:21 -Il est rentré dans le salon, il a vu qu'elle était allongée,
08:25 dans du sang.
08:26 -J'ai vu qu'elle était couverte de sang,
08:28 je l'ai prise par la tête, je lui ai dit "Qu'est-ce que tu as ?"
08:32 Elle n'a pas répondu.
08:33 J'ai mis mon manteau sur elle, car je ne voulais pas la voir.
08:37 Elle avait une tête bizarre.
08:38 Je ne voulais pas qu'elle ait froid.
08:41 -La suite, les gendarmes la connaissent.
08:43 A 11h35, Laurent Barry appelle les secours.
08:47 -Je quitte Paris.
08:48 -Les hommes de la section de recherche de Dijon
08:51 procèdent immédiatement aux vérifications.
08:54 Et ils constatent que Laurent Barry a divorcé.
08:58 -Il va être vu au restaurant,
09:00 tout le monde va confirmer qu'il est parfaitement détendu,
09:03 normal, que tout se passe bien.
09:05 -On a un médecin qui nous dit
09:08 que le meurtre remonte en gros vers 10h, 10h30 du matin.
09:12 A ce moment-là, M. Barry se trouve dans Dijon.
09:15 -Ca exonère complètement Laurent Barry de ce crime.
09:19 -Donc lui, a priori, dès les premières heures,
09:22 il a un alibi.
09:23 -Par ailleurs, les médecins de l'hôpital
09:26 examinent Laurent Barry et ils ne constatent
09:28 aucune griffure ni trace de lutte.
09:31 ...
09:33 -Alors que par ailleurs, les constatations
09:35 qui seront faites sur le corps de son épouse
09:38 démontreront que, vraisemblablement,
09:40 il y a eu une lutte, puisqu'il y a eu quand même
09:43 eu beaucoup de coups de couteau, et on voit que cette jeune femme,
09:46 vraisemblablement, a lutté pour se défendre.
09:49 -Laurent Barry est donc mis hors de cause.
09:52 Les gens de la section de recherche
09:55 ont été arrêtés.
09:56 Les gendarmes l'autorisent à quitter l'hôpital.
09:58 C'est à ce moment-là que sa famille apprend la terrible nouvelle.
10:02 Valérie a été assassinée.
10:04 ...
10:08 -Les gendarmes nous téléphonent et me disent
10:11 "Votre belle-fille est décédée.
10:13 "Est-ce que vous pourriez venir
10:16 "à l'hôpital ?
10:18 "Parce qu'on a emmené votre fils là-bas."
10:21 -On s'est regardé avec mon mari, on a dit "C'est pas possible".
10:25 Franchement, pour nous, c'était pas possible.
10:29 -J'ai pété un plomb, littéralement.
10:31 Je voulais aller à l'hôpital, savoir s'il y avait moyen
10:34 de la réanimer. Je pouvais pas, j'arrivais pas.
10:37 Je savais pas qu'elle était morte, je pouvais pas me dire.
10:40 J'appelle pas ça "tuer", moi, personnellement.
10:43 Il l'a massacrée, il l'a...
10:46 Il faut être fort, quoi.
10:47 ...
10:53 -Ce soir-là, Laurent Barry ne retourne pas chez lui.
10:57 Il regagne le domicile de ses parents.
10:59 ...
11:03 -Il est dans un triste état. Il avait beaucoup, beaucoup,
11:06 beaucoup de mal à parler...
11:08 de ce qu'il avait vu, quoi.
11:11 -Alors, qui a pu tuer une mère de famille
11:15 aussi sauvagement et pourquoi ?
11:17 Le samedi 27 mars, au lendemain du meurtre,
11:21 les investigations reprennent.
11:23 Rapidement, il y a des éléments
11:25 qui peuvent leur faire penser à un cambriolage.
11:28 -Il y a un sac, le sac à main de Valérie,
11:32 qui est renversé et les effets sont déversés au sol.
11:35 Après, il y a une boîte à bijoux qui a été retournée sur le lit.
11:39 On a l'impression que des habits qui étaient dans une armoire
11:43 ont été tirés, poussés, qui sont par terre.
11:46 On a un cambriolage.
11:47 -Les gendarmes procèdent à la perquisition de la maison
11:50 où s'est joué le drame.
11:52 Comme idée d'usage, Laurent Barry, le mari de la victime,
11:55 les accompagne.
11:57 Et il va donner aux enquêteurs
11:58 la liste des objets qui ont été volés.
12:01 -Vous m'avez d'abord dit...
12:02 -Et puis on a le mari qui nous dit
12:04 qu'il y avait 100 euros qui étaient posés sous une caissette,
12:08 ils ont disparu, il y a une montre qui a disparu,
12:10 il y a même des survêtements,
12:13 des habits qui auraient disparu,
12:15 il y a une petite horloge qui aurait disparu.
12:20 La montre, c'était l'objet principal,
12:22 je veux dire, au niveau de la valeur de son cambriolage.
12:26 -Étrange. 100 euros et une montre de valeur.
12:29 Pourquoi le meurtrier a-t-il pris autant de risques
12:32 pour un si maigre butin ?
12:33 -Mais bon, alors que vous avez d'autres maisons secondaires
12:37 beaucoup plus, comme en UP, des Parisiens
12:39 qui ont des maisons bourgeoises en résidence secondaire
12:42 dans le secteur, qui sont plus faciles à cambrioler
12:45 que de cambrioler une maison en présence d'une femme.
12:48 Mais voilà, ça nous a chacrinié un petit peu les constatations.
12:53 -Un autre élément est au coeur de cette enquête.
12:56 L'arme du crime, retrouvée près du corps de Valérie.
13:00 Un couteau qui, en fait, appartient à Laurent Barry
13:03 et qui sert à découper les volailles.
13:06 Musique sombre
13:09 ...
13:12 -Lui, il nous explique, M. Barry, que ce couteau-là,
13:15 il l'avait laissé sur le bord de la cuisine.
13:17 Il avait mal. Et que, comme c'était un mauvais couteau
13:20 pour l'abattage, c'est pour cela que le couteau
13:23 avait quitté l'abattoir
13:25 pour être remis et donné à sa femme.
