- il y a 1 an
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00:00Il est entre la vie et la mort.
00:02Sa famille devrait recevoir 7000 euros quand il mourra.
00:07Depuis que je travaille ici, ça fait 20 ans.
00:11J'ai vu 300 ou 400 personnes mourir sur les chantiers de démantèlement des bateaux.
00:22Canal de Suez en Égypte.
00:26Le royaume des mastodontes des mers.
00:30Ici transitent chaque jour près de 100 cargos chargés de marchandises à destination du monde entier.
00:417 employés du canal, un as du pilotage, les guident pour éviter les accidents.
00:49Le passage, étroit, est très risqué pour ces géants d'acier de plusieurs centaines de mètres de long.
00:55Nous sommes là pour aider chaque équipage qui traverse le canal à le faire en toute sécurité, pour leur porter secours.
01:09Le canal de Suez est une artère indispensable pour assurer le transport des marchandises et les échanges commerciaux.
01:16Tout cela en un temps record.
01:25Quand il prend les commandes, le pilote n'a pas le droit à l'erreur.
01:30Un produit sur 10 consommé sur Terre passe par ici.
01:33Alors en cas d'embouteillage, c'est le commerce mondial qui tangue.
01:43Comme il y a un an, cette incroyable image a fait le tour du monde.
01:48Celle de l'Ever Given.
01:50Le navire de 400 mètres de long s'est échoué en plein milieu du canal.
01:53Comment débloquer ce porte-conteneur géant immobilisé en travers du canal de Suez ?
02:02200 porte-conteneurs remplis de marchandises attendent leur tour pour emprunter le canal.
02:09Le cargo coincé bloque chaque jour l'équivalent de 8 milliards d'euros de marchandises.
02:14Pendant les 6 jours où le cargo Ever Given a bloqué le canal de Suez,
02:22le commerce international a été complètement bouleversé.
02:29Les prix ont augmenté partout.
02:32Toute la planète était comme figée.
02:36Face à l'ampleur de la crise,
02:39le monde entier a alors pris conscience de l'importance du canal de Suez.
02:44C'est un passage commercial, stratégique.
02:52Il est irremplaçable.
02:57En délocalisant à l'autre bout de la planète,
03:00nous sommes devenus dépendants de ces géants des mers
03:02et de leurs précieux containers.
03:09Sans trafic maritime,
03:12plus de vêtements.
03:14Plus de chaussures.
03:18Plus d'ordinateurs.
03:2085% de ce que nous consommons arrive par bateau.
03:26Sur ce navire, je transporte l'équivalent de 150 supermarchés.
03:29Mais depuis la pandémie,
03:33les tarifs du transport maritime ont explosé.
03:36Les compagnies maximisent leurs profits
03:38et ce sont les consommateurs qui payent l'addition.
03:42Encore un client qui nous appelle pour une dispo d'un produit.
03:45On prend la commande, on ne sait pas quand c'est qu'on le recevra.
03:47Pourquoi autant de pénurie ?
03:50Que se passe-t-il dans le monde si secret des armateurs ?
03:55Pollution, course au profit, salariés au rabais.
03:59C'est des gens qui vont faire 70 heures par semaine
04:01et qui vont travailler 7 jours sur 7.
04:03C'est incroyable quand même de ne pas payer les gens,
04:07de ne pas les nourrir,
04:09de les traiter comme des chiens.
04:12Nous avons découvert un univers opaque
04:14qui obéit à ses propres règles.
04:16Ils ont peur de mettre fin au privilège
04:22d'un secteur extrêmement puissant.
04:26Un univers aux mains
04:27de quelques multinationales toutes puissantes.
04:41A Rotterdam, le plus grand port européen.
04:46Le Danois Mersk, deuxième armateur au monde,
04:51a accepté de nous accueillir à bord d'un de ses bateaux.
04:55Uniquement à quai à cause de l'épidémie de Covid.
05:02Comment allez-vous ?
05:03Je vais bien.
05:05Bienvenue à bord.
05:08C'est énorme ici.
05:10Oui, c'est un gros bébé.
05:14Lors de sa mise à l'eau il y a près de 10 ans,
05:16ce navire était le plus gros porte-container au monde.
05:21A la passerelle, son capitaine doit appareiller
05:24dans quelques heures pour l'Asie.
05:27Le cargo est en plein chargement.
05:31Dans ses containers,
05:32des médicaments,
05:34des parfums
05:34ou encore des pièces détachées.
05:36Ce navire reste l'un des plus grands
05:42que vous verrez en circulation de nos jours.
05:45Il est aussi long que 4 terrains de football.
05:49Au total,
05:50nous pouvons transporter 18 340 containers.
05:53Vous pourriez prendre 150 supermarchés,
05:59les vider entièrement
06:00et les remplir d'un seul coup
06:02avec ce que transporte ce navire.
06:05Ça vous donne une idée
06:06de tout ce qu'on transporte à bord.
06:11Imaginez,
06:12avec ses 400 mètres de long,
06:14ce géant des mers est plus grand
06:16que la tour Eiffel.
06:17Et sa hauteur
06:20atteint celle d'un immeuble
06:22de 17 étages.
06:26Ça, c'est comme le volant
06:29de votre voiture.
06:31On s'en sert pour manœuvrer dans le port.
06:34C'est un officier
06:34qui a la charge de tenir le gouvernail.
06:38Et ça,
06:39c'est le pilote automatique
06:40pour le grand large.
06:42On le contrôle avec ça.
06:44Un degré à tribord,
06:46un degré à babord.
06:475 à tribord,
06:495 à babord.
06:50C'est la partie
06:51la moins compliquée
06:52de mon job.
06:55Le capitaine embarque
06:56pour 3 mois
06:57et une quinzaine d'escales.
07:0040 000 kilomètres
07:01à une vitesse
07:02d'environ 30 km heure.
07:04Et vous savez
07:05combien vous transportez ?
07:08À pleine charge,
07:10on transporte normalement
07:11pour plus de 600 millions d'euros.
07:13C'est pas mal d'argent, hein ?
07:15Il garde le sourire,
07:16mais c'est loin d'être simple.
07:18Après des semaines de paralysie
07:19liées à l'épidémie de Covid,
07:22les ports seraient selon lui
07:23incapables de faire face
07:24à la reprise du trafic,
07:26engorgés par des milliers
07:28de containers.
07:28« Nous avons des problèmes
07:33d'approvisionnement.
07:35Dans les supermarchés,
07:36dans les magasins d'électronique,
07:38les gens ne peuvent plus
07:39acheter leur télévision,
07:40leurs légumes frais
07:41ou leurs meubles de jardin
07:42pour les beaux jours.
07:44Tout est bloqué
07:45dans les ports
07:45et tous les navires
07:47attendent de pouvoir
07:47décharger leur conteneur
07:49pour qu'ils puissent être
07:50acheminés vers les entrepôts
07:51et les grandes surfaces. »
07:55À l'image de cet impressionnant
07:57embouteillage
07:57en septembre dernier
07:58au large du port
08:00de Los Angeles,
08:02une soixantaine
08:03de cargos
08:03pleins à craquer
08:04a dû patienter
08:05plusieurs jours
08:06avant de pouvoir décharger.
08:07À l'autre bout de la chaîne,
08:14forcément,
08:16c'est l'effet domino.
08:19« Monsieur le bonjour,
08:21est-ce que je peux vous renseigner ? »
08:22« Oui, c'est bon monsieur.