13:29 -Le tueur se serait donc saisi du couteau
13:32 qui se trouvait sur l'appui de fenêtre
13:35 avant de pénétrer dans la fermette et d'agresser Valérie.
13:38 En avançant dans la fouille de la maison,
13:42 les gendarmes vont faire une surprenante découverte.
13:45 En ouvrant la porte d'une remise,
13:47 ils trouvent les deux chiens de garde de la famille
13:50 enfermés à double tour.
13:52 Le chien aboie
13:54 -On découvre les chiens.
13:56 -Ces chiens, c'est un rottweiler,
13:58 qui, physiquement, est monstrueux,
14:00 et énorme.
14:01 Le deuxième, c'est un beurre de recollet.
14:03 -Ces deux chiens sont toujours en liberté
14:06 dans la cour de la fermette.
14:07 Il n'est donc pas normal qu'ils aient été enfermés.
14:11 Musique sombre
14:12 -On sait aussi que Valérie n'avait aucune autorité sur ces chiens.
14:16 D'ailleurs, quand elle avait besoin d'obtenir quelque chose
14:19 de la part des chiens, elle demandait à son mari.
14:22 -Et comme lui, quand il est parti le matin,
14:24 les chiens étaient dans la cour,
14:26 c'est forcément quelqu'un d'autre
14:29 qui a enfermé les chiens.
14:31 -Mais alors, qui a donc pu enfermer les chiens ?
14:34 -Y a-t-il, alors, quelqu'un qui voulait du mal
14:38 à cette femme ou à ce couple ?
14:40 -Pour le savoir,
14:42 les gendarmes vont fouiller la vie de la jeune femme.
14:45 Mais ils ne vont rien trouver
14:47 pour étayer la piste de la vengeance.
14:49 Bien au contraire.
14:51 -Il y a eu des écoutes de mise après son décès.
14:56 Il y a eu des investigations diverses et variées qui ont été faites.
15:00 Tout le personnel qui travaillait avec elle à l'hôpital
15:03 a été entendu.
15:05 Elle était présentée comme une personne très joviale,
15:09 très sympa,
15:10 qui aimait bien vivre.
15:12 -Valérie, non, elle avait pas d'ennemis du tout.
15:15 Non.
15:16 Non, elle avait que des amis.
15:18 Personne lui en voulait rien. C'est pour ça qu'on comprend pas.
15:21 -On lui a trouvé aucun amant.
15:26 On y a pensé, bien évidemment.
15:28 C'est le genre d'investigation qu'on a effectuée.
15:31 -Pourtant, il semble que les dernières semaines
15:34 avant son assassinat, Valérie paraissait différente.
15:37 En réalité, elle était inquiète.
15:41 -Le dernier week-end, on avait été là-bas.
15:43 Elle nous avait amenées dans les bois.
15:46 D'habitude, on pouvait se promener avec mon grand frère.
15:49 On prenait ma petite soeur, on s'éloignait pas trop,
15:52 mais on pouvait y aller.
15:53 Ma belle-mère a refusé qu'on s'éloigne d'elle ce week-end.
15:57 Quand mon père était pas là,
15:58 elle était tout le temps guettée partout,
16:01 elle tremblait, elle avait peur.
16:03 Quand mon père rentrait, elle avait le sourire, elle était bien.
16:06 On a posé en parler à mon père de ce jour-là.
16:09 -Elle était inquiète, comme si elle avait peur de quelque chose.
16:13 De quoi ou de qui Valérie avait-elle peur ?
16:15 Nul ne le sait.
16:17 Et les expertises effectuées sur les cheveux retrouvés dans sa main
16:21 ne vont pas aider les enquêteurs.
16:23 En effet, les résultats du laboratoire sont formels.
16:26 Ses cheveux sont les siens.
16:28 Trois semaines après le meurtre,
16:31 l'enquête est dans l'impasse.
16:34 Musique sombre
16:36 ...
16:38 -Donc, ils n'ont rien.
16:39 Les semaines passent et ils n'ont rien.
16:42 -Pour essayer d'obtenir des informations,
16:45 les gendarmes lancent un appel à témoins dans la presse locale.
16:48 Et ils vont découvrir que quelques jours avant le meurtre,
16:52 une série d'événements étranges
16:54 se sont produits dans le petit hameau de Lannaux.
16:57 ...
17:01 -Ce petit hameau, c'est un hameau très agricole,
17:05 avec quelques familles, quelques maisons qui se touchent,
17:08 qui ne sont pas très éloignées les unes des autres.
17:11 -Alors que c'est un village tranquille,
17:13 où il ne se passe jamais rien,
17:15 dans les jours qui précèdent, plusieurs personnes du village
17:18 reçoivent des appels anonymes.
17:20 Il y avait des soupirs, des bruits, des gémissements,
17:24 des appels très perturbants,
17:27 dans les jours qui ont précédé le meurtre de Mme Barry.
17:31 -C'est un peu la psychose dans ce village,
17:34 enfin, dans ce hameau.
17:35 Les villageois se disent "Là, c'était elle,
17:40 "et peut-être que ce sera nous, demain."
17:42 -Suite à l'article dans la presse,
17:44 les gendarmes vont recueillir un témoignage
17:46 pour le moins troublant.
17:48 Celui de Josette Cordier,
17:51 la buraliste du village voisin.
17:53 Josette se souvient très bien que le lendemain du meurtre,
17:57 un inconnu lui a fait une très mauvaise impression.
18:01 -Il était bizarre, parce que se justifiait
18:05 qu'il prenait le journal pour sa voisine,
18:08 parce qu'il a vu qu'il y avait un titre qui parlait de l'affaire.
18:12 -Ca veut dire quoi ?
18:14 -Bah...
18:16 Moi, je le sentais pas bien, ce type.
18:21 -Étrange, surtout quand on sait qu'à ce moment-là,
18:24 personne n'était au courant du meurtre de Valérie.
18:27 Mais ce n'est pas tout.
18:30 Ce jour-là, Josette remarque que l'homme est blessé.
18:35 -Quand il m'a réglé, j'ai vu qu'il y avait
18:38 une bonne morsure sur la main.
18:40 Il me semble que c'était la main gauche.
18:43 Une femme, quand elle se défend, elle mord.