08:23On est venu pour un VTT
08:25en semi-rigide. »
08:27D'accord.
08:28Près d'Avignon,
08:30ce vendeur de vélo
08:30n'a pas été livré
08:31depuis des jours.
08:32« Je pense que ce sera plus
08:33le coloris qui... »
08:34« Difficile de satisfaire
08:35ses clients. »
08:36« Mais je l'ai en taille M. »
08:37« Ce n'est pas en taille... »
08:39« Non, alors là,
08:39en taille L de ce coloris-là,
08:40je ne l'ai pas. »
08:42« Donc pas le volouif ? »
08:43« Non, malheureusement,
08:43je n'ai pas ça. »
08:45Il lui reste
08:46ces quelques vélos d'exposition.
08:49Mais plus rien en stock.
08:52« Il manque toujours
08:53soit une fourche,
08:54il manque toujours
08:54un amortisseur,
08:56on a un autre fournisseur,
08:57il n'oublie pas les vélos
08:58parce qu'il manque les pneus.
08:59Il manque toujours
09:00une petite pièce
09:01pour pas qu'on se fasse
09:01livrer le vélo. »
09:04Tous les jours,
09:05le commerçant appelle
09:05l'un de ses fournisseurs
09:06à une demi-heure
09:07de chez lui.
09:09« C'est parti. »
09:12« MTB, bonjour. »
09:14« Je cherche quoi
09:14comme guidon ? »
09:15« En cas hauteur. »
09:18Mais de ce côté-ci,
09:19même constat.
09:20« NTH Carbone,
09:21NTH Carbone. »
09:22« Ouais, alors là,
09:23on va... »
09:23« J'ai pas de délai
09:24de livraison. »
09:26« J'ai des trucs
09:26qui doivent arriver
09:27ce mois-ci,
09:27mais je sais pas quoi exactement.
09:29Et je saurai
09:30le jour-ci, quoi.
09:31« Je t'appelle
09:32dès que c'est là, OK ? »
09:34« Ça va, super, merci. »
09:35« Allez tôt, ciao. »
09:38« En ce moment, c'est... »
09:41« En ce moment,
09:42on va dire
09:43que c'est rock'n'roll. »
09:45« Encore un client
09:46qui nous appelle
09:47pour une dispo
09:48d'un produit.
09:50On prend la commande,
09:51on sait pas
09:51quand c'est
09:51qu'on le recevra. »
09:54Estelle et Olivier Clerici
09:56n'ont pas pu honorer
09:57200 commandes.
09:57100 000 euros
09:59de chiffre d'affaires
09:59en moins.
10:00« Ça, c'est vide. »
10:01« Ça, c'est vide. »
10:03« Celui-là,
10:04il est fini aussi. »
10:06« Si quelqu'un
10:07veut une moitié
10:08de pédalier,
10:09je peux lui donner. »
10:11Ils font venir
10:12l'essentiel
10:12de leurs marchandises
10:13d'Asie par bateau.
10:16Les délais de livraison
10:16sont passés
10:17de deux mois
10:18à un an
10:19et les tarifs ont flambé.
10:20« On a multiplié
10:23par cinq
10:24le prix d'un conteneur
10:25sur la dernière livraison.
10:26Il arrive un moment
10:29où il faut prendre...
10:30C'est-à-dire,
10:30on pourrait presque
10:31être limite
10:32à laisser
10:33la marchandise à quai.
10:34Parce que ça augmente
10:35tellement
10:36que ça ne devient
10:37que c'est pas vendable
10:38chez nous. »
10:43La situation
10:46est tout aussi critique
10:47pour ceux qui ont besoin
10:48d'exporter pour vivre.
10:50Comme ici,
10:51au cœur des champs normands
10:52du pays de Caux.
10:56Léa Roussino
10:58est négociante
10:59en pommes de terre.
11:00Elle vend
11:01les récoltes
11:01des agriculteurs
11:02dans le monde entier.
11:03« On travaille
11:05beaucoup à l'export.
11:06On exporte
11:06entre 4 000
11:07et 5 000 tonnes
11:07de pommes de terre
11:08qui sont produites
11:10par des producteurs
11:11de plants. »
11:13Mais depuis quelques mois,
11:14son entreprise
11:14n'arrive plus
11:15à exporter.
11:18Il n'y a plus
11:19aucun conteneur
11:19disponible
11:20sur les cargos.
11:21« On est clairement
11:23en flux tendu.
11:24Jusqu'à ce que
11:24le conteneur
11:26soit dans la ferme
11:27effectivement
11:27en train de charger,
11:29il y a toujours
11:30le risque
11:30que ce soit annulé.
11:32On est complètement
11:33tributaires
11:33des compagnies maritimes
11:34et franchement,
11:35c'est assez frustrant.
11:37Jean Monnen
11:46est d'origine
11:46néerlandaise.
11:48Mais c'est la campagne
11:49française
11:49qu'il a choisie
11:50pour faire pousser
11:50ses pommes de terre.
11:52Cette récolte
11:53devait partir
11:54vers le Moyen-Orient,
11:55mais le chargement
11:56a été annulé.
11:58« C'est du plan
11:58de pommes de terre
11:59qui aurait dû partir
12:00pour l'Egypte
12:02en partie.
12:03En fait,
12:03on n'a pas trouvé
12:04les conteneurs
12:04donc on n'a pas pu
12:05charger pour l'Egypte.
12:06On a du mal
12:07à comprendre.
12:08Pourquoi de tout
12:09d'un seul coup,
12:10on a autant de mal
12:11à avoir de conteneurs ?
12:12Ils sont bien quelque part,
12:13ils n'ont pas fondu. »
12:16Pour trouver
12:17une nouvelle destination
12:18pour la récolte
12:18de Jean Monnen,
12:20Léa Roussino
12:20appelle un transitaire,
12:22un intermédiaire
12:23avec lequel elle travaille
12:24régulièrement
12:25qui doit lui trouver
12:26de la place
12:27dans un conteneur.
12:30Pour l'agriculteur
12:31et la négociante,
12:32ce sont des dizaines
12:32de milliers d'euros
12:33qui sont en jeu.
12:34« Allô ? »
12:37« Ouais,
12:37bonjour.
12:38Je t'appelle juste
12:39pour savoir
12:39où est-ce qu'on en était
12:40sur les conteneurs
12:41parce que je crois
12:42qu'au Maroc,
12:42on a été encore décalés là.
12:44« Alors,
12:45effectivement,
12:46il y a encore
12:46du retard d'annoncer
12:47et on ne peut
12:48vraiment rien garantir
12:50à cette heure. »
12:51« Et c'est quoi ?
12:51C'est le bateau
12:52qui ne passe pas ? »
12:52« C'est si,
12:54celui-là,
12:55il vient
12:55et j'avais vérifié,
12:57il était déjà
12:57dans les ports du Nord
12:58la semaine dernière,
13:01mais tout est décalé,
13:03tout est retardé. »
13:06« Ça promet ? »
13:08« Des mauvaises nouvelles,
13:09encore. »
13:10« Ouais.
13:11Ça démoralise
13:12tout le monde, quoi. »
13:12« C'est nous, PME,
13:13qui vont payer
13:15le pot cassé
13:16en partie
13:16parce que
13:17tant que notre marchandise
13:18ne parte pas,
13:19on n'a rien. »
13:21Face à cette situation
13:23inédite,
13:24ces producteurs
13:25ont décidé
13:25d'exporter
13:26deux fois moins
13:27l'année prochaine.