18:45 Des dents marquées...
18:48 -Oui. -Oui.
18:49 -La buraliste livre son témoignage aux gendarmes,
18:53 mais elle est bien incapable d'établir un portrait robot.
18:56 -J'ai jamais pu leur donner le signalement de ce type,
19:01 donc ils sont jamais remontés jusqu'à lui.
19:04 Le chien aboie.
19:05 -Les gendarmes se mettent tout de même sur cette piste.
19:08 Ils interrogent les voisins pour savoir si, le jour du meurtre,
19:11 ils auraient vu un inconnu au comportement étrange.
19:14 Mais ils n'obtiennent rien de plus.
19:19 -C'est une énigme supplémentaire qui finit, comme les autres,
19:25 dans un cul-de-sac.
19:26 -Mais coup de théâtre.
19:29 L'enquête va rebondir.
19:32 Laurent Barry va lui-même désigner celui qu'il pense être
19:36 l'auteur du meurtre de sa femme, son ancien associé.
19:40 -C'est quelqu'un avec qui il a travaillé très peu de temps.
19:43 -Ca s'est mal terminé.
19:45 -Ils avaient envisagé de faire des conserves ensemble.
19:48 Laurent Barry aurait donné la matière première
19:50 de son exploitation et lui aurait assuré
19:53 la commercialisation de conserves.
19:55 -Il connaît forcément où sont les couteaux, les armes tranchantes.
19:59 -Il connaît les chiens.
20:01 -Il peut très bien les avoir lui renfermés
20:03 sans que ça pose de difficultés, puisqu'il est parfaitement à l'aise
20:07 dans la maison qu'il connaît très bien.
20:10 -Et ce n'est pas tout.
20:12 Cet ancien associé aurait un éventuel mobile.
20:15 En effet, Laurent Barry raconte que son ex-collègue
20:18 aurait fait des avances à sa femme.
20:20 -La belle-fille en avait peur.
20:22 Ca se voyait quand il rentrait dans la maison,
20:25 parce que des fois, Laurent l'invitait à manger
20:27 quand il finissait tard les volailles.
20:30 Elle avait peur quand il rentrait dans la maison,
20:32 parce qu'il avait des vues sur elle.
20:34 A chaque fois, on l'avait rembarrée.
20:37 -Lui, dès le départ, n'a jamais cru
20:39 à un inconnu qui passe comme ça et qui l'accroise.
20:42 C'est au mois de mars, donc elle n'était pas dans son jardin.
20:45 Il était plus sur quelqu'un qui connaissait Valérie
20:48 ou qui le connaissait lui,
20:50 parce qu'il ne voyait pas autrement.
20:53 -Les enquêteurs convoquent alors cet homme à la gendarmerie
20:56 pour vérifier son emploi du temps,
20:59 dans le jour du meurtre de Valérie.
21:00 -Monsieur n'a pas d'alibi très précis,
21:04 puisqu'il indique qu'il est approximativement parti
21:08 vers 9h de chez lui,
21:10 qu'il serait arrivé vers 10h30 chez son père.
21:14 Tout ça, ça correspond aussi aux horaires
21:17 où Mme Barry a été tuée.
21:20 -Piqué au vif par les accusations de Laurent Barry,
21:24 l'ancien associé va livrer aux gendarmes
21:27 des informations qui vont changer le cours de cette affaire.
21:30 Il raconte que Valérie et Laurent Barry
21:33 étaient en fait au bord de la rupture.
21:35 -M. Barry lui aurait dit
21:37 qu'il ne finirait pas séjour avec sa femme.
21:39 -Voici ce que l'ancien associé déclare exactement.
21:43 -En ce qui concerne Valérie, elle criait tout le temps,
21:46 et surtout sur les enfants de Laurent.
21:49 Laurent disait souvent qu'un jour,
21:51 il vivrait tout seul avec ses chiens.
21:53 -Et il conclut sa déposition
21:56 sur la passion de Laurent Barry pour les armes blanches.
21:59 Les déclarations de l'ancien associé
22:03 réorientent l'enquête vers un drame familial.
22:05 Musique pesante
22:08 -Les gendarmes vont donc fouiller un petit peu
22:11 sur l'état de ce couple.
22:13 -C'est en 1997
22:17 que Laurent Barry et Valérie se rencontrent.
22:19 Elle a 31 ans et lui, 28.
22:22 A cette époque, elle est aide-soignante
22:26 à la clinique de Genove.
22:27 Lui est brancardier.
22:30 Et d'après tous les témoignages, c'est le coup de foudre.
22:33 -Laurent Barry venait mettre des fleurs
22:36 sur le pare-brise de Valérie.
22:40 Petites fleurs qu'elle trouvait, comme ça, en repartant chez elle.
22:43 -Valérie est divorcée et mère d'un petit garçon.
22:46 Laurent, lui, vient de se séparer de sa compagne,
22:50 avec laquelle il a eu deux enfants, Kevin et Mylène.
22:54 -Ils étaient la femme de sa vie. Ils étaient beaux.
22:59 -Un an plus tard, les deux tourtereaux
23:02 officient leur union.
23:04 Le 19 septembre 1998,
23:07 Laurent et Valérie se marient.
23:10 Aux yeux de tous, ils forment un couple harmonieux.
23:14 -Vive la mariée !
23:17 -9 mois plus tard,
23:20 une petite fille va naître de leur union.
23:23 Elle s'appelle Laura.
23:25 Le couple décide alors de s'installer à la campagne.
23:29 Valérie et Laurent vont trouver la maison de leurs rêves,
23:32 une petite fermette dans le hameau de l'Anneau.
23:36 -Ils ont trouvé ce petit village bien calme, sans rien autour.
23:39 Ca leur a plu tout de suite.
23:41 -Valérie était enchantée.
23:43 C'est vrai qu'ils faisaient plein de projets.
23:46 -Viens, pépi ! OK !
23:48 -Comment il fait, le canard ?
23:50 -Tout semble sourire aux jeunes barillers.
23:53 -La famille recomposée nage dans le bonheur,
23:55 comme en témoignent ces vidéos familiales.
23:58 Laurent Barry quitte alors son métier de brancardier
24:02 pour suivre une formation en agriculture
24:04 et il se met à son compte.
24:06 -Il avait un élevage de poules, de poulets, de lapins,
24:11 et en fait, il abattait ces bêtes pour les revendre
24:14 sur des marchés ou dans des grands restaurants.
24:17 -L'affaire marche bien dans un premier temps.
24:20 Il arrive même à rembourser ses prêts,
24:22 mais en 2003 survient la sécheresse.
24:24 Et là, c'est une catastrophe
24:26 parce que les poulets meurent les uns après les autres
24:29 et il perd tout.
24:30 -Heureusement que le salaire de Valérie est là
24:33 pour pouvoir assumer au plus pressé.
24:35 -La situation financière du couple devient alors
24:39 de plus en plus difficile.
24:40 -Financièrement, c'est Valérie qui fait bouillir la marmite
24:44 avec son petit salaire d'aide-soignante.
24:46 Elle paye les dettes, elle paye les traites,
24:50 elle paye tout et lui ramène zéro centime à la maison.
24:54 -Elle portait cette famille, elle la portait à bout de bras.
24:58 -D'après certains témoignages, elle était complètement à bout
25:02 ces derniers temps.
25:03 -Valérie s'en était même confiée
25:05 auprès de ses collègues de l'hôpital de Dijon.
25:08 Ces derniers temps, Valérie était un peu triste.
25:13 En effet, elle avait beaucoup de travail
25:16 et venait travailler de loin,
25:18 avec en plus quelques petits problèmes familiaux.
25:20 Parfois, ça faisait beaucoup.
25:22 -Le rêve du retour à la campagne tourne au cauchemar.
25:26 Et à l'automne 2003,
25:28 soit moins d'un an avant le meurtre de Valérie,
25:31 le couple se déchire.
25:34 -Ils s'étaient fâchés,
25:35 ils avaient failli se séparer à un moment donné.
25:38 Et d'ailleurs, pendant une semaine,
25:40 il est parti dormir dans sa camionnette.
25:42 -Quand il y avait des tiraillements,
25:44 il dormait plus avec elle, il dormait dans son camion.
25:47 C'est un couple qui est en crise,
25:49 même si la rupture n'est pas consommée.
25:52 -Ce que les gendarmes découvrent, finalement,
25:54 c'est que deux mois avant les faits,
25:57 le couple est en ébullition,
25:58 ils ont des problèmes de fric, ils sont au bord du divorce.
26:02 -Dès lors, aux yeux des enquêteurs,
26:04 Laurent Barry devient le suspect numéro un.
26:07 En octobre 2005, soit près de 18 mois après le meurtre,
26:14 les gendarmes reprennent tout à zéro.
26:16 Et ils constatent quelque chose d'étrange
26:19 qu'ils n'avaient pas remarqué au départ.
26:21 -En reprenant le dossier depuis le début,
26:24 ils se disent "C'est quoi
26:26 "la première pièce, je dirais,
26:29 "chronologiquement, la première pièce du dossier ?"
26:32 C'est l'appel.
26:34 -L'appel de détresse, le fameux appel de fin de matinée,
26:38 11h35, lorsque Laurent Barry appelle les secours.
26:42 -Et là, l'enquêteur, il va écouter la vente.
26:46 Et là, on découvre un truc étonnant.
26:49 Au moment où il dit "Où sont mes chiens ?"
26:52 on entend les aboiements des chiens.
26:55 -Je trouve pas mes chiens !
26:57 -A l'étude de l'enregistrement, on entend très bien
27:00 ces chiens qui aboient,
27:02 comme en fond de conversation aussi.
27:04 -Je sais rien !
27:06 Comment ça, je n'ai pas vu mes chiens ?
27:08 -Ils se disent "C'est curieux, quand même."
27:11 Ils gémitent "Où sont mes chiens ?"
27:14 Et en bruit de fond, on entend les chiens aboyer.
27:17 Et donc, à partir de là, on a compris qu'en fait,
27:21 il y avait quelque chose entre ces chiens et lui.
27:24 -On commençait à vous dire "Mais attends, s'il nous a menti,
27:27 "là-dessus, pourquoi il nous ment ?
27:30 "Pourquoi il nous ment ? Pourquoi le mari nous ment ?"
27:33 Il faut tout reprendre à zéro.
27:35 Et cette fois-ci, cette fois-ci,
27:38 il va falloir qu'on épluche
27:40 ce qui concerne Laurent Barry,
27:43 parce qu'il y a quelque chose qui n'est pas clair.
27:46 -Le major Claude Rousseau reprend alors toutes les pièces du dossier,
27:51 à commencer par le rapport d'analyse effectué
27:53 sur l'ordinateur de Laurent Barry.
27:56 -Et là, on s'est aperçus, dans ce rapport-là,
28:00 qu'il y avait effectivement une trace de l'impression
28:03 des factures qui avaient été réalisées par M. Barry,
28:06 mais en aucun cas, elles avaient été faites le matin,
28:09 mais la veille, vers, de mémoire, pareil,
28:12 vers minuit, minuit et demi ou 11h30.
28:14 Donc, sur ce matin-là, il nous avait menti.
28:16 -Il a toujours dit qu'il avait facturé le matin avant de partir.
28:20 Or, on sait, par l'analyse de l'ordinateur,
28:22 qu'il a facturé la veille au soir.
28:24 -Deux mensonges...
28:26 qui accablent le suspect.
28:30 Au vu de ces nouveaux éléments,
28:32 le parquet de Dijon ordonne l'ouverture
28:34 d'une information judiciaire à l'encontre de Laurent Barry.
28:38 Le 17 janvier 2006,
28:41 l'homme est placé en garde à vue.
28:43 -Quand ils l'ont appelé, ils lui ont dit qu'ils avaient trouvé
28:46 des éléments, etc. Mon père est parti à la gendarmerie,
28:49 il l'a retrouvé, je suis contente, et il n'est pas ressorti,
28:52 il était en garde à vue. Il a appris que c'est là
28:55 qu'on l'accusait.
28:56 ...
29:00 -Pendant les 25 ou 26 premières heures de sa garde à vue,
29:03 il ne va quasiment rien lâcher.