13:32Où sont donc
13:33les containers ?
13:35Est-ce vraiment
13:36la faute de la pandémie ?
13:38Ou les grandes compagnies
13:39profiteraient-elles
13:40de la situation ?
13:41Il y a quelques mois,
13:45le chantre des prix bas,
13:46Michel-Edouard Leclerc,
13:48s'interrogeait
13:48chez nos confrères
13:49de Télématin.
13:51Moi, je ne comprends pas.
13:53Je ne comprends pas
13:53où sont passés
13:54tous les containers.
13:55Je comprends
13:56qu'il y a
13:57des désorganisations,
13:58mais je pense
13:59qu'on nous flambe
13:59le truc.
14:01Et donc,
14:01autant...
14:03Je pense qu'il faudrait
14:04qu'il y ait
14:04une commission
14:05d'enquête parlementaire
14:06ou une mission
14:06d'information parlementaire
14:08qui fasse le point
14:09sur les vraies hausses
14:11qu'on nous propose.
14:13Dans sa ligne de mire,
14:15les armateurs.
14:1783% du transport
14:18maritime mondial
14:19est entre les mains
14:20de neuf groupes
14:21ultra-puissants.
14:23Les trois premiers
14:25sont tous européens,
14:26comme la compagnie française
14:27CMA-CGM.
14:32En pleine pandémie,
14:33en 2021,
14:35les bénéfices du secteur
14:36ont été multipliés
14:37par 6,
14:38plus de 130 milliards d'euros.
14:41Les armateurs
14:41entretiendraient-ils
14:42la désorganisation
14:43pour faire monter les prix.
14:51Au port de Hambourg,
14:53le troisième d'Europe.
14:56Le directeur
14:57se pose clairement
14:58la question.
14:59D'ici,
15:00vous avez vraiment
15:01la plus belle vue
15:01sur le port d'Hambourg.
15:04Et n'hésite pas
15:04à pointer la responsabilité
15:06des compagnies maritimes
15:07dans l'engorgement
15:08de son site.
15:14Voilà les containers
15:16qui doivent être exportés.
15:18Ils attendent les bateaux
15:19pour être envoyés
15:20en Asie,
15:21aux Etats-Unis,
15:23en Afrique,
15:24tout autour du monde.
15:27Si ces containers
15:28pleins de marchandises
15:29s'accumulent,
15:30c'est parce que,
15:31selon lui,
15:32les cargos ne viennent
15:33tout simplement
15:33pas les chercher
15:34le jour prévu.
15:35plus de 50%
15:38des navires
15:39sont en retard
15:39et ça perturbe
15:41toute la chaîne logistique.
15:43C'est un problème.
15:44Nous ne sommes pas
15:45responsables
15:45des retards des navires.
15:47Je pense que
15:48les armateurs
15:48refusent de reconnaître
15:50leur propre responsabilité.
15:52Ils veulent faire porter
15:53l'attention sur les ports
15:54et la détourner
15:55des compagnies.
16:00Ces retards
16:01sont-ils intentionnels ?
16:05Olaf Merck est économiste.
16:11Ce spécialiste
16:12du transport maritime
16:13a passé au crible
16:14les itinéraires
16:15de centaines de cargos.
16:20Il a fait une découverte.
16:21un blank sailing,
16:24c'est simplement
16:24une annulation
16:27d'un service.
16:28Par exemple,
16:29il y a une rotation
16:30de port
16:30qui se fait
16:31chaque semaine.
16:33Un blank sailing,
16:33ça veut dire
16:33que pour une semaine,
16:35ils vont dire
16:35que cette semaine-là,
16:37il n'y a pas
16:37cette service.
16:39Le blank sailing
16:40est une pratique légale
16:41en cas d'avarie
16:42ou de retard
16:43à rattraper.
16:45Mais il y a deux ans,
16:46cette pratique
16:47a explosé
16:47dans des proportions
16:48presque suspectes.
16:49En 2019,
16:54sur 100 escales
16:54prévues dans le monde,
16:5682 étaient honorés.
16:59Un chiffre
16:59qui tombe
17:00à 67 en 2021,
17:02selon une étude britannique.
17:06Mathématiquement,
17:06il y a donc
17:07moins de capacité
17:08de transport
17:08pour les containers.
17:09Le constat,
17:11il est assez simple.
17:12Les prix
17:12auront augmenté.
17:13Par exemple,
17:15sur Asie-Europe,
17:17les prix
17:18de 1 000 euros
17:19pour transporter
17:20un conteneur,
17:22là,
17:22on est à plus
17:22que 10 000
17:23par conteneur.
17:25Vous pensez
17:25que c'est une stratégie
17:27de la part
17:28des entreprises maritimes ?
17:30Ça,
17:30je ne sais pas.
17:31On peut supposer.
17:33Vous êtes le seul
17:34à vous poser ces questions ?
17:36Non.
17:37Non,
17:37je ne suis pas le seul.
17:38Il y a surtout
17:39beaucoup de clients
17:40qui se demandent
17:41ce qui se passe.
17:43Sous couvert
17:44d'anonymat,
17:45plusieurs professionnels
17:46du secteur
17:47que nous avons joints
17:48dénoncent
17:48le recours
17:49des armateurs
17:50à l'annulation
17:50d'escale
17:51pour gonfler
17:52les prix selon eux.
17:54Comme cet exportateur,
17:56l'un des leaders
17:56mondiaux du textile.
17:59Le Sri Lanka
18:00a toujours été
18:02un port sans problème.
18:04Mais depuis le Covid,
18:06les armateurs
18:07ont commencé
18:08à pratiquer
18:08le blank sailing.
18:11Parfois,
18:12ils annulent
18:12un bateau
18:1324 heures à l'avance.
18:16Du coup,
18:16à cause du manque
18:17de capacité,
18:19les prix
18:19ont automatiquement
18:20explosé.
18:22Nous,
18:22ce qu'on constate,
18:24c'est que les compagnies
18:25peuvent augmenter
18:26les prix
18:26et diminuer
18:27les capacités
18:28de transport
18:29comme elles le veulent.
18:31Et si on regarde
18:32de plus près,
18:33elles s'en mettent
18:33plein les poches.
18:34Elles font
18:35leur propre loi.
18:36C'est comme une mafia.
18:38Et l'Union européenne
18:39laisse faire.
18:40À la fin du compte,
18:41c'est le consommateur
18:42comme vous et moi
18:43qui passe à la caisse.
18:46Nous avons contacté
18:47le syndicat international
18:49des armateurs
18:49sur cette mise en cause.
18:52Par mail,
18:53ils déclinent
18:53toute responsabilité
18:54et pointent du doigt
18:55les ports congestionnés.
18:57Tous les navires disponibles
18:58sont sur l'eau,
19:00mais ne sont pas utilisés
19:01efficacement
19:01à cause de problèmes
19:02dans les ports.
19:06Même son de cloche
19:07à Rotterdam,
19:09où lors de notre visite,
19:10nous avions interrogé
19:11le directeur européen
19:13de l'armateur
19:13danois Mersk
19:14sur ce sujet sensible.
19:15« Nous avons remis
19:19tous nos navires
19:19en circulation.
19:21Nous avons même
19:22repoussé la mise
19:23à la casse
19:23de certains navires
19:24pour faire face
19:25à la situation.
19:27Nous passons
19:28notre temps
19:29à essayer
19:29de trouver
19:30tous les bateaux disponibles,
19:31mais il n'y en a pas.