29:05 -A chaque fois que je lui posais une question,
29:08 il était quasiment debout, il me répondait "non, mon adjudant",
29:12 "oui, mon adjudant", alors qu'il avait été militaire
29:14 pendant deux ans, et ça remontait à 15 ans auparavant.
29:18 Il se comportait comme un légionnaire.
29:21 -De longues heures d'interrogatoire commencent
29:24 sans que les gendarmes n'obtiennent aucun aveu.
29:27 -Il m'oubliait de poser des questions précises.
29:31 Il n'avait pas de réponse précise à vous donner.
29:35 -Il ne répond pas, il ne parle pas,
29:37 il ne pleure pas, il ne sourit pas,
29:40 enfin, il est solide comme un roc.
29:42 -Comme il est d'usage, les gendarmes procèdent ensuite
29:46 à la perquisition du domicile du suspect.
29:48 Il est 18h ce jour-là, quand il se présente
29:53 chez les parents de Laurent Barry,
29:55 où l'homme réside depuis le meurtre de sa femme.
29:58 -Laurent était avec les gendarmes.
30:01 Il est monté dans la chambre avec eux,
30:05 et on avait caché, enfin, mis notre petite fille
30:08 dans la chambre avec la grand-mère
30:11 pour pas qu'elle voit les menottes, les gendarmes.
30:13 -Qu'est-ce qu'il découvre dans la chambre de Laurent Barry ?
30:17 -La montre festine qu'il avait déclaré voler
30:20 un an et demi auparavant.
30:21 Alors, il nous dit...
30:25 "Cette montre, j'ai retrouvée il y a une quinzaine de jours,
30:28 "j'ai oublié de vous le dire."
30:30 Sauf que toutes les semaines, il venait nous voir.
30:33 -C'est le 3e mensonge de Laurent Barry.
30:36 -Il a été franchement déstabilisé.
30:39 En fin d'après-midi, le lendemain, en fin d'après-midi,
30:44 c'est lui qui nous dit "Bon, on arrête tout,
30:47 "je vais vous expliquer."
30:49 Et il va mettre 29h avant de finalement reconnaître
30:53 qu'il a commis le simulacre de cambriolage.
30:56 -Voici ce que déclare Laurent Barry lors de sa garde à vue.
31:03 -J'ai pris peur.
31:04 J'ai tout de suite pensé qu'on allait m'accuser
31:06 du meurtre de ma femme.
31:07 J'ai pensé à faire croire à un cambriolage.
31:10 J'ai ouvert les tiroirs de la commode
31:12 et j'ai vidé ce qu'il y avait dedans.
31:14 J'ai retourné la boîte à bijoux.
31:16 Par contre, contrairement à ce que je vous ai dit,
31:19 je n'ai rien touché dans mon fourgon.
31:21 Rien n'a été volé dans ma sacoche, ni la montre festine.
31:24 -Une explication très surprenante aux yeux des gendarmes.
31:28 -On va penser qu'on l'accuse, on sait pas pourquoi,
31:31 parce que nous, on le connaît pas.
31:33 Avant cette affaire-là, M. Barry, c'est un illustre inconnu,
31:36 il va penser qu'on va l'accuser, qu'on va accuser le mari.
31:39 Donc, il fait un faux cambriolage.
31:41 -Et Laurent Barry ne va pas s'arrêter là.
31:43 Il va donner aux enquêteurs une nouvelle version
31:46 sur le déroulement de la matinée.
31:48 -Il dira qu'il s'est un petit peu grondé avec sa femme
31:54 parce que la question se posait de savoir comment il fallait
31:57 poncer les poutres, s'il fallait les poncer en surface
32:00 ou aller les poncer à coeur.
32:02 Euh... Voilà.
32:03 Mais que c'était rien de plus que ça.
32:05 -Et là, on n'a plus un couple qui s'entend formidablement bien,
32:09 le couple idyllique qu'il nous décrivait.
32:11 On a un couple qui, dès 9h du matin,
32:13 se dispute pour un problème de poutre,
32:16 pour savoir si on les ponce à coeur ou en surface.
32:19 -Et Laurent Barry avoue aussi que ce matin-là,
32:23 c'est lui qui a enfermé les chiens.
32:26 -Il dit qu'en partant le matin, sa femme,
32:29 en avait ras-le-bol d'entendre les chiens aboyer.
32:32 Donc, ce jour-là, il avait décidé de les enfermer
32:35 dans la petite indépendance qui se trouvait
32:38 à Tenant, à la maison.
32:40 -Et là, ça pose un méga-problème.
32:42 Dès le départ, souvenez-vous, il dit "où sont mes chiens ?"
32:46 Et quand les gendarmes arrivent sur place,
32:49 il les retrouve enfermés, les chiens.
32:51 Et lui n'a pas été les libérer.
32:54 Et face à cet événement, il va dire
32:58 "je ne me souvenais pas les avoir enfermés."
33:00 Les chiens aboient.
33:03 Musique douce
33:05 -Les gendarmes ont des aveux partiels,
33:08 mais ils leur manquent l'essentiel.
33:10 -Les enquêteurs vont lui dire "maintenant que vous nous avez avoué ça,
33:14 "allez au bout, expliquez-nous ce qui s'est passé."
33:18 Et là, il dit "non, mais c'est tout, je n'ai rien fait d'autre."
33:22 -Il reconnaît tout, ses mensonges, les horaires.
33:25 Enfin, il veut bien tout reconnaître, sauf le meurtre.
33:28 -Seulement pour les gendarmes, leur conviction est faite.
33:32 Et à la lumière des nouvelles déclarations de Laurent Barry,
33:35 ils imaginent le scénario du meurtre.
33:38 -Le matin, il y a eu une scène explosive.
33:42 -Franchement, on était vraiment...
33:44 -Parce que peut-être elle lui avait annoncé
33:46 qu'elle voulait le quitter définitivement,
33:49 ou parce qu'ils avaient des problèmes d'argent,
33:52 ou parce qu'ils se sont fâchés et il a vu rouge.
33:55 -C'est à l'arrière !
33:56 -Alarme !
33:57 -Dans sa colère, Laurent Barry aurait poignardé sa femme...
34:01 -L'acteur !
34:02 ...
34:08 -Avant de lui fracasser le crâne sur le sol du salon.
34:11 ...
34:15 -Il a le temps de tout nettoyer.
34:17 Il laisse le corps de sa femme baignant dans son sang,
34:20 en train de mourir ou peut-être déjà morte.
34:24 -Pour les gendarmes, Laurent Barry se serait ensuite lavé
34:28 avant de se changer.
34:31 -Il se change, il ramasse les traces qu'il a pu laisser,
34:34 qu'il a pu laisser s'il l'a assommé avec une tasse,
34:37 et après, une fois changé, il part faire son périple,
34:41 c'est-à-dire livrer ses poulets.
34:43 -Il faut bien qu'il fasse sa tournée pour ne pas éveiller de soupçons.
34:47 Donc il s'en va, il va livrer ses poulets,
34:49 et son idée, c'est, en revenant,
34:51 "je fais comme si je découvre le corps".
34:53 -Laurent Barry serait alors arrivé chez lui
34:56 et aurait maquillé son meurtre.
34:58 -Le simulacre de cambriolage a tellement été fait rapidement
35:01 que je pense que c'est au retour, ça.
35:04 C'est au retour qu'il le fait.
35:05 C'est pour ça qu'on a un simulacre qui est "mal fait"
35:08 et que les enquêteurs vont se dire
35:10 "il y a quand même quelque chose à creuser".
35:13 -Les gendarmes ont un scénario,
35:15 mais il leur reste un problème de taille,
35:18 l'heure de la mort de Valérie Barry.
35:21 ...
35:23 Souvenez-vous, le médecin dépêché sur les lieux le jour du meurtre
35:26 avait conclu que Valérie était décédée à 10h30,
35:30 heure à laquelle Laurent Barry livrait ses poulets.
35:33 ...
35:35 Alors, Valérie aurait-elle pu mourir plus tôt ?
35:38 C'est en tout cas ce que stipule le rapport d'autopsie
35:41 pratiqué quelques jours plus tard.
35:43 On peut y lire que la mort serait survenue
35:46 dans un créneau horaire beaucoup plus large,
35:49 qui aurait donc permis à Laurent Barry
35:51 de tuer sa femme avant de partir.
35:53 ...
35:55 -Le médecin légiste écrit dans son rapport
35:58 qu'elle est décédée entre 9h45 et 11h30.
36:00 Si on lui dit "approximativement", ça veut dire quoi ?
36:03 Il est tout à fait envisageable et possible,
36:06 d'un point de vue scientifique,
36:08 que Valérie Lowe soit décédée, en réalité, à 8h30.
36:12 -Au départ, l'heure de la mort de Valérie était 10h30.
36:15 Après, ça a été 9h30,
36:18 et puis là, on arrive à 9h45, quoi.
36:21 C'est 8h30, 9h45.
36:23 -On en est arrivé, avec les déclarations du Dr Hubert,
36:27 à une telle amplitude horaire
36:30 qu'il a pu la tuer avant de partir
36:33 ou il a pu la tuer en revenant.
36:35 -Et ce n'est pas tout.
36:36 Les gendarmes vont aussi mettre à mal l'alibi de Laurent Barry.
36:40 En effet, l'homme a toujours déclaré
36:44 être parti à 9h de chez lui
36:46 pour arriver à 10h15 au restaurant de Dijon.
36:50 Un temps de trajet de une heure et quart
36:52 qui ne correspond pas à la réalité.
36:55 -Quand on chronomètre le parcours,
36:59 on s'aperçoit qu'il est parti plus tard qu'il ne le dit.
37:02 -Et là où il dit qu'il a mis une heure et quart pour faire le trajet,
37:06 les gendarmes, eux, ont mis 39 minutes.
37:09 -Il aurait donc fallu beaucoup moins de temps à Laurent Barry
37:13 pour se rendre à Dijon,
37:15 ce qui signifie simplement qu'il serait peut-être parti de chez lui
37:18 plus tard, vers 9h20, au lieu de 9h,
37:21 comme il l'a toujours déclaré.
37:23 -Ca laisse la possibilité qu'il l'ait tué.
37:28 Qu'il l'ait tué avant de partir.
37:30 -Il a largement le temps.
37:32 -A ce moment-là, son alibi s'effondre.
37:34 -Et des témoignages de la famille de Valéry
37:37 ne vont pas arranger les affaires de Laurent Barry.
37:41 -La Bellefamille raconte que c'est un personnage,
37:44 d'après elle, toujours assez insupportable.
37:47 On va dire, grosso modo, un sale type.
37:49 -Le père de Valéry avait dit que comment...
37:53 Ben voilà, que ça se terminera mal un jour
37:56 entre Valéry Barry et Laurent Barry.
37:59 -Le 17 février 2006,
38:01 soit deux ans après le meurtre de Valéry,
38:04 Laurent est mis en examen pour homicide volontaire
38:07 et il est incarcéré à la maison d'arrêt de Dijon.
38:10 Sa famille est littéralement sous le choc.
38:13 Musique sombre
38:15 -Quand on apprend qu'il va en prison,
38:18 on se dit que c'est pas possible.
38:20 -J'ai compris qu'ils étaient en train de nous gâcher la vie.
38:23 J'ai compris que c'était le début d'un long cauchemar.
38:27 Musique sombre
38:29 -Et face à l'accusation,
38:31 l'ex-compagne de Laurent Barry dresse le portrait
38:34 d'un homme incapable de commettre un acte d'une telle violence.
38:37 Musique sombre
38:40 -C'est quelqu'un qui peut s'en porter,
38:42 qui peut faire tout le monde.
38:43 C'est quelqu'un qui dit les choses,
38:46 à sa manière, c'est quelqu'un d'un peu bourru,
38:48 mais frapper, non.
38:50 C'est pas dans son code de vie
38:54 de frapper quelqu'un de plus faible.
38:57 Musique sombre
38:59 -Quand il me regarde droit dans les yeux
39:01 et qu'il me dit "je ne suis pour rien
39:04 "dans la mort de Valéry", je le crois,
39:07 parce que c'est quelqu'un avec qui j'ai dormi,
39:09 avec qui j'ai fait des enfants, et qui m'a menti.
39:13 Et avec qui j'ai vu quand il mentait.