19:33Nous ne faisons pas
19:33de blank sailing. »
19:37Les armateurs
19:38l'assurent.
19:39Ils sont aussi
19:39des victimes
19:40de la crise.
19:42Pourtant,
19:43aux États-Unis,
19:44le gouvernement
19:45vient d'ouvrir
19:45une enquête
19:46sur les suspicions
19:47d'entente
19:47sur les prix
19:48entre armateurs.
19:52Mais à Bruxelles,
19:54rien ne bouge.
19:58Au grand désespoir
19:59de la directrice
20:00du syndicat
20:00des travailleurs
20:01du transport,
20:02qui a saisi
20:03la Commission européenne
20:04à plusieurs reprises.
20:07« Je pense
20:08que ces dernières années,
20:10j'ai dû envoyer
20:11six ou sept courriers.
20:14Par exemple,
20:17cette lettre
20:18a été adressée
20:19le 14 septembre dernier
20:20pour demander
20:21une enquête
20:22sur le comportement
20:23et les pratiques
20:24des portes-containers
20:25pendant la pandémie.
20:29Nous pensons
20:30qu'il y a
20:30de nombreux abus
20:31des pratiques
20:33que nous condamnons.
20:33et nous avons reçu
20:39cette réponse
20:40très formelle
20:40de la Commission
20:41disant qu'ils étaient
20:43au courant
20:43des perturbations,
20:45au courant
20:45qu'il y avait
20:46des problèmes,
20:47mais que c'était normal
20:48en raison
20:48des circonstances
20:49exceptionnelles.
20:51Alors,
20:51ils n'ont pas
20:52lancé d'investigation.
20:55La Commission
20:56ne s'est pourtant
20:56pas privée
20:57de passer au crible
20:58d'autres secteurs
20:59pendant le Covid.
20:59Ils l'ont fait
21:03dans l'aviation.
21:04Ils ont convoqué
21:05un tour de table
21:05pour définir
21:06le futur du secteur
21:07et comment sortir
21:09de la crise.
21:11Alors,
21:11pourquoi ne se penchent-ils
21:12pas sur le secteur
21:13maritime ?
21:15Parce que c'est
21:15la vache sacrée,
21:17intouchable.
21:19Parce qu'ils ont peur
21:20de stopper
21:20les privilèges
21:21d'une industrie
21:22extrêmement puissante
21:23et extrêmement influente.
21:25A Bruxelles,
21:30la commissaire européenne
21:31à la concurrence
21:32a déclaré
21:33qu'il n'y avait pas lieu
21:33d'ouvrir une enquête
21:34sur les pratiques
21:35commerciales.
21:39Ce secteur,
21:40très puissant,
21:41bénéficierait-il
21:42d'un manque de contrôle
21:43de la part des autorités ?
21:45Notamment quand il s'agit
21:47des conditions de travail
21:48des équipages.
21:55En Bretagne,
22:00le port de Saint-Malo
22:01accueille des cargos
22:02du monde entier.
22:04L'Ortalono
22:05y vient régulièrement
22:06pour tenter
22:07de monter à bord
22:08des navires en escale.
22:10Elle n'est pas
22:11inspectrice du travail,
22:12mais syndicaliste.
22:15Sa mission ?
22:17Alerter si les droits
22:17des marins
22:18ne sont pas respectés.
22:20On tire
22:21toutes les conditions
22:22par le bain
22:23des marins.
22:25On veut les payer
22:27le moins cher possible
22:28et faire du profit.
22:29Il faut lutter contre ça.
22:31C'est incroyable
22:32de ne pas payer
22:33les gens
22:34qui travaillent pour vous,
22:36de ne pas les nourrir,
22:37de les traiter
22:38comme des chiens.
22:40Ça,
22:41ce n'est pas normal.
22:43La syndicaliste
22:45choisit les bateaux
22:45qu'elle visite
22:46en fonction
22:47de leur pavillon,
22:48c'est-à-dire
22:48du pays
22:49où ils sont immatriculés.
22:52Les propriétaires
22:53peuvent enregistrer
22:53leurs navires
22:54dans des pays
22:55peu regardants.
22:56Là où la fiscalité
22:57est avantageuse
22:58et le droit
22:59du travail minimaliste.
23:01On appelle ça
23:02les pavillons
23:03de complaisance.
23:05Ce jour-là,
23:06c'est le Vanuatu,
23:07un petit archipel
23:07du Pacifique
23:08qui a retenu
23:09son attention.
23:11Un pavillon
23:12très peu protecteur
23:13pour les marins.
23:13C'est un navire
23:16qui bat
23:17pavillon
23:18du Vanuatu,
23:19qui est un mauvais pavillon
23:21qui est classé
23:2250e sur 70.
23:24C'est un navire
23:25qui a 25 ans.
23:26Ça veut dire
23:26que c'est un navire
23:27qui est vieux,
23:29qui a changé
23:305 fois de pavillon,
23:317 fois d'armateur.
23:33On sait déjà
23:34que c'est un navire
23:35où il y a sûrement
23:36des problèmes à bord.
23:37Ce cargo est arrivé
23:39d'Egypte
23:40dans la nuit.
23:42Il décharge
23:42de l'engrais.
23:45L'orthalono monte
23:45sans y être invité
23:46et va essayer
23:48d'interroger
23:48les marins
23:49au nom de son syndicat,
23:51l'ITF.
23:51Allez, c'est parti.
23:54Hello.
23:56Bonsoir.
23:56Bonjour.
23:58Bonjour.
24:00Je suis de l'ITF.
24:02Oui, ITF.
24:03ITF, oui.
24:04Est-ce que vous avez
24:10des problèmes à bord ?
24:11Des problèmes ?
24:12Non.
24:13Non ?
24:13Vous n'avez pas de problème
24:14pour être payé ?
24:16Non.
24:17Non, pas de problème.
24:20Bonjour.
24:22Bonjour.
24:22Je suis l'officier de pont.
24:24Enchantée.
24:25Je suis de l'ITF.
24:27Voici ma carte.
24:29Merci beaucoup.
24:31Oui, merci.
24:33Merci.
24:33Est-ce que c'est possible
24:35de voir le commandant ?
24:36Merci.
24:40Son premier objectif,
24:42c'est de vérifier
24:42que l'équipage
24:43est bien déclaré.
24:44Merci beaucoup.
24:47Donc, là,
24:48c'est la liste d'équipage.
24:50Comme souvent,
24:51les marins viennent
24:51du monde entier.
24:53Turquie,
24:53Azerbaïdjan,
24:55Georgian,
24:56Turquie.
24:58Bonjour.
24:59Je voudrais vous parler
25:00pour une petite visite
25:01de routine.
25:02La syndicaliste
25:06n'a aucun pouvoir,
25:07ni de contrôle,
25:08ni de sanction.
25:10Mais elle y va au bluff.
25:11C'est qui,
25:12la frêteur ?
25:13Qui est la frêteur ?
25:15Il est turc ?
25:16Turc.
25:18Ok, turc.
25:20Je veux savoir
25:21qui est le patron.
25:23Je crois que c'est lui.
25:24Non, celui-là
25:26est le big boss.
25:28Elle va éplucher
25:29les papiers du navire.
25:32Donc ça,
25:33c'est,
25:34selon le pavillon,
25:35l'effectif minimal
25:37du navire.
25:39Donc là,
25:3911 marins.
25:41L'intérêt
25:41des pavillons
25:42de complaisants,
25:42c'est justement
25:43de mettre
25:44un effectif
25:45le plus bas possible.
25:47Ce même navire,
25:48sous un bon pavillon,
25:50il aurait un effectif
25:50beaucoup plus important.
25:51C'est la raison
25:53d'être des pavillons
25:54de complaisance.
25:54C'est de payer
25:55moins de marins
25:57et moins cher.
25:58Donc ça,
25:59c'est un marin qualifié
25:59qui a un salaire
26:01de base
26:01de 522 dollars.
26:03C'est un salaire
26:03qui est bien dessous,
26:04qui est très inférieur
26:05aux standards internationaux.
26:08Non,
26:082 dollars 72
26:09par heure,
26:10c'est un salaire
26:11qui est beaucoup trop bas.
26:12On ne peut pas accepter.
26:14Ça arrive souvent ?
26:15Oui, ça arrive souvent.
26:19En 10 ans d'inspection,
26:20l'orthalonneau a bien compris
26:21que pour les armateurs,
26:23toutes les économies
26:24sont bonnes à prendre.
26:26Alors,
26:27les légumes ?
26:29Le poireau,
26:31les feuilles,
26:32on voit qu'ils ne datent pas d'hier.
26:34Là, c'est pareil.
26:35Le chou,
26:36ça pourrit.
26:38Voilà comment on nourrit
26:39un équipage.
26:41Mais c'est révélateur,
26:42en fait,
26:42comment on traite les marins.
26:45C'est un des indices,
26:46en fait.
26:46On voit qu'il n'y a pas de bouffe
26:47en quantité suffisante
26:50ou en qualité suffisante.
26:51On sait que l'équipage
26:52n'est pas bien traité,
26:53en fait.
26:56Avant de partir,
26:57elle demande au capitaine
26:58d'appeler l'armateur.
27:00Elle aimerait qu'il signe
27:01la convention collective
27:02de son syndicat
27:03pour mieux protéger
27:05les salariés.
27:06L'armateur ne sait pas
27:07qu'il est sur haut-parleur.
27:10Mais pourquoi tu m'appelles ?
27:12Ils m'ont dit
27:13qu'ils voulaient monter à bord.
27:14Qu'est-ce que je pouvais faire ?
27:16Je vais te dire un truc.
27:18En Allemagne,
27:19au port de Hambourg,
27:20on ne les a pas
27:21laissés monter à bord.
27:22Je t'ai dit
27:23de ne pas les laisser monter.
27:24Comment ils ont fait ?
27:25Je ne monte pas la garde
27:26à l'entrée du bateau.
27:29Débrouille-toi,
27:29trouve une solution.
27:34Après sa visite,
27:36Lord Alono a envoyé
27:37un rapport
27:37aux autorités portuaires
27:39pour signaler
27:40que les marins
27:40ne reçoivent pas
27:41à temps leur salaire
27:42et qu'ils n'ont ni
27:43eau chaude
27:43ni nourriture fraîche.
27:44Mais il n'aura pas
27:46de suite.
27:52Des salariés mal payés
27:53et parfois
27:54pas payés du tout.
28:01En Roumanie,
28:02dans le port de Constanza,
28:04ce navire est immobilisé
28:05depuis plus d'un an,
28:06avec à son bord
28:07quatre hommes privés
28:08de salaire
28:08depuis des mois.
28:09une situation ubuesque
28:11qui concerne actuellement
28:12environ 250 équipages
28:14dans le monde.
28:17Ce syndicaliste roumain
28:18vient régulièrement
28:19les ravitailler gratuitement.
28:21Un mois de provision
28:22très attendu.
28:27Salut, capitaine.
28:29Comment allez-vous ?
28:31J'ai apporté un peu
28:32de nourriture.
28:34Salut.
28:37Je le mets dans la cuisine ?
28:39Laisse ici,
28:39on va ranger.
28:42Poulet,
28:42oranges,
28:43des fruits,
28:44des bananes,
28:46des légumes,
28:48de l'eau,
28:49de quoi,
28:50petit déjeuner
28:51et du lait.
28:52Et si vous avez besoin
28:55d'autre chose,
28:55vous pouvez m'appeler.
28:56Je t'écrirai.
28:59C'était il y a un an.
29:01Le capitaine Abdallah Daha
29:02fait escale
29:02dans ce port
29:03de la mer Noire.
29:06Au moment de repartir,
29:08les autorités roumaines
29:09découvrent que les marins
29:10ne reçoivent pas
29:10leur salaire.
29:13C'est une infraction.
29:14Le navire est bloqué.
29:18L'armateur a alors
29:19préféré abandonner son cargo
29:20plutôt que de payer
29:21ses employés.
29:23Ils sont piégés.
29:27Il leur met la pression,
29:28sans nourriture,
29:29sans électricité,
29:30dans de très mauvaises
29:31conditions,
29:32pour les pousser
29:32à abandonner le bateau
29:33en renonçant à leur salaire.
29:37Le capitaine a embarqué
29:38sur ce navire
29:39il y a 28 mois.
29:41Mais depuis qu'il a été embauché,
29:44Abdallah Daha
29:44n'a touché que 10%
29:46de sa paye.
29:49À la fin du mois d'août,
29:50il me devait déjà
29:5171 000 euros.
29:54Et l'armateur
29:54vous donnait
29:55quelle explication ?
29:56Il nous disait
29:58« Je ne vais pas imprimer
30:00des billets,
30:01je n'ai pas d'argent.
30:04La situation est compliquée.
30:06Sois patient.
30:07Je te paierai
30:08la prochaine fois.
30:12Au prochain voyage,
30:13dans un mois. »
30:15Les marins restent à bord
30:20pour empêcher le propriétaire
30:21de vendre le navire
30:22sans les payer.
30:24Mais sans visa,
30:26ils ont l'interdiction
30:26de s'aventurer
30:27plus loin
30:28que le bout de ce quai.
30:33C'est la cabine d'armade.
30:34« On peut entrer ? »
30:38Ah, il passe un coup de fil.
30:40« Depuis quand il est là ? »
30:41« Ça fait 3 ans et demi. »
30:45« Sans descendre du bateau ? »
30:48« Avec la même vue
30:52depuis maintenant un an. »
30:56Le mécanicien,
30:57Alaa Mansour,
30:58a 39 ans.
30:59Sa fiancée est en Syrie.
31:01Il ne l'a pas vue
31:02depuis 2 ans et demi.
31:05« Allô ? »
31:06« Tu dis bonjour
31:08à notre nouveau bébé ? »
31:10« Oh, le petit bout d'amour ! »
31:11« Dis bonjour à maman. »
31:13« C'est une merveille. »
31:14« Je suis content avec lui,
31:15je te jure. »
31:17Il attend 17 500 euros
31:19d'arriéré de salaire.
31:20« Mais c'est toi
31:22qui m'as embrouillé.
31:23Tu dis que c'est une femelle,
31:25moi je dis que c'est un mâle. »
31:29« Je vais l'appeler Doudi. »
31:31« Doudi, c'est beau.
31:33Salut Doudi. »
31:36L'armateur a choisi
31:37d'enregistrer ce navire
31:38au Panama.
31:40Le pavillon de complaisance
31:41le plus utilisé dans le monde
31:42en raison de sa fiscalité avantageuse
31:45et de son manque de contrôle.
31:47Et les marins,
31:49tous syriens,
31:50n'auraient pas été recrutés au hasard.