39:15 Je connais ses yeux, je connais son regard.
39:17 C'est quelqu'un que je connais, et j'en suis sûre à 200 %.
39:21 -Derrière les barreaux,
39:23 Laurent Barry clame son innocence.
39:26 Pour se faire entendre, il entame une grève de la faim
39:29 et fait aussi plusieurs tentatives de suicide.
39:32 -On lui prescrivait des cachets, des calmants pour dormir,
39:36 et au lieu de les prendre, il les gardait,
39:38 et arrivé un certain moment, quand il en avait assez,
39:41 il les prenait tous d'un coup.
39:43 -Alors, qui est Laurent Barry ?
39:45 Un homme victime d'une tragique erreur judiciaire
39:49 ou un meurtrier au sang froid, capable du pire ?
39:53 -C'est quelqu'un qui...
39:55 Qui était... Qui avait deux facettes,
39:57 on va dire, de ce qui ressortait du dossier.
40:00 Soit il était pas adulé,
40:03 mais par certaines personnes
40:05 qu'il trouvait très sympathiques
40:08 au demeurant,
40:10 et en revanche, on en a eu d'autres
40:12 qu'il voyait sous une personnalité très, très violente.
40:17 -Dix mois après le début de son incarcération,
40:20 les avocats de Laurent Barry demandent sa remise en liberté.
40:24 Et face à l'accusation, ils brandissent un élément
40:28 qui, selon eux, remet tout en question.
40:31 Le fourgon de Laurent Barry.
40:34 Ce jour-là, l'éleveur de poulets ne l'a pas utilisé.
40:37 Souvenez-vous, il avait pris la voiture de sa femme
40:41 pour aller à Dijon.
40:42 Or, le jour du meurtre,
40:45 plusieurs témoins affirment que cette camionnette
40:48 a été déplacée.
40:49 -La camionnette de livraison
40:52 se trouvait devant l'entrée de la maison.
40:55 On s'est aperçus qu'elle avait changé de sens.
40:58 Par ailleurs, un voisin qui habitait à proximité
41:02 confirme que vers 10h, 10h30,
41:05 la camionnette n'était plus là.
41:07 Or, à cette heure-là, ça peut pas être M. Barry
41:10 qui a conduit la camionnette,
41:11 car il y a des témoins qui confirment
41:14 qu'il livrait ses poulets à Dijon.
41:16 -Quelqu'un aurait donc utilisé le fourgon de Laurent Barry
41:19 en son absence.
41:20 D'ailleurs, les gendarmes avaient constaté à l'époque
41:24 que le capot du véhicule était encore chaud.
41:26 -S'il est encore chaud, c'est qu'il vient de servir.
41:29 Qui a pu s'en servir ?
41:31 Ca peut être elle qui est allée faire une course
41:34 ou est allée ailleurs ce matin-là.
41:37 -Et s'il a pu bouger par le fait de Mme Barry,
41:40 eh bien, c'est tout simplement parce qu'elle était encore vivante
41:44 au moment où il est parti.
41:45 -Et évidemment, si cette camionnette a bougé
41:48 pendant qu'il était à Dijon,
41:50 ça ne peut plus être lui, l'assassin.
41:52 -Au final, les avocats de Laurent Barry
41:55 dénoncent une enquête à charge.
41:58 -Objectivement, il n'y a aucun élément matériel
42:02 lourd à charge contre lui.
42:05 Le mobile, il est vachement, vachement faible.
42:08 On avance la dispute et en même temps,
42:11 il n'y a pas un témoin qui vient vous dire
42:13 qu'elle avait l'intention de le quitter.
42:16 -D'ailleurs, d'après les amis et les proches de Laurent Barry,
42:20 le couple s'était réconcilié.
42:23 -Oui, le couple a eu des problèmes 5-6 mois avant,
42:28 mais ça roule depuis, je vais dire, Noël, en gros,
42:31 depuis le mois de décembre, ça va bien.
42:34 -Au point qu'elle va lui organiser son anniversaire surprise
42:37 quelques semaines avant son décès.
42:39 -Alors, dans les derniers temps, je me rappelle
42:42 du moment de la Saint-Valentin.
42:45 Je les ai jamais vus aussi amoureux que ce week-end-là.
42:48 Ils étaient vraiment bien.
42:50 Euh... Ils rigolaient, ouais, les derniers temps.
42:52 Ils rigolaient, ils étaient bien.
42:55 En plus, ils avaient assez d'argent pour reprendre les travaux
42:58 dans la maison, donc ça allait beaucoup mieux.
43:00 -Ils se sont fait un relais château, tous les deux.
43:03 Pour un couple qui va pas bien et qui est près de divorcer,
43:06 elle fait beaucoup de choses pour son mari, lui aussi.
43:09 -Le 28 décembre 2006, la justice décide de remettre
43:14 Laurent Barry en liberté en attendant son procès.
43:17 -Il est sorti en 2006, le procès est eu en 2009,
43:25 on a quand même eu 3 ans à le voir tous les jours,
43:28 c'était redevenu comme avant.
43:31 Et quand mon père m'a appelé en me disant
43:33 que le procès aura lieu en octobre 2009,
43:36 là, je me suis dit, bah...
43:38 En fait, c'est bon, quoi, on va y passer.
43:41 ...
43:45 Musique douce
43:47 -Le 19 octobre 2009, le procès s'ouvre
43:49 devant la cour d'assises de la Côte d'Or.
43:52 Pour le meurtre de sa femme,
43:54 Laurent Barry encourt la prison à perpétuité.
43:57 L'homme compare est libre.
43:59 Au premier jour d'audience, l'accusation va bandir
44:02 l'élément matériel qui, selon elle,
44:05 scelle la culpabilité de Laurent Barry,
44:07 un chausson taché de sang.
44:09 -Pas une grosse trace, une micro-trace
44:12 qui dise de sang sur la semelle.
44:14 Et quand les analyses de sang sont revenues,
44:16 c'était du sang de son épouse.
44:18 ...
44:22 -Comment est-ce qu'on peut avoir ce sang-là, à cet endroit-là ?