31:56« En raison de la situation syrienne,
32:00quelques armateurs,
32:01les plus mauvais,
32:02profitent de la situation.
32:04Ils nous donnent des salaires plus bas.
32:06Ils ne nous protègent pas.
32:07parce qu'ils savent
32:09que vous ne pouvez pas rentrer chez vous.
32:10On ne peut pas rentrer.
32:13Personne ne nous soutient.
32:16Et ils le savent.
32:20Les marins attendent une décision
32:22de la justice roumaine
32:23qui tarde à venir.
32:26Le nombre d'équipages bloqués
32:28dans le monde
32:29a doublé en 2021.
32:30Des pratiques d'armateurs low-cost.
32:39Mais qu'en est-il
32:40des grandes compagnies ?
32:42De nos fleurons nationaux
32:43comme CMA-CGM,
32:45le géant français
32:46du transport maritime.
32:49Ce porte-drapeau de la France,
32:51courtisé par les gouvernements successifs,
32:53a-t-il des pratiques
32:54plus responsables ?
32:56Parmi la flotte
32:59de plus de 500 navires
33:01revendiqués par CMA-CGM,
33:03elle n'a pu nous confirmer
33:04que 28 pavillons français.
33:08Soit seulement 5%.
33:09Et même cela bénéficie
33:13d'un régime dérogatoire avantageux.
33:17Nous sommes au port du Havre.
33:23Simon Clovis a été officier
33:25pendant 11 ans.
33:26sur les navires
33:27de la CMA-CGM.
33:31Cela fait 6 ans
33:32qu'il a débarqué.
33:35Aujourd'hui,
33:36représentant syndical,
33:37il dénonce
33:38le régime privilégié
33:39dont bénéficient
33:40les cargos
33:41au long cours français.
33:43Ils ont le droit
33:43d'embaucher des marins
33:44de toutes les nationalités.
33:47Une seule condition,
33:48conserver un nombre minimum
33:50de salariés européens,
33:51toujours minoritaires.
33:53Au niveau salarial,
33:54c'est son commune mesure.
33:58J'imaginez bien
33:58qu'aujourd'hui,
34:00un matelot
34:02birman,
34:05il va avoir
34:05un salaire
34:07de base largement
34:09en dessous du SMIC
34:10pour faire largement
34:11plus que 35 heures
34:12par semaine
34:12et sans toute
34:15la protection sociale
34:16à la française.
34:17Et pour autant,
34:19ça, ça se passe
34:20sur des navires
34:21qui battent
34:22pavillons bleu,
34:22blanc, rouge
34:23sur quelque part
34:24un petit morceau
34:25du territoire français
34:26où la réglementation
34:29française
34:30s'applique.
34:32Nous avons réussi
34:33à nous procurer
34:34la grille de salaire
34:35applicable
34:36aux marins philippins
34:37à la CMA-CGM.
34:40Elle date
34:40de janvier 2022.
34:43Le salaire minimum
34:44garanti
34:44pour un OS,
34:45le matelot
34:46le moins qualifié,
34:47est de 965 dollars,
34:49soit 850 euros
34:50par mois.
34:51À raison de 65 heures
34:52de travail par semaine,
34:54cela fait 3,25 euros
34:55de l'heure.
34:5730%
34:58du SMIC
34:59horaire français.
35:01Un tarif
35:02imbattable.
35:03Pendant des mois,
35:07nous avons demandé
35:07à la CMA-CGM
35:08de pouvoir filmer
35:09sur un de ses navires.
35:11La compagnie a refusé,
35:13elle préfère
35:13rester discrète.
35:17Même cet officier,
35:18toujours en poste,
35:19a voulu témoigner
35:19anonymement,
35:21par peur des représailles.
35:25Selon lui,
35:25son employeur,
35:26détenu par l'une
35:27des plus grandes fortunes
35:28de France,
35:29se servirait des hommes
35:30pour maximiser
35:31ses gains.
35:34Le choix des nationalités
35:36se fait aussi
35:37en fonction
35:38du contexte économique
35:39et politique.
35:41Il y a quelques années,
35:42quand le bloc de l'Est
35:43s'est ouvert,
35:43on a employé
35:44beaucoup de Roumains.
35:45Et puis la Roumanie
35:46est rentrée dans l'Europe
35:47et économiquement,
35:49c'était plus viable.
35:50Pour l'amateur,
35:50ça ne valait plus le coup.
35:51Il y a des changements réguliers
35:52en fonction,
35:54c'est innommable
35:55ce que je veux dire,
35:55mais en fonction des cours,
35:57du prix de la main-d'oeuvre.
35:59Les Philippins
35:59ont été très demandés
36:00dans le milieu maritime
36:01et il n'y a plus
36:01assez de personnel philippin
36:02pour répondre à la demande.
36:04Donc on s'est orientés
36:05vers d'autres pays,
36:06la Birmanie,
36:07la Chine,
36:09l'Amérique du Sud,
36:10là où il y a
36:11de la main-d'oeuvre disponible.
36:13C'est une course
36:13à la rentabilité.
36:14Contacté au sujet du recours
36:21à la main-d'oeuvre étrangère
36:23sur ces cargos français,
36:25la compagnie CMA-CGM
36:26ne nous a pas répondu
36:28sur cette question.
36:30Tout est légal.
36:33Mais qui fixe les règles
36:34du commerce maritime mondial ?
36:38Nous avons enquêté
36:39sur le gendarme du secteur
36:40et certaines de ses décisions
36:42posent de nombreuses questions.
36:48C'est un paradis
36:49au milieu du Pacifique.
36:54Les îles Marshall,
36:55menacées par la montée
36:56des eaux,
36:57ont fait de la lutte
36:58contre les navires pollueurs
36:59une cause nationale.
37:01Et de l'ambassadeur des îles,
37:03un messager de leur détresse.
37:05Le réchauffement climatique
37:10est une menace
37:10pour les habitants
37:11des îles Marshall.
37:13Parce que nous sommes
37:16un des quatre atolls
37:18les plus plats au monde.
37:22On parle là
37:22de deux ou trois mètres seulement
37:24au-dessus de la mer.
37:28Nous sommes directement menacés
37:30par la montée des eaux.
37:31Le réchauffement climatique
37:36aura des conséquences
37:38terribles sur notre pays.
37:43Nous sommes juste
37:44une terre fragile,
37:45de petites îles.
37:48Nous ne pourrons jamais
37:49survivre à cela.
37:52Alors en août dernier,
37:54les îles Marshall
37:55soumettent une proposition
37:56forte à l'Organisation
37:58maritime internationale,
37:59l'OMI.
38:01C'est l'instance chargée
38:02de réguler les questions
38:03de pollution des navires.
38:06L'Organisation maritime
38:07internationale
38:08avait défini comme stratégie
38:10de diviser par deux
38:11les émissions de gaz
38:12à effet de serre
38:13d'ici à 2050.
38:15Évidemment,
38:15notre gouvernement
38:16ne s'est pas aligné
38:17avec cette position.
38:18Nous voulions aller plus loin.
38:20Donc l'année dernière,
38:21nous avons soumis
38:22une nouvelle proposition
38:23pour limiter à zéro
38:25les émissions
38:25d'ici à 2050.
38:26supprimer les émissions
38:30de gaz à effet de serre
38:31de la flotte mondiale
38:32en moins de 30 ans.
38:34Un enjeu de taille
38:35pour ce secteur,
38:37l'un des plus polluants
38:37au monde.
38:40D'ailleurs,
38:41quelques mois plus tard,
38:42à la COP26,
38:4414 pays signent
38:45une grande déclaration
38:46pour s'engager
38:47à réduire à zéro
38:48les émissions de gaz
38:48à effet de serre
38:49dans le secteur maritime
38:50d'ici 2050.
38:53Notamment en bataillant
38:54à l'OMI
38:55pour atteindre ce but.
38:58Parmi les signataires,
38:59la France.
39:04Moins de deux semaines plus tard,
39:06la proposition
39:07des îles Marshall
39:07est étudiée
39:08à l'Organisation
39:09maritime internationale.
39:11Geneviève Van Rossum
39:13est nommée
39:13par le gouvernement
39:14pour représenter la France
39:16lors de ses discussions.
39:17Mais elle n'a pas
39:18soutenu cette mesure.
39:19Le zéro émission
39:21de gaz à effet de serre
39:22d'ici 2050
39:23est rejeté.
39:25Elle assume.
39:26On souhaite adopter
39:27des mesures
39:28qui soient acceptables
39:30par tous
39:31parce que
39:32ces mesures
39:33doivent être
39:33mises en œuvre
39:34par tous
39:35sur l'ensemble
39:36de la planète.
39:37Là,
39:37les îles Marshall
39:38ont voulu marquer
39:39le fait
39:40qu'ils voulaient
39:41aller plus loin,
39:42plus vite.
39:43Maintenant,
39:43il était clair
39:44qu'à ce stade,
39:46ils n'allaient pas
39:48nécessairement
39:49être suivis
39:50sur cette proposition.
39:53Ce n'était pas mûr.
39:57Un double discours
39:58qui exaspère
39:58cette observatrice
39:59qui a souhaité
40:00rester anonyme.
40:03Elle a assisté
40:04à la discussion
40:04sur les émissions
40:05de gaz à effet de serre
40:07à l'OMI.
40:07Je pense que ce sont
40:12clairement
40:12les intérêts
40:13des industries
40:14maritimes
40:15et pétrolières
40:16qui prévalent.
40:20Ce n'est pas un secret.
40:23C'est comme ça
40:24que ça se passe.
40:26Et les pays font
40:27tout pour préserver
40:29le statut quo.
40:30Le plus choquant
40:32et le plus frustrant,
40:34c'est que lors
40:35de la dernière réunion
40:36de l'OMI,
40:37les gens disaient
40:40qu'ils n'avaient pas
40:41à suivre
40:41ce qui s'était dit
40:42à la COP.
40:45Car ce sont
40:45deux espaces
40:46de négociation
40:47qui n'ont rien à voir.
40:49Il est clair
40:52que l'Organisation
40:53maritime internationale
40:54est une agence
40:55sous emprise.
40:59Il y a une présence
41:00importante
41:00des lobbies industriels
41:02et ça,
41:03c'est un problème.
41:06Selon l'ONG
41:07Influence Map,
41:09un quart des participants
41:10aux réunions
41:11traitant de l'environnement
41:12seraient des industriels.
41:14Dans la délégation française,
41:15par exemple,
41:16sont régulièrement présents
41:18Total
41:18ou Armateurs de France.
41:22Mais selon Geneviève
41:24Van Rossum,
41:24c'est une nécessité.
41:26Ce sont les États
41:27qui décident.
41:29Les États
41:30doivent nécessairement
41:31travailler
41:31avec l'industrie maritime.
41:34Sinon,
41:35ça serait la catastrophe.
41:36Il serait hautement
41:37contre-productif
41:38d'imaginer
41:39que l'on puisse
41:40réglementer un secteur
41:42sans avoir
41:43le moindre échange
41:44avec ceux
41:46qui fonctionnent,
41:47des opérateurs
41:48de ce secteur.
41:49C'est inimaginable.
41:54Même quand ils
41:55ne prennent plus
41:55le large,
41:57les navires
41:57continuent de polluer
41:58car il faut
42:00les démanteler.
42:04Certaines grandes compagnies
42:05n'hésiteraient pas
42:06à s'en débarrasser
42:07à l'autre bout du monde.
42:09Comme ici,
42:10à Alang,
42:11en Inde.
42:11des centaines de bateaux
42:15viennent s'échouer
42:16sur ces plages
42:17au mépris
42:18des lois internationales
42:20qui interdisent
42:20l'exportation
42:21de déchets toxiques.
42:24C'est la technique
42:25du beaching.
42:29Lancée à pleine allure,
42:31la course des Rafio
42:32s'arrête sur cette plage
42:33de 12 kilomètres,
42:35l'une des plus polluées
42:36au monde.
42:48Cela fait dix ans
42:49que Rohit Sharma
42:50enquête sur cette industrie
42:51qui utilise sa région
42:52comme une immense
42:53décharge à ciel ouvert.
42:59Les bateaux proviennent
43:00des États-Unis,
43:01du Danemark,
43:02de la France,
43:03d'Allemagne
43:03et d'autres pays
43:04comme ceux-là.
43:06ils sont démantelés ici.
43:09Mais souvent,
43:10avant d'arriver chez nous,
43:11ils changent de pavillon.
43:15Et les règles
43:16qui s'appliquent
43:17dans les pays d'origine
43:17ne s'appliquent plus
43:19quand ils arrivent ici.
43:22C'est un énorme business.
43:23Ces gens font
43:24des profits colossaux.
43:27Cela se fait
43:27au détriment
43:28de la population locale.
43:30Cela provoque
43:30de la pollution
43:31et détruit
43:32les ressources naturelles.
43:33C'est une décharge.
43:33Quand Roïd
43:36se déplace
43:37sur le terrain,
43:38il est particulièrement
43:39vigilant.
43:40Ici,
43:40l'environnement
43:41n'est pas une cause
43:42très populaire.
43:43Ne sors pas de la voiture.
43:44Ne sors pas.
43:45Regarde.
43:48Il a déjà été arrêté
43:50par la police locale.
43:53Alors que nous souhaitons
43:54discuter avec des ouvriers,
43:56il aperçoit
43:56une personne
43:57qui semble filmer
43:58avec son téléphone portable.
44:01Nous devons repartir
44:02immédiatement.
44:03Je ne peux pas
44:08descendre de la voiture
44:09pour parler
44:10avec les ouvriers.
44:11Si je sors
44:12de la voiture,
44:13je risque ma vie.
44:18Difficile de savoir
44:19dans quelles conditions
44:20sont démantelés
44:21les bateaux
44:21et dans quelles conditions
44:23travaillent ces ouvriers.
44:26Partout,
44:27la sécurité veille
44:28et les autorités locales
44:30ont refusé
44:31notre demande
44:31de tournage.
44:33alors nous avons infiltré
44:36un chantier
44:37avec une caméra cachée.
44:39En prétendant
44:40être à la recherche
44:41d'un emploi,
44:42notre journaliste
44:43a réussi à tromper
44:44la sécurité.
44:46Il part à la rencontre
44:47des travailleurs.
44:53Découpé en morceaux,
44:54seule la tôle
44:55des bateaux
44:56est vendue sur place
44:57à des usines
44:58pour être recyclés.
45:06Ce bateau,
45:07ça nous a pris
45:08cinq mois
45:09pour le désosser.
45:12Ça va prendre
45:13encore un mois
45:14pour finir.
45:18Il nous reste
45:19cette grande tour
45:20à faire tomber.