44:26 -Il se peut très bien que ce matin-là,
44:28 M. Barry avait ses chaussons en pieds
44:30 et que dans l'agression avec son épouse,
44:35 quand ils se sont bagarrés,
44:37 il a pu marcher dans des micro-traces de sang.
44:40 -Je ne comprends pas pourquoi on essaie de dire
44:44 qu'il l'a tué avec ses chaussons,
44:46 alors qu'il n'y avait pas du tout de sang,
44:49 il y avait une petite goutte en dessous.
44:51 S'il l'avait tué avec ses chaussons,
44:54 je pense qu'il aurait eu du sang dessus
44:56 et plus de sang dessous.
44:58 -Face à la cour, la défense de Laurent Barry
45:01 va alors dénoncer le fait que ses chaussons
45:04 n'ont été saisies que 11 jours après le meurtre.
45:08 -Les conditions dans lesquelles les constatations matérielles
45:12 ont été faites relèvent d'une faute.
45:14 -Les scellés ont été enlevés au bout de 12 heures
45:17 et tout le monde a joyeusement patouillé dans la maison
45:20 pendant 3 semaines avant que la police scientifique
45:23 vienne faire des relevés.
45:25 -Il y avait beaucoup de choses qui avaient été effacées.
45:28 Plein de personnes sont passées là-dedans.
45:30 -La scène de crime n'a pas été figée.
45:32 C'est pas simplement la pièce où on a retrouvé Mme Barry.
45:36 Le camion, la maison, l'environnement immédiat,
45:41 tout est scène de crime.
45:42 -Et les débats vont se focaliser sur ses chaussons.
45:46 La mère de Laurent Barry vole au secours de son fils
45:50 face à ses accusateurs.
45:52 -Quand je suis arrivée pour nettoyer,
45:54 j'ai retiré mes bottes et j'ai mis des chaussons.
45:57 J'ai pu les mettre et marcher dans une goutte de sang.
46:00 -Vous voulez faire croire à une cour d'assises
46:03 que pour faire le ménage, vous avez mis des chaussons,
46:06 alors que vous chaussez du 36-37, vous avez mis les chaussons
46:09 de votre fils, qui font 43-44.
46:11 -Ca ne m'aurait pas choqué.
46:13 J'ai pris les chaussons qui étaient là et puis voilà.
46:16 -Ca n'a pas convaincu la cour d'assises et moi non plus.
46:19 -Et à l'accusation de ranchérir sur les mensonges
46:23 à répétition de Laurent Barry.
46:25 -Il maquille tout. Ce garçon maquille tout.
46:28 Il maquille un cambriolage, il maquille l'histoire des chiens.
46:31 -Il m'a dit qu'il avait peur qu'on m'accuse
46:34 parce que c'est lui qui les découvre,
46:36 qu'il avait peur d'aller en prison, de vous perdre.
46:39 Il dit qu'il avait découvert sa femme dans du sang.
46:42 -Des arguments peu convaincants,
46:44 mais surtout un comportement qui va jouer en sa défaveur.
46:49 Musique douce
46:51 -Laurent Barry est impassible, extrêmement froid.
46:57 -Beaucoup de gens disaient qu'ils sont fous,
46:59 qu'ils ne montrent aucune émotion.
47:01 -Qu'on lui a reproché, c'est de ne pas avoir pleuré,
47:04 de ne pas avoir montré ses émotions.
47:06 On en a beaucoup discuté. Il m'a dit qu'il n'avait pas réussi.
47:10 Il m'a dit qu'il avait tellement de haine contre ces gens
47:13 qu'il n'avait pas réussi à pleurer.
47:15 -Son attitude, beaucoup plus que ses mensonges,
47:18 en pesait extrêmement lourd dans la balance.
47:21 Dans ma tête, je me suis dit que c'était fini.
47:23 C'est bon. Il a simulé un cambriolage,
47:25 il a menti sur un point, donc forcément,
47:28 on va lui mettre le meurtre sur le dos, c'est obligé.
47:30 -A l'issue des 5 jours d'audience,
47:33 l'avocat général requiert 20 ans de prison
47:35 à l'encontre de Laurent Barry.
47:37 Comme la loi l'y oblige,
47:39 les derniers mots seront toujours pour l'accusé.
47:42 Laurent Barry se lève et déclare...
47:47 Retrouvé sa femme dans une mare de sang,
47:49 je peux vous dire que c'est une horreur.
47:52 Vous ne savez plus quoi faire, quoi dire, qui vous êtes.
47:55 -Le 23 octobre 2009, le verdict tombe.
48:01 Après avoir délibéré 4 heures,
48:04 les jurés condamnent Laurent Barry à 20 ans de réclusion criminelle
48:07 pour le meurtre de sa femme.
48:09 ...
48:13 ...
48:17 -On va attendre.
48:19 ...
48:28 -Ca vous tombe sur la tête, et moi, tout de suite,
48:30 j'entends un gros bruit, c'est mon fils qui tombe.
48:33 Et puis, il y a un hurlement, un hurlement de bête,
48:37 et c'est ma fille qui crie.
48:39 ...
48:42 Moi, j'ai crié, j'ai voulu passer pour aller lui faire un bisou,
48:45 on m'a retenue, on m'a foutue.
48:47 Deux policiers sont venus me chercher gentiment
48:50 pour me faire attendre dehors.
48:51 Mon grand frère est tombé dans les pommes.
48:54 -Et vous comprenez pas.
48:55 Vous vous dites "c'est pas lui".
48:57 Il a 20 ans.
48:59 Laurent est assommé, il a un masque.
49:03 Et moi, je sais, je lui hurle, je lui hurle,
49:05 "Laurent, il y a l'appel, Laurent, on va se battre,
49:09 "on va continuer de se battre, c'est que le premier procès,
49:12 "y en aura un autre. On croit en toi."
49:14 -Quand on l'a mis en prison, on m'a dit
49:17 "90 % du temps, c'est le conjoint qui fait ça,
49:20 "mais les 10 % qui restent, on en fait quoi ?"
49:23 Il est innocent.
49:24 A 200 %.
49:26 -Un an plus tard,
49:28 la cour d'appel de Besançon confirme la condamnation.
49:32 Laurent Barry, lui,
49:34 clame toujours son innocence.
49:37 [Musique]
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