45:21Et puis,
45:22c'est tout.
45:22Et les déchets
45:25qui viennent
45:26du bateau,
45:27où vont-ils ?
45:28La mer
45:30est tellement grande,
45:31tout ce qui est liquide
45:32part dans la mer.
45:34Ça fait 30 ans
45:34que ça dure,
45:36depuis l'apparition
45:36des chantiers.
45:3930 ans
45:39que la mer
45:40avale
45:40les liquides toxiques.
45:42Mais selon
45:42les ouvriers,
45:44les entreprises
45:44ne s'embarrasseraient
45:45pas non plus
45:45des déchets solides.
45:47Impossible à recycler.
45:48Et que se passe-t-il
45:51avec les déchets solides ?
45:53Ils sont enfouis
45:54dans le sol,
45:55dans deux grands trous.
46:00Tout ce qui n'est pas
46:01revendu
46:02serait brûlé
46:03et enfoui
46:04ici,
46:05sur des kilomètres
46:06à la ronde.
46:11Les habitants
46:12des villages
46:12à proximité
46:13s'inquiètent
46:14de la pollution
46:14et de ses conséquences
46:16pour leur santé.
46:18Chaque année,
46:22Roït fait le tour
46:23des villages
46:24pour tester
46:24la qualité de l'eau.
46:27Il revient
46:27dans le village
46:28de Jaspara,
46:29à quelques kilomètres
46:30des chantiers navals,
46:31pour faire
46:32de nouveaux prélèvements.
46:37Comment tu t'appelles ?
46:39Je m'appelle Sapna.
46:42Et comment est
46:42la qualité de l'eau ici ?
46:44Elle est mauvaise,
46:47on ne peut pas
46:48la boire.
46:49D'accord.
46:50On est venu
46:51pour contrôler
46:51la qualité de l'eau.
46:52On va faire
46:53des prélèvements.
46:56Quand avez-vous
46:57arrêté de boire l'eau ?
46:58Cela fait six ans
46:59que nous avons arrêté.
47:00Et tous les animaux,
47:01ils boivent cette eau ?
47:02Non,
47:02ils ne la boivent pas non plus.
47:04Pourquoi ?
47:05Parce qu'ils tombaient
47:08tous malades eux aussi.
47:09Alors j'ai arrêté
47:10de leur donner cette eau.
47:11Je peux faire
47:13un prélèvement ?
47:15Ce puits a été construit
47:20par son grand-père
47:21il y a 40 ans.
47:24Ils disent que l'eau
47:25est polluée
47:26à cause des déchets
47:27d'Alang
47:27qui sont enfouis
47:28un peu partout ici.
47:31Je vais te montrer.
47:32Nous analysons
47:36le taux de solide
47:37dissous dans l'eau.
47:39Il ne devrait pas
47:40dépasser 500.
47:41Ici,
47:42il est à 1820.
47:43C'est beaucoup.
47:45Et si on cherchait
47:45des métaux lourds,
47:46c'est certain
47:46qu'on en trouverait.
47:51Ici,
47:52tous sont persuadés
47:53que leurs maladies
47:53sont liées
47:54à la pollution
47:54des chantiers.
47:57Ma peau est comme ça
47:58à cause de l'eau.
48:00Ça fait huit ans
48:01que j'ai cette maladie.
48:02« Je suis triste,
48:03bien sûr,
48:04mais qu'est-ce que
48:05je peux faire ?
48:06Je ne suis pas
48:07assez puissant
48:08pour me battre
48:09contre le gouvernement
48:10et contre les propriétaires
48:11des bateaux. »
48:15Des propriétaires
48:16de bateaux puissants
48:17qui parfois
48:18se défient des lois.
48:21Car l'Europe
48:22interdit aux armateurs
48:24d'envoyer les navires
48:25se faire démanteler
48:26à l'autre bout du monde.
48:29Une régulation
48:30qu'ils parviennent
48:30à contourner
48:31grâce à des sociétés
48:32écrans
48:33que l'association
48:34Shipbreaking Platform
48:35a recensées.
48:37Ce dont on s'est rendu compte,
48:41c'est que
48:41beaucoup de navires
48:42sont vendus
48:43à ceux qu'on appelle
48:44les cash buyers,
48:47des intermédiaires
48:49qui font venir
48:49les navires
48:50jusqu'aux plages d'Asie
48:51pour revendre
48:52les matériaux.
48:53Et lors de son dernier voyage,
49:02le bateau change
49:03de nom
49:03et de pavillon.
49:06Cela rend
49:07d'autant plus difficile
49:08l'identification
49:09des vrais propriétaires.
49:10Si les armateurs
49:20vendent à des intermédiaires
49:21en Asie,
49:23ils vont gagner
49:24entre 9 et 12 millions
49:26de dollars.
49:29Ils ne gagneront
49:30que la moitié
49:31s'ils vendent
49:32à un chantier turc
49:33et un cinquième
49:35de la somme
49:35s'ils vendent
49:36en Europe.
49:36Dans la liste
49:43de Shipbreaking Platform,
49:45apparaît
49:45la compagnie Mersk.
49:48Depuis 2017,
49:4912 bateaux
49:50auraient été envoyés
49:51à Ha-Lang
49:51par le géant danois.
49:54L'an passé,
49:55deux navires.
49:57L'un en février,
49:58l'autre en mars.
50:00Non sans avoir
50:01au préalable
50:02changé de pavillon
50:02en Egypte
50:03et à Hong Kong.
50:06D'ailleurs,
50:10l'attaché de presse
50:11de la compagnie
50:12ne nie pas
50:12la présence
50:13de Mersk
50:13sur les chantiers
50:14indiens,
50:15tout en mettant
50:16en avant
50:16les bonnes pratiques
50:17de sa société.
50:18Quand nous envoyons
50:21un navire
50:22pour être démantelé
50:23à Ha-Lang,
50:23nous nous assurons
50:24d'envoyer
50:25un représentant
50:26de Mersk
50:26qui a tout pouvoir
50:27pour arrêter
50:28les opérations
50:29de démantèlement
50:29s'il constate
50:31des manquements
50:31en matière de sécurité
50:32ou d'environnement.
50:34Lors de notre visite
50:41à Ha-Lang,
50:42nous avons réussi
50:43à avoir accès
50:44à un autre chantier
50:45de démantèlement
50:46qui a accueilli
50:47les navires du Danois
50:48en 2016
50:49selon Shipbreaking Platform.
50:51A en croire ce manager,
50:55la sécurité serait loin
50:56d'être une priorité
50:57ici.
51:01Vous parlez de blessés,
51:03mais ici,
51:04on meurt.
51:06Les gens meurent
51:07sur ce chantier ?
51:09Il y a tout juste
51:10quatre jours.
51:11Par exemple,
51:12un des ouvriers
51:13est tombé du bateau.
51:14Il est entre la vie
51:18et la mort.
51:18sa famille devrait recevoir
51:207000 euros
51:21quand il mourra.
51:24Depuis que je travaille ici,
51:26ça fait 20 ans.
51:28J'ai vu 300
51:29ou 400 personnes
51:31mourir
51:31sur les chantiers
51:32de démantèlement
51:33des bateaux.
51:37Le transport maritime
51:39poursuit sa croissance.
51:40Les trois plus grands
51:45armateurs mondiaux
51:46ont annoncé en 2021
51:48avoir commandé
51:49une trentaine
51:50de portes-containers.
51:52de portes-containers.
51:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